TRANSITION : S’ennuyer ne cause pas forcément de l’ennui, notamment quand on sait jouer avec et s’en faire un véritable ami. Voyons comment procéder grace à cette nouvelle chronique !
On oublie trop souvent les vertus de l’ennui. Ainsi, étant petit, je suis allé à l’ennui comme d’autres vont à la rivière.
J’y barbottais joyeusement durant des heures. Lorsqu’on aime s’ennuyer, c’est qu’on y trouve des pépites.
Moi, j’étais un chercheur d’or. Je scrutais chaque bout de la rivière, j’en remuais chaque caillou, je brassais toute l’eau que je pouvais.
Pourquoi ça ? Eh bien par espoir, ou peut être simplement par ennui. Car oui mes amis, c’est lorsqu’on s’ennuie qu’on trouve les ressources créatives pour s’inventer mille activités.
S’ennuyer, et même aimer s’ennuyer, ce n’est jamais anodin. Plus encore, c’est le meilleur moyen de trouver des solutions pour ne jamais s’ennuyer.
C’est un paradoxe et non des moindres. Lorsqu’on aime s’ennuyer, c’est parce qu’il ne nous ennuie pas.
Quand on s’ennuie, on se forge un imaginaire capable de retourner ces petits cailloux qu’on nomme montagne, capable de siroter les océans à la paille, capable de résoudre le problème de la faim dans le monde, de l’inégalité des personnes, du pouvoir, de l’amour, de la vie…
C’est pour ça que l’ennui est une chose formidable, essentielle et nécessaire.
Hélas, j’ai grandi. J’ai vu les autres qui ne prenait jamais de temps pour s’ennuyer et ça m’a donné envie.
J’ai cherché à me faire des amis, mais jamais ils ne voulaient s’ennuyer avec moi. Pourtant trop souvent, moi, je m’ennuyais avec eux.
Cependant, ce n’était pas l’ennui que je connaissais et que je chérissais. Celui-ci était terne, mou, lassant…
Alors, j’ai trouvé un moyen pour m’occuper l’esprit et continuer mon chemin mental tout en étant avec ceux qui m’entravaient cette route.
Ce n’était pas du tout le meilleur, c’était un pis-aller médiocre et néfaste. Toutefois, il était nécessaire – tout autant qu’il était nécessaire à ce moment d’être entouré, même si en moi, je demeurais encore seul, plus seul encore que lorsque je l’étais.
L’ennui de mon enfance, celui avec lequel je jouais comme avec un ami, il me manque.