L'ambassadeur François Chih-chung Wu (吳志中) répond à nos questions suite à la visite à Taïwan début août de la présidente de la chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi. Le représentant de Taïwan en France nous parle des échanges parlementaires entre la France et Taïwan ainsi que de ses invitations dans des médias français en parallèle des récents événements.
Propos recueillis au bureau de représentation de Taipei en France par notre journaliste sur place @Clément Tricot.
Extrait de l'entretien avec l'ambassadeur François Chih-chung Wu (吳志中) En réponse à des questions sur la visite de Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants des Etats-Unis :
- Cette visite a quand même éclairci une notion très importante qui est que la ligne rouge ne devrait pas être fixée par la Chine.
- La visite de Nancy Pelosi, c'est-à-dire d’une présidente de la chambre des représentants, ce n’est pas la première fois. En 1997, Gingrich avait déjà visité Taïwan et à l’époque ils n’ont pas réagi de cette façon là.
Sur les pressions de la Chine reçues par le bureau de représentation de Taipei en France :
- Nous, de la part de Taiwan, nous ne voulons pas faire de la France un champ de bataille entre Taiwan et la Chine. Notre disposition reste de communiquer avec la France, de parler de la vraie histoire, et de la place de Taiwan, surtout de l’importance de Taiwan par exemple dans l’industrie des semi-conducteurs. En réaction sur les échanges parlementaires entre la France et Taïwan :
- Si on ne peut pas passer par la voie officielle, on passe par des parlementaires, qui peuvent un jour, avec le système politique français, devenir membres du gouvernement. On peut faire connaissance, et beaucoup d’informations peuvent être passées par les parlementaires. Je pense que ça montre l’importance des relations parlementaires entre la France et Taiwan, qui je pense va durer. Ce sont quand même des relations durables. C’est très important dans un contexte où la Chine impose à tout le monde de ne pas pouvoir avoir des visites officielles de la part des autres gouvernements, qu’on puisse échanger au moins avec des parlementaires.
- Si nous voulons continuer à donner l’espoir à des sociétés sinophones, mais aussi continuer d’inviter ces parlementaires (taïwanais) en France, et dans d’autres pays, cela a une importance énorme et stratégique. Par exemple, cette visite du président du parlement Taiwanais a été effectuée dans le cadre officiel de la politique parlementaire du Sénat Français. Je pense que la France est un pays dont les valeurs rayonnent encore dans beaucoup d’endroits, et cela a été l’un des premiers pays à faire, ce geste-là, dans le cadre de la diplomatie parlementaire. Je pense que c’est d’une importance extrême.
- J’ai été appelé à témoigner plusieurs fois au Sénat et à l'Assemblée nationale. C’est quelque chose d’historique, pour une première fois dans les relations entre Taiwan et la France, surtout dans les relations parlementaires entre Taiwan et la France, qu’un ambassadeur soit invité dans le parlement français pour témoigner et parler de la situation entre Taiwan et la Chine. En 2020, la France a accordé à Taïwan l’ouverture d’un bureau de représentation à Aix en Provence, le deuxième. C’est aussi très significatif parce que Taiwan avait très envie d’élargir les relations de toute sorte avec la France.