La politique économique est l'un des principaux enjeux de l'élection présidentielle qui aura donc lieu d'ici deux mois, car l'économie française est encore souffrante.
Premier indicateur préoccupant : l’état des comptes publics. Les efforts entrepris pour les assainir vont dans le bon sens, estiment la Commission européenne comme la Cour des comptes, mais la trajectoire est insuffisante. La dette française continue d’augmenter. Elle représente 96 % du PIB, presque l’équivalent de la richesse produite en une année alors que la moyenne européenne est de 86 %.
Le déficit a été contenu pour 2016, mais les deux gendarmes des finances publics, Bruxelles et la rue Cambon doutent de la capacité de Paris à maintenir le cap, car l’État n’a toujours pas modifié son train de vie, ses dépenses augmentent toujours, et encore ! Cela veut dire que la France reste entravée par sa situation financière. Le déficit cette année est d’environ 70 milliards d’euros, c’est presque autant que le budget de l’éducation nationale.
Autre chiffre inquiétant : celui du commerce extérieur
Le déficit commercial français s’est encore aggravé en 2016. Les importations françaises sont restées quasi stables, en revanche les exportations déclinent, certains secteurs ont connu des passages à vide, c’est le cas de l’aéronautique, mais il y a aussi des secteurs en perte de vitesse à l’international, c’est le cas notamment de l’automobile.
Ce manque de dynamisme sur les marchés extérieurs met en évidence les faiblesses de l’industrie comme des services qui n’ont pas profité de la baisse de l’euro pour se projeter à l’étranger. Les déboires du commerce extérieur français ont un impact négatif sur la croissance. L’activité a cru de 1 % en 2016, cela devrait être un peu mieux cette année d’après les prévisions que l’OCDE a publié ce matin – ses experts prévoient 1,4 % de croissance, mais cela reste une croissance trop molle pour redresser rapidement la situation.
Il y a eu tout de même une embellie sur le marché de l’emploi
Le chômage a reculé en 2016, 150 000 emplois nets ont été créés, en grande partie grâce aux allégements de charge. Les entreprises ont reconstitué leur taux de marge et elles recrutent plus facilement. Ce sont de bonnes nouvelles. Mais l’inversion de la courbe paraît encore bien fragile.
Le taux de chômage demeure élevé, de l’ordre de 10 %, alors que beaucoup de pays européens sont au-dessous de 5 %. Des pays qui ont fait des réformes libérales, l’Allemagne ou le Royaume-Uni et des pays où la protection sociale est forte, comme le Danemark ou l’Autriche.
Comment a évolué le revenu des Français ces dernières années ?
D’après une étude de l’Insee, le revenu des salariés s’effrite, et cela depuis 2009. Une autre enquête effectuée par France Stratégie, qui conseille Matignon, révèle que les Français ont en général le sentiment que les inégalités se sont aggravées au cours de ces 5 dernières années alors qu’en réalité les disparités de revenus sont assez stables en France, comparées à d’autres pays européens.
Ces deux données, l’une bien réelle, l’autre ressentie, permettent d’appréhender comment l’amertume a gagné une partie des Français. Ceux qui ont le sentiment de ne pas avoir perçu les bénéfices de la mondialisation alimentent aujourd’hui le vote en faveur des candidats protectionnistes.