Collège de France (Histoire des religions)

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Collège de France (Histoire des religions) episodes

  • 06 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.
    1 hr 1 min
  • 06 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.
    1 hr 1 min
  • 06 - Dieux, daimones, héros
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Les deux œuvres intégralement conservées et attribuées à Hésiode poursuivent des objectifs différents. La Théogonie raconte sur le mode généalogique la naissance du monde et des dieux, jusqu’à l’installation ferme de la souveraineté de Zeus. Le point de vue adopté est un regard panoramique et surplombant sur l’ordre de Zeus et la stabilisation du cosmos. Les Travaux et les Jours déploient un point de vue davantage humain qui s’applique à une petite communauté paysanne devant assurer sa survie par un labeur informé de la qualité divine des « Jours » pour que ses « Travaux » soient efficaces. Un tel succès est subordonné à l’exercice de la justice, qui permet de profiter de ce labeur. Parmi les trois récits qui soutiennent le propos initial sur la condition humaine, le « mythe des races » que l’on appellera plus volontiers « récit des cinq espèces humaines » offre une représentation des daimones en tant que « gardiens des humains mortels ». En effet, les humains de l’âge d’or ne se distinguent des dieux que par leur mortalité qui les mène au statut post-mortem d’immortels sous la forme de daimones « gardiens » par la volonté de Zeus. L’Iliade offre, avec le daimôn,l’image d’une puissance divine en action, tandis que l’Odyssée atteste aussi la cristallisation potentielle d’agents divins envoyés par les dieux. En comparaison de ces œuvres, Les Travaux et les Jours n’offrent pas d’intrigue, mais une leçon de justice et une exhortation au travail qui placent l’une et l’autre Zeus en position dominante : il est maître de justice et pourvoyeur de prospérité, et c’est à son action dans le monde que se rapportent les daimones de l’âge d’or. D’Homère à Hésiode, on voit se dessiner une notion de daimôn qui sert à exprimer le « ressenti » subjectif d’une action divine tout en assumant potentiellement le profil d’une entité objectivée qui participe de la divinité qui l’envoie.
    1 hr 1 min
  • 05 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
    58 min
  • 05 - Dieux, daimones, héros - PDF
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    Année 2018-2019
    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
    58 min
  • 05 - Dieux, daimones, héros
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
    58 min
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    Vinciane Pirenne-Delforge
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    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
    58 min
  • 05 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
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    Année 2018-2019
    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
    58 min
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    Une première investigation dans le corpus épique attribué à Homère fait surgir quelques rares occurrences de daimôn au pluriel, en une stricte synonymie avec les theoi. Les daimones participent donc, d’une manière ou d’une autre, du statut divin. Quant à l’expression δαίμονιἶσος, « semblable à un daimôn », ou « égal à un daimôn », elle implique qu’une action divine est en cours, à travers la figure du guerrier ainsi qualifié dans l’Iliade, que ce soit Diomède rendu clairvoyant par l’action d’Athéna, Patrocle portant les armes d’Achille ou Achille lui-même. L’expression πρὸςδαίμονα se situe dans le même registre, et ses occurrences permettent d’esquisser une première hypothèse : la référence au daimôn, dans ces cas-là, dessine l’effet d’une action divine sur un être humain dont les limites sont repoussées au-delà de ce qui est attendu et qui apparaît dans une dimension « suprahumaine » au sens strict. En dehors de cette formule daimoni isos et assimilés, l’action d’un dieu, traduite par daimôn, peut s’inscrire dans le registre de la persuasion, de l’audace, de la ruse ou de l’aveuglement, mais dépasser aussi le registre d’une emprise purement mentale et se manifester concrètement : c’est par exemple le cas quand la corde d’un arc se rompt alors que toutes les conditions étaient réunies pour que cela n’arrive pas. En conséquence, le daimôn n’est pas, comme on le lit souvent, une puissance indéfinissable en soi. Le recours à ce terme traduit plutôt l’ignorance de l’identité de son agent par celui qui la subit. Le seul cas d’un daimôn dont l’identité divine est connue du protagoniste qui en ressent l’emprise se situe au chant III, quand Aphrodite apparaît à Hélène sous les traits d’une fileuse spartiate sur les remparts de Troie. Mais Hélène a une clairvoyance bien plus grande que celle des mortels et ce passage, qui mêle étroitement theos, daimôn, et divinité identifiée, vient soutenir l’hypothèse du daimôn comme « manifestation divine » potentiellement identifiable à défaut d’être toujours identifiée.
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