Paris, le 31 décembre 2020.
J’écris « cher », pour le prix que ça me coûte de libérer ma lignée familiale. Il est temps d’écrire tout ce dont je me souviens. Tu es gérant d’un Co working. Tu as plus de la quarantaine et ton nom de famille qualifie la situation que tu m’as forcé à vivre. Tu as l’ignoble culot d’avoir été interviewé sur le thème du développement de soi. J’espère que tu as honte et que tu te sens sale de chaque millimètre de ta misérable existence. J’imagine que le jour où le karma s’occupera de ton cas, tu resteras bloqué pour l’éternité à cramer dans les flammes. Reprenons mes souvenirs. Octobre 2017... Trois acolytes qui se connaissent depuis une semaine, une autre nana très sympa, toi et moi. Sept soirées à fanfaronner, à se marrer tous les trois comme de vieux copains d ‘école. Je suis récemment larguée à ce moment-là. Notre 3 ème acolyte vivant à l’autre bout de la ville, et toi à dix minutes à pied de chez moi, il m’est naturel de demander ton aide pour écrire ma lettre à mon ex.
Tu débarques tard, très tard, il est genre dans les 23h minuit. On parle de ma lettre. Tu vois à quel point je suis décontenancée par cette situation et comme je suis exténuée. Tu sais aussi le stress qu’elle me procure et décides d’en profiter salement.
Tu proposes ce fameux massage déguisé sous sa forme énergétique et surtout mystérieuse. Tu l’emballes dans un flou de fausse bienveillance. Ta demande à prendre une douche me paraît curieuse, mais je te donne une serviette, pendant que je me change dans le salon, pour mettre un tee-shirt et une culotte par tentative vaine de précaution. Il me semble que tu restes en serviette, mais je n’en suis plus sûre. Tu commences à me masser, mais je ne m’en souviens presque pas, puisque très vite je m’endors.
Brièvement j’ouvre les yeux, quand je vois que tu te frottes la queue sur moi. Je me rendors. J’ouvre à nouveau les yeux, tes doigts sont dans ma chatte. J’ai dû me rendormir, en fait je n’en sais trop rien. Je me souviens à peine du moment où tu as quitté chez moi. Je sais juste que c’était dans le calme, comme si tout était normal. Tu as pris de mes nouvelles le lendemain matin par message. Comme une fleur.
Je savais que quelque chose n’allait pas. Je me sentais mal, sale. Et j’avais des absences. En guise de réponse à ma réponse, tu t’es placé en victime. Tu n’es qu’une merde. Quelques jours plus tard je t’ai vu en face. J’avais besoin d’éclaircir de moment. Tu t’es repositionné en victime, prétextant que ça te renvoyait à des choses que tu avais vécu petit. Je n’ai pas osé t’en vouloir je crois, avec ce que tu avais sûrement vécu.
Trois années et deux mois plus tard, je me souviens bien mieux. J’ai creusé le sujet en long en large et en travers parce que je n’ai pas eu le choix pour sauver ma peau. Pour ma part, je me libère. Tu vas prendre cette souffrance à ta charge et tu vas payer. Peut-être que je porterai plainte, ou peut-être que tu payeras autrement. J’ai déjà parlé de toi dans mon livre, et crois-moi, il sera édité. A toi de porter cette épée de Damoclès. Nous sommes le dernier jour de 2020, et pire que le covid, les virus comme toi. Insidieux, parasite rampant, serpent, tu n’auras pas ma peau sois en sûr.A toi de sombrer maintenant.
Moi, je me relève, un pas après l’autre, je m’éloigne de toi, de cette énergie sale avec laquelle tu m’as violée. Je te la rends, cette épaisse fumée noire qui t’entoure doucement. Tu n’y verras bientôt plus rien, elle entrera par tes yeux pour te dissoudre comme de l’acide.Je m’en vais, te laisser crever ici, et toutes celles à qui tu as fait subir la même chose, elles viennent avec moi. On marche ensemble vers la lumière, et on va aller briller. « Du chaos naissent les étoiles ». Je vais poster cette lettre. Je vais mettre un timbre. Peu importe le nom, peu importe l’adresse. Seule l’intention compte. L’univers va s’occuper de toi...