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By Nature sans frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Ardennes françaises mystérieuses (21/61) : FLIZE : Pour ne jamais oublier…

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    C’est en 1023, que le nom de Flize est apparu pour la première fois : « Falisia ».

    Ce nom se retrouva sur un document officiel d’Henri II, empereur romain germanique, qui confirmait les biens de l’abbaye de Mouzon (voir ce chapitre).

     

     

     

    Liens étroits entre Flize et Mouzon.

     

    La destinée de cette commune de près de 1 200 habitants fut particulièrement mouvementée : affres de la Guerre de Cent Ans, ravages par les troupes du duc de Nassau (XVIIe siècle) et lors des guerres de religion, pillage par les calvinistes allemands au XVIIe siècle, appartenance à la France en novembre 1769, occupation par les Russes en 1814, incendie et pillage en 1870 par les Allemands…

    Le site officiel de Flize relate, aussi, de plus récents conflits :

     

    « Département frontalier enclavé dans la Belgique, les Ardennes ont toujours eu le triste privilège de subir les assauts guerriers durant les différents conflits des deux derniers siècles. À la veille de l’Armistice, les 10 et 11 novembre 1918, Flize a été le théâtre des dernières batailles qui ont occasionné des pertes humaines inutiles. »

     

    Ces dramatiques faits sont racontés sous le titre « La dernière patrouille » : « Le 9 novembre 1918, l’ordre est donné de passer la Meuse cette nuit là. Pourquoi cet ordre ? Parce que le haut commandement entendait, par cette attaque, faire céder les plénipotentiaires allemands qui cherchaient à tempérer les conditions imposées, demandant un « cessez-le-feu » d’abord, et des discussions ensuite. Ces propositions furent refusées par le haut commandement français. L’ordre d’attaque immédiat fut donné. Le 10 novembre, l’ennemi était repoussé après de vifs combats et les soldats du 19è R.I maintenaient leur position sur la rive nord de la Meuse. Le 11 novembre à 14 H., à la suite de durs combats, le passage de la Meuse a été forcé entre Vrigne-Meuse et Lumes. On dénombra 12 morts appartenant au 19è Régiment d’Infanterie appartenant à la 22ème division. À Flize, une plaque commémorative a été inaugurée le 29 juin 1934 sous la présidence du Général BOICHUT sur laquelle on peut lire :

    163e Division. 10 et 11 novembre 1918

    Passage de la Meuse de vive force par les 2è et 3è bataillons du 142è R.I. et les 3è bataillon et 5è Compagnie du 19è R.I. (22è Division) «  Français qui passes, honore de ton souvenir les Braves tombés ici le dernier jour pour ton salut ».

     

    La griffe de Le Nostre

     

    L’église Saint-Rémy est imposante et possède un Chemin de Croix en relief mural, quant au château, son parc aurait été dessiné par Le Nostre, jardinier de Louis XIV pour qui il conçut l’aménagement du parc et des jardins du château de Versailles.

    Cet édifice devint, tour à tour, manufacture de draps, filature, ferronnerie, maison bourgeoise, entreprise de mobilier urbain…

    Jardin de Le Nostre parmi des dizaines conçus à Versailles, Sceaux, Castres, Chantilly, Saint-Cloud, Strasbourg, Fayel, Wattignies, Balleroy, Paris…

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    4 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (20/61) : ÉTEIGNIÈRES : Le Grand Condé et la Chèvre d’or

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Deux légendes dans cette commune de 450 âmes située dans le canton de Signy-le-Petit !

    La première remonte au XVIIe siècle avec le Grand Condé pour personnage illustre.

    Louis II de Bourbon-Condé, dit le « Grand Condé » (1621-1686), fut général français durant la Guerre de Trente Ans. Celle-ci eut lieu de 1618 à 1648 et consista en une suite de conflits qui déchirèrent l’Europe. Ils avaient pour origine l’ambition des Habsbourg de conquérir le Vieux Continent, puis il y eut l’affrontement entre le catholicisme et le protestantisme…

    Le Grand Condé fut aussi l’un des meneurs de la « Fronde des princes » (1648-1653) consistant en de graves troubles et révoltes dans le royaume de France afin de limiter les pouvoirs royaux, entre autres.

     

    À Rocroi, le Grand Condé remporta une bataille face aux célèbres « tercios » (fantassins) espagnols, des professionnels des armes extrêmement entraînés et disciplinés, réputés, jusque là, pour leur invincibilité.

    Le Grand Condé très généreux avec un braconnier ardennais (document Wikipédia).

     

     

     

    Selon notre première légende, le Grand Condé était stationné à Éteignières, distant non loin de Rocroi, et demanda au braconnier Manceaux d’apporter un pli urgent au gouverneur de Rocroi afin de le prévenir de l’assaut imminent. Avec beaucoup de courage, le messager traversa les lignes espagnoles et atteint son but. À la fin des hostilités, le Grand Condé fit appeler Manceaux :

    – Je tiens à saluer ta bravoure ! Quel est ton désir le plus cher ?

    – Voulez-vous bien annuler ma condamnation pour braconnage ?

    – Mmm… C’était sur mes terres, quand même ! Mais, soit, je lève cette condamnation.

    – Que tous mes remerciements vous accompagnent, dit Manceaux en s’inclinant respectueusement devant le Grand Condé, tout auréolé de sa victoire rocroyenne.

    – De plus, je t’autorise de chasser sur mes terres. À vie !

     

    Le prisonnier, le trésor et la Chèvre d’or

     

    La chèvre d’or est un classique des légendes, ce n’est pas à Theux (Ardennes liégeoises) que me l’on contredira, là où la fée Mélusine transforma la jeune Staneuxine, amoureuse d’un beau bâtisseur, en « gatte » (chèvre) recouverte d’un pelage d’or parce qu’elle avait désobéi à sa cheffe !

     

    À Éteignères, on aurait retrouvé la chèvre d’or au lieu-dit « La Roche », non loin d’un château fort détruit au XVIIe siècle, disait-on.

    Un immense bloc de pierre y recouvrait un trésor. Une nuit, on entendit gémir. Il s’agissait des plaintes d’un prisonnier qui tentait, en vain, de sortir du souterrain gardé par une chèvre d’or. Parfois, la chèvre allait quand même gambader dans la forêt de minuit à l’aube… Dans la forêt ou ailleurs ?

     

    La chèvre est un animal mythique considéré comme la mère du monde en Inde, liée à la foudre par des Chinois et Tibétains, symbole de l’éclair annonçant l’orage chez les Grecs Anciens, une chèvre ayant même nourri Zeus, dieu du Ciel et maître des dieux, enfant.

    La chèvre, animal mythique.

     

     

     

     

     

    Quant à la chèvre d’or, elle possède une légende tenace :

     

    « Un roi Maure tentait de s’emparer d’un village provençal. Il était en possession d’un butin faramineux qu’il désirait mettre à l’abri.

    Pour ce faire, il jeta son dévolu sur une grotte (fréquentée par des fées) mais la cavité n’était pas facile d’accès. Malgré les avertissements de l’un de ses amis, le roi Maure choisit une petite chèvre blanche afin de le guider mais des chauves-souris très violentes les attaquèrent et, de galerie en trou, de passage souterrain en chemin abrupte, le souverain alla se réfugier dans l’antre d’une sorcière. Celle-ci lui remit trois fioles…

    Toujours accompagné de la petite chèvre blanche, il poursuivit son cheminement plein de dangers (mandragore mangeuse d’hommes, fantômes…), jusqu’au moment où le ruminant refusa de l’accompagner vers un trou tout proche que le roi trouvait à son goût pour cacher son butin.

    Soudain, un monstre apparut et un combat mortel s’engagea.

    L’ami du roi vit revenir de la grotte la petite chèvre couverte de poudre d’or, le butin ayant été pulvérisé en poussière lors du combat acharné.

    Depuis lors, on dit que la Chèvre d’or continue d’errer ci et là certaines nuits… »

    4 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (19/61) : ESCOMBRES-ET-LE-CHESNOIS : La Belle et le berger, le sorcier et le diable

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     Quelque 300 personnes habitent Escombres-et-le-Chesnois, commune située dans l’arrondissement de Sedan et cataloguée de « cadre enchanteur dans des paysages sauvages boisés ». Et, à Escombres-et-le-Chesnois, certaines d’entre elles connaissent encore ces deux légendes que racontaient les Anciens.

    La première était présentée sous le titre « : « Deux ombres qui se battent ».

    À savoir, que la fille du châtelain était tellement jolie que son géniteur l’enfermait. Alors, un berger s’adressa au sorcier local car il avait une ardente envie de regarder la jeune fille, ne fût-ce qu’une seule fois. Pour ce faire, il vendit même son âme au diable. Et, la belle lui apparut et, sans prononcer le moindre mot, elle disparut ! Le berger se sentit floué et il tua le sorcier.

     

    Depuis lors, dit la légende, durant les sombres nuits d’hiver, on entend crier, appeler, supplier et pleurer du côté de la forêt : l’assassin (car il avait préparé son geste !) et sa victime se cherchent et se battent dans l’ombre.

    Le diable acheta-t-il l’âme d’un berger dans ce « cadre enchanteur » ?

    Autre version : le seigneur était particulièrement laid et méchant et il enferma sa fille, très belle et tellement gentille, dans la « Forteresse ». Un berger, qui était de mèche avec un sorcier, désira délivrer la jeune fille du joug paternel. Il fut trompé et il tua le sorcier, puis se pendit.

     

    Quelle que soit la version, au lieu-dit « La Forteresse », on a découvert des monnaies anciennes, des morceaux de métal, des ardoises, des tuiles, des pierres…, provenant d’anciennes demeures et cela pourrait correspondre à une construction fortifiée.

    Non de loin de là, l’autre lieu-dit « Le Jardin de la Forteresse », où « la terre serait plus noire et fertile qu’ailleurs dans la région », serait l’emplacement d’un ancien cimetière…

     

    Et la deuxième légende ? Il se prétend qu’à un lieu appelé « Vivier des Sarrasins », de gentils nains faisaient la fête toutes les nuits et n’utilisaient que de la vaisselle en or. Depuis des siècles, cette dernière était à la fois un apparat et une source d’épargne financière.

    Provenait-elle de « La Forteresse » ?

     

    3 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (18/61) : ÉCORDAL : Statue parlante, 13 et alchimie

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    Quatre légendes pour le prix d’une dans cette commune de quelque 300 habitants !

     

    Sabbats et Apocalypse

     

    1. Dans les bois d’Écordal, une statue de pierre représentant un saint « inconnu » était vénérée. Un jour, un étranger à la région jeta son dévolu sur une fille du pays. Elle l’emmena devant la statue et demanda au saint s’il approuvait la future union. La réponse fusa : « Non ! ».
    2. Le garçon s’éclipsa aussitôt et on apprit qu’il s’agissait d’un voyou qui faisait beaucoup de ravages dans la vallée mosane.

       

      1. En pleine nuit d’été et lorsque la lune brillait, une sorte de brouillard s’élevait d’un pré (Jacques ?) d’Écordal et enveloppait le passant. Alors, celui-ci voyait sa silhouette. S’il s’arrêtait, elle s’arrêtait, s’il marchait, elle marchait, s’il se courbait, elle se courbait…
      2.  

        1. Dans un autre pré (Jean-Leroy ?), l’herbe était toujours verte, quelle que soit la saison et formait un cercle de treize mètres de diamètre. C’était le signe du sabbat, paraît-il.
        2.  

          À dire vrai, le nombre treize possède bien d’autres « symboles » : dès l’Antiquité, il est considéré comme de mauvais augure. À la Cène, les convives étaient treize à table, la Kabbale dénombra treize esprits malfaisants, le treizième chapitre de l’Apocalypse est celui de l’Antéchrist et du Malin…

          Néanmoins, durant l’Antiquité il était aussi question que le treizième membre d’un groupe était considéré comme puissant, à l’instar de Zeus, alors que la Mort, treizième arcane majeure du Tarot signifie un recommencement…

           

          1. L’armée du roi Henri IV serait venue détruire le château de Momby le jour du mariage de la fille du châtelain et n’aurait pas hésité à incendier
          2.  

            toutes les fermes des environs. Seul un bouc (« saint et divin pour certains, satanique pour d’autres ») parvint à s’enfuir de l’immense brasier. Depuis cette époque de la Guerre de religion, il paraît que le bouc danse sur un air de violon joué au milieu du bois par un musicien totalement invisible. Totalement ?

            « Quand apparaissent le brouillard et la nuit, ceux qui apercevaient l’animal s’enfuyaient et étaient retrouvés noyés dans des marais. »

             

            Alchimie de couleurs

             

            Ce qui est certain, à côté de ces légendes, c’est qu’à Écordal se situe le dernier « Moulin à Couleurs ».

            « Depuis 150 ans, les techniques utilisées pour fabriquer des pigments naturels n’ont pas changé », selon le quotidien L’Union-L’Ardennais.

             

            On extrait de la terre dans des carrières de crêtes régionales, on la chauffe durant une dizaine d’heures, elle devient rouge puis, par la magie de variations de températures et l’ajout d’autres terres, on obtient une palette de 85 teintes. « Pénétrer dans cette fabrique est un voyage au pays des couleurs. »

             

            Particularités signalées par le journal régional d’information : les pigments d’Écordal colorent des appâts de pêche aux plus grandes marques de cosmétiques, tout en étant utilisés sur un plan artistique (rénovation du Château de Versailles, des fresques de la Villa Demoiselle à Reims, du Château de Sedan, de vitraux…), décors de films, coloration de savons, parfums, maquillages, peinture à l’eau, à l’huile, cire, gélatine, béton teinté, pavés colorés, enduits de façades…

            Cette entreprise serait donc la dernière fabrique de terres colorantes naturelles en France.

             

             

             

             

             

            Rénovation ardennaise au Château de Versailles.

             

             

             

            5 min
          3. Ardennes françaises mystérieuses (17/61) : DOUZY : Des bonds encourageants

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

            Un peu en dehors de Douzy, ce village du Pays des Trois Cantons, à la Route de Mouzon on trouve un tout petit aérodrome. Particularité : il est l’un des tout premiers à avoir connu la fameuse épopée de l’aviation.

            C’est en 1908, que Roger Sommer, pionnier en la matière (et en automobile), fit quelques bonds dits « encourageants » sur une prairie de Douzy à bord d’un biplan de sa propre fabrication.

            Un an plus tard, il vola plus d’une heure à une trentaine de mètres d’altitude.

            Alors qu’il se dirigeait vers Calais pour tenter la célèbre traversée de la Manche (un vol d’une trentaine de minutes, en principe), le camion de Sommer, qui acheminait l’avion, tomba en panne. C’est Blériot, qui avait eu la même idée, qui entra dans l’Histoire quelques jours plus tard !

            Mais, le pilote de Douzy se « vengea » quelque peu contre le sort et il battit le record du monde de durée en vol : deux heures pour 160 kilomètres à quelque 200 mètres d’altitude.

            Ensuite, en 1910, il emmena dans son avion douze personnes établissant, de la sorte, le record du poids transporté !

            Un musée à Douzy évoque cette époque glorieuse pour l’aviation, dont celle d’un autre pilote ardennais, Henri Louis Brégi, le premier pilote à survoler l’Afrique.

            À Douzy (en patois, le village est appelé le « Pays des rallonges » !), où Charlemagne aimait séjourner, on remarque l’église néogothique Saint-Barthélemy et, à ses pieds, un monument commémorant les morts pour la patrie qu’un soldat tout habillé domine de bleu, alors que des obus font office de soutiens à une chaîne d’anneaux…

            Église Saint-Barthélemy et le soldat bleu entouré d’obus.

            Il y a également, une base de loisirs « Pavillon bleu », une invitation à la pêche, à la baignade, à faire du pédalo, à se lancer sur un toboggan…, alors que, tous les deux ans, au mois de juillet, se déroule le « Douzy’k Festival » (rock) qui attire des milliers de personnes, et que le village accueille le « Centre national de gestion des missions catastrophes naturelles de grande ampleur » (tempête Xynthia, inondations dans le Var…).

             

             

             

             

            3 min
          4. Ardennes françaises mystérieuses (16/61) : CLAVY-WARBY : Saint Matthieu à l’eau !

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

             

            Saint Matthieu est l’un des douze apôtres du Christ chargés d’annoncer « la venue de la paix et du salut de Dieu » et, également, évangéliste fêté » le 21 septembre en Occident et le 16 novembre en Orient.

             

             

            « La parabole des aveugles » d’après Pierre Bruegel l’Ancien (1525/1530-1569).

             

             

            Il est généralement symbolisé en homme ailé car ses écrits débutent par la généalogie du Seigneur : « Voici la liste des ancêtres de Jésus-Christ, descendant de David, lui-même descendant d’Abraham… »

            C’est Matthieu (Nouveau Testament 15,14) qui, aussi, évoqua la célèbre parabole des aveugles : « Si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous les deux dans un trou. »

             

            Au XIVe siècle, les habitants de Neufmaison, commune située à l’ouest de Charleville-Mézières, sont-ils subitement devenus aveugles ?

            En effet, saint Matthieu y était leur patron fort estimé mais la sécheresse se mit à sévir au grand désarroi des habitants qui, en colère, jetèrent la statue du saint dans la rivière Thin toute proche.

            La sculpture flotta et fut récupérée par des habitants de Clavy-Warby, village situé à quelques centaines de mètres de Neufmaison.

            Ils adoptèrent la statue, lui firent fête dans leur église, nommèrent saint Matthieu patron de leur entité et firent du 21 septembre leur fête patronale.

            Fort marris et repentants, les habitants de Neufmaison craignant des représailles de la part de l’évangéliste, réclamèrent leur statue aux habitants de Clavy-Warby. Ceux-ci refusèrent catégoriquement !

            Néanmoins, les autorités tranchèrent la discorde : la statue fut rendue à Neufmaison et Clavy-Warby put maintenir le droit de célébrer la fête patronale le 21 septembre. Un jugement à la Salomon ou à la Ponce Pilate ?

            Neufmaison et Clavy-Warby font partie du canton de Signy-l’Abbaye.

            L’abbaye Notre-Dame de Signy fut fondée au début du XIIe siècle. Une intense activité commerciale avec l’Europe, gage de richesse, put être établie grâce à des fouilles archéologiques entreprises à la Porterie de Signy.

            Les moines exploitaient des ardoisières, faisaient l’élevage de moutons, d’agneaux…. L’abbaye fut vendue comme bien national en 1793, entièrement démolie et sa bibliothèque complètement brûlée. Un signe de saint Matthieu ?

            Heureusement, pour contredire ce funeste destin, il y a le magnifique Château de Clavy-Warby dont les fondations remontent au XIIe siècle, la jolie petite rivière Thin – sous-affluent de la Meuse -, cours d’eau de première catégorie, « une rivière à truites », du calme, de l’air pur, bref, une agréable région propice à la randonnée et à la détente…

             

            3 min
          5. Ardennes françaises mystérieuses (15/61) : CHOOZ : Village numérique

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

            Outre une (tristement, sur le plan écologique) centrale nucléaire célèbre (mise en service en 1967, à laquelle furent ajoutées d’autres centrales), un imposant pont sur la Meuse, une sculpture monumentale « Prométhée », Chooz porte l’appellation officielle de « Village numérique ».

            À savoir ? « Chooz s’inscrit résolument dans la dynamique des nouveaux usages des N.T.I.C. (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) initiées sur d’autres territoires et porte comme conviction que l’expérimentation de terroir apporte un contrepoids au discours théorique sur l’aménagement du territoire. »

            À Chooz-numérique, il est donc question de salle équipée d’ordinateurs à la disposition des habitants, d’un atelier de numérisation, d’un Atelier de Mémoire (et mémoire collective regroupée sur Internet), d’adresse électronique pour chaque habitant, de réseau câblé de télévision raccordé à 100%…

             

            Chooz village numérique : www.chooz.com

             

             

            2 min
          6. Ardennes françaises mystérieuses (14/61) : CHATEL-CHÉHÉRY (France) : Mythe ou supercherie ?

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

             Chatel-Chéhéry, commune de quelques dizaines d’habitants (10 par km² !), s’appelait « Mont-redoutable » à la Révolution.

            Elle est située dans la forêt d’Argonne et son abbaye (fondée par saint Bernard en 1147 et reconstruite en 1750) est inscrite sur la liste des Monuments historiques.

            Le château (XVIIIe siècle) abrite des chambres d’hôtes et sa dépendance a été transformée en gîte.

            Il y a quelques années, « L’Express » consacrait un grand reportage à ce village sous le titre « Il faut sauver le sergent York ».

            Aux États-Unis, le sergent York, qui s’était illustré dans les Ardennes lors de la Première Guerre mondiale, est devenu un « véritable mythe ».

            Réalité historique ou exagération ?

            De quoi s’agit-il ?

             

            « À Chatel-Chéhéry, un village de 140 habitants situé à quarante kilomètres de Verdun, des chasseurs de mythe débarquent des États-Unis, armés de GPS, pour cheminer sur les traces d’une gloire nationale: le sergent York. Le plus célèbre soldat américain de 14-18. Archéologues, militaires, cartographes tentent de repérer, à l’aide de vieux plans et d’instruments high-tech, le lieu exact de la bataille qui lui a valu la Médaille d’honneur. (…) L’acte de bravoure de York est gravé en lettres d’or sur une dalle de marbre noir, à l’entrée du village: il a réussi, le 8 octobre 1918, à capturer cent trente-deux soldats allemands et à faire taire trente-cinq mitrailleuses lors de la bataille de Meuse-Argonne. (…) »

             

            Ce soldat est devenu une icône : visage sur des timbres, des tee-shirts, au cinéma… Mais, son exploit aurait été exagéré, selon certains historiens. Certes, il aurait été très courageux, son héroïsme indiscutable et indiscuté. Pour d’autres, mettre en doute cette histoire relève du révisionnisme !

            Il aurait été envoyé avec d’autres soldats pour s’emparer du chemin de fer à Decauville. Ils auraient surpris les soldats allemands lors d’un repas et auraient fait vingt-cinq morts chez ces derniers. Le sergent allemand promettait de capituler si York arrêtait de tuer ses hommes un à un…

             

            « Il fallait à l’Amérique le candidat idéal à son panthéon des héros (…) Le pays avait besoin d’un héros à la Davy Crockett, d’un antidote à la boucherie de la guerre. Ce fut York. Héros malgré lui, en somme. De retour au pays, il est courtisé par Broadway. La 5e Avenue, à New York, l’accueille sous une pluie de confettis. Ensuite, il préfère se réfugier sur ses terres et collecter de l’argent pour ouvrir des écoles. Une fois, deux fois, il repousse les offres de la Warner et du réalisateur Hawks. En 1940, c’est oui. (…) »

            « Sergent York » est un film américain tourné en 1941 avec Gary Cooper (Oscar pour ce rôle). C’est l’histoire « vraie » d’Alvin Cullum York, un jeune campagnard pacifiste s’enrôlant dans l’armée américaine comme… objecteur de conscience ! En 2008, ce film est rentré, pour conservation, à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis.

            La scène où Gary Cooper capture seul une centaine de soldats relèverait du « cinéma », paraît-il ! Jusqu’à sa mort, à 76 ans, Alvin York n’en a jamais vraiment parlé à ses sept enfants. L’un de ses fils déclara : « Mon père ne se prenait pas pour un héros, mais disait qu’il avait fait son devoir. »

            Un historien ajouta au magazine : « On a braqué les projecteurs sur York, un homme téméraire, mais il n’a pas agi seul. Et il y a eu d’autres héros : entre le 26 septembre et le 11 novembre 1918, cinquante-deux autres Médailles d’honneur ont été décernées. » Le maire du village ardennais déclara enfin qu’il serait temps que les historiens s’accordent sur cet épisode guerrier. En attendant, Chatel-Chéhéry serait plus connu aux États-Unis qu’en France !

             

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          7. Ardennes françaises mystérieuses (13/61) : CHÂTEAU-PORCIEN : Un village, un prince…

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

            Château-Porcien est une jolie cité située dans la Vallée de l’Aisne, dominée par un rocher accueillant les ruines d’un château fort.

            Autres particularités : une voie romaine passait dans ses environs, à l’heure de la Révolution, la commune s’appelait « Marat-Fruvaine » ou « Maraut-sur-Aisne » et le prince Albert II de Monaco porterait le titre de « Prince de Château-Porcien ».

            Ce titre fut relevé en 1826 par la Maison Grimaldi, souverains de Monaco et est toujours porté de nos jours par l’actuel souverain et cela est confirmé par France-Voyage.com : « Le prince Albert II de Monaco porte le titre de prince de Château-Porcien, titre hérité par sa famille du cardinal Mazarin. »

             

             

             

             

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          8. Ardennes françaises mystérieuses (12/61) : CHARLEVILLE-MÉZIÈRES : Quelle Vierge Noire ?

            Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

             

            Un peu d’histoire pour aborder ce chapitre consacré à cette « Ville neuve du XVIIe siècle », comme l’indique une documentation exposée au cœur de la ville :

             

            « Le 6 mai 1606, le 26e jour anniversaire de sa naissance, Charles de Gonzague, duc de Nevers et Rethel, prince souverain d’Arches, décide la construction d’une ville nouvelle. Il la baptisera de son nom deux ans plus tard, le 23 avril 1608 : Charles-ville.

             

             

            Charles de Gonzague statufié dans « sa » ville.

             

             

             

            Fervent catholique, il la veut cité monacale, base rapprochée contre les Calvinistes de Sedan et de Montcornet en Ardenne.

            Pour concrétiser ce vœu, la ville accueillera nombre de congrégations : Jésuites en 1612, Carmélites en 1616, Capucins en 1620, Sépulcrines en 1622, Milice chrétienne en 1623…

             

             

             

             

            Pour se développer, la neuve cité se doit de gagner un statut de place commerciale de première envergure et devenir un point de rencontre entre les négociants de France et d’Europe du Nord.

            Bien que fortifiée, elle laissera le rôle militaire à son aînée et voisine, Mézières.

            Les villes nouvelles sont souvent édifiées soit selon un plan en damier, soit selon un plan radioconcentrique. Subjugué par les jeux de symétrie, Charles de Gonzague opte pour le premier.

            À l’instar d’un castrum, camp de légionnaires romains, deux axes de circulation principaux se croisent de manière perpendiculaire, au centre de la cité.

            À l’intersection, est aménagée une grande place rectangulaire, ici la placeDucale. Les quatre quartiers, répartis de part et d’autre des axes, enserrent chacun une place secondaire : place Saint-Ignace (place Condé), place du Saint-Sépulcre (de l’Agriculture), place Notre-Dame (près de l’actuelle place du Théâtre) et place Saint-François (Winston-Churchill).

            Quadrilatère de 700 m de côté, la porte de Flandre répond à celle de Luxembourg, et le moulin ducal fait écho, quant à lui, à la porte de France.

             

             

             

             

             

             

            Charles de Gonzague, amateur de jeux de symétrie.
            La Place Ducale

                                   

             

             

            Assassins et sorcières

             

            Les premiers habitants viennent d’Arches et de sa principauté, ainsi que de Mézières. Débute alors le dépeuplement de Mézières au profit de Charleville : au cours du 17e siècle, sur 1 600 familles macériennes, 1 400 choisiront de venir vivre à Charleville !

            Les Macériens peuplent les rues Saint-Charles et Sainte-Catherine. Le premier habitant de la place Ducale est Jacques Chasson, maître tapissier de Bruxelles que Gonzague fait venir avec sa famille.

            Pour peupler sa cité, Gonzague accorde en mai 1620, par lettres patentes, le droit d’asile aux personnes recherchées en France.

            Sur 579 demandes d’asiles : 294 émanent de mauvais payeurs, 218 d’assassins et 2 de sorcières ! »Et dire que tout cela n’aurait pas existé si Charles de Gonzague n’avait pas, à l’âge de 22 ans, échappé à la mort lors du siège de Bude (qui deviendra Budapest), le 22 octobre 1602, un coup d’arquebuse effleurant cœur et poumons !

             

            Belles, attirantes, insolites

             

            Charleville et Mézières ont fusionné en 1966 et le Mont Olympe (196 m) domine l’entité alors que la Meuse la traverse. Les Vierges Noires ont toujours été motif à questionnements et le spécialiste en la matière, Jacques Huynen, a dressé une liste de leurs emplacements. Pour les Ardennes françaises, il signala Mézières comme « un lieu de culte à la Vierge Noire, mais où il n’est pas certain qu’il a existé une statue médiévale semblable aux autres. »

            Effectivement, il existe un « label » pour admettre les Vierges Noires comme authentiques ou non, ce qui n’empêche pas la dévotion à des « mystérieuses mères nourricières » dans des sanctuaires où trônent des statues de Marie belles, attirantes, insolites.

             

            Pourquoi des Vierges Noires ?

             

            À plusieurs reprises, autant dans des écrits que lors d’émissions, j’ai évoqué ces statues pleines de légendes et de mystères.

            Pourquoi des hommes ont-ils sculpté des Vierges foncées ? D’où provient leur vénération, voire leur adoration mystique ?

            Quatre hypothèses ont été retenues au fil des siècles sur l’origine du teint basané, quasi noir, de certaines Vierges ? Alors, Vierges Noires authentiques ou non ?

             

            Quel « label » pour les Vierges Noires ?

             

            Au Moyen Âge, la Vierge était considérée comme la matrice, l’athanor, alliant fécondité et fertilité : « Elle est le ventre du monde et de l’univers », disait-on.

            Elle fut même désignée comme la « Terre-Mère » permettant à l’homme de se transformer : mourir pour renaître.

             

            Ainsi, Isis, déesse égyptienne symbolisant l’épouse et la mère idéale, était très vénérée à travers toute la Gaule. À Chartres, par exemple, un pèlerinage à une Vierge existait bien avant l’ère chrétienne et même avant l’époque des Celtes. Une Vierge devant enfanter (Virgini pariturae) y aurait été adorée. Une Vierge Mère – et noire – faisant de nombreux miracles : elle ressuscitait des morts, donnait ou redonnait la parole aux muets, éloignait la peste, rendait invisibles les prisonniers désirant échapper à la torture, elle pouvait, aussi, faire cesser la stérilité des femmes…

             

            Quatre hypothèses sont donc retenues pour la représentation des Vierges Noires :

             

            1. Un noircissement accidentel ou délibéré : exposition dans des endroits enfumés par les bougies, les cierges, l’encens, accumulation de poussières, altération ou transformation du bois, construction dans une matière noire (ébène, cèdre, bois exotique…) ou facile à noircir comme le poirier.
            2. Un appel à l’aide céleste de la part de fidèles : au Moyen Âge, la peste faisait des ravages énormes parmi les populations. Cette maladie infectieuse et extrêmement contagieuse donnait au malade un teint grisâtre, voire noir, d’où le terme de « peste noire ». Il se dit que des artisans confectionnèrent des statues de la Vierge en bois foncé pour lui rappeler le drame vécu par de nombreuses personnes et, surtout, pour lui demander d’intercéder en leur faveur auprès de son Fils qui, affirme-t-on, ne peut rien lui refuser. La Vierge Noire était alors la représentation symbolique d’une pestiférée.
            3. Une représentation (noire comme la terre) antique : le culte de la Terre-Mère se retrouvait dans de nombreuses déesses païennes, il n’est pas exclu qu’on le christianisa.
            4. Une origine orientale : le portrait de la mère de Jésus aurait été tiré d’après nature par l’évangéliste Luc, selon une légende. Il aurait reproduit avec exactitude le type de femmes de Judée et de Palestine qui, comme on le sait, ont le teint très basané. Le « Cantique des cantiques » de Salomon est précis à ce sujet. Ainsi, on lit dans « La Bergère dans la Vigne » une description qui corrobore la thèse de l’origine orientale de la représentation de la Vierge en tant que femme noire, noire dans le sens de hâlée par le soleil :
            5. Saint Luc, peintre.

               

              « Je suis noire, mais je suis belle, filles de Jérusalem,

              comme les tentes de Kédar,

              comme les pavillons de Salomon.

              Ne prenez pas garde à mon teint hâlé :

              C’est le soleil qui m’a brunie. (…) »

               

              Représentation visible d’un monde invisible, plusieurs critères d’authenticité ont été dégagés, par certains spécialistes, à l’encontre des Vierges Noires : il s’agirait de Vierges en majesté, les statues – toujours en bois –  authentiques dateraient du Xe (mais, surtout, du XIIe) au XIIIe siècle, la représentation de la Vierge primerait sur celle de Jésus, ce dernier enseignerait généralement, tous les sanctuaires qui accueillaient des Vierges Noires auraient été érigés sur des lieux de culte antérieurs au christianisme, la place originelle des statues étant dans une crypte, selon eux.

              Néanmoins, des Vierges Noires ne répondraient pas à ces critères rigoureux et n’en connaissaient pas moins une dévotion assez extraordinaire.

              « L’adage prétendant que l’habit ne fait pas le moine, est-il à prendre en considération dans ce cas d’espèce ? » avais-je posé comme question.

              Je n’ai pas changé d’avis à ce sujet !

               

              Et la « Vierge Noire » de Mézières ?

               

              Pour Jacques Huynen, « Mézières était la ville du dieu Macer (christianisé en « saint Masert », selon certaines sources),       et les Ardennes françaises ont conservé des traces nombreuses d’une présence druidique sous forme de menhirs et de dolmens, comme dans l’ancienne toponymie.

              L’église Notre-Dame (XVIe siècle) est un bel édifice flamboyant qui a remplacé un sanctuaire roman déjà consacré à la Vierge ».

               

              Lieu de pèlerinage à Marie, cette église a reçu du pape Pie XII, le 15 août 1946, le titre de basilique mineure. Elle est ornée de vitraux contemporains (68 verrières de plus de 1 000 m²).

               

              Quant à la Vierge Noire, les Huguenots auraient fait « périr » la statue et les tentatives de reconstitution sur base d’une ancienne gravure laisseraient pantois, dit-il, voici plus de quatre décennies.

              Dès lors, selon cet auteur, la vénération à la Vierge Noire de Mézières se porterait sur une image du XVIIe siècle avec le visage foncé de Marie et la carnation pour Jésus.

              Marie tient dans la main droite une très symbolique grappe de raisin.

               

               

              La Vierge porte une grappe de raisin, symbole de vie et de résurrection.

              Grappe qui aurait été volée par un officier allemand lors de la Première Guerre mondiale afin de l’offrir à une jeune fille de la ville, mais elle la restitua aussitôt à la statue !

               

              Avant cela, lors du siège de 1870, la statue et un vitrail de la Vierge Noire furent épargnés alors que leur environnement immédiat souffrait des bombardements.

               

              Plusieurs endroits de Charleville-Mézières sont recommandés par l’Office de Tourisme local. Parmi eux :

               

              . Le Grand Marionnettiste : automate devenu une attraction incontournable avec, toutes les heures, un petit spectacle de marionnettes à fils où un « moment unique ».

               

              Trois coups et une musique retentissent…

              « Nobles Dames, Messeigneurs, mes gentils damoiseaux,

              Il est 11 heures…

              Voici le Chevalier Bayard… »

               

               

              Le Chevalier Bayard était valeureux et malin au point de semer la zizanie chez ses ennemis, lorsqu’il leur fit croire à de grands renforts imminents : il sauva Mézières en 1521.

              Ensuite, à chaque heure, au « Grand Marionnettiste », c’est une étape supplémentaire de la saga des Quatre Fils Aymon.

               

              Le Grand Marionnettiste.

               

              Bayard, Aymon… à chaque heure !

               

                                                          . La Basilique de Charleville-Mézières : avec ses vitraux modernes, une œuvre ordonnée autour de la dualité « Vierge Noire » et « Vierge de Lumière » (voir ci-dessus).

               

              Dans le fond de l’église, une information avise le passant qu’il y a des « graffitis anciens » gravés sur le mur.

              Il s’agit aussi de témoignages édifiants, selon moi, telle cette annonce qu’an l’an 1499 fut posée la première pierre de cette église…

              « EN LANe 1499 A Este POSe LA PRVMIER PIER De CeSTe e8Lise Le Jovrs St MATi…e AVX ReTOVA De LA PROSSeion… »

               

              Églises, cathédrales, basiliques…

               

              La Basilique de Mézières.

              Quelle différence y a-t-il entre une église et une basilique, celle de Mézières étant proclamée comme telle en 1946 ?

               

               

               

               

               

               

               

               

              C’est l’occasion de résumer quelques définitions à ce sujet :

               

              – La chapelle est une petite église, non paroissiale, parfois desservie par un chapelain, cela peut être, aussi, un sanctuaire privé (dans un château, par exemple) ou un oratoire destiné ou non au culte. Enfin, une chapelle peut également être une annexe d’église pourvue d’un autel.

              – L’église est un temple où est célébré un culte. Elle est desservie par un curé parfois assisté d’un ou de plusieurs vicaire(s). Il existe quatre sortes d’églises :

               

              1. L’église paroissiale.
              2. L’église décanale (siège d’un doyenné qui regroupe plusieurs paroisses).
              3. L’église abbatiale (église d’une abbaye).
              4. L’église conventuelle (communauté religieuse).
              5. – La collégiale est une église qui possède un chapitre – collège de chanoines – sans avoir un siège épiscopal (qui appartient à l’évêque).

                – La cathédrale est une église épiscopale ou principale d’un diocèse.

                – La basilique : originellement, il s’agit d’un édifice romain en forme de grande salle rectangulaire, se terminant par une abside et abritant les diverses activités des citoyens. Les églises chrétiennes bâties sur le même plan furent appelées basiliques, mais la basilique est un titre accordé par le pape et donné à une église privilégiée. On distingue deux types de basiliques : les basiliques majeures pourvues d’un autel papal et les basiliques mineures qui en sont dépourvues.

                Il y a que quatre basiliques majeures au monde, elles sont toutes à Rome, dite la « Ville Sainte » : Saint-Pierre (Vatican), Saint-Jean de Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul (sur la voie Ostienne).

                 

                Il n’y a quelques basiliques mineures dans les Ardennes, Notre-Dame d’Espérance à Charleville-Mézières, Saint-Sauveur à Prüm, Saints-Pierre et Paul à Saint-Hubert… et en Champagne-Ardenne, à Troyes, Chaumont, L’Épine…, et aux frontières des Ardennes belges et luxembourgeoises, à Aubel, Chaudfontaine, Echternach…

                 

                . La Place Ducale (XVIIe siècle) : sœur jumelle de la Place des Vosges de Paris.

                Un air parisien à Charleville-Mézières.

                . Les Remparts de Mézières ou plane le souvenir de « Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche ».

                Enceinte fortifiée.

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                Le Dormeur du Val

                 

                . Arthur Rimbaud (1854-1891) : « Il faut être absolument moderne » ! Ce génie précoce à un musée situé dans le Vieux Moulin sur la Meuse et la Maison des Ailleurs, demeure habitée par le poète et les siens où l’on propose un « voyage » de l’auteur à travers textes et images.

                Arthur Rimbaud. (Photo : Wikipédia)

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                Parmi ses écrits, « Le Dormeur du Val » est un poème qui a frappé beaucoup de générations :

                 

                «  C’est un trou de verdure où chante une rivière,

                Accrochant follement aux herbes des haillons

                D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,

                Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

                 

                Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,

                Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

                Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

                Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

                 

                Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

                Sourirait un enfant malade, il fait un somme :

                Nature, berce-le chaudement : il a froid.

                 

                Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;

                Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,

                Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. »

                 

                Et, encore, à Charleville-Mézières, la Tour du Roy, la Macérienne (usines), la Porte de Bourgogne, le Musée de l’Ardenne… et quelques documents pour davantage illustrer cette splendide cité : détails de la Fontaine Charles de Gonzague, statue près de la Place Ducale, vitrail à la Basilique et vestiges à Mézières.

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                 

                 

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