Jour 1 : Un vieil homme seul dans une forêt magique
Il était une fois, un vieil homme qui vivait seul dans une petite maison. Celle-ci se trouvait tout au fond d’une grande forêt magique. Elle était située tout en haut du monde, là où les nuits durent longtemps et où l’hiver ne s’arrête que rarement.
L’homme avait beau être seul, il ne s’ennuyait jamais. En effet, il y avait toujours quelque chose à faire. Il fallait couper du bois pour se réchauffer. Il fallait trouver de la nourriture. Il fallait encore s’occuper du logis, afin qu’il ne soit pas envahi par la neige. Et il fallait enfin se préserver des dangers qui résidaient dans la forêt. Pour faire tout cela, il fallait trouver de quoi fabriquer quelques outils lui permettant d’en fabriquer d’autres et de les entretenir.
Au fil des années, l’homme s’était lié d’amitié avec quelques animaux vivants là. Comme le lieu était magique, les bêtes qui y vivaient l’étaient tout autant. Certains savaient s’exprimer, et lui tenait ainsi compagnie. Or, certains auraient bien aimé le manger, il devait donc aussi s’en méfier… En bref, il était bien occupé.
Toutefois, bien que très pris par ces travaux, notre bon ami avait une petite occupation qu’il appréciait beaucoup, lorsqu’il avait un peu de temps devant lui. Il adorait fabriquer des jouets. « Des jouets ? », me demanderez-vous. Eh bien oui, on peut être vieux et aimer les jeux.
Hélas, l’homme était le seul homme comme je le disais. De ce fait, il accumulait tout ce qu’il fabriquait. Oh, il avait bien quelques amis taquins et joueurs. Cependant, c’étaient là des animaux qu’il fréquentait depuis longtemps. Ce faisant, ils n’étaient pas toujours réceptifs à ces idées farfelues et parfois un peu lassés.
Ainsi, tout ce qu’il fabriquait et qui n’amusait plus ses compères, il le stockait dans une grande grange qu’il avait pris le temps d’aménager. Parfois, il venait y jouer en imaginant qu’il était encore un enfant. Il s’amusait bien mais il lui manquait une petite chose pour parfaire son bonheur.
Ce qui manquait à son bonheur, c’était de faire des cadeaux. Vous me direz, il pouvait offrir des présents à ses amis. Cependant, eux, ils n’avaient pas de grange où les stocker. Et bien qu’ayant aussi aménagé de petits espaces cosy pour ces derniers, ils restaient libres et préféraient un bon fourrage à un lieu ressemblant à un garage.
Jour 2 : Tout laisser derrière soi pour découvrir ce qui est devant.
Ainsi, notre vieil ami commençait à s’ennuyer, si seul dans sa forêt. Parfois, il lui arrivait de penser au monde qu’il avait quitté, il y a si longtemps de ça. Il repensait à la joie d’une vie de famille et à la chaleur des foyers remplis de marmots jouant et courant partout.
Il faut que je vous dise, cet homme n’avait pas toujours vécu là. Autrefois, c’était un grand explorateur dont le sens de l’orientation n’égalait hélas pas ses grandes aspirations. Il s’était perdu un jour où il s’était engagé pour découvrir le grand Nord. C’est ainsi qu’il avait tout quitté.
Or, lorsque l’on quitte tout pour s’écarter des sentiers battus, il peut arriver que l’on perde sa route. Mais, l’homme ne s’était jamais apitoyé et avait pris comme une nouvelle aventure ce que certains aurait vu comme un grand malheur. Qu’importe qu’il ait perdu son chemin, ce n’est pas en regardant derrière que l’on parvient à aller de l’avant.
Ce faisant, il s’était engagé dans une vie d’ermite de la plus positive des manières. Et puis, il avait fait la rencontre de nombreux êtres fantastiques qui l’avaient aidé à aménager une petite clairière où il s’était enfin établi. Lui qui rêvait d’aventures, il était servi. Ainsi, chaque jour était l’occasion de fabuleuses péripéties.
Oh… Bien sûr, il repensait parfois à sa vie d’avant, mais ce n’était jamais bien méchant. C’était surtout l’occasion de se remémorer de belles choses, comme le sourire des enfants, l’amour des gens et bien d’autres jolis souvenirs.
Par ailleurs, il avait ainsi laissé derrière lui bien des soucis, comme l’argent, les méchants, ou encore toutes ces obligations sociales qu’il n’aimait pas tant.
Aujourd’hui, il était donc content avec ce qu’il avait. Il était bien occupé mais, il avait encore le temps de discuter avec ses formidables amis magiques et de découvrir les nombreux mystères qui habitaient cette incroyable forêt.
Jour 3 : Des rennes pour amis extraordinaires.
Le vieil homme s’était lié d’amitié avec un groupe de jeunes rennes qu’il avait sauvé des griffes d’une meute de loups affamés. Ces derniers devaient bien se nourrir. Ils avaient ainsi fait quelques petits orphelins que notre cher ami s’étaient empressés de recueillir. C’était là ses principaux amis.
Il leur avait donné un nom à chacun. Il leur avait aussi appris à parler. De ce fait, il pouvait briser la monotonie des longues journées hivernales en discutant avec eux. Il s’en occupait bien et les chérissait comme un père avec ses enfants. Chacun avait sa petite personnalité.
Il allait parfois se promener avec eux et, en retour, ils l’aidaient à transporter le bois nécessaire pour endurer les longs hivers. Pour cela, il s’était fabriqué un superbe traineau qu’il avait peint de belles couleurs. Ces balades étaient un vrai bonheur, pour lui comme pour eux.
Chacun avait sa place et son rôle dans ce superbe attelage. Il y avait quatre mâles et quatre femelles. Tornade était le plus rapide : Danceuse la plus gracieuse : Fringant était le plus beau et se pavanait gracieusement, tandis que Tonnerre était le plus fort et avançait fièrement. Il y avait encore Eclair qui était lumineux, Comète, le plus heureux et enfin Cupidon, la femelle amoureuse…
Cette équipe était devenue la compagnie la plus fidèle pour notre aventurier perdu. Sans eux, il n’aurait jamais survécu aux rudesses de la nature sauvage du Grand Nord et à l’amertume de la solitude qui l’accompagne.
Chacun avait ses défauts et ses qualités. Or, bien souvent, les pires défauts forment aussi les meilleures qualités. Ce faisant, il les aimait tous autant et intensément. Jamais il ne pourrait s’en séparer. Ils étaient devenus amis à tout jamais.
Leur amitié était telle que ce petit troupeau avait élu domicile tout à côté de la maisonnée de l’homme. Ainsi, dès le réveil, il pouvait les voir à sa fenêtre. Leurs museaux au souffle chaud formaient une épaisse buée sur celle-ci. Il arrivait même qu’ils grognent gentiment, lorsque le bonhomme n’arrivait pas à se lever.
Pourtant, il manquait encore une petite chose. Il lui manquait parfois de voir des êtres qui lui ressemblaient. De petits bons hommes joyeux qui lui rappelleraient ses compères d’autrefois, avant qu’il n’arrive dans cette magnifique forêt.
*
Jour 4 : La mystérieuse création du vieil homme
Un jour, notre ami fut réveillé très tôt par une de ces idées qui nous tirent des draps et nous poussent sur nos pieds avant qu’on ait le temps de comprendre. Il était comme électrisé d’un rêve qu’il avait fait pendant la nuit.
Hop, en moins de temps qu’il ne fallut pour le dire. Il prépara l’attelage et parti en quête de bois. Or, celui-ci ne serait pas destiné à sa cheminée. Il souhaitait agir et fabriquer quelques petites choses lui permettant de s’entourer d’êtres aux visages de ses anciens amis, ceux qu’il avait laissé là-bas, dans son autre vie, lorsqu’il était encore petit.
Grâce aux rennes, ce fut vite fait. Il avait réuni assez de bûches pour travailler. Il s’enferma dans son atelier et se mit à l’ouvrage. Ce qu’il fabriquait devait être une surprise. Les bestioles se demandaient bien ce qu’il faisait. Tous s’agglutinaient aux fenêtres. Or, la buée les empêchait de voir ce qu’il se tramait.
La surprise serait réussie. Le secret grandissait à mesure que passaient les journées et les nuits. On ne vit l’homme sortir discrètement le bout de son nez seulement pour grignoter quelques petites graines et nourrir ses rennes.
Au bout d’un moment, il sorti solennellement, l’air fier et content de lui. Il se dressa face à l’assemblée d’animaux curieux et s’apprêta à présenter officiellement son œuvre restée cachée jusqu’à présent.
« Mes amis, je vous présente de nouveaux jouets. Je les ai fabriqués avec tout mon cœur et j’y ai mis, en chacun, un peu de mes sentiments. J’ai souhaité qu’ils aient l’air aussi vivant que possible. Je crois que mon travail est terminé, en tout cas assez pour vous le montrer. J’espère que vous les accueillerez avec bonheur et aussi chaleureusement que vous le pouvez. » Dit-il de sa grosse voix, pleine d’excitation.
C’est alors qu’il ouvrit les portes de son royaume et laissa apparaître ses nouvelles créations qu’il souhaitait si secrètes. Tous retinrent leur souffle. Mais que pouvait-ce donc être ? Pourquoi tant de mystères ?
*
Jour 5 : Le club des 13 merveilleux automates
Les portes de l’ateliers s’ouvrirent en grand. On vit alors de petites choses étranges. Elles portaient des bonnets, de superbes vestes et de collants bien chauds de couleur vertes. Elles avaient aussi des joues roses et de petits nez retroussés. Leurs oreilles fines étaient légèrement pointues en leurs extrémités.
C’était de petits êtres, pas tout à fait hommes, pas tout à fait enfants. Or, le plus fantastique étaient qu’ils n’étaient pas tout à fait immobiles, mais pas tout à fait vivants. Ils bougeaient machinalement en faisant des gestes de la main, comme pour saluer leurs nouveaux copains.
Qu’était-ce donc que cela ? Tous les animaux présents s’interrogeaient. Les rennes, les premiers, vinrent cogner leurs têtes contre le gros ventre du vieil homme comme pour demander ce que cela signifiait. Cela le fit rire. Son rire était aussi fort que son visage était illuminé de joie.
Sans plus attendre, il fit quelques présentations. C’était là des lutins qu’il avait fait de ses mains et de son cœur. Ils étaient au nombre de 13. Chacun d’eux était différent. Chacun d’eux avait sa petite bouille et notre bonhomme leur avait aussi confectionné des noms :
Ils se nommaient respectivement : Harcèlemoutons ; Ravineur ; Courtaud ; Lèchecuillère ; Grattepot ; Lèchebol ; Claqueporte ; Gobeyahourt ; Chipesaucisse ; Zieutefenêtre ; Renifleporte ; Crocheviande ; et enfin, Volebougie.
C’était là la plus belle des œuvres du vieil homme. Tous avaient une petite étoile au coin de l’œil où l’on pouvait deviner leur malice. Ce n’était certes que des automates. Néanmoins, ils étaient si parfaits qu’on aurait cru de vrais petits lutins comme il en existaient dans les contes merveilleux…
Les animaux vinrent tour à tour leur dire bonjour et les observer de plus près. « Quelles drôles de petites créatures », se disaient les rennes. Une fois que chacun ait pu les inspecter sous tous leurs traits, on organisa un grand repas pour fêter leur venue.
Après ces aventures, tout le monde s’en alla se coucher sous une superbe nuit étoilée. Le vieil homme s’endormit bien vite, les yeux pétillants, en repensant à ces nouveaux amis. Il s’endormit si vite, qu’il ne vit pas l’étoile filante passer dans le ciel…
Jour 6 : Le malicieux miracle de l’étoile filante.
La nuit s’était passée paisiblement. Chacun s’était remis de ses émotions de la veille et une nouvelle journée commençait tandis que le soleil se levait sur la merveilleuse forêt.
Comme à son habitude, notre ami vint à la rencontre de ses rennes pour les nourrir et réveiller les derniers qui dormaient en leur gratouillant tendrement la tête.
Toutefois, l’homme était pressé d’aller voir ses petites créations qu’il avait laissé dans son atelier. Ainsi, après s’être occupé de ses compagnons poilus, il courut à la rencontre de ses automates.
Mais, vous vous en doutez, dans une forêt magique, il se passe toujours des choses extraordinaires. Alors, quelle ne fut pas la surprise de l’homme lorsqu’il ouvrit la porte…
En effet, à peine était-il arrivé sur le palier de l’atelier, qu’il entendit qu’on grattait. Mais qu’est-ce que cela pouvait-il bien être ? Une petite bête se serait-elle engouffrée pendant la nuit ?
Une fois entré, il regarda partout sans rien trouver. Ses petits pantins étaient là, rien ne semblait avoir changé. Or, tout d’un coup, en baissant le regard, il tomba nez à nez avec un petit bonhomme.
C’était l’un de ses lutins ! Son émerveillement redoubla son étonnement. Comment était-ce possible ? Pourtant, c’était bien réel. Le petit lutin tirait sur son long manteau de fourrure en riant aux éclats. Cela ne manqua pas de faire rire aussi notre ami.
Il le prit dans ses bras et le serra fort, comme pour voir s’il était bien vrai. Parfois, on rêve si profondément que la réalité et le rêve se mêlent. Mais cette fois, il était bien réveillé et, visiblement, le petit l’était tout autant.
Tout coquin, il s’amusait avec la grosse barbe de son créateur et les deux riaient de plus belle. Cela faisait tant de bruit que les rennes s’approchèrent, curieux de voir ce qu’il se passait.
Le petit lutin était tout excité et courrait partout. Une vraie joie remplit bientôt le cœur de tous ceux qui le croisait. Même les rennes, méfiants au début, le laissèrent finalement faire. Il sautait sur leur dos en riant et en les couvrant de mille caresses. Enfin…, lorsqu’il ne se cognait pas maladroitement dans leurs pattes.
Ils passèrent la journée à jouer ensemble, jusqu’à l’heure du couché. Le vieil homme avait déjà confectionné un lit pour son nouvel ami, puis il se mit sous la couette à son tour.
Ils s’endormirent bien vite, et… Encore une fois, nul ne vit l’étoile filante qui passa à nouveau.
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Jour 7 : Des miracles et des bêtises en chaîne.
Le lendemain matin, notre aventurier du Grand Nord fut de nouveau réveillé aux aurores. Il se pressa d’aller voir ses amis, sans oublier son nouveau compagnon. Et puis, encore une fois, il entendit du bruit dans l’atelier.
Le miracle s’était de nouveau produit. Un autre petit bonhomme se tenait devant lui. Et la nuit suivante encore, puis encore, et encore ! Ce fabuleux manège se réitéra jusqu’à ce que le dernier des petits lutins prenne finalement vie.
Quel étonnement, et quel nouvel affairement surtout. Le bonhomme, qui vivait si paisiblement, était maintenant entouré d’une myriade de petits lutins, tous coquins qui courraient dans tous les coins.
Ils étaient aussi disciplinés que peuvent l’être des enfants. Autrement dit, ils ne l’étaient pas du tout. C’étaient de vrais petits garnements. Toutes les bêtises qu’il était possible de faire, ils les faisaient.
Le vieil homme riait souvent de leurs blagues. Cependant, les rennes, eux, commençaient un peu à grogner. Il faut dire qu’ils étaient bien souvent la cibles de leurs bêtises. Ils se cachaient dans le foin pour les surprendre. Ils accrochaient de petites clochettes à leurs cous, sans qu’ils ne puissent s’en défaire. Ou bien encore, il arrivait qu’ils leur mettent de petits bonnets sur leurs larges ramures.
Cela faisait énormément rire le bonhomme. Toutefois, il vint un moment où il fallut bien les éduquer. Cela ne fut pas une tâche des plus facile. S’il faut laisser les enfants s’amuser, il est aussi important de leur faire comprendre qu’il y a quelques règles à respecter…
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Jour 8 : De la joie, de la malice et du travail !
Ainsi, notre ami eut l’idée de mettre au travail la petite troupe de lutins. Il n’y a rien de mieux pour canaliser des petits bambins que de les occuper à des choses constructives. Cela tombait bien car l’homme avait besoin d’eux pour l’aider.
En effet, dans tout cela, il avait dû fabriquer des lits, de petits habits de rechange, et puis faire des lessives… Tout cela lui donnait bien du travail en plus de toutes ces occupations habituelles.
Il fallut quelques jours pour que chacun prenne le pli, mais après un moment chacun avait trouvé une activité qui lui plaisait. On voyait alors courir ces petits bonhommes dans tous les sens, sifflant, chantant et mettant de la bonne humeur partout où ils passaient.
Oh, bien sûr, ils gardaient leur tempérament joueur et blagueur. Ce faisant, il arrivait très souvent que notre vieil ami ne retrouve plus ses bottes, ou bien qu’il retrouve un des petits dans l’une d’elle. Mais ce n’était jamais méchant, et très souvent marrant…
Même les rennes commençaient à s’attacher à ces êtres magiques. Ils prenaient leur rôle d’éducateur à cœur en les rappelant à l’ordre quand il le fallait et en s’amusant avec eux dès qu’ils le pouvaient.
L’arrivée de ces garnements avaient amené un nouveau souffle rafraichissant et plein de gaité dans la petite contrée. C’était là de vrais petits miracles. Or, l’homme se demandait encore comment il était possible que ses créatures autrefois de bois, aient pu devenir vivante…
C’était là un mystère qu’il ne parvenait à résoudre. Or, parfois, on est si heureux qu’on ne se pose plus trop de questions. On se contente de profiter joyeusement des choses qui nous arrive. C’était précisément le cas.
Les journées étaient toutes bien remplies et l’homme avait même un peu de temps, grâce à l’aide de ses nouveaux assistants, pour profiter de moments de liberté. Ainsi, il pouvait aller se promener tranquillement et profiter du calme de la forêt.
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Jour 9 : Une rencontre incroyable
Justement, un soir où il n’avait pas sommeil, il décida d’aller faire une petite balade nocturne pour profiter de la pleine lune. Nous étions à l’époque où les jours étaient les plus courts.
La nuit était fraiche et la neige épaisse. Il avait mis son plus gros manteau pour ne pas souffrir du froid et commençait à s’enfoncer dans la forêt. Après une petite marche, il arriva à l’orée d’une clairière.
On pouvait voir la lune et les étoiles brillaient fort. L’homme s’assis sur une bûche et se perdit dans ses contemplations. Il était si heureux. Il repensait au cadeau merveilleux que la vie lui avait faite en donnant vie à ces petits lutins. Ces derniers lui rappelaient tant les enfants qu’il adorait.
Il ferma les yeux quelques instants pour savourer ses pensées. Or, en les ré-ouvrant, il vit une étoile briller plus fortement qu’avant. Il se frotta les yeux, nettoya ses lunettes à deux reprises, l’étoile brillait toujours plus qu’auparavant.
Elle semblait se rapprocher. Il lui fallut peu de temps pour remarquer qu’elle s’approchait réellement. Les étoiles ne peuvent pas se décrocher du ciel normalement. Qu’était-ce donc que cela ?
S’était-il endormi ? Rêvait-il ? A peine avait-il eu le temps de se poser ces questions que l’étoile était maintenant juste en face de ses yeux. Elle brillait comme un soleil dans la nuit. Cela ne manquait pas de l’éblouir.
Comme si ce n’était pas assez fou, l’étoile se mit à lui parler. Décidément, cette forêt magique n’avait pas fini de l’étonner… Que pouvait-elle bien vouloir de lui. Une étoile qui descend du ciel, c’est très rare. Cela n’arrive que lorsque de merveilleuses choses se préparent…
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Jour 10 : L’étoile du Grand Nord
Cette étoile miraculeuse était donc là, face à notre aventurier perdu du Grand Nord.
« Je suis l’étoile du Nord. Celle qui guide les aventuriers à-travers leurs voyages. Celle qui guide les marins de rivages en rivages. Celle qui guide les âmes au long des âges », dit-elle d’une voix profonde.
« Je te suis depuis bien longtemps. C’est moi qui t’ais fait te rendre jusqu’ici. C’est grâce à moi que tu t’es perdu pour finalement te trouver. Je suis l’étoile du Berger. Je suis l’astre qui brille parmi les astres qui brillent. »
Notre vieil homme qui n’en croyait pas ses yeux, n’en cru pas plus ses oreilles. Quel était ce mirage ?
Il restait interdit devant l’étoile qui reprit :
« Cela fait bien longtemps que tu vis seul. Tu n’as jamais cessé d’être bon envers les compagnons que tu as su trouver dans cette forêt magique. Tu as su faire preuve de charité et de bonté envers tous ceux que tu as rencontré.
Je sais que tu aimes être porteur de bonheur. Tu l’as maintes et mainte fois montré au-travers de chacune de tes actions. Tu n’as cessé de produire des jouets et autres superbes choses pour enchanter le quotidien de tes amis.
Or, j’ai aussi entendu ton souhait le plus profond. Celui de revoir le monde des hommes que tu as quitté, il y a de ça bien longtemps. Alors, j’ai réfléchi et je me suis dit que tu étais prêt pour la mission qui t’était destinée.
Vois-tu, ce n’est pas un hasard si je t’ais mené jusqu’ici. Rien n’arrive par hasard dans la vie. Tu rêvais d’aventures, tu souhaitais apporter à chacun ce qu’il méritait, tu souhaitais rendre ton entourage heureux et joyeux.
Eh bien, je vais te permettre de réaliser ce rêve en te chargeant d’une tâche de la plus grande importance. Maintenant que j’ai confiance en tes qualités, je sais que tu rempliras ce rôle de la meilleure des manières. »
L’homme ne comprenait pas. Que cela pouvait-il signifier ? Comment cette étoile pouvait-elle le connaitre si bien ? Presque mieux que lui-même ? Il était ébahi et ses yeux brillaient comme ne brillent que ceux des enfants.