Collège de France (Histoire des religions)

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Collège de France (Histoire des religions) episodes

  • 03 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Si le daimôn est le « signifiant flottant » que M. Detienne a vu en lui et qu’il n’a pas de consistance cultuelle, une étude qui prétend faire dialoguer les traditions narratives et les cultes pourrait sembler en porte-à-faux par rapport à ses objectifs. C’est pourquoi un détour par le site oraculaire de Dodone s’avère intéressant. En effet, des milliers de questions de consultants reprises sur les lamelles en plomb ont été mises au jour sur le site du sanctuaire de Zeus Naios. Une large proportion de ces questions porte sur l’identité des entités suprahumaines à prier, à honorer, à se concilier pour obtenir l’un ou l’autre bienfait. La majorité de ces tentatives d’identification se limite à la catégorie des theoi (« Lequel des dieux faut-il prier ? »). Pour moitié, l’alternative theoi/hērōes est aussi bien présente (« Lequel des dieux ou des héros faut-il prier ? ») et, dans une moindre mesure encore, les déesses figurent dans la question. Quatre lamelles au moins font apparaître les daimones dans ce type d’exploration oraculaire du destinataire d’un acte rituel à venir. L’une d’entre elles porte le triptyque theoi/daimones/hērōes, deux autres affichent l’alternative theoi/daimones et la dernière évoque des daimones ou des hērōes. En dépit de leur nombre réduit, ces quelques textes attestent que la notion de daimôn n’est pas indépendante de toute épaisseur cultuelle, du moins dans l’intention de celui qui souhaitait clarifier auprès de l’oracle les termes de son commerce avec le monde suprahumain. Il faudra comprendre pourquoi les phases d’actualisation, de concrétisation, des démarches en question ne mobilisent pas la notion comme telle dans la documentation qui parle des actes de cultes effectivement posés, que ce soit à l’échelle des collectivités ou des particuliers.
    58 min
  • 03 - Dieux, daimones, héros
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Si le daimôn est le « signifiant flottant » que M. Detienne a vu en lui et qu’il n’a pas de consistance cultuelle, une étude qui prétend faire dialoguer les traditions narratives et les cultes pourrait sembler en porte-à-faux par rapport à ses objectifs. C’est pourquoi un détour par le site oraculaire de Dodone s’avère intéressant. En effet, des milliers de questions de consultants reprises sur les lamelles en plomb ont été mises au jour sur le site du sanctuaire de Zeus Naios. Une large proportion de ces questions porte sur l’identité des entités suprahumaines à prier, à honorer, à se concilier pour obtenir l’un ou l’autre bienfait. La majorité de ces tentatives d’identification se limite à la catégorie des theoi (« Lequel des dieux faut-il prier ? »). Pour moitié, l’alternative theoi/hērōes est aussi bien présente (« Lequel des dieux ou des héros faut-il prier ? ») et, dans une moindre mesure encore, les déesses figurent dans la question. Quatre lamelles au moins font apparaître les daimones dans ce type d’exploration oraculaire du destinataire d’un acte rituel à venir. L’une d’entre elles porte le triptyque theoi/daimones/hērōes, deux autres affichent l’alternative theoi/daimones et la dernière évoque des daimones ou des hērōes. En dépit de leur nombre réduit, ces quelques textes attestent que la notion de daimôn n’est pas indépendante de toute épaisseur cultuelle, du moins dans l’intention de celui qui souhaitait clarifier auprès de l’oracle les termes de son commerce avec le monde suprahumain. Il faudra comprendre pourquoi les phases d’actualisation, de concrétisation, des démarches en question ne mobilisent pas la notion comme telle dans la documentation qui parle des actes de cultes effectivement posés, que ce soit à l’échelle des collectivités ou des particuliers.
    58 min
  • 02 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe.
    En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.
    56 min
  • 02 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe.
    En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.
    56 min
  • 02 - Dieux, daimones, héros
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe.
    En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.
    56 min
  • 01 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Dans le cadre du polythéisme grec, dieux et héros sont des éléments essentiels auxquels n’a pas forcément rendu justice le « tout au rituel » qui a pu prévaloir à certains moments de l’étude de la religion grecque antique. Car si rituel il y a, nous devons, en tant qu’observateurs externes du système en question, tenir compte des destinataires auxquels ils sont voués. Or, ce monde supra-humain est peuplé d’entités aux statuts divers et reçoivent des appellations génériques du type theoi, hērōes, daimones. Afin de comprendre la portée de telles distinctions en termes de statut et de puissance d’action, la notion de daimôn – que l’on se gardera de traduire par « démon » – est au cœur des investigations de cette année de cours. Une première étape consiste à évoquer quelques moments importants de l’historiographie de cette notion, depuis le milieu du XIXe siècle. Après deux brèves études par E.A. Ukert (1850) et E. Gerhard (1852), dans la grande tradition de l’Altertumswissenschaft, J.-A. Hild publie en France, en 1881, une monographie intitulée Étude sur les démons dans la littérature et la religion des Grecs, qui reste encore aujourd’hui le seul ouvrage de synthèse sur le thème, et qui aboutira à la rédaction de l’article « Daemon » par ce même auteur dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (1896). L’ouvrage de F.G. Welcker (Griechische Götterlehre, 1857-1862) et celui d’H. Usener (Götternamen, 1896) sont également illustratifs de la manière dont cette période aborde la question des origines de la religion grecque et inscrit les daimones dans une sorte de typologie du divin qui oppose les « grands » et les « petits » dieux. Il faudra comprendre comment s’est opérée l’assimilation entre daimones et « dieux mineurs », quel est son ancrage éventuel dans le discours des Grecs eux-mêmes et ce que nous pouvons en faire pour mieux comprendre la manière dont ils se représentaient la puissance des dieux.
    1 hr 4 min
  • 01 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Dans le cadre du polythéisme grec, dieux et héros sont des éléments essentiels auxquels n’a pas forcément rendu justice le « tout au rituel » qui a pu prévaloir à certains moments de l’étude de la religion grecque antique. Car si rituel il y a, nous devons, en tant qu’observateurs externes du système en question, tenir compte des destinataires auxquels ils sont voués. Or, ce monde supra-humain est peuplé d’entités aux statuts divers et reçoivent des appellations génériques du type theoi, hērōes, daimones. Afin de comprendre la portée de telles distinctions en termes de statut et de puissance d’action, la notion de daimôn – que l’on se gardera de traduire par « démon » – est au cœur des investigations de cette année de cours. Une première étape consiste à évoquer quelques moments importants de l’historiographie de cette notion, depuis le milieu du XIXe siècle. Après deux brèves études par E.A. Ukert (1850) et E. Gerhard (1852), dans la grande tradition de l’Altertumswissenschaft, J.-A. Hild publie en France, en 1881, une monographie intitulée Étude sur les démons dans la littérature et la religion des Grecs, qui reste encore aujourd’hui le seul ouvrage de synthèse sur le thème, et qui aboutira à la rédaction de l’article « Daemon » par ce même auteur dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (1896). L’ouvrage de F.G. Welcker (Griechische Götterlehre, 1857-1862) et celui d’H. Usener (Götternamen, 1896) sont également illustratifs de la manière dont cette période aborde la question des origines de la religion grecque et inscrit les daimones dans une sorte de typologie du divin qui oppose les « grands » et les « petits » dieux. Il faudra comprendre comment s’est opérée l’assimilation entre daimones et « dieux mineurs », quel est son ancrage éventuel dans le discours des Grecs eux-mêmes et ce que nous pouvons en faire pour mieux comprendre la manière dont ils se représentaient la puissance des dieux.
    1 hr 4 min
  • 01 - Dieux, daimones, héros
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Dans le cadre du polythéisme grec, dieux et héros sont des éléments essentiels auxquels n’a pas forcément rendu justice le « tout au rituel » qui a pu prévaloir à certains moments de l’étude de la religion grecque antique. Car si rituel il y a, nous devons, en tant qu’observateurs externes du système en question, tenir compte des destinataires auxquels ils sont voués. Or, ce monde supra-humain est peuplé d’entités aux statuts divers et reçoivent des appellations génériques du type theoi, hērōes, daimones. Afin de comprendre la portée de telles distinctions en termes de statut et de puissance d’action, la notion de daimôn – que l’on se gardera de traduire par « démon » – est au cœur des investigations de cette année de cours. Une première étape consiste à évoquer quelques moments importants de l’historiographie de cette notion, depuis le milieu du XIXe siècle. Après deux brèves études par E.A. Ukert (1850) et E. Gerhard (1852), dans la grande tradition de l’Altertumswissenschaft, J.-A. Hild publie en France, en 1881, une monographie intitulée Étude sur les démons dans la littérature et la religion des Grecs, qui reste encore aujourd’hui le seul ouvrage de synthèse sur le thème, et qui aboutira à la rédaction de l’article « Daemon » par ce même auteur dans le Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (1896). L’ouvrage de F.G. Welcker (Griechische Götterlehre, 1857-1862) et celui d’H. Usener (Götternamen, 1896) sont également illustratifs de la manière dont cette période aborde la question des origines de la religion grecque et inscrit les daimones dans une sorte de typologie du divin qui oppose les « grands » et les « petits » dieux. Il faudra comprendre comment s’est opérée l’assimilation entre daimones et « dieux mineurs », quel est son ancrage éventuel dans le discours des Grecs eux-mêmes et ce que nous pouvons en faire pour mieux comprendre la manière dont ils se représentaient la puissance des dieux.
    1 hr 4 min
  • 02 - Dieux, daimones, héros - VIDEO
    Vinciane Pirenne-Delforge
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    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe.
    En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.
    56 min
  • 02 - Dieux, daimones, héros - PDF
    Vinciane Pirenne-Delforge
    Collège de France
    Religion, histoire et société dans le monde grec antique
    Année 2018-2019
    Dieux, daimones, héros
    Le daimôn le plus célèbre de l’historiographie de la religion grecque est assurément l’eniautos daimôn de J.E. Harrison, un artefact interprétatif forgé pour rendre compte, en contexte grec, de l’esprit de la végétation tel que J.G. Frazer l’avait conçu dans son célèbre Rameau d’or. Dans cette perspective, où transparaissent aussi les réflexions de Durkheim sur l’effervescence collective des rituels, les daimones sont censés appartenir aux strates « primitives » de la religion grecque, avant de devenir des theoi. Ce type de reconstruction crée une sorte de « roman des origines » où le daimôn émerge de temps primordiaux qui ne sont jamais datés. Pour sa part, L. Gernet, lui aussi profondément influencé par l’école sociologique française, ainsi que par les Götternamen de Usener, fait du daimôn une réalité divine impersonnelle, qui semble relever du mana cher à Durkheim. Le xxe siècle accordera davantage d’attention aux interprétations philosophiques, voire astrologiques, du daimôn. C’est ainsi que M. Detienne a étudié le daimôn dans le pythagorisme ancien. En introduction de son ouvrage sur le thème (1963), il épouse certaines des intuitions de Gernet en les exprimant dans le langage de C. Lévi-Strauss. Le daimôn devient alors un « signifiant flottant », ce qui veut dire qu’il n’a pas une valeur fixe.
    En regard de ces différentes interprétations qui ont couru sur un bon siècle, c’est une grille d’analyse « polythéiste » que l’on tentera d’appliquer au daimôn dans les semaines qui viennent, afin d’aborder la question importante de la représentation, par les Grecs, de l’action divine dans le monde.
    56 min

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