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Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Comment ne pas être attiré par l’étrange information qui circulait il y a une cinquantaine d’années : « Carignan, dans les Ardennes, à une vingtaine de kilomètres de Sedan, portait un nombre impressionnant de noms mystérieux pour citer des lieux-dits : « Les 1600 », « Les Aisances des neuf moulins » (les « Aisances » étaient formées d’une partie boisée située en bordure de Semois à Chiny, par exemple), « Les 1100 », « La Culée des Chevaliers » (Culée = partie d’un pont), « La Citadelle », « Les 11 quarterons » (quarteron = quart d’un cent et, par extension, métis ayant un quart d’ascendant de couleur et trois quarts d’ascendance blanche), « Les 200 », « La Messe du jour », « Les 9 moulins », « Les 600 », « Le Pater »… ?
En revanche, ce que l’on sait avec certitude, c’est que, jusqu’en 1662, Carignan s’appelait Yvois ou Yvoy, Yvoi, Ivoix, Ivoy, Yvoi et Epoisso ou Eposio (Epo = cheval, en celte) Vicus (petite agglomération) à l’époque romaine. Étape sur la voie Reims-Trêves, la ville posséda un atelier monétaire mérovingien et devint une place forte.
De très hautes personnalités firent connaître Yvois-Carignan dans l’Histoire :
. Charles Quint fut suzerain d’Yvois.
. En 1187, Frédéric Barberousse, empereur germanique, rencontra Philippe Auguste, roi de France, dans la région.
. Henri II, empereur germanique, et Robert II le Pieux, roi de France, se rencontrèrent à Yvois, assistèrent à la messe dans l’église locale, cité cataloguée, à l’époque, de « Belle entre toutes ». Ils désiraient resserrer les liens entre leurs états, régler des problèmes d’ordre religieux…
. Henri II, roi de France au XVIe siècle, assista au siège d’Yvois dirigé par le connétable de Montmorency.
. Louis XIII et le cardinal Richelieu assistèrent, avec plaisir, à l’anéantissement d’Yvois en 1639.
. Napoléon III séjourna à Carignan lors de la Guerre de 1870.
. Saint Géry est né à Yvois (540) avant d’y être chassé !
. Enfin, les reliques de saint Walfoy-le-Styliste (moine qui vivait et méditait sur une colonne surplombant Margut) furent transférées à Yvois. Elles disparurent mystérieusement.
Un certain Mandelier, charmeur de loups, a pu faire des émules… (voir Margut). Quoi qu’il en soit, il se dit qu’au Mont-Tilleul, point culminant de près de 300 mètres de la ville), se déroulaient des sabbats entre sorciers et ours accompagnés de loups venus de la forêt ardennaise…
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Buzancy est cette localité de moins de 400 habitants qui est située dans une jolie vallée où coulent plusieurs ruisseaux, d’où l’étymologie de Buzancy : « Domaine ou Pays des eaux ». « La Hideuse » prend sa source dans une petite vasque rocheuse non loin du château du général Chanzy.
Au XVIIIe siècle, Pierre-Guillaume Tavernier de Boullongne, secrétaire du roi, fit raser l’ancien château fort et éleva à sa place une demeure qui devait être « son Versailles » (parcs, jardins, statues, dépendances, pièces d’eau…) Cela le ruina et le nouveau propriétaire des lieux, Jacques-Mathieu Augeard, secrétaire de Marie-Antoinette, devint le seigneur de Buzancy.
En 1784, un incendie détruisit cette « merveille » et, alors, Augeard fit construire un autre palais de quatre-vingt pièces. À la Révolution, la propriété fut dispersée aux enchères publiques. En 1795, un certain Buquet acheta le palais et, ensuite, il y mit le feu ! La raison de ce coup de folie ? Il ne supporta que Napoléon qui passait à Buzancy (le 11 octobre 1804) déclinât son invitation à déjeuner !
Presque tout devint ruines, pâturages, roseaux…, mais il subsiste un pavillon, qui a la distinction d’un château et de superbes lions sculptés dans la cour.
Dans les bouveries (étables à bœufs) du château d’Augeard se trouve un musée consacré au cheval ardennais.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
À l’époque gallo-romaine, la cité de Brieulles-sur-Bar s’appelait « Briodorum » : pont fortifié sur la Bar, qui, à l’époque, devait être navigable. Par cette rivière, les marchandises étaient acheminées jusqu’à la Meuse et Brieulles fut même considérée comme un port fluvial. Puis, le cours d’eau s’est envasé et est devenu inutilisable. Belle église du XVe siècle et cadran solaire. Non loin de Brieulles-sur-Bar, les amateurs de légendes connaissent bien le « Bois de la Lune ».
La musique des démons
À dire vrai, ce « Bois de la Lune » est une clairière et on y racontait volontiers l’histoire suivante :
« Quand le vent portait assez loin, jusqu’à Verrières, Authe, voire Autruche, on percevait une musique au son de laquelle les démons, les sorciers et les sorcières dansaient en ce lieu intitulé « Bois de la Lune » avant de disparaître à la vue des êtres humains. Cependant, le diable s’y tenait à la disposition de tous ceux qui lui promettaient leur âme en échange de richesses. » Il se disait d’un paysan qui aurait amassé un pactole : « Il revient de la lune », alors que, tout simplement, il avait beaucoup travaillé et effectué quelques économies…
Le faux orme
Un arbre, situé à la sortie de Brieulles-sur-Bar, est appelé « Orme de Sully ». Il aurait été planté au temps de Sully (1560-1641), dit-on. Or, il ne s’agirait pas d’un orme mais d’une espèce de tilleul « à feuilles d’orme ». La particularité de cet arbre très ancien, est qu’il est formé de différents gros troncs parallèles poussant en demi-cercle, résultat de rejets multipliant l’arbre autour de la souche.
Parfois, il est quand même sérieusement secoué par des vents orageux ou autres et il vacille quelque peu…
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Bosseval-et-Briancourt est un village fondé par Guy XVII de Laval et Claude de Foix (XVIe siècle), dont l’église est dévolue à saint Charles Borromée, cardinal italien et artisan de la Réforme catholique.
Son territoire est arrosé par la Claire qui vient de Sugny et se jette dans la Vrigne après avoir formé plusieurs plans d’eau : Étangs du Moulin de la Gigue, de la Faïencerie, de la Filature, de la Claire, de la Foulerie, de la Brèche, d’En-Bas…
À l’origine, le territoire était couvert de bois et les habitants furent appelés les « Ramounis » en référence à l’exploitation du charbon de bois qui leur donnait l’apparence d’être toujours tout noir, « ramounis » en patois.
L’église fut reconstruite en 1875 sur les ruines de l’ancienne et on y voit le tableau « Descente de Croix », une œuvre de Jean Jouvenet (1644-1717), est-il « officiellement » indiqué.
À vrai dire, sur son blog « Le Bassinage », René Godi, un citoyen ardennais (et visiblement fier de l’être), spécifie : « Le grand tableau représentant la Descente de Croix n’est pas de Jouvenet (un très grand peintre réputé) mais de « A.Tonnelier à Charleville 1825 d’après Jouvenet ». Il eut été étonnant qu’un tableau du grand maître du 18ème siècle se retrouve, en plein 19ème dans la modeste (mais très belle) église de Bosséval. »
René Godi tint, encore, à préciser que, contrairement à l’écrit « officiel » affiché au cœur du village, le terme « ramounis » à une autre signification !
« Ce surnom (sobriquet), donné aux habitants de Bosséval au 19ème siècle, ne tient pas au fait qu’ils fabriquaient du charbon de bois au cours de leurs travaux en forêt mais au fait qu’ils fabriquaient des « ramons de boule » destinés à l’entretien des maisons, des écuries, des « devants de portes ». Le « ramon » est, en « Parlé Ardeûné » (ce que certains appellent patois), un balai. Le « boule », c’est le bouleau nombreux dans notre forêt aux côtés du chêne et du hêtre, bois nobles. Le bouleau, bois tendre, servait à faire des bois légers mais fragiles et … des parties de balais avec leurs branchages.
Au 19ème, ces « ramons de boule » ont beaucoup servi aussi à l’entretien des ateliers des fonderies et autres usines métallurgiques de Vrin (Vrigne-Aux-Bois, cité des « Panses Brûlées ») et des alentours crées par Jean-Nicolas Gendarme, la famille Evain et d’autres familles qui, à, partir de 1815, ont fait se développer la métallurgie lourde dans nos « petites vallées ».
Le groupe folklorique ardennais de Bosséval s’appelle d’ailleurs « Les Ramounis de Bosséval ( http://lesramounis.fr ) »
Outre cette double mise au point, si vos pas vous mènent vers ce charmant village, regardez bien les becs verseurs à la fontaine située non loin de ladite église : ce sont des hures… comme il se doit dans les Ardennes !
Les sorcières innocentes de Sugny
À quelques kilomètres à peine de Bosseval-et-Briancourt, mais en Belgique, voici Sugny où la forêt est omniprésente.
Forêt de Sedan, d’un côté de la frontière, Forêt des Ardennes, de l’autre, au « Lu Tchèté d’la Rotche » (« Château de la Roche » en champenois local), les sorcières françaises et belges se rassemblaient nombreuses, disait-on.
D’origine carolingienne, le site était déjà occupé durant la seconde moitié du VIIIe siècle par une construction de bois.
Les murs de pierre, récemment restaurés, attestent d’un bâtiment plus important des Xe et XIe siècles.
En cet endroit très symbolique, j’ai tourné dans une émission de télévision sur le thème de la chasse faite aux sorcières par l’Église catholique.
Voici quelques propos extraits de cette séquence : « Nous sommes dans les ruines du Château de la Roche à Sugny, un château du VIIIe siècle. Croyances populaires et superstitions ont donné lieu à beaucoup de légendes. C’est, selon l’une d’elles, en cet endroit que des sorcières ardennaises se réunissaient.
Sept femmes qui, pourtant, distillaient leur savoir ancestral et étaient considérées comme de braves personnes, ont quand même été étranglées, pendues et brûlées car jugées « sorcières » par l’Inquisition… »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Surplombant la ville de Bogny-sur-Meuse, le site des Quatre Fils Aymon et son imposant monument les représentant avec leur fidèle cheval Bayard, est l’une des principales attractions des Ardennes. Quelques panneaux didactiques nous apprennent que nous sommes dans le giron du Château-Regnault, « emplacement exact où fut érigé le premier château de pierre et de bois au XIIe siècle, autour duquel va se constituer un fief important, future principauté souveraine au XVIe siècle, située entre le Royaume de France et l’Empire Germanique ».
Poursuivons la lecture :
« Ici, selon la légende, c’est le refuge choisi par Renaud pour échapper à la colère de Charlemagne. C’est la résistance des « petits » contre l’arbitraire des « puissants ». Les Ardennes sauvages, personnifiées par la déesse Dea Arduinna montée sur son sanglier, protectrice de la forêt, devient avec le cheval Bayard portant les 4 Fils Aymon, un symbole de terre de liberté et de résistance à l’injustice. »
Au pied de la statue, on trouve le puits de l’ancien château et, au fil d’explications, on revit cette fabuleuse légende.
Ladite légende serait issue de chansons moyenâgeuses, ici, on évoque aussi la plume d’un moine de l’abbaye de Laval-Dieu (voir Monthermé), alors qu’une autre piste mène certains médiévistes à un moine de l’abbaye de Stavelot (Ardennes liégeoises). Du sommet de ce site spectaculaire, on distingue, sur l’autre rive de la Meuse, la Roche de l’Hermitage. C’est l’endroit où Maugis, l’enchanteur et cousin des fils Aymon qui aida ceux-ci, décida de terminer son existence sur terre dans la solitude la plus complète.
Somptueux panorama admiré depuis le site des Quatre Fils Aymon, cher à Maugis l’enchanteur.
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Blagny, village d’environ 1 200 âmes, fait partie de la communauté de communes des Trois Cantons et est situé au pied d’une colline de quelque 300 m d’altitude, appelée « Mont Tilleul ». Deux parties forment l’entité : le village ancien et les cités de l’usine des Hauts Fourneaux de la Chiers (début du XXe siècle). D’origine gallo-romaine, on y retrouva des sarcophages mérovingiens, alors que l’église est consacrée à saint Rémy (porche daté de 1700) et qu’elle accueille une Vierge à l’Enfant du style « Notre-Dame d’Orval ».
Deux imposants marronniers avaient été plantés en 1598 devant l’édifice sacré pour commémorer la Paix de Vervins, et ils ont sans doute été replantés au XVIIIe siècle.
Pourquoi évoquer ces arbres érigés en ce lieu ?
Parce que la tradition dit que le marronnier est une création du Diable et que c’est une minable imitation du châtaignier et, dès lors, le fait qu’ils aient été placés devant l’église peut paraître étrange.
Il est vrai que, justement, au Moyen Âge, le marron était apprécié par les moines guérisseurs et apothicaires pour ses nombreuses qualités médicinales : contre les refroidissements et la fièvre, l’arthrite, les maux de dents, les rhumatismes, la goutte, les maux de reins, les vertiges et coliques, les hémorroïdes… D’une manière, disons, plus ésotérique, placer des marrons sous l’oreiller empêche les fantômes de vous tirer par les pieds !
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Anciennement, Bazeilles, cette commune de quelque 2 000 habitants faisait partie de la Principauté de Sedan.
Une bataille atroce
Au Moyen Âge, les seigneurs de Sedan étaient des vassaux du roi des Français, mais l’indépendance fut proclamée vers 1560. À ce jour, Bazeilles est internationalement connue car c’est dans cette ville que se déroula une bataille atroce (des milliers de victimes !) entre soldats Français et Bavarois lors du conflit de 1870. Une centaine d’hommes de la Division Bleue (1ère Division d’Infanterie marine réunissant des marsouins ou régiments de marche et des bigors ou régiments d’artillerie) résista jusqu’à l’épuisement total des munitions.
À la « Maison de la dernière cartouche » (Musée des Troupes de Marine Française), un tableau d’Alphonse-Marie-Adolphe de Neuville (1836-1885), élève d’Eugène Delacroix, évoque ce fait héroïque, alors qu’au sud du cimetière, un imposant ossuaire contient les ossements de 998 Français et 1 061 Allemands tués les 31 août et 1er septembre 1870.
Loin, très loin, de ces faits tragiques, certaines légendes poursuivent néanmoins leur chemin à travers les siècles et, ainsi, il se dit que « sur un coteau, se dressait le château d’Orchas. Il appartenait à un seigneur qui semait la terreur dans toute la région traversée par la Meuse. Alors, la fée Mélissa lui jeta un sort et le fit dépendre d’une belle jeune fille… Cette dernière empoigna l’épée du seigneur et le tua ! »
Cependant, il existe plusieurs versions et relations à ce sujet.
Le seigneur en question s’appelait « Ochasse », selon Christophe Méchin, féru d’histoires ardennaises. Ochasse est décrit comme un homme particulièrement mauvais, violent, sans foi ni loi. Il avait pour habitude de violer une jeune fille vierge chaque nuit puis de laisser sa victime aux mains de ses soldats tout aussi immondes que lui. Soldats qui martyrisaient les jeunes filles jusqu’à la mort.
« Il fut puni par la fée Mélissa ! » conclut l’auteur.
La fée Mélissa ? Selon « L’Ardenne à Paris » (un agréable site où le sanglier et la Tour Eiffel font bon ménage : « Chascun est content du lieu où nature l’a planté » d’après Montaigne), la fée Mélissa fut la « Vierge à l’épée » qui vengea ses sœurs en tuant « Ochas ».
Des francs-maçons aux footballeurs
À présent, attardons-nous quelque peu à un château célèbre à Bazeilles : le château de Montvillers. Il fut construit en 1770 par un architecte du Roi des Français, non loin d’une foulerie (atelier où l’on foulait les draps) et à l’emplacement d’un hameau aujourd’hui disparu. Son propriétaire, Jean Abraham André Poupart de Neuflize, était un riche drapier de Sedan.
En 1777, il aurait reçu dans son château de style néoclassique le marquis de La Fayette (1757-1834), héros de la guerre d’indépendance américaine et figure marquante de la Révolution française. Particularité dans l’architecture de ce château : une frise (décoration formant une bande continue) composée de sphinx, équerres et niveaux, des outils symboliques de la franc-maçonnerie.
La franc-maçonnerie est une très ancienne association internationale divisée en différentes obédiences (groupements) ou formée de « loges » dites indépendantes et souveraines qui s’appuie, entre autres, sur la Tradition, le Symbolisme et la Fraternité pour œuvrer dans la société et tenter de rendre celle-ci plus juste et plus humaine.
Ses membres sont des initiés qui « travaillent » à construire un monde meilleur et à se construire eux-mêmes. Quand on évoque la franc-maçonnerie, il est souvent question de « spiritualité humaniste » dirigée vers la société et qui est à son écoute.
Examinons d’un peu plus près les symboles de la frise du château de Montvillers :
. Le sphinx : originaire d’Égypte, ce monstre fabuleux et mystérieux était représenté avec un corps de lion et une tête de pharaon, le souverain de l’Égypte Ancienne, et il était un symbole de puissance et de protection.
La statue la plus ancienne et la plus célèbre d’un sphinx est située près des pyramides de Gizeh, ville d’Égypte sur le Nil.
Par la suite, plusieurs modifications furent apportées à cette représentation.
Ainsi, parfois, il se compose du visage d’un homme, du corps d’un taureau, des griffes d’un lion et des ailes d’un aigle.
En lui, et au-delà d’autres interprétations symboliques, le sphinx porterait la devise du parfait franc-maçon :
– Homme : savoir avec intelligence, connaissance, vie…
– Taureau : se taire avec force, travail, résistance…
– Lion : vouloir avec ardeur, force, action…
– Aigle : oser avec audace, esprit, âme…
Le sphinx établit à Thèbes, ville de Grèce, proposait des énigmes aux passants et dévorait ceux qui ne pouvaient pas répondre, clame encore la légende.
En voici la plus connue :
« Quel est l’être qui parle, qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? »
Il s’agit de l’homme qui marche à quatre pattes dans sa jeune enfance et s’aide d’une canne quand il est âgé.
. L’équerre : de manière générale, cet outil symbolise l’équité, la justice, l’activité, le dynamisme, l’action de l’Homme sur la matière et sur lui-même…
. Le niveau : cet outil détermine l’équilibre, sert à égaliser (à ne pas confondre avec le nivellement des valeurs !)…
Le Château de Montvillers est passé de la maison de campagne à école, de salle d’asile à orphelinat, il a été racheté par le Conseil Général des Ardennes qui le partagea en deux : une partie occupée par le « Lycée hôtelier », une autre par le Club Sportif Sedan Ardennes afin d’y installer ses bureaux, un centre d’entraînement…
Hélas, un important incendie y fit de nombreux dégâts en 2004.
Une autre énigme
À Bazeilles, il y a aussi les vestiges d’un château construit au XVIIe siècle par le Prince de Sedan, vicomte de Turenne. En 1870, il fut fort endommagé mais quelques éléments intéressants subsistèrent avec des fortunes diverses : pont-levis, porte ouvragée, galerie, jardins, mur et postes de tir…
Une énigme fut relevée à ce sujet : « Au Moyen Âge, Bazeilles possédait probablement une maison forte. Son emplacement est-il celui de la Ferme Turenne ? »
Autre château, celui que l’on appelle parfois « Château d’Orival » construit au XVIIIe siècle. Résidence d’été d’un riche manufacturier sedanais, Louis Labauche, anobli par le roi Louis XV, ce chef d’œuvre architectural – également très abîmé par un incendie, mais en 1989 – a reçu la visite de personnalités de premier plan dont le Tsar Alexandre Ier et Guillaume Ier, empereur d’Allemagne.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ».
Bar-lès-Buzancy est un petit village fleuri très ancien puisque, en octobre 1952, on y découvrit deux squelettes mérovingiens lors du terrassement d’une future maison. À côté de ces squelettes, on trouva aussi des armes et des vases.
Situé au sud de l’Argonne Ardennaise, ce village d’une centaine d’âmes doit son nom à la source de la Bar toute proche. Cette rivière est un affluent de la Meuse et est longue d’une soixantaine de kilomètres.
La Vallée de la Bar comporte également le Canal des Ardennes (44 écluses et un tunnel) qui relie l’Aisne à la Meuse et fut construit sur l’ordre de Louis-Philippe, roi des Français de 1830 à 1848.
Dans le « Guide de la France Mystérieuse », il était question de « La pierre qui se déplace une fois par an ».
Et, de préciser : « À la « Fontaine qui bruit » jaillit la source de l’Agron. Pendant la nuit de la fête du pays, le dimanche après la Saint-Maurice, la grosse pierre voisine de la fontaine en fait sept fois le tour. »
Sept est un nombre dit sacré (7 jours de la semaine, 7 planètes, 7 pétales de la rose…), symbole de vie éternelle chez les Égyptiens, il est également celui d’un cycle accompli et le début d’un autre (7 ans est l’âge de raison, dit-on).
Pour en revenir à la « Fontaine qui bruit », il existe une autre version concernant cette « Pierre qui tourne » : « Cette énorme pierre faisait sept tours sur elle-même. »
Amoureuse du dieu des vents
Quoi qu’il en soit, la bourgade comporte une église du XVIe siècle en forme ogivale avec certaines parties de style Renaissance.
Dans les environs, la flore sauvage est variée.
On y trouve :
– la pulsatille : plante qui s’épanouit souvent au début du printemps. On lui donne le nom de « Fleur de Pâques » dans différentes régions.
– l’Orchis Bouffon : orchidée
– la vipérine : cette plante attire de manière exceptionnelle les abeilles, les papillons…
– l’anémone : symbole de l’abandon au Moyen Âge, Anémone était considérée comme une nymphe chez les Anciens Grecs.
Très belles divinités de la nature, les nymphes peuplaient les forêts, les bois, les sources, les rivières, les grottes… et étaient follement amoureuses des dieux. Quel est le rapport avec la fleur ?
Anémone était tombée amoureuse de Zéphyr, le dieu des vents, mais la femme de celui-ci se vengea et transforma la nymphe en fleur.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
« Que de lieux jadis célèbres sont tombés aujourd’hui dans l’obscurité ! Attigny, autrefois résidence royale, connu par des ordonnances, par des conciles, et par différents monuments d’histoire, n’est presque plus qu’un modeste village qui n’a conservé de son ancienne splendeur que le titre de chef-lieu de canton », lisait-on dans le cinquantième (!) tome du « journal ecclésiastique, politique et littéraire », « L’Ami de la Religion et du Roi », publié en 1827 et imprimé chez Adrien Le Clere, « imprimeur du Pape et de l’Archevêché de Paris ».
Il est vrai que cette commune, Porte sud des Crêtes Préardennaises, traversée par l’Aisne et le Canal des Ardennes, peuplée de quelque 1 200 âmes, a un passé plus qu’étonnant, sans parler des malheurs inhérents aux deux guerres mondiales !
. En 638, Attigny fut acquis par Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne, en échange de terres de Fleury-sur-Loire.
Saint Méen (VIe siècle) y aurait prêché. Voici ce que j’en disais dans un précédent écrit :
« Saint Méen est né en 520 au Pays de Galles. Disciple de saint Samson (l’un des sept fondateurs de la Bretagne), il accompagna ce dernier dans sa mission évangélique. Son tombeau à Saint-Méen-le-Grand (Bretagne), là où il planta un bâton et y fit jaillir de l’eau, fait l’objet d’un pèlerinage important. On y vient faire soigner la gale, d’ailleurs autrement appelée « mal de saint Méen ».
Mais, saint Méen fait l’objet de dévotion dans d’autres contrées : Périgord, Aveyron, Jura, Namurois, dans la forêt couvinoise, là où coule une petite source que l’on dit miraculeuse :
– En buvant chaque jour un peu de cette eau lustrale, vous serez guéri des maladies de la peau ou vous les éviterez. »
. En 647, Clovis II construisit un palais à Attigny.
. En 750, Pépin le Bref y tint une cour plénière.
. En 765 : assemblée générale de la nation, véritable concile où assistèrent vingt-sept évêques et dix-sept abbés.
. En 769, le roi Carloman s’établit à Attigny.
. En 771, Charlemagne y passa les fêtes de Noël et, en 772, celles de Pâques.
La Pénitence publique
. En 822, Louis le Pieux (ou le Débonnaire) y présida un concile ou assemblée générale des Francs. Il s’y soumit à la « Pénitence publique ».
De quoi s’agissait-il ?
Louis le Pieux était scrupuleux et… pieux ! Il ne supportait pas le désordre et avait pour principe de fournir de « bons » évêques à l’Église. Néanmoins, il appréciait faire la guerre et inféoda les Danois, les Bretons, les Basques…
Dominé par sa femme, Judith de Bavière (dynastie des Welfs), il était influençable et indécis.
À l’instar de Charlemagne, il divisa son empire entre ses enfants.
Le neveu de Louis le Pieux, Bernard, roi d’Italie, avait été maintenu dans son royaume sous certaines conditions de vassalité. Il ne l’accepta pas et prit les armes. Face à des troupes plus puissantes que les siennes, ce fut la débandade et il fut condamné à mort. Louis le Pieux le gracia, mais au lieu d’être exécuté, Bernard eut les yeux crevés ! Il se débattit tant – on peut le comprendre, quand même ! – qu’il aggrava ses blessures et il en mourut quelques jours plus tard. Louis le Pieux se dit désolé de cette issue et il décida de donner les seigneuries aux fils de Bernard, puis il fit pénitence publique à Attigny.
Cette attitude était courante à l’époque mais, comme le relate la chronique, « ce n’était pas une bonne démarche pour un empereur ! »
. En 834, autre concile (mais sans certitude historique).
Tour à tour, Charles le Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, Charles le Gros (839-888), fils de Louis le Germanique, et Charles le Simple (879-929), fils de Louis le Bègue, se rendirent à Attigny.
En 916, Charles le Simple y aurait fait transporter les reliques de sainte Walburge.
Ensuite, « pendant les guerres des protestants, Attigny souffrit beaucoup par l’invasion et le séjour des troupes allemandes ; l’église fut profanée, le château détruit et les habitants s’enfuirent… »
L’hôpital fut supprimé et réuni à celui de Rethel en 1696…
Le Dôme de Charlemagne
Peut-être, aimerez-vous fouler ce sol hautement historique et mettre vos pas dans ceux qui furent des « grands » d’Europe ! Outre l’église Notre-Dame avec sa tour en partie romane, cette halte fluviale et ses sentiers pédestres balisés, certains empruntés par Rimbaud, paraît-il, il y a le « Dôme de Charlemagne », ou « Palais de Charlemagne », élevé au XVIe siècle sur les substructions (soubassements) du Palatium.
On y lit deux plaques commémoratives :
. Sur la première :
647 : Palais royal bâti par Clovis II
727 : Mort de Chilpéric II
760 : Cour plénière
765-822 : Assemblée générale des Francs
786 : Baptême de Witickind et d’Albion
. Sur la deuxième :
834, 865, 870 : Conciles
854, 858, 860, 869 : Colloques de rois
870 : Partage des États de Lothaire
907 : Charles III épouse Frédérune
À la « belle saison » (de juin à septembre), on compte également sur l’autorail « Picasso » pour découvrir la magnifique région de Vouziers.
Photo concile : Wikipédia.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Dès le VIIe siècle, les rois mérovingiens chassaient dans cette région ardennaise. À l’époque et jusqu’au XVIIIe siècle, Asfeld s’appelait, tour à tour, Erchreregum, Erchry et Écry. Entre 1680 et 1685, le comte d’Arvaux fit construire une église, chef d’œuvre du baroque, édifice encore admiré en ce XXIe siècle ! En 1730, le marquis d’Asfeld fit élever un château sur le terrain d’une construction médiévale… devenu terrain de football !
À Asfeld, donc, une entité d’un millier d’habitants, on visite l’une des plus singulières églises de France, l’église Saint-Didier : « Venez nombreux visiter notre ville d’Asfeld, et surtout notre église Saint-Didier, la plus extravagante des églises baroques de France qui vient (en 2010) de retrouver toutes ses couleurs d’antan », clame-t-on, avec justesse, à la mairie.
Cet édifice est immense ! Il compte 138 piliers et colonnes, a un périmètre de 145 mètres, est constitué d’une rotonde, d’un porche-clocher, d’un dôme supporté par une trentaine de colonnes… Il y a quatre chœurs et cinq absidioles, des passages ont été creusés dans les murs afin d’accéder de chœur en chœur sans traverser l’église, ce sont des « tournelles », il y a, encore, une galerie aérienne, une tribune…
Et, il n’y a aucune ligne droite sur le plan !
Un plan en forme d’instrument de musique, c’est-à-dire que, vu de haut, l’ensemble fait penser à une viole. Ce qui était voulu par son concepteur, d’ailleurs : « Ainsi, les chants et les prières seront mieux dirigés vers le ciel ! » Assurément, une superbe occasion d’organiser un festival de viole de gambe de renommée internationale !
La viole de gambe, ce qui signifie « viole de jambe », est un instrument de musique à cordes et à frettes joué avec un archet, dont l’origine date du XVe siècle et qui provient de Valence en Espagne. Purcell et Jean-Sébastien Bach ont composé des œuvres pour violes de gambe.
Un peu plus loin que cette église « fantastique », on découvre la Chapelle Notre-Dame-de-la-Piété qui propose une pietà datant de 1604.
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