La Toussaint est la fête catholique mettant à l’honneur tous les saints, qu’ils soient connus ou inconnus.
Il pourrait être de bon ton de se souvenir, plus fondamentalement, du symbole profond inspiré par ce jour normativement marqué :
Tous les hommes sont destinés à la sainteté. En termes plus laïques, il s’agirait de rappeler que l’homme est voué à faire le bien autour de lui, tant pour lui que pour les autres individus et la société.
Ce message est donc largement social, moral et politique. Dans une société où l’individualisme est monté en épingle pour en faire un dogme, on oublie parfois la vocation morale de l’humain.
La question épineuse de la raison de l’existence peut être réglée simplement par le fait que, bah la vie n’a pas d’autre raison que celle de l’évolution naturelle.
L’homme n’a pas plus de raison de vivre que la fourmi. Cependant, l’homme se pose la question. Et, globalement, il est notable que lorsqu’on se pose une question, c’est plus agréable d’y trouver une réponse.
Alors, on cherche, on justifie, on se bagarre, et blablabla. Un type trouve une réponse, un autre en trouve une autre. On donne raison à l’un, puis à l’autre.
Puis, finalement, l’histoire passe, les hommes aussi. Les souvenirs s’effacent, les hommes aussi – et les femmes encore plus hélas.
Il en va de même pour ces fameux saints. On en retient quelques-uns. On en oublie d’autres. Toutefois, qu’importe. Qu’importent les noms, ce qui prévaut, ce sont les actions.
Bien agir n’est jamais orienté vers la postérité du nom. La sainteté d’une personne, disons plutôt sa moralité exceptionnelle, ne peut être guidée par la volonté d’une forme de retour sur investissement. Le bien doit être désintéressé.
Par conséquent, je rendrai honneur à cette fête en mettant en avant la potentielle moralité de l’humanité. Ainsi, fêtons la Toussaint en étant tous saints.