Chasseurs de science

Chasseurs de science

By FuturaScienceHistory
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Chasseurs de science episodes

  • L'étrange cas d’Adam Rainer : de nain à géant

    L’histoire d’Adam Rainer aurait pu se lire dans un livre fantastique, aux côtés de L'Étrange Cas de Benjamin Button. Considéré comme nain durant son adolescence, il devient un géant à l’âge adulte. Son histoire est pourtant bien vraie. Celle d’un homme dont l'étrange maladie a déformé son corps.


    🧏[Transcription de l'épisode]🦻


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    Pour aller plus loin :

    • 🎙️ Joseph Merrick, ou la véritable histoire d'Elephant Man
    • Des cas mystérieux de girafes naines observés en Afrique
    • Évolution des mammifères : devenir géant prend du temps


    Musique :

    Patricia Chaylade

    Air of Mystery, par chilledmusic

    License: https://filmmusic.io/standard-license


    Transcription du podcast :

    À l’aube de Première Guerre mondiale, l’armée autrichienne recrute des soldats jeunes et motivés. Adam Rainer, 15 ans, correspond tout à fait à cette description. Il attend avec les autres jeunes hommes la visite médicale qui confirmera sa capacité à être soldat. Adam ignore les regards appuyés qu’on lui jette et les murmures moqueurs qu’il entend à son passage. Il est convaincu de sa capacité à servir l’Autriche.

    C’est son tour. Le médecin militaire le dévisage de la tête au pied, dubitatif. Dans son dossier médical, il lit : « Adam Rainer, né en 1899 à Gatz. Taille : 1 mètre 37 ». Le médecin le scrute à nouveau et demande à Adam de se placer devant le mètre. 1 mètre 37, c’est bien cela. Étrange. À 15 ans, Adam fait la taille d’un enfant de 10 ans. Sans plus de cérémonie, le médecin pose son diagnostic : Adam Rainer est atteint de nanisme. L’armée autrichienne ne peut pas accepter un tel cas dans ses rangs, il sera une faiblesse plutôt qu’une force dans le conflit à venir. Adam est renvoyé chez lui. Déçu, mais pas abattu, il est déterminé à être soldat.

    L’année suivante il se représente à l’armée. Il a grandi, il mesure désormais 1 mètre 46. Le verdict reste le même, Adam Rainer est officiellement un nain et il n’est pas le bienvenu dans l’armée autrichienne. Personne ne cherche à comprendre les causes de son nanisme. Ses parents sont pourtant de taille normale. Sauf que les médecins qui ont ausculté Adam sont passés à côté d’un détail, pourtant imposant. Pour son mètre 46, il chausse du 53 ! et ses mains sont aussi larges que des pattes d’ours : environ 24 centimètres.

    L’histoire d’Adam aurait pu s’arrêter là et tomber dans l'oubli. Mais si je vous la raconte, c’est qu’elle a pris une tournure inattendue qui a marqué l’histoire de la médecine. Son cas, encore aujourd’hui, reste unique. Un nain qui devient un géant.  

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    8 min
  • Barry Clifford et le trésor du capitaine Bellamy

    Le 26 avril 1717, un terrible ouragan souffle sur la côte est des colonies américaines, emportant avec lui le Whydah et ses trois compagnons de voyage. À bord du trois-mâts, le capitaine Bellamy, aussi connu sous le nom de Black Sam, a seulement le temps de voir la déferlante se briser sur ses rêves avant que la tempête ne l'engloutisse avec son équipage et son formidable trésor.

    Dans les années 1950, dans un petit village de pêche du cap Cod, Barry Clifford grandit au rythme des chansons de marins et du récit que lui font ses aïeux du naufrage du Prince des Pirates, survenu deux siècles et demi auparavant. Le jeune Clifford s'en fait alors le serment : il sera celui qui découvrira le trésor englouti de Samuel Bellamy.


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    Pour aller plus loin :

    • A-t-on retrouvé la Santa Maria, le navire de Christophe Colomb ?
    • Qui sont les corsaires du roi ?
    • En bref : Une île de pirates émerge sur Google Earth !


    Transcription du podcast :

    26 avril 1717. Samuel Harding se retourne dans son lit de paille sans parvenir à trouver le sommeil. Au-dehors, la tempête fait rage et fait trembler de toutes parts sa petite maison du cap Cod. Il entend le concert de ses carreaux de fenêtres qui s’agitent sous les assauts du vent, le martèlement assourdissant de la pluie sur son toit, et le fracas des vagues s’écrasant impitoyablement sur la plage plus loin en contrebas. Il pousse un grognement et enfouit sa tête sous sa couverture, loin de se douter que quelques heures plus tard, un pirate viendrait frapper à sa porte.

    À quelques centaines de mètres de la rive, la panique règne à bord du Whydah. Sur le pont, les hommes plissent les yeux, tentant en vain de percer l’obscurité et les embruns, mais rien n’y fait. Les lumières du Anne Galey, du Fisher et du Mary Anne ont bel et bien été englouties par l’ouragan. Le bâtiment grince, craque, menace de se déchirer en deux. Emporté par le vent, il traîne piteusement son ancre le long des bancs sableux tandis que les déferlantes assaillent ses flancs. Alors que certains se tournent vers Dieu en sentant la mort s’approcher, ceux que l’espoir anime encore se tournent vers le seul maître à bord, le capitaine Black Sam, gentleman des mers et Prince des Pirates.

    En cet instant, cependant, ce dernier ne se sent rien de plus que l’homme Samuel Bellamy, impuissant, dépassé par les éléments. Debout parmi ses dizaines de fidèles compagnons, il pleure en silence ceux qu’il a conduits à leur perte. Tout comme le capitaine auquel il a capturé le Whydah quelques jours plus tôt, il sait reconnaître lorsqu’une bataille est perdue. Le trésor qui dort dans la cale sous ses pieds ne lui apporte aucun réconfort.

    Un nouveau coup de tonnerre résonne, mêlé d’un craquement sinistre : le navire a heurté un banc de sable. Des dizaines d’hommes et leur capitaine sont projetés par-dessus bord. Sous le pont, les canons, les tonneaux et les balles de marchandise soudain transformés en projectiles raclent les plantes en mêlant leur grondement au hurlement des matelots écrasés sous leur poids. Tout comme la poussière redevient poussière, le sel de ses larmes du capitaine Bellamy rejoint celui de la mer et dans le vacarme des vagues qui déchiquètent son rêve, le Prince des Pirates rend son dernier soupir.


    Barry Clifford naît le 30 mai 1945 au cap Cod. Son enfance est baignée d’embruns, de chants de marins et de récits de pêche. Mais une histoire en particulier anime l’imagination des habitants du cap depuis des générations. Il y a deux siècles et demi de cela, un navire pirate s’est échoué le long de ces côtes, le ventre chargé de pièces d’or. Les colons de l’époque, de pauvres hères à qui leur travail ne fournissait qu’une maigre subsistance, se jetèrent sur les pièce de huit qui déferlèrent sur la plage ce jour-là, puis les suivants. Mais l’on raconte qu’une grande partie du trésor de Samuel Bellamy résiderait encore sous les flots.

    Avec son diplôme d’histoire et de sociologie désormais en poche, le jeune Barry Clifford n’a qu’une envie : être celui qui découvrira l’épave du capitaine Black Sam et remontera son trésor à la surface. Il se plonge avec avidité dans l’étude des documents historiques de l’époque afin de mettre au jour des indices qui lui indiquerait où celui-ci s’est échoué. Il apprend que le Whydah, un vaisseau négrier capturé quelques jours auparavant par le Prince des Pirates, voyage aux côtés de deux autres récentes acquisitions : le senau Ann Galey et le navire de commerce Mary Anne. Vers 4 heures de l’après-midi, un brouillard épais s’empare du paysage, et laisse Bellamy momentanément désemparé. Le capitaine n’est pas bien familier avec ces eaux mais il a entendu parler des hauts-bancs meurtriers du Nantucket. Cette vaste région aux bancs de sable changeants est si dangereuse qu’elle est la première à être désignée comme zone à éviter par les garde-côte américains en 1980, puis par l’Organisation maritime internationale en 2010. Les matelots retrouvent espoir lorsqu’un petit navire de pêche apparaît à l’horizon une demi-heure plus tard. Son capitaine Robert Ingols connaît bien les eaux locales, et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, quatre pirates armés sont envoyés à bord du sloop Fisher pour l’empêcher de s’enfuir tandis que le marin est réquisitionné de force à bord du Whydah pour aider son équipage à s’extirper de cette situation. Les quatre navires reprennent donc leur chemin en formation serrée, bravant tant bien que mal le manque de visibilité. Alors que le jour décline, le ciel se teinte progressivement d’encre au-dessus des Nantucket Shoals, mêlant d’obscurité le brouillard qui continue d’obstruer l’horizon depuis des heures. Black Sam ordonne que des lanternes soient allumées à bord des navires afin que ceux-ci ne se perdent pas de vue, mais le sort sinistre qui les attend est déjà en marche. Il l’ignore mais le Mary Anne fuit et les pirates à son bord sont tellement saouls qu’ils sont obligés de confier le gouvernail aux prisonniers inexpérimentés qu’ils transportent avec eux. Le temps se dégrade. À l’approche du bras du cap Cod, de terribles bourrasques de vent et des trombes de pluie battent les voiles à l’horizontale tandis que la silhouette de vagues monstrueuses se dessine dans la lueur des éclairs qui zèbrent le ciel. Les navires s’éloignent irrépressiblement les uns des autres, la terreur grimpant à mesure que la faible lueur des lanternes disparaît depuis leurs ponts respectifs. Par compétence ou par fortune, le capitaine Noland sauve le Anne Galley et le Fisher à temps en ordonnant aux deux navires de jeter l’ancre suffisamment tôt. Mais ses compagnons de voyage ne sont pas aussi chanceux. À 23 heures, le Mary Anne s’échoue avec fracas sur l’île Pochet. Bien que sa coque n’ait pas été fracturée par l’impact, plusieurs pirates à son bord crient à Dieu de les laisser mourir en paix, terrorisés par le tonnerre des vagues contre le bois et le vent qui hurle dans leurs oreilles. Quant au Whydah, il rencontre son destin funeste quand sonnent les douze coups de minuit au large de Wellfleet.

    Le lendemain matin, le fermier Samuel Harding est réveillé par des coups contre sa porte. Un marin déguenillé et transi de froid se tient devant chez lui : Thomas Davis, l’un des deux seuls survivants de cette nuit d’enfer. Davis raconte son histoire et avant même que le charpentier hollandais n’ait eu le temps de se reposer, Harding apprête son chariot et son cheval et lui demande de le mener au lieu du naufrage. Il a le temps de faire deux allers et retours avant que d’autres de ses voisins n’apprennent la nouvelle et le rejoignent sur la plage pour récolter les trésors déposés sur le sable par les vagues.

    Ce n’est cependant ni Harding, ni Davis, mais un autre personnage de cette histoire qui fournira à Barry Clifford la clef qu’il recherche. À peine le gouverneur du Massachusetts a-t-il eu vent du naufrage du Whydah qu’il dépêche sur place le commandeur anglais Cyprian Southack, un cartographe accompli qu’il investit d'une mission : repêcher le trésor englouti et réquisitionner les biens que les habitants du cap Cod se sont déjà accaparés. Malheureusement pour Southack, il ne parvient à remplir ni l’un ni l’autre de ses objectifs, se heurtant à une communauté de pêcheurs et de fermiers aussi enragés que déterminés à garder l’or qui complètera enfin leur maigre salaire. Mais cela importe peu à Clifford, car le Britannique a laissé derrière lui une carte ainsi qu’une correspondance détaillant avec précision le lieu de naufrage du légendaire Whydah.

    Exalté, le chasseur d'épaves monte une expédition. À l’aide de sonars et d’autres appareils de télédétection, il ne faut que peu de temps à Clifford et à son équipe pour identifier le site. Le 20 juillet 1984, l’un des plongeurs s’écrie avec excitation qu’il aperçoit un canon enfoui dans le sable, à seulement 4 mètres 30 sous la surface. Cette découverte est la première d’une très longue série qui permettra le sauvetage de plus de 200.000 pièces individuelles. Pièces d’argent et d’or, poudre d’or, vaisselle, vêtements, armes à feu, boulets de canon, bijoux, pièces à jouer ou encore quelques minces fragments du navire se révèlent aux archéologues ébahis. À l’automne, un nouvel élément vient couronner le travail de Clifford lorsque l’on remonte la cloche du Whydah Gally, sur laquelle est gravé le nom du navire et l’année 1716. Le projet Whydah fait sensation dans la communauté scientifique et parmi le public, le conseil des ressources archéologiques sous-marines du Massachusetts n’hésitant pas à le qualifier de modèle d’archéologie sous-marine. À ce jour, le navire demeure le seul vaisseau de l’âge d’or de la piraterie authentifié avec certitude.

    En vertu de la loi fédérale sur l'amirauté de 1988, la Cour suprême du Massachusetts déclare que l’ensemble des artefacts appartient de droit à Clifford. Il obtient également les droits exclusifs de plongée sur le site, surveillé par le service des parcs nationaux et les garde-côtes américains. Et c’est là que vient la cerise sur le bateau, si l’on peut dire. Au lieu de dilapider et diviser le trésor de Bellamy, l’archéologue décide de le conserver dans son intégralité et de le rendre accessible à tous. Il ouvre le musée pirate du Whydah, offrant à chacun l’opportunité de marcher au côté d’une reproduction géante du navire, d’admirer la cloche intacte dans son aquarium lumineux ou encore de s’émerveiller devant des coffres entiers de pièces de huit. 

    Aujourd’hui, Clifford continue de plonger à la conquête de trésors engloutis avec ses équipiers. En février dernier, le musée a annoncé la découverte d’au moins six squelettes sur le site du Whydah. Grâce à un descendant direct de Bellamy, l’équipe dispose d’un échantillon d’ADN qui leur permettra de savoir si l’un des corps découverts sous le sable appartient au légendaire capitaine que l’on appelait le Prince des Pirates.


    Merci d'avoir écouté Chasseurs de Science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Si vous appréciez notre travail, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez aussi vous abonner sur Spotify, Deezer et Apple Podcast pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de science. À bientôt !


    Musique :

    Patricia Chaylade

    Titan, par Scott Buckley

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

    11 min
  • Jarkov, 23 tonnes, un mammouth en hélicoptère

    En 1997, Bertrand Buiges, le responsable de l’association Cercle polaire expédition reçoit un coup de fil qui va changer sa vie. Un mammouth entier, prisonnier de la terre, a été repéré en Sibérie.

    Avec Yves Coppens, ils prendront une décision historique. Retour sur la première expédition qui a extrait un mammouth sans rompre la chaîne du froid.


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    Pour aller plus loin :

    • Yves Coppens
    • Il est frais mon mammouth !
    • En bref : un bébé mammouth congelé exposé au Puy-en-Velay


    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je suis Julie, votre guide temporelle. Mettez vos moufles et prenez votre écharpe, dans cet épisode, je vous emmène sur les terres glacées de la Sibérie, aux côtés de scientifiques qui se sont donné une mission herculéenne. Extraire une souris de terre du sol gelé. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.

    En Sibérie, il existe un animal mythique. Il vit dans les contes et légendes des Dolganes, un peuple nomade de Sibérie Orientale. Les souris de terre, qui comme leur nom l’indique vivent sous la terre, creusent de longues galeries comme les taupes. Personne ne se doute de leur existence, mais à l’approche de leur mort, les souris de terre cherchent à regagner la surface pour respirer plus facilement. Elles creusent la terre de leurs défenses pour s’extraire de leurs tunnels souterrains. Malheureusement, le froid et le manque d'oxygène ont raison d’elles avant qu’elles n'atteignent la surface. C’est alors que les souris de terre révèlent leur existence aux Hommes, prisonnières à jamais du sol gelé qui le servait autrefois de foyer. La Sibérie, des défenses, ... Cette légende vous a peut-être fait penser à un autre animal, qui n’a pas grand-chose à voir avec les souris ou les taupes. Et pour cause, l’animal mythique des Dolganes n’est autre que le mammouth. Leur territoire est en effet situé sur le plus grand cimetière de mammouths connu des scientifiques.

    1997. C’est le printemps en Sibérie, mais dans ce monde de glace et de neige, pas d’arbres en fleur, ni d’oiseaux qui chantent, le sol reste perpétuellement figé dans le gel. Un convoi sorti tout droit d’un rêve apparaît au loin. Une dizaine de petites maisons posées sur des traîneaux avancent en file indienne. Chacune est tirée par un attelage d’une dizaine de rennes. C’est une famille Dolgane en quête d’un pâturage plus accueillant pour leur troupeau. Ils transportent leur petite cahute, appelée balok, avec eux à chaque voyage.

    La vie est rude dans cette région, mais les Dolganes survivent grâce à leur troupeau de rennes et à la confection d’objets taillés dans de la défense de mammouth. Ces nomades en croisent régulièrement durant leur transhumance. D’ailleurs, le jeune chef de cette famille, Kostia Zharkov, repère quelque chose au loin qui se détache de la blancheur. Il demande au convoi de s’arrêter. Devant eux, deux défenses recourbées de près d’un mètre s’échappent du sol, comme si on les avait plantées là au milieu de nulle part. Il reste encore quelques poils bruns-roux à leur base.

    La trouvaille n’a rien d’extraordinaire et devrait rapporter un peu d’argent à la famille, mais Kostia Zharkov en décide autrement. Il prévient le responsable de la réserve de Taymir de la présence du mammouth. Selon lui, il est encore entier sous terre. Cette décision marque le point de départ d’une expédition scientifique hors du commun, menée par Yves Coppens, alors paléoanthropologue au Collège de France, et Bertrand Buiges, président de l’association Cercles Polaire Expédition. L’expédition Mammuthus débute.

    C’est Bertrand Buiges qui apprend l’existence du mammouth en premier. Il entreprend immédiatement une levée de fonds pour financer l’expédition et demande à Yves Coppens d’en être le directeur scientifique. À l’automne 1998, l’équipe se rend à l’extrême nord de la Sibérie, à 6.000 kilomètres de Moscou, au chevet du mammouth. Des sondages radio permettent de déterminer la position de l’animal dans son cercueil de boue et de terre : visiblement, il est mort debout. Yves Coppens propose alors une idée surprenante. Plutôt que de sortir le mammouth lui-même, il suggère de découper un bloc de terre tout autour pour le conserver dans le sol qui le tient prisonnier. 

    En effet, ce mammouth, baptisé Jarkov en hommage au Dolgane qui l’a découvert, n’est pas le premier mammouth découvert par les scientifiques. Les ossements de ces pachydermes préhistoriques sont connus depuis le XVIIIe siècle. Mais les extraire du permafrost, avec des méthodes parfois brutales, et les alternances de gel et dégel endommagent énormément les restes. 

    « Plutôt que d'envoyer des morceaux de ces animaux, séchés ou décomposés, aux laboratoires étrangers, nous avons eu l'idée de le conserver sur place en bon état, et de faire venir les chercheurs jusqu'à Khatanga », précise Yves Coppens plus tard dans une interview.

    On balise la zone pour savoir où découper sans risquer d’abîmer le mammouth. Un an plus tard, en 1999, les scientifiques de l’expédition, venus des quatre coins du monde, installent leur camp de base dans la toundra sibérienne. Ils le savent : la mission s’annonce dantesque ! Et la météo joue contre eux. Une tempête se lève et rien n’arrête le vent qui hurle sans discontinuer. La température devient glaciale, à la limite de la résistance du corps humain : -40 °C. Plus de 5 semaines d’efforts acharnés sont nécessaires, à manier le marteau-piqueur au milieu dans le froid sibérien pour extraire du sol un bloc de 3 mètres sur 2. Jarkov est en son centre avec ses défenses à l’air.

    Mais le plus dur reste à venir : soulever le corps du mammouth en hélicoptère jusqu’à Khatanga, la capitale de la province, à 250 kilomètres de là. Pour cette mission, un hélicoptère MI-26, l’un des plus puissants jamais conçus par l'Homme, arrive sur place. Il peut transporter au maximum 20 tonnes de charge utile. Avec ses 23 tonnes, Jarkov va le pousser dans ses retranchements. Les premières minutes sont tendues. L’hélicoptère peine à décoller et sa précieuse cargaison tangue dangereusement dans les airs. Au sol, tous ceux qui ont œuvré à découper le bloc le regardent partir avec l’angoisse collée au cœur. Il rejoint finalement Khatanga sans encombre en octobre 1999.

    C’est le premier mammouth à être extrait sans rompre la chaîne du froid. Il attire évidemment tous les scientifiques du monde qui s’intéressent aux animaux préhistoriques. En 2000, quelques parties de son corps sont dégelées pour prélever des poils et des tissus restés intacts pendant plusieurs milliers d’années. La vie de Jarkov se révèle alors à nous. C’est un mammouth laineux mâle qui a vécu il y a 20.380 ans. Il est mort à 42 ans, alors qu’il était en bonne santé. Au vu de sa position dans le bloc et la composition de ce dernier, Jarkov est probablement mort lors d’une chute dans une crevasse. La boue a recouvert son corps peu après et, en gelant, l’a préservé des aléas du climat.

    Aujourd’hui encore, Jarkov repose à Khatanga. Le bloc de terre est conservé dans une grotte creusée à l'intérieur d'une falaise où la température est constamment de - 15 °C. Il demeure là, prêt à livrer ses plus intimes secrets aux scientifiques. Ces grands pachydermes préhistoriques nourrissent les ambitions les plus folles des scientifiques. Avec le projet Woolly Mammouth Revival, une équipe d’Harvard souhaite ressusciter le mammouth, non pas par clonage mais avec la technique CRISPR-Cas. Le principe est de couper de l’ADN du mammouth et le coller dans celui d’un éléphant d’Asie. Le projet aurait dû aboutir en 2019, mais depuis, aucun mammouth n’a été aperçu sur le campus de l’université américaine.

    Merci d'avoir écouté Chasseurs de Science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Julie Kern. Si vous appréciez notre travail, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez aussi vous abonner sur Spotify, Deezer et Apple Podcast pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de science. À bientôt !

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    10 min
  • Joseph Bell, l'homme qui inspira Sherlock Holmes

    Vous n'avez peut-être jamais entendu son nom, mais Joseph Bell est connu dans le monde entier à travers son alter ego littéraire. Ce chirurgien né au milieu du XIXe siècle est non seulement un praticien et un professeur talentueux, mais il est également un observateur hors pair.

    Ses capacités de déduction exceptionnelles, qui lui permettent de deviner les troubles et certains éléments de la vie de ses malades avant même que ceux-ci n'aient eu le temps d'ouvrir la bouche lui valent l'admiration de l'un de ses plus fervents étudiants : Arthur Conan Doyle. L'histoire de Joseph Bell, c'est celle du véritable Sherlock Holmes derrière celui de Baker Street, que nous vous proposons de découvrir aujourd'hui.


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    Pour aller plus loin :

    • Arthur Conan Doyle
    • Les détectives privés fleurissent sur internet
    • Robert Liston : la seule opération de l'Histoire avec un taux de mortalité de 300%

    Transcription du podcast :

    ​​​​​​Bienvenue dans Chasseurs de science, un podcast produit par Futura. Je m'appelle Emma, et je serai votre guide temporelle au cours de cette excursion. Aujourd’hui, nous partons en Écosse, à la rencontre de l’homme dont l’esprit brillant inspirera le personnage de Sherlock Holmes. Vous écoutez Chasseurs de sciences, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.

    Nous sommes en 1880. Des échos de voix et de métal résonnent dans les couloirs de pierre de l’infirmerie royale d’Édimbourg. La lumière du soleil filtre à travers les fenêtres à guillotine du bâtiment, tandis qu’infirmiers et médecins s’affairent d’une chambre à l’autre. Dans la salle d’admission, un personnage à la silhouette filiforme vient de faire irruption parmi les malades et les blessés. Il est entouré d’un groupe d’étudiants aux yeux brillants, manifestement suspendus à ses lèvres dans l’attente de quelque déclaration exceptionnelle. Le chirurgien Joseph Bell fait quelques pas vers un homme assis sur l’un des bancs de bois et le détaille un instant. Rien ne semble particulièrement distinguer ce patient des autres, mais lorsque l’éminent professeur ouvre la bouche, l’assistance reste coite :

    « Eh bien mon brave, vous avez servi dans l’armée.

    – Oui monsieur.

    – Déchargé depuis peu ?

    – Oui monsieur.

    – D’un régiment des Highlands ?

    – Oui monsieur.

    – Stationné à la Barbade ?

    – Oui monsieur. »

    Se tournant alors vers ses élèves, dont les yeux sont à présent ronds comme des soucoupes, Bell explique : « Voyez-vous messieurs, cet homme est tout à fait respectable, mais il n’a pas ôté son couvre-chef, car il en va ainsi dans l’armée. S’il en avait été déchargé depuis longtemps, il aurait eu le temps d’acquérir les mœurs civiles. Son air autoritaire laisse aisément deviner qu’il est écossais. Et pour ce qui est de la Barbade, on peut voir qu’il est atteint d’éléphantiasis, une maladie provenant des Indes et non d’Angleterre. » Dans le groupe d’étudiants, Arthur Conan Doyle, 20 ans et des idées plein la tête, écoute avec passion ce professeur qui, il l’ignore encore, lui inspirera l’un des plus grands personnages de fiction.

    Joseph Bell naît le 2 décembre 1837 à Édimbourg. Il est le digne descendant d’une famille de chirurgiens qui depuis 140 ans occupent des postes prestigieux dans la communauté médicale de la capitale. On y trouve notamment Benjamin Bell, considéré comme le premier chirurgien scientifique en Ecosse et Charles Bell, qui donne son nom à une paralysie faciale. Bien qu’il soit le dernier de sa lignée à exercer cette profession, loin de mettre un terme à la légende familiale, Bell lui permet de prospérer de la plus étonnante des manières.

    Le jeune homme accomplit des études brillantes et sort diplômé de l’université en 1859, à l’âge de 21 ans. Il devient interne à l’infirmerie royale sous le mentorat du professeur James Syme, surnommé le Napoléon de la chirurgie et assistant de Robert Liston, dont nous avons déjà conté la catastrophique opération dans un précédent épisode. En parallèle d’un début de carrière remarquable, Bell s’adonne à deux de ses passions, qui dénotent déjà son goût prononcé pour l’investigation : la dialectologie, ou la branche permettant d’identifier la provenance d’un individu à partir de son accent et de son vocabulaire ; et l’étude de l’écriture manuscrite et de ce qu’elle peut révéler sur l’origine et le statut social d’une personne. À l’âge de 26 ans, Bell donne ses premiers cours à Surgeon Square, où il fait rapidement sensation. Il faut dire que son physique à lui seul suffit à le notable. Grand, mince, les épaules carrées et le visage mat entouré de grands favoris, il est doté d’une paire d’yeux gris au regard pénétrant et se déplace d’une démarche claudicante suite à la diphtérie qui a paralysé l’une de ses jambes. Avec ses formidables talents d’enseignant, il est également un observateur hors pair. L’un de ses étudiants raconte : 

    « Il s’asseyait dans sa salle de réception, le visage rouge comme un Indien, et diagnostiquait les gens qui arrivaient avant même qu'ils n'aient eu le temps d’ouvrir la bouche. Il leur exposait leurs symptômes, et même des détails de leur vie passée, sans presque jamais commettre d’erreur. »

    Cet étudiant, c’est Conan Doyle, et il n’a d’yeux que pour son mentor. Les deux hommes partagent d’ailleurs une appréciation mutuelle, Bell décrivant son élève comme un jeune homme doté des meilleures qualités :

    « Des yeux et des oreilles qui peuvent voir et entendre, une mémoire capable d'enregistrer immédiatement et de rappeler à loisir les impressions des sens, et une imagination capable de tisser une théorie, de reconstituer une chaîne brisée ou de démêler un indice emmêlé. Tels sont les instruments de travail d'un diagnosticien accompli. »

    Au bout de sa deuxième année d’étude, Conan Doyle devient l’un des assistants de Bell, qui semble s’être pris d’affection pour son esprit aiguisé. Il absorbe chacune de ses paroles lors des cours que le professeur donne dans des amphithéâtres pleins à craquer. Il le suit, aux côtés d’autres étudiants chanceux, lors de ses gardes, et ne peut que s’extasier face aux déductions époustouflantes qu’il parvient à réaliser en un simple coup d’œil. Des années plus tard, l’auteur raconte combien l’échange entre Bell et le patient écossais l’a marqué. Il ne fait nul doute que de tels épisodes lui ont inspiré entre autres la rencontre la plus célèbre du monde de la littérature : celle entre John Watson et Sherlock Holmes. Une amitié profonde se tisse et perdure entre les deux hommes et lorsque Conan Doyle publie pour la première fois les aventures du détective, il ne manque pas de rappeler à Bell que Sherlock ne serait rien sans lui. La ressemblance entre les deux personnages est si frappante qu’elle n’échappe pas à Robert Louis Stevenson, auteur de L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, et lui aussi ancien élève du chirurgien écossais.

    Quand il n’est pas au chevet des membres de la famille royale, en train d’opérer, ou d’enseigner la chirurgie, on raconte que Bell prête ses talents de profiler aux forces de police. Si l’on en croit certaines sources, il aurait même pris part à la traque de Jack l’Éventreur aux côtés de Scotland Yard, en 1888. Mais les pistes permettant d’évaluer la véracité de cette histoire sont aussi troubles que celle menant à l’Éventreur lui-même.

    Après une carrière couronnée de succès, le bien-aimé et admiré Joseph Bell s’éteint dans le petit village de Milton Bridge, le 4 octobre 1911. Non content d’avoir marqué son époque, il laisse également derrière lui un héritage considérable, tant dans le domaine de la médecine que dans celui de la criminologie et, inopinément, dans la littérature. Conan Doyle n’est d’ailleurs pas le seul à prendre inspiration sur son professeur puisque du côté de la bande dessinée, Joann Sfar lui consacre toute une série d’aventures fantastiques à son nom. Il est également le mentor de l’un des trois personnages principaux dans le manga steampunk City Hall.

    Si peu de gens se souviennent aujourd’hui de son nom, Joseph Bell aurait été ravi d’apprendre que celui-ci continue de vivre dans les pages de fiction, visibles par tous, mais reconnaissable uniquement pour ceux qui savent observer.

    Merci d'avoir écouté Chasseurs de Science. Le générique de ce podcast a été composé par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Emma Hollen. Merci à Boris Diniz et à Loulou de Boneless, qui prêtent leurs voix respectivement au patient écossais et à Arthur Conan Doyle, et à François de la chaîne YouTube Primum Non Nocere, qui interprète le rôle de Joseph Bell. Si vous appréciez notre travail, n’hésitez pas à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez aussi vous abonner sur Spotify, Deezer et Apple Podcast pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de science. À bientôt !


    Musiques :

    • German Beauty, par Sascha Ende
    • Waltz of Butterflies et Lively Classical Piano Waltz par MusicLFiles

    License: https://filmmusic.io/standard-license

    • Vingt-quatrième Caprice de Paganini

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    9 min
  • Marc Seguin, à la conquête du rail

    Marc Seguin est l'un de ces inventeurs qui ont marqué l'histoire de l'ingénierie française. Petit-neveu du célèbre Joseph de Montgolfier, qui co-inventa la montgolfière avec son frère Jacques-Étienne, il grandit entouré de machines qui le fascinent et l'inspirent. En 1822, à l'âge de 36 ans, il se lance dans une période d'innovation qui lui vaudra de faire partie des 72 savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel.

    Parmi ses inventions, on trouve la locomotive Seguin. Témoin de l'expansion du chemin de fer en France, elle est six fois plus puissante que les locomotives à vapeur de son temps, traçant sa route à la vitesse impressionnante (pour l'époque) de 30 km/h. Montez à bord, on vous emmène.


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    Pour aller plus loin :

    • À quoi sert le ballast ferroviaire, ces cailloux placés sous la voie ferrée ?
    • Quelle est l'origine du train de la Baie de Somme ?
    • Première locomotive hybride au monde présentée au Japon

    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Chasseurs de Science, un podcast produit par Futura. Je m'appelle Franck, et je serai votre guide temporel au cours de cette excursion. Aujourd’hui, nous prenons le train pour aller rencontrer Marc Seguin, un pionner de la grande histoire du chemin de fer. Vous écoutez Chasseurs de Science, si ce podcast vous plaît, n'hésitez pas à nous soutenir en le partageant sur les réseaux sociaux et en nous laissant une note sur les plateformes de diffusion.

    1er octobre 1829, gare centrale de Lyon. Marc Seguin est installé devant les commandes de sa machine, les mains posées sur ses leviers de métal gantés de bois. Il sent son pouls frémir au bout de ses doigts, engagé dans un dialogue silencieux avec l’engin. Dans quelques instants, il s'élancera avec son train en direction de Saint-Étienne. Sur le quai, l'excitation est à son comble. Des journalistes et des curieux se sont rassemblés autour de cette bien curieuse machine : la locomotive Seguin qui va faire ses premiers tours de roue. Les voyageurs prennent place dans le train, et le coup de sifflet est donné. Marc Seguin, rayonnant de fierté, pousse quelques manettes et la locomotive s'élance en soufflant et en crachant fumée et vapeur. Elle accélère, entraînant avec elle le cœur du conducteur. La machine atteint sa vitesse maximum de 12 km/h. Cela paraît peut-être dérisoire aujourd'hui, mais à l'époque c’est une prouesse, un nouveau record inscrit dans les registres de l’Histoire. Marc Seguin est le premier à conduire une locomotive à chaudière tubulaire.

    Marc Seguin naît le 20 avril 1786 à Annonay. Il est le fils aîné de Marc François Seguin et d’Augustine Thérèse de Montgolfier. Si ce nom vous dit quelque chose, c’est parce que le grand-oncle de Marc n’est autre que le célèbre Joseph de Montgolfier, qui inventa la montgolfière avec son frère Jacques-Étienne. Ce parent notoire guide le jeune garçon dans son apprentissage des sciences et l'invite régulièrement dans son laboratoire du conservatoire où ce dernier découvre tout un monde de machines qui le passionne. Entré dans la vie active, il intègre la fabrique de drap familial, où il a pour tâche de démarcher les clients. Il fonde ensuite avec son frère une manufacture de feutre pour papeterie.

    Un matin froid de la fin de l'année 1822, Marc se tient sur le quai de la ville de Brest. Alors âgé de 36 ans, son cerveau bouillonne d'idées qui ne demandent qu'à être réalisées. Autre chose bouillonne juste devant lui : la chaudière du bateau à vapeur qui traverse le port sous ses yeux. Il ne lui en faut pas plus. Cette simple vision lui donne l'idée de créer en 1825 avec Pierre-François de Montgolfier et Louis Henri Daniel d'Ayme la Société de halage par la vapeur à point fixe sur le Rhône. Cette curieuse dénomination nécessite quelques explications. Lorsque les bateaux descendent le Rhône, ils leur suffisent de se laisser porter par le courant. En revanche, pour remonter le Rhône, les embarcations doivent être tirées depuis la rive par des chevaux au moyen de câbles. L’idée de Marc Seguin est de remplacer les chevaux par des treuils entraînés par une machine à vapeur disposée sur la rive. Les câbles attachés aux bateaux s'enroulent autour du treuil, tirant ainsi celui-ci. Malheureusement, les chaudières qui alimentent la machine à vapeur ne sont pas suffisamment puissantes. Deux ans après la création de la société, un bateau heurte la pile d'un pont à Lyon. La chaudière éclate, et le bateau sombre, provoquant la mort de 28 personnes. La société est liquidée.

    Cette malheureuse expérience n’est pas sans apprentissage, car c’est elle qui pousse Marc Seguin à imaginer la chaudière tubulaire. Le corps de chauffe y est traversé par de multiples tubes dans lesquels circulent les gaz, garantissant une meilleure répartition de la chaleur. Un procédé révolutionnaire qui permet de multiplier par six la puissance de la locomotive !

    En 1825, Marc se rend en Angleterre, et devient ami avec l’ingénieur Georges Stephenson. Là-bas, il l'aide à construire « The rocket », « La fusée » en Français, l’une des toutes premières locomotives à vapeur à chaudière tubulaire basées son invention. Convaincu du potentiel du transport ferroviaire, il suggère au gouvernement français de construire une ligne de chemin de fer de 56 km entre Saint-Étienne et Lyon. La ligne est concédée au profit des frères Seguin et de deux autres entités, le 7 mars 1827. Marc rencontre beaucoup de difficultés pour la construction de sa ligne. La loi d'expropriation n'existe pas à l'époque, et il doit user de beaucoup de ruses pour réussir à acheter les terrains. Un jour, l’inventeur se rend chez un particulier pour réaliser des relevés cadastraux. Personne ne répond lorsqu'il frappe à la porte. Comme il a l'habitude de faire dans ce cas, Seguin ne se démonte pas, pénètre dans la propriété, et commence ses relevés. Si le propriétaire vient lui faire des reproches, il aura des arguments tout prêts pour le calmer. Mais cette fois-ci les choses ne se passent pas comme prévu. En découvrant un intrus sur son terrain, le paysan qui détient les lieux décroche son fusil, et tire une décharge de chevrotine dans sa direction. Fort heureusement, il le manque de peu, mais laisse un souvenir cuisant à Marc Seguin.

    À l’été 1830, un premier tronçon de ligne ouvre entre Givors et Rive-de-Gier. Il est utilisé dans un premier temps au service des marchandises et pendant plusieurs mois, on emploie des chevaux pour la traction. C’est ensuite la locomotive Seguin qui fait ses premiers tours de roue, quelques jours avant « La fusée » de George Stephenson. Un second et un troisième tronçon ouvrent en 1832 entre Lyon et Givors et entre Rive-de-Gier et Saint-Étienne, toujours pour le transport de marchandises.

    La même année, les voyageurs sont progressivement acceptés. Et si vous pensez que le RER n'est pas confortable, imaginez-vous bien qu'à l'époque, ces derniers n'avaient rien d'autre que de la paille répandue sur le sol pour assurer leur confort. Pour autant, les autres modes de transport, dont les postes à chevaux, voient très mal cette nouvelle concurrence, et ils sabotent régulièrement la ligne en faisant dérailler les trains, sauter les chaudières, ou en incendiant les wagons - une tâche amplement facilitée par la paille sèche qui en tapisse les planches. Quand ce ne sont pas les saboteurs qui portent préjudice à la compagnie Seguin, ce sont les voyageurs eux-mêmes qui s'y mettent. Ils taillent les draps posés sur les banquettes pour en faire des gilets, et se servent des tirants de cuir aux fenêtres comme de bretelles.

    Malgré ces déboires, la compagnie exploite la ligne pendant 26 ans. En 1853, la compagnie Seguin disparaît avec 2 autres compagnies de chemin de fer voisin. Les 3 compagnies fusionnent pour donner naissance à une nouvelle : la Compagnie des chemins de fer de jonction du Rhône à la Loire.

    Atteint d'une fluxion de poitrine, Marc Seguin meurt le 24 février 1875, à l'âge de 88 ans. En plus de la navigation fluviale, des locomotives à vapeur et des lignes de chemin de fer, il a aussi été à l'origine de la création des ponts suspendus à câbles, s’est essayé aux travaux aéronautiques en construisant des machines volantes et a rédigé plusieurs ouvrages. Considéré comme le père du chemin de fer Français, il a révolutionné le monde du transport et fait partie des 72 de savants dont le nom est inscrit sur la tour Eiffel.

    Merci d'avoir écouté Chasseurs de Science. La musique de cet épisode a été composée par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Franck Menant. Si vous appréciez notre travail, n'hésitez pas à vous abonner et à nous laisser un commentaire et cinq étoiles sur les plateformes de diffusion pour nous soutenir et améliorer notre visibilité. Vous pouvez nous retrouver sur Apple Podcast, Spotify, Deezer, Castbox et bien d'autres pour ne plus manquer un seul épisode. Quant à moi, je vous retrouverai bientôt pour une future expédition temporelle, dans Chasseurs de science.

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    11 min
  • Typhoid Mary, meurtrière malgré elle

    Au début du 20ème siècle, la fièvre typhoïde se répand comme un traînée de poudre à New-York. George Soper est chargé d’enquêter sur les origines de la maladie. Rapidement, il suit la trace d’une cuisinière irlandaise qui semble contaminer tous ceux qu’elle croise.

    L’histoire de Mary Mallon, mieux connue sous le nom de Typhoid Mary, est celle de l’une des premières porteuses saines connues de l’Histoire, mais aussi celle d’une femme immigrée, qui a vécu la plus grande partie de sa vie emprisonnée dans un hôpital.


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    Pour aller plus loin :

    • Le typhus, une maladie portée par les rats | Dossier
    • Confinement et déconfinement : les effets sur le taux de reproduction du virus
    • Pourquoi l'ère des pandémies ne fait-elle que commencer ?
    • Les grandes pandémies qui ont marqué l'histoire

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    11 min
  • Caroline Herschel : la géante méconnue de l'astronomie

    Nombre d'entre vous êtes probablement déjà familiers avec le célèbre astronome William Herschel. Mais avez-vous déjà entendu parler de sa sœur ? Scientifique brillante et assistante dévouée, Caroline Herschel a sacrifié sa vie à son frère et consacré le peu qui lui restait à ses propres recherches. Son travail remarquable lui a valu un succès notable pour son époque, mais peu de gens se souviennent de son nom aujourd'hui.

    Pourtant, Caroline Herschel est une femme de records. Au cours de sa carrière, elle découvre huit comètes, quatorze nébuleuses, catalogue des centaines de nouvelles étoiles et des galaxies, devient la première femme publiée par la revue de la Royal Society, ou encore la première astronome à recevoir un salaire pour son travail. Un destin de géante pour cette femme qui ne mesurait pas plus d’un mètre quarante, que nous vous invitons à découvrir dans ce nouvel épisode de Chasseurs de Science.


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    Pour aller plus loin :

    • Découvrez l'article dédié à Caroline Herschel sur Cielmania
    • Caroline Herschel
    • Les grandes femmes de la science
    • Femmes et la Science : Cinq femmes d'exception | Dossier


    Musique :

    Paper Flakes, Walking Stars et Silver Lake par Rafael Krux

    Licence: https://filmmusic.io/standard-license

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    10 min
  • Bêtes de science, le teaser

    Découvrez bientôt le nouveau podcast de Futura dédié à l'intelligence animale. À chaque épisode, partez à la découverte d'un nouvel animal et de ses comportements les plus étonnants. Rencontrez des oiseaux architectes, des poissons dessinateurs, des insectes cartographes et bien d'autres créatures dans Bêtes de Science ! Rendez-vous à partir du 3 février sur vos plateformes audio préférées !

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    1 min
  • Chuck Yeager, l’homme le plus rapide du monde

    Octobre 1947. Pour la première fois de l’Histoire, un bang supersonique produit par un avion retentit dans le ciel. Aux commandes : Chuck Yeager, pilote américain de génie.


    Cet épisode de Chasseurs de science retrace la vie aventureuse du premier homme à avoir franchi le mur de son. Si cet exploit le rendit célèbre, il en connut bien d'autres jusqu'à sa mort le 7 décembre 2020. Rendons donc hommage à cet as du pilotage qui inspira aussi le cinéma.


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    Pour aller plus loin :

    • Les avions du futur : plus gros mais moins gourmands
    • Vidéo exclusive : l'épopée du X-15, le premier avion spatial
    • En vidéo : la chute libre supersonique de Felix Baumgartner

    Transcription du podcast :

    Bienvenue dans Chasseurs de Science, un podcast produit par Futura. Je suis Julie votre guide temporelle. Aujourd’hui nous rendons hommage au pilote américain le plus doué de sa génération, Chuck Yaeger, décédé le 7 décembre 2020 à 97 ans. S’il a connu la gloire à l’automne 1947, le reste de sa vie aventureuse est tout aussi remarquable. 


    14 octobre 1947, Californie. Altitude : 13.700 mètres. Température : glaciale.

    Charles Elwood Yeager, surnommé Chuck, essaye tant bien que mal de trouver une position confortable dans le minuscule cockpit de son avion, un BX-1. Avec les deux côtes qu’il s’est cassées la veille lors d'une chute à cheval, ce n’est pas une mince affaire !

    Dans quelques instants, la soute de l’avion-porteur qui le transporte s’ouvrira et il lancera son BX-1 par delà de la dernière limite connue : le mur du son. Le BX-1 a été conçu pour cela. C’est littéralement une balle de revolver dotée de petites ailes et d'un moteur-fusée à l’arrière. Il ne mesure que 3 mètres de haut pour 11 mètres de long. Chuck ne peut même pas étendre ses jambes dans le cockpit. Mais le défi ne l’impressionne pas le moins du monde. Du haut de ses 24 printemps, il en a vu d’autres !

    Le pilote de l’avion-porteur le prévient de l’ouverture de la soute. Une raie de lumière éblouissante se dessine devant Chuck. Il pose ses lunettes de soleil sur son nez et met en marche son avion. L’appareil s’emballe, le cœur de son pilote aussi. Chuck pense à Glennis, sa femme, et à l’inscription « Glamorous Glennis », peinte en son hommage sur l'avant de son bolide.

    Ça y est : le ciel s’étend devant lui. Le BX-1 s’élance comme un boulet de canon. Son nez pointu déchire littéralement l’air. L’accélération le cloue sur son siège et met à rude épreuve son corps endolori, mais Chuck prend toujours plus de vitesse. L’aiguille du machmètre monte doucement : 0,83, 0,88, 0,92. Il continue d’accélérer jusqu’à que l’aiguille sorte du compteur. 

    À 10h18, le premier bang supersonique de l’histoire retentit dans le ciel californien, au-dessus du désert de Mojave. Chuck Yeager vole à Mach 1,05, soit 1.296,54 km/h. Il devient alors « the fastest man alive », le premier homme à franchir le mur du son lors d’un vol horizontal habité.

    Chuck Yeager naît le 13 février 1923 dans une petite ville de Virginie-Occidentale sur la côte est des États-Unis. Il est le second enfant d’Albert Hal et de Susie Yeager, deux Américains modestes. C’est un enfant curieux et hyperactif mais qui ne brille pas par ses résultats scolaires. À l’adolescence, il préfère pêcher et chasser plutôt que de rester assis sur une chaise. On raconte qu’il est capable de tirer un chevreuil à 550 mètres de distance. Néanmoins, il montre d’incroyables capacités dans tous les domaines nécessitant un raisonnement mathématique, une coordination physique et du doigté. Ces dernières lui sauveront plusieurs fois la mise.

    À la sortie du lycée, il s’engage sans attendre dans l’U.S Air Force. Nous sommes alors en 1941, et Chuck a tout juste dix-huit ans. Les longues heures passées avec son père à trifouiller des générateurs, des pompes et autres machines lui permettent de devenir mécanicien aéronautique. Mais ce n’est qu’une étape pour lui, son plan c’est devenir pilote. Son jeune âge et surtout le fait qu’il n’ait aucun diplôme d’étude supérieure le privent pour le moment de son rêve.

    L’attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 bouleverse le destin du monde et celui de Chuck Yeager. Les États-Unis entrent en guerre aux côtés des Alliés et l’U.S Air Force doit grossir ses effectifs de pilotes. Les pré-requis pour intégrer le programme d’entraînement sont assouplis. Chuck saisit sa chance et postule seulement six mois après son engagement. Grâce à son acuité visuelle hors du commun, évaluée à 20/10, il est sélectionné. Il devient officier pilote en mars 1943 et part pour la Grande-Bretagne en novembre de la même année. Il a alors 20 ans.

    Chuck s’illustre rapidement aux commandes de son P-51 B, baptisé « Glamorous Glenn ». En mars 1944, il remporte sa première victoire en battant un Messerschmitt BF 109, fleuron de l’armée allemande. Le lendemain, il part pour sa neuvième mission, sûrement son fait de guerre le plus connu.

    Avec ses coéquipiers, il doit escorter un bombardier américain jusqu’à l’aérodrome de Bergerac. Mais les Allemands attaquent l’escadron au-dessus de Biscarrosse et l’avion de Chuck est touché. Les commandes ne répondent plus, pas le choix, il lui faut abandonner le « Glamorous Glenn ». Il s’éjecte du cockpit à 6.000 mètres d’altitude. La température glaciale lui brûle les poumons et le manque d’oxygène lui fait tourner la tête alors qu’il est en chute libre. Sentant sa conscience le quitter, il ouvre son parachute à 2.500 mètres d’altitude. Chuck est alors à la merci des pilotes ennemis, sans aucun moyen de défense. Celui qui l’a descendu voit là une occasion parfaite d’en finir, mais un de ses coéquipiers lui sauve la vie.

    Chuck termine sa descente près d’un moulin à la Rode. Là-bas vit une famille faisant partie de la résistance. Grâce à son aide et celle du voisinage, il traverse incognito les Pyrénées, affublé d’un béret et des vêtements du mari de l’une des résistantes. Il rejoint l’Espagne avec les huit autres survivants de son escadron, avant de rallier sa base en Angleterre.

    Après cette déconvenue, il retourne en mission et continue d’écrire sa légende. Il devient « As d’un jour » en octobre. Ce terme définit les pilotes qui ont descendu cinq avions ennemis en une seule journée.

    La fin de la guerre marque le début de sa deuxième carrière tout aussi prolifique : celle de pilote d’essai. Dès 1945, il s’entraîne sur les avions construits par la compagnie Bell pour franchir le mur du son. Il fait de nombreux essais, participe à l’amélioration du BX-1. Il flirte avec Mach 1 à de nombreuses reprises, mais ne le dépasse qu’après deux ans d'entraînement acharné, le 14 octobre 1947.

    Il fait encore de nombreuses prouesses pour le compte de l'US Air Force. Le 10 décembre 1963, il frôle la mort dans une scène digne d’un film d’action. Lors d’un « zoom climb », une manœuvre où le pilote monte en flèche dans les cieux, il perd le contrôle d’un avion prototype à 33.000 mètres d’altitude. L’avion fait une chute vertigineuse sans que Chuck Yeager ne parvienne à le redresser. À 2.500 mètres du sol, il finit par s’éjecter et rejoint le plancher des vaches sain et sauf, avec le visage grièvement brûlé. C’est un de ses derniers exploits. Il prend sa retraite en 1975 à l'âge de 52 ans.

    Jusqu’à sa mort le 7 décembre dernier, Charles Elwood Yeager est resté une légende. Le film L’Étoffe des Héros, sorti en 1983 et réalisé par Philip Kaufman, retrace les aventures des pilotes d’essais et futurs astronautes après la Seconde Guerre mondiale. C’est Sam Shepard qui campe le rôle de Chuck, mais ce dernier fait son apparition dans le métrage, lors d’un caméo plutôt cinglant.

    Il joue un vieux serveur dans le bar Pancho Barnes et s’offusque qu’un des pilotes ne soit pas admis car il n’a pas fait d’étude supérieure comme les astronautes. Un reproche qu’on faisait souvent à Chuck, et qui était à l’origine de sa querelle avec une autre célébrité de son époque et pilote d’essai tout aussi doué que lui : Neil Armstrong.


    Merci d’avoir écouté Chasseurs de Science. La musique de cet épisode a été composée par Rafael Krux, et son générique par Patricia Chaylade. Au texte et à la narration : Julie Kern. Si cet épisode vous a plu, n’hésitez pas à nous le faire savoir en nous laissant une note et un commentaire sur votre plateforme d’écoute favorite. Pour soutenir notre travail, abonnez-vous et partagez vos épisodes préférés autour de vous. Merci pour votre fidélité. À bientôt pour un nouvel épisode de Chasseurs de science.

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    11 min
  • L'extravagant William Buckland et le premier dinosaure

    William Buckland, le paléontologue le plus fantasque de l’université d’Oxford est dans Chasseurs de science. Cet esprit aussi brillant que lunaire n’hésitait pas à raconter des anecdotes insolites à ces étudiants ou à les traumatiser avec des crânes d’animaux.
    Mais si William Buckland est un original, il est aussi un grand scientifique. Au fil des années, il a rassemblé les fossiles d’une espèce antédiluvienne, un lézard géant qu’il baptise le Megalosaurus : le premier dinosaure décrit de l’histoire.

    🧏[Transcription de l'épisode]🦻

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    Pour aller plus loin :

    • L'ère des dinosaures : introduction sur leur époque | Dossier
    • Comment les dinosaures ont-ils disparu ?
    • Découvrez l'intérieur du crâne d'un dinosaure en 3D

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    9 min

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Chasseurs de science, c'est le podcast d'histoire des sciences de Futura. À chaque épisode, embarquez dans les couloirs du temps à la rencontre des personnes et à la découverte des événements qui…