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By Nature sans frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Le « Beau Vélo de RAVeL » en Belgique et en France : À la découverte d’un trésor unique

    Depuis près de deux décennies, les étapes du « Beau Vélo de RAVeL » attirent des dizaines de milliers d’amoureux de la petite reine qui, par monts et par vaux, de villages pittoresques en cités prestigieuses, de chemins campagnards en routes provinciales, de châteaux en lieux sacrés, s’adonnent en peloton à plusieurs randonnées, tant en Belgique qu’en France, comme il fut présenté dans une précédente chronique (le 22 juin 2016).

    Quoi qu’il en soit, c’est toujours une belle opportunité que de découvrir ou de redécouvrir des coins insolites et mystérieux, d’aller à l’écoute de légendes et d’anecdotes de terroir, de parcourir des itinéraires chargés d’Histoire ou mythiques. Démarche écologique et patrimoine se conjuguent donc à ces occasions, telle la balade qui fait halte à Namur, capitale de la Wallonie, le samedi 13 août 2016, avec une visite au Musée des Arts anciens du Namurois pour ceux qui désirent ajouter une dimension culturelle à leur effort sportif ou, tout simplement, pour d’éventuels visiteurs de cette jolie cité mosane.

    Au départ, Namur abritait un fameux trésor dans une salle de l’Institut des Sœurs de Notre-Dame – un monastère – , endroit considéré comme « le plus petit musée au monde ». Puisqu’on venait des quatre coins de la planète pour admirer ce Trésor du Prieuré d’Oignies du Frère Hugo, l’une des « Sept Merveilles de Belgique », et qui était contenu dans quelques vitrines de ce minuscule musée, l’œuvre fut transférée au Musée des Arts anciens du Namurois afin qu’elle puisse bénéficier d’une présentation digne de sa valeur.

    Ce Trésor compte une quarantaine de pièces dont trois portent la signature de Frère Hugo. Qui était-il ? Il s’agissait d’un personnage appartenait à une famille de chevaliers de Walcourt du XIIe siècle. Il fit son apprentissage d’orfèvre à l’époque où Nicolas de Verdun œuvrait à la châsse de Notre-Dame de Tournai, autre Merveille de Belgique.

    Hugo d’Oignies, Plat de reliure de l’Evangéliaire, 1228. Namur, TreM.a. Coll. FRB. Dépôt à la SAN, inv. TO1. Copyright : Guy Focant, Vedrin.
    Atelier d’Oignies, Pied-reliquaire de saint Jacques le Majeur, 1250. Namur, TreM.a. Coll. FRB. Dépôt à la SAN, inv. TO17. Copyright : Guy Focant, Vedrin.

    Toutes les pièces du Trésor relèvent du culte des reliques, de la célébration de la messe et des rites liturgiques : évangéliaire, calice, reliquaire d’une côte de saint Pierre, et, tenez-vous bien, on admire même un reliquaire du lait de la Vierge !

    Le lait de la Vierge ?

    À dire vrai, cette étrange relique serait de la galactite, sorte de craie blanche provenant de « la Grotte du lait »,  située près de Bethléem, où suivant la tradition, la Sainte Famille se réfugia. À propos de la galactite, on lit dans Orphée : « Cette pierre Galactite, si on la brise, il coule de l’intérieur une moelle blanche parfaitement semblable à du lait. »

    En minéralogie, on dit que cette argile a la propriété de rendre blanche comme du lait l’eau dans laquelle elle a été délayée, d’où le préjugé qu’elle pouvait augmenter le lait des nourrices !

    Et, cerise sur le gâteau, le musée est un hôtel patricien du XVIIIe siècle dont certaines parties sont classées au patrimoine exceptionnel de Wallonie et qui expose, également, d’autres remarquables chefs-d’œuvre dont des affliges ou médaillons de corporations de métiers, celle des menuisiers datant de 1509 et fait aussitôt penser au Compagnonnage dont il a aussi été question sur « Fréquence Terre ».

     

    https://www.province.namur.be/trema

     

    5 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (31/61) : LAIFOUR : Des Dames de Meuse et la source ensanglantée

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     Une grande partie des charmes de Laifour est regroupée dans son logo, comme le signalent ses autorités communales : « …charmes situés dans une arène de verdure, que traverse la Meuse… » Et, de citer son célèbre site classé des « Dames de Meuse ».

    Un lieu fréquenté à plusieurs reprises par le général de Gaulle. Mais, au juste, qu’est-ce qui y attirait le président de la République française ? La beauté sauvage de l’endroit ou les légendes qui s’y rattachent ? Ou toutes à la fois ?

    La punition divine

     Les « Dames de Meuse » est un lieu habité par les dieux, clame-t-on sur place, et plusieurs légendes lui sont attribuées, c’est l’un parmi les plus impressionnants paysages de la Vallée de la Meuse, selon l’auteur Bernard Chopplet.

    En 1080, le seigneur de Hierges (voir ci-dessous) eut trois fils, Héribrand, Geoffroy et Vauthier, qui épousèrent les filles du Seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige.

    Peu de temps après leur union, les trois jeunes mariés accompagnèrent Godefroid de Bouillon dans sa croisade (1096-1099), la première du genre sur huit sans tenir compte de la « Croisade populaire » de Pierre l’Ermite.

     

    Les Dames de Meuse, que des personnes prétendent voir pleurer certains jours…

     

    Alors qu’ils combattaient en Terre Sainte, les épouses commirent de conserve l’adultère en compagnie de trois chevaliers.

    Mais, Dieu les punit ! Ainsi, lors de l’attaque de Jérusalem, elles furent changées en trois immenses rochers noirâtres surplombant la Meuse.

    Une deuxième légende, selon le « Guide de la France Mystérieuse », sous le titre des « Pierres Infidèles » :

    « Le seigneur de Montcornet, en partant pour la croisade, laissa son château à la garde de sa femme et de ses deux nièces. Un seigneur du voisinage, du nom de Neyrac, voulut s’emparer des biens de Montcornet et déclencha un conflit. (…) La dame de Montcornet alla au-devant de son mari qui revenait de Terre Sainte et Neyrac se sentant en danger réclama l’aide du diable. Celui-ci provoqua un séisme qui ensevelit la dame et sa suite. Arrivé à l’endroit du drame, le seigneur de Montcornet reçut des explications de la part d’un berger et Neyrac eut la tête tranchée ! Après une prière au divin, la dame et sa suite sortirent vivants du sol. Le rocher en forme de têtes perpétuerait le souvenir de la dame de Montcornet et des deux nièces. »

    La troisième légende concernant les « Dames de Meuse » émane de Hierges.

    Hierges est une cité médiévale, distante de Laifour d’une vingtaine de kilomètres, considérée comme l’un des plus beaux villages de France, dont le château aurait été bâti en 882 en une nuit par la fée Mélusine (voir Orval).

    Il est question des trois épouses infidèles transformées en rochers juste avant qu’elles n’aient eu le temps de se jeter dans la Meuse au retour de leurs maris afin d’échapper à leur colère.

    Au moins trois légendes pour un site habité des dieux, pour trois immenses rochers couverts de hêtres…

    L’odieux seigneur et les Quatre Fils Aymon

     À Laifour, il y a une autre histoire « fantastique » qui circule : celle entourant la source d’eau ferrugineuse qui coule dans la Meuse en rougissant les pierres et les galets.

    Au Moyen Âge, un puissant seigneur désirait les faveurs d’une jeune vierge. Elle refusa catégoriquement les avances et se réfugia près de la source située dans une grotte.

    Un jour de chasse, le seigneur la débusqua. Elle continua à lui résister, alors il sortit son épée et la tua. Ensuite, il partit jeter l’arme dans la source. Depuis cet instant tragique, l’eau serait devenue ferrugineuse…

    Et, bien entendu, les Quatre Fils Aymon (voir « Quelques symboles ardennais » en première partie du présent ouvrage) seraient également passées par Laifour !

    Naguère, un rocher était marqué de l’empreinte du sabot du cheval Bayard après avoir effectué un bond prodigieux. Au début du XIXe siècle, les cantonniers locaux auraient détruit ce « témoignage » pour confectionner une route…

    5 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (29 et 30/61) : JUNIVILLE : Poète et paysan et LA CHAPELLE

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Le Musée-Auberge Verlaine à Juniville est l’ancienne « Auberge du Lion d’Or » fréquentée par l’illustre poète.

    Une association s’occupe de le faire vivre avec des conférences, visites, du théâtre, des contes, des concerts, des animations, des expositions…

    Mysticisme et Rédemption…

     

     

    En voici la présentation, sous le titre « Dans nos savoureuses Ardennes, où je fis le mal et le bien… » :

    « Bien après la vie parisienne et bourgeoise, la reconnaissance du milieu littéraire français grâce à  Poèmes Saturniens et l’escapade avec Rimbaud, c’est en prison, à Mons, que Verlaine prendra conscience qu’il a tout perdu et se tournera vers le seul salut possible : le mysticisme et la Rédemption.

    Dès ce moment, ses seules occupations seront le regret de sa vie perdue et l’écriture de Sagesse.

    Errant quelque temps entre la Belgique et l’Angleterre, il finira par se fixer à Rethel où il sera répétiteur pendant deux ans dans une institution religieuse.

    Verlaine quittera l’institution Notre-Dame de Rethel en août 1879 accompagné d’un de ses élèves, Lucien Létinois, qu’il considère comme son fils et dont il veut faire « Un bon catholique et un bon citoyen… » (P. Verlaine, Confessions). Ils s’installeront à Coulommes, dans la ferme de Malval, chez les parents de Lucien.

     

    Là,  Verlaine redécouvre la campagne française…, sa sérénité, son rythme lent, ses horizons apaisants. L’idée lui vint d’acquérir une exploitation rurale et de s’y retirer en gentilhomme : poète et paysan. (P. Petifils. Verlaine).

     

    Une ferme est à vendre à Juniville et c’est Elisa Verlaine, sa mère, qui l’achète. Les Létinois s’y installeront en mars 1880, au 15 de la rue de L’Abby. Verlaine louera une maison à 150 mètres de la ferme, en face de l’auberge du Lion d’Or.

    Dans cette auberge Verlaine finira d’écrire et de corriger Sagesse qui sera un échec d’édition.

    À Juniville, Verlaine connaîtra sa dernière tentation vers le Bien. La mort de Lucien Létinois conclura tragiquement l’aventure ardennaise. Verlaine quittera Juniville en 1882 contraint de vendre sa ferme.

     

    Le musée Verlaine s’est ouvert dans l’auberge du Lion d’Or restaurée et reconstituée avec ses meubles et ses objets.

    C’est un lieu vivant, plein de charme et imprégné de la présence du poète.

     

    « Notre essai de culture eut une triste fin

    Mais il fit mon délice un long temps et ma joie. »

    Paul Verlaine. »

    Ardennes françaises mystérieuses (30/61) : LA CHAPELLE : Au bonheur des skieurs

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    Moins de deux cents habitants pour ce village situé à la frontière avec la Belgique, entre Sedan et Bouillon. Son dénivelé (400 m en haut pour 290 m en bas) en fait un endroit prisé par les skieurs, l’ancienne douane ayant même été transformée en gîte.

    Historiquement, le 12 mai 1940, les soldats allemands de la10e Panzerdivision franchirent la frontière à La Chapelle lors de la Bataille de France, c’est-à-dire l’invasion allemande des Pays-Bas, de la Belgique, du grand-duché de Luxembourg et de la France.

     

    5 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (28/61) : ILLY : Un haut lieu où souffle l’esprit

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Au cœur du village d’Illy, voici une fontaine, et, à quelques centaines de mètres de ce point d’eau, sur un plateau qui le domine, « Le Calvaire ». Celui-ci est marqué de deux croix de pierre.

    La nouvelle fontaine d’Illy.

     

    « Ce lieu-dit dont le splendide panorama domine le village d’Illy a certainement été fréquenté depuis des siècles par les villageois des alentours comme un haut lieu où souffle l’esprit.

     

    Le calvaire d’Illy ne pouvait manquer d’attirer l’attention du général Margueritte (voir Saint-Menges/Floing) au début de l’après-midi du 1er septembre 1870 alors qu’il rassemblait sa division en prévision d’une charge de plusieurs milliers de cavaliers dans l’espoir de bousculer les fantassins allemands qui gravissaient les pentes du plateau de Terme.

    Le Calvaire.

     

     

     

    Vers 14h30, il fit avancer au petit trot ses troupes jusqu’à 400 mètres de l’ennemi en allant lui-même, par trois fois, reconnaître ses positions.

    C’est au moment où la charge s’élançait qu’il sera mortellement blessé à proximité de l’auberge de Terme.

    Le général de Galliffet lui succéda immédiatement et prit avec fougue la tête de cette charge héroïque, car tous ces cavaliers voulaient venger leur chef et, tout particulièrement ceux du 1er Régiment de chasseurs d’Afrique qu’il avait commandé antérieurement. »

    Le panorama exceptionnel permet de voir la forêt ardennaise, la Vallée de la Givonne, le plateau de Floing, et au-delà de la Meuse, les hauteurs boisées de La Marfée d’où Guillaume 1er, roi de Prusse puis empereur d’Allemagne, observait le déroulement de la bataille.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    « Auprès de ce calvaire furent rassemblés les escadrons qui participèrent aux charges héroïques du 1er septembre 1870 »

     

     

     

    3 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (27/61) : HAYBES-SUR-MEUSE : Le mari violent et le saint pleureur

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    Le nom de Haybes apparut pour la première fois dans un document officiel le 9 juin 919 et, depuis lors, que d’événements dans cette cité qui est devenue, au fil des siècles, Haybes-sur-Meuse, Haybes-la-Rose, Haybes-la-Jolie !

    Au Xe siècle, un immense château avec tours fut construit sur une île face au village, en 1311, le seigneur Gilles, sire de Haybes, accorda aux habitants le droit de faucher et de pacage (lieu où l’on emmène paître le bétail), les ardoisières furent exploitées dès le XVIIe siècle et firent la gloire de l’endroit…

    Deux légendes restent taillées dans la pierre au sujet de cette très pittoresque cité.

     

    La Roche de Madame de Cormont

     

    Personnalité locale, Madame de Cormont vécut aux XVIIe et XVIIIe siècles et demeurait dans un château, disparu, sur les hauteurs du village.

    Un jour, son époux lui proposa une chevauchée commune ce qui, dans son chef, était inhabituel.

    Que se tramait-il dans l’esprit du sire de Cormont ?

    Au moment de franchir la porte du château, il éperonna violemment le cheval, qui bondit, et Madame de Cormont fut projetée contre une poutre et tomba. Alors que le châtelain déguerpissait à toute allure, la victime fut soignée avec grande attention par les habitants.

    Elle décéda en 1729 et légua tout son or aux pauvres de l’entité et ses terres aux moines de Fumay.

    Ceux-ci lui élevèrent une chapelle en forêt le long du Sentier de Cormont.

    Elle fut brûlée à la Révolution mais il se dit qu’au moment du brasier, la figure de Madame de Cormont, protestant contre ce saccage, se grava sur un rocher.

     

    Pour accéder à « La Roche de Madame Cormont », il faut emprunter le sentier « Ardoises et légendes » au départ de la Maison des Randonnées de Haybes (rue Dromart). Outre cette pierre légendaire, le point de vue est splendide.

     

    La Pierre Saint-Martin

     

    Saint Martin.

    Saint Martin (315/316-397), ancien militaire devenu artisan de l’apostolat rural en Gaule (plus de 4 000 lieux sacrés portent son vocable !), qui se rendait à Charleville, passa à Haybes où des villageois lui demandèrent de bien vouloir leur ramener des bouteilles et des noix.

    Sur le chemin du retour, un orage pareil à une tempête se leva et, dans un fracas assourdissant, brisa l’attelage et toute la marchandise du futur canonisé. Il y vit un signe de Dieu, tomba à genoux sur un roc, pleura sept années d’affilée !

     

    Cette pierre porterait encore l’empreinte du saint et une cavité formée par ses centaines de milliers de larmes !

    Le roc est toujours visible sur le Chemin de la Pierre Saint-Martin non loin du Moulin Labotte, mais il a été retourné lors de travaux forestiers…

    Signalons encore le carnage opéré en 1914 par les Prussiens : des dizaines de personnes massacrées, dont des enfants et des gens âgés, six cents demeures détruites…

     

     

     

    4 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (26/61) : HARGNIES : De l’autre côté, les hommes

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Le titre de ce chapitre, « De l’autre côté, les hommes », consacré à Hargnies, a été directement emprunté au panneau communal « officiel » ! Que se cache-t-il derrière lui ?

     

     

     

     

     

    Il s’agit d’un village fleuri situé dans une clairière de la forêt ardennaise, village dont l’origine remonte au IXe siècle.

    L’église Saint-Lambert a un aspect défensif avec sa tour carrée, ses meurtrières et ses remparts. De là part le chemin menant au cimetière et à la chapelle Saint-Roch.

    Mais, Hargnies est aussi une commune réputée pour sa charcuterie (boudin, pâté, jambon…) au point que le JT de 13 heures de TF1 lui consacra un reportage spécifique : « C’est le village où la charcuterie est reine ! Quatre charcuteries pour 500 habitants ! »

    Un passage entre deux mondes…

    Il y a aussi la fête estivale dévolue au cheval ardennais et un environnement fort agréable composé de fontaines.

    À l’une d’elles, j’ai lu ce texte signé par des « Elfes de l’eau » :

     

    « Les fontaines, un passage entre deux mondes

    Sois prudent, comme les gens d’ici…

    Quand les loups des ténèbres rôdaient,

    Ils ont vénéré saint Hubert

    Quand les armées de l’Ombre pillaient

    Ils ont attendu le Cheval Bayard,

    Un espoir de féérie dans le cœur

    Quand les bergers étaient pétrifiés,

    Ils ont évité les Roches du Diable

    Alors, éloigne le gouffre du Démon,

    Chasse les Croqueurs d’Os

    Ouverture sur l’univers des elfes de l’eau…

    Repousse la nuit

    Choisis la lumière de notre monde

    Franchis la transparence de l’eau

    Plonge dans ton propre reflet

    Enfile les lettres patiemment :

    le mot magique est la clef

    de l’une des quinze portes-fontaines

    qui s’ouvrent sur notre univers

    Nous t’attendons… »

     

     

    3 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (24/61) : GIVET : Sur les traces de Charles Quint, Louis XIV, Victor Hugo…

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    En arrivant à Givet pour la première fois, beaucoup de gens sont habités par des lieux communs et des préjugés véhiculés par des personnes       qui, au fond, n’avaient jamais arpenté « Le Grand Givet ou Givet le Vieux » et son port de plaisance et « Le Petit Givet ou Givet Notre-Dame », au confluent de la Houille et de la Meuse : ville triste, morose, sans grand intérêt architectural et culturel, sans attraits « touristiques »…  Que d’erreurs !

    Comme je l’ai déjà décrit en première partie dans le paragraphe « Artisans, travailleurs, outils et matières premières », certes il y a la « Pierre bleue » qui fait la fierté de la région, mais il n’y pas que ça ! Jugez-en, selon la « Visite guidée du centre de Givet » proposée par l’Office de Tourisme et que j’alimente de quelques réflexions personnelles.

     

    De la frontière « folklorique » au Quai des Fours

     À la frontière belgo-française, du côté de Heer, on peut encore voir le poste de la « Douane belge », du temps où le gabelou faisait souvent peur, du moins aux personnes qui « trafiquaient » du tabac, du beurre, des spiritueux…

    Dans le jardin du poste, des mannequins retracent quelques pans de la vie d’antan. Nostalgie, nostalgie…

    Gare au gabelou !

     

    Et puis, voici Givet qui se situe de part et d’autre de la Meuse et sur itinéraire compostellan. Sur la rive gauche, il s’agit de Givet Saint-Hilaire et sur la rive droite de Givet Notre-Dame.

    Les moqueries de Victor Hugo

    « Givet le Vieux » (à gauche) et l’église Saint-Hilaire dont le clocher fut raillé par Victor Hugo, et « Le Petit Givet » (à droite)

     

     

     

     

    L’église Saint-Hilaire date du XVIIe siècle et est dédiée à l’évêque de Poitiers (IVe siècle), écrivain et docteur de l’Église. On admire le buste reliquaire en bois doré du XVIIIe siècle à l’intérieur de l’édifice.

     

    On admire également les stalles de style Louis XIV représentant, entre autres, des saints de l’Ordre Franciscain.

    Saint Hilaire, patron de la paroisse, et des décorations de stalles.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Victor Hugo, grand voyageur, est passé à Givet en 1838 et n’a pas hésité à brocarder le clocher de l’église en imaginant que l’architecte avait empilé divers ustensiles : un saladier retourné, un sucrier, un coq embroché sur une bouteille…

    Que les Givetois ne se formalisent pas par cette description, les Montois (Hainaut) eurent aussi droit aux moqueries d’un monument de leur ville : le Beffroi. Inauguré en 1669, c’est le plus jeune beffroi de toute la Belgique. De style baroque, haut de quatre-vingt-sept mètres, Victor Hugo ne l’appréciait guère au point d’écrire à sa femme : « Figure-toi une énorme cafetière, flanquée au-dessous du ventre de quatre théières moins grosses. Ce serait laid si ce n’était grand. La grandeur sauve… »

     Le Fort de Charlemont et les huées du peuple

    La forteresse qui surplombe la cité de Givet a été édifiée par l’empereur Charles Quint en 1555. Elle allait lui permettre de tenir le cours de la Meuse, de protéger les frontières des Pays-Bas espagnols, d’opposer une barrière à la marche des armées françaises.

    Quelque 3 000 ouvriers et artisans furent mis à l’ouvrage sous la protection de 20 000 fantassins sous les ordres du Maréchal Van Rossem et de 3 000 cavaliers conduits par le Prince d’Orange, Guillaume de Nassau.

    C’est à la signature du traité de Paix de Nimègue, en 1678, que Givet-Charlemont fut rattaché à la France.

    En 1680, Louis XIV, voulant visiter ses nouvelles conquêtes, vint à Givet accompagné de Vauban, maréchal de France, commissaire général des fortifications, qui fut chargé d’agrandir et de moderniser ladite forteresse.

    Aujourd’hui, elle est considérée comme l’un des derniers vestiges architectural de l’art militaire du XVIIe siècle au nord de la France.

    Une anecdote : le 1er septembre 1914, la garnison de Charlemont se rendit après cinquante heures de bombardement ennemi de gros calibre. La forteresse avait encaissé plus de 4 000 obus. Mais, à l’exception d’une casemate qui s’effondra en ensevelissant une vingtaine d’hommes, seules les murailles extérieures avaient souffert de ce pilonnage.

    Il paraît que les Givetois qui avaient été témoins de la reddition sans combat ont hué les soldats !

    Le fort de Charlemont.

     

    Étienne Nicolas Méhul et « Le Chant du Départ »

     

    C’est en 1763 que Méhul est né à Givet et c’est à l’ancienne église des Récollets qu’il reçut d’un vieil organiste ses premières notions musicales.

     

    Il se fera connaître auprès du public en mettant en musique une ode de Jean-Baptiste Rousseau à l’âge de 19 ans. Il composera ensuite de nombreuses sonates et des opéras ainsi que des chants patriotiques. Le plus célèbre sera « Le Chant du Départ », le chant patriotique le plus connu après « La Marseillaise », paraît-il.

    Étienne Nicolas Méhul repose au cimetière du Père Lachaise à Paris, 13e division non loin de Pleyel, Grétry et Chopin.

    Tour Grégoire et Tour Victoire

     La Tour Grégoire est située sur la rive droite de la Meuse au Mont d’Haurs.

    Une colline qui, naguère, était couverte de nombreux noisetiers. Avec leurs branchages, les paysans fabriquaient des liens pour leurs fagots. Dans leur patois, ils s’appelaient des « haûrs ».

    La tour date du XIe siècle et avait pour rôle de permettre le contrôle sur une longue distance des éventuelles approches de Givet et de surveiller le trafic fluvial.

    Quant à la Tour Victoire, elle date des XIVe (partie inférieure en pierre bleue) et XVe (partie supérieure en brique) siècles.

    À l’origine, elle était une tour d’angle d’une résidence seigneuriale. Puis, elle servit de tour de péage pour les embarcations descendant le fleuve et de prison pour la cité.

    Pourquoi « Victoire » ? Parce que, en 1692, Louis XIV entra à Givet en triomphateur suite à la prise de Namur !

    La Tour Victoire.

     

    De l’Hôtel de Ville au Couvent aux rues en arc de cercle

     

    L’Hôtel de Ville date du tout début du XXe siècle et l’on y aperçoit (sur la façade) les armoiries de la Ville de Givet : trois tours (Grégoire, Victoire et Maugis, cette dernière ne fait plus partie du paysage givetois).

    Quant au couvent, c’est celui des Récollectines datant du XVIIe siècle. Il est connu pour sa statue « La Prière » placée dans une niche sur l’aile gauche.

    L’Hôtel de Ville.

     

     

     

    Avant de quitter la cité, on remarquera la rue du Puits construite en arc de cercle. Pourquoi cette particularité ?

    Voici les explications données à l’Office de Tourisme :

    « Suite à l’incendie de la ville de Givet en 1675, le centre ville sera reconstruit d’après les plans de Vauban.

    La rue du Puits (où la pierre bleue de Givet et la brique se marient harmonieusement et où l’on admire des façades restaurées de maisons datant des XVIIe et XVIIIe siècles) est un exemple des nombreuses rues en arc de cercle que l’on trouve au cœur de Givet.

    Le rôle de ces rues en arc de cercle ?

    En temps de guerre, le canon ne peut pas les balayer en enfilade. Le tir d’embuscade est plus efficace !

    À noter, au bas de la rue, ce que l’on appelait les ruelles coupe-feu. Elles permettaient aux soldats de se dissimuler, mais aussi de relier rapidement une autre rue par laquelle ils allaient pouvoir se rabattre sur l’ennemi. »

     

    Voyage chez les Nutons et l’énigmatique squelette

     

    Non loin de Givet, à Fromelennes, un voyage sous terre de trente-cinq mètres est proposé aux Grottes de Nichet.

    Cet endroit est réputé pour abriter les Nutons, ces petits êtres aux pouvoirs surnaturels dont il a déjà été question au début du présent ouvrage.

    À Givet, villageois et Nutons entretenaient de bonnes relations, dit-on. Ces derniers rendaient même de précieux services aux Givetois.

    La visite des grottes se réalise sur plusieurs niveaux : salle des Nutons, salle des Lions (concrétions calcaires), l’impressionnante salle du Gouffre, puis la salle au Clair de Lune (reflets de la lumière sur les parois), la salle de la Roche (bloc percé de deux failles de près de dix mètres), salle du Squelette, avant de remonter en surface par un escalier de 114 marches !

    Squelette ? En 1894, deux ouvriers y auraient découvert un squelette. Ce serait celui d’un criminel fuyant une condamnation à mort. Son frère l’aurait nourri, ensuite l’aurait tué par peur de représailles.

    Quand Louis XIV, en visite au fort de Givet, fut mis au courant de cette histoire, il fit murer la grotte, paraît-il.

    Une autre explication : le squelette serait celui d’un homme qui, au XVIIIe siècle, se serait caché dans la grotte afin d’échapper à la justice.

     

    6 min
  • Le Beau Vélo de RAVeL : Balades estivales dans les Ardennes, le Luxembourg, en Provence…

    Voici une initiative estivale bien connue des Belges, bien sûr, mais aussi des Français du Nord et de tous ceux qui résident dans la Capitale de l’Europe, tant elle est omniprésente dans la presse écrite et radiotélévisée nationale et que ses nombreuses étapes attirent non seulement beaucoup de participants, mais, également, des spectateurs le long des trajets et, surtout, à l’issue de ceux-ci, aux concerts gratuits où ils peuvent entendre des stars du style de Yannick Noah, Axelle Red, Chantal Goya, Gérard Lenorman, Annie Cordy, les Rubettes, Gilbert Montagné… et, cette année, la Provence accueillera aussi cette initiative cyclotouriste d’envergure.

    Ainsi, depuis dix-huit ans, les étapes du « Beau Vélo de RAVeL », aussi belles que le « Boléro de Ravel » à la mélodie inoubliable, attirent des dizaines de milliers d’amoureux de la petite reine qui, par monts et par vaux, de villages pittoresques en cités prestigieuses, de chemins campagnards en routes provinciales, de châteaux en lieux sacrés, s’adonnent en peloton à plusieurs randonnées. Une bonne occasion, aussi, de (re)découvrir des coins insolites, mystérieux, d’aller à l’écoute de légendes et d’anecdotes de terroir, de parcourir des itinéraires chargés d’Histoire ou mythiques.

    Démarche écologique et patrimoine se conjuguent donc à ces occasions et il n’est pas vain de rappeler les bienfaits de la pratique du vélo : c’est gratuit, cela ne pollue pas, ni bruit, ni fumée, pas de gaz à effet de serre, c’est excellent pour la condition physique à condition, bien entendu, de ne pas jouer au forçat de la route et d’avoir reçu le feu vert de la médecine. De plus, il n’y a pas de stationnement difficile, cela favorise la convivialité et privilégie les contacts familiaux, par exemple.

    Le « vélo vert », comme certains appellent ce type de randonnée ou cyclotourisme, effectué dans l’esprit du « Beau Vélo de RAVEeL », est d’ailleurs en plein essor. Selon le Ministère français de l’Écologie, quelque trois millions de vélos seraient vendus annuellement dans l’Hexagone, soit six vélos toutes les minutes, selon le site consoGlobe.

    Il y en a donc pour tous les goûts et tous les âges : vélo-tourisme, vélo-routes, vélo-city… et je ne peux m’empêcher de citer, encore une fois, Charles-Albert Cingria, écrivain et musicien qui sillonna toute la Suisse à vélo, et même au-delà, comme pour chercher ou enrichir et peaufiner ses œuvres : « La bicyclette fait de vous un heureux ; quelqu’un de libre et c’est insondable et exquis ce sentiment. »

    C’est, donc, à l’instigation de nos confrères de la Radio Télévision Belge Francophone, avec le soutien de différents médias, dont Ciné-Télé Revue, et, avec la présente chronique sur les antennes de « Fréquence Terre », que le vélo est ainsi mis en évidence et fêté durant treize semaines (chaque samedi, du 25 juin au 18 septembre 2016) à la frontière belgo-allemande, dans les Ardennes, le Brabant wallon, le Namurois, à Liège, à Bruxelles, dans le Luxembourg… et, cette année, du 22 au 27 septembre, en collaboration avec Vélo Loisir Provence, pour sillonner les plus beaux coins du Lubéron, d’Apt à Forcalquier en passant par Manosque, Cavaillon, Roussillon…, soit, quelque 300 km de chemins parfois insoupçonnés avec vue sur des villages perchés, des champs de lavande et de fleurs, des fontaines, des châteaux…

    Le tout, dans les deux pays, avec des circuits pour tous niveaux, c’est-à-dire avec un véritable esprit d’amateur goûtant à la Nature.

    Les étapes en Belgique :

    25 juin : La Calamine

    02 juillet : Tournai

    09 juillet : Oupeye

    16 juillet : Vielsalm

    23 juillet : Nivelles

    30 juillet : Moresnet

    06 août : Boussu-Colfontaine

    13 août : Namur

    20 août : Arlon

    27 août : Mettet

    03 septembre : Perwez

    10 septembre : Liège

    18 septembre : Bruxelles

    Les étapes en France :

    22 septembre : Mérindol-Vaugines

    23 septembre : Vaugines-Manosque

    24 septembre : Manosque-St-Michel-l’Observatoire

    25 septembre : St-Michel-l’Observatoire-Apt

    26 septembre : circuit à Apt

    27 septembre : Apt-Cavaillon

    Photos : RTBF

    Infos : http://www.rtbf.be/vivacite/emissions/detail_le-beau-velo-de-ravel?programId=23

    5 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (23/61) : GESPUNSART : La poussée de nuées et les arbres qui gémissent

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Des historiens prétendent que le nom « Gespunsart » provient de Sart Gébuin » (ou « Gebuinisartum »), du temps de l’empereur Charlemagne au IXe siècle. L’érection de l’église Saint-Remi fut achevée à la Révolution.

    Compagnonnage

    La commune, à présent forte de plus de 1 100 habitants, était réputée pour ses clouteries aux XVIIIe et XIXe siècles, comptant même des centaines de maîtres cloutiers et des compagnons. Un compagnon est un homme de métier qui effectue son apprentissage chez un maître (parfois plusieurs, comme en témoignent les Compagnons du Tour de France qui effectuent le « Voyage »), avant de le devenir à son tour.

    Le Compagnonnage remonte au Moyen Âge (certains le font même débuter à l’érection du Temple de Salomon) et est basé sur un rituel d’initiation, la présentation d’un chef-d’œuvre, un apprentissage du métier (et de la vie !) hors pair, c’est-à-dire concret et synonyme de qualité et de rigueur techniques, une organisation où les concepts de solidarité et de fraternité ne sont pas de vains mots !

    Compagnon en « Voyage » : sculpture exposée à Vresse-sur-Semois.

    Le Musée de l’Outil et de la Pensée Ouvrière à Troyes (Aube), le Musée du Compagnonnage à Tours (Indre-et-Loire), celui de Romanèche-Thorins (Bourgogne)… évoquent merveilleusement une devise chère aux Compagnons : « L’homme pense parce qu’il a une main » (Anaxagore – 500 – 428 av. J.-C.).

    Il se dit qu’Arthur Rimbaud aurait été gardé en nourrice à Gespunsart, commune située à la frontière franco-belge, d’où un ancien poste de douane fonctionnel avant la convention dite de l’Espace Schengen (puis du Traité d’Amsterdam) établissant une limite politique et juridique sans faire obstacle à la libre circulation des personnes et des biens.

    La vache Malbrough

     À Gespunsart, il y a un monument assez insolite composé du cracheur Malbrough qui alimente en eau (non potable) un lavoir situé à ses pieds.

    Pourquoi Malbrough ? Peut-on faire un lien avec Lord Malbrough ?

    Il semblerait que John Churchill, premier duc de Marlborough, célèbre par la chanson « Malbrough s’en va-t-en guerre », ne soit absolument pas lié à cette borne fontaine du XVIIIe siècle.

    En revanche, une habitante, dont les propos sont repris par « Tourismeardennes.canalblog », expliqua :

    « Malbrough serait issu de la situation suivante : après avoir bu de l’eau de ladite fontaine, une vache souffrant de problèmes intestinaux, pour avoir « mal brouté », a été guérie ! »

    Malbrough, nom donné à une vache, alors ?

    Malbrough, une vache ?

     Sorcières, peupliers et démons

     Naguère, une double légende et des précisions circulaient à Gespunsart :

    – Une sorcière mal peignée, ointe d’un produit graisseux confectionné avec le foie d’un enfant mort et non baptisé, s’envola sur son balai vers le « Paquis des poules », lieu traditionnel de sabbats, disait-on. Là, elle et ses semblables avaient pour malin, c’est le cas de le dire !, plaisir d’amasser les nuages d’orage et de faire tomber la grêle sur les moissons au grand dam des paysans.

    D’ailleurs, dans différentes contrées des Ardennes ont dit d’une femme mal peignée qu’elle est coiffée comme « une poussée de nuées ».

    Ensuite, à un carrefour forestier où convergeaient six chemins, on les retrouvait en compagnie du diable qui y tenait séance. Dans cet endroit, les esprits malsains prenaient la forme de poules noires.

    Une nuit, trois jeunes filles curieuses se rendirent à ce lieu et, coup classique, se livrèrent au Malin en échange de richesses et de pouvoirs occultes.

    Mais, comme elles pensaient épouser des jeunes garçons de leur pays, le diable en fut fâché et transforma les trois jeunes filles en femmes âgées et laides.

    Quant aux trois garçons, ils furent écrasés par un arbre immense.

    En représailles, les sorcières furent condamnées à mort par le feu.

    Le lendemain, on vit trois peupliers sortir des cendres et on appela aussitôt le lieu « Le Bouquet des Sorcières ».

    Quand il ventait et qu’il faisait froid, les arbres gémissaient. Il s’agissait des âmes des sorcières qui imploraient le pardon.

    Elles furent délivrées de leurs tourments et le « Bouquet des Sorcières » a peu à peu disparu alors qu’il était même devenu un endroit de pèlerinage pour les filles en quête d’un mari.

       – Selon le « Guide de la France Mystérieuse », les petits démons portent des noms et ont des fonctions bien précises :

    . Les Hallequins et les Lumerettes guettent les promeneurs dans les forêts et les bois et près des étangs.

    . Les Couzietti font la grimace dans le feuillage des arbres.

    . Les Houziers (ou Hozeliers) forment les esprits du brouillard.

    . La Pie-Pie Van-Van jette dans les eaux de la Meuse toute personne qui l’écoute.

    . Le Galichet est un voleur de grains.

     

     

    6 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (22/61) : FUMAY : La Vierge triste et vexée

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Au micro de Philippe Delmelle, animateur à VivaCité (RTBF-Radio), j’ai évoqué Fumay. Voici cette chronique :

    – Et, revoici Pierre Guelff, auteur aux Éditions Jourdan, qui, chaque mardi de l’été, nous raconte une histoire étrange, une légende fantastique… Après le grisou au Pays de Charleroi, les nuits au clair de lune de Châtelet et de Godarville, il sera question d’une statue qui marche toute seule… Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

    – Puisque les nombreux auditeurs de VivaCité se comptent même au-delà de nos frontières, j’ai été faire un tour au Pays de Fumay, pas très éloigné des terres de Toine Culot, le célèbre personnage ardennais d’Arthur Masson et, ô surprise, on m’a raconté l’histoire fantastique d’une statue qui marche toute seule. Et, à y regarder de près, elle ne faisait pas que marcher.

    – Racontez-nous ça !

    – Tout d’abord, je vais situer le cadre de cette légende, car il s’agit bien d’une légende qui, cependant, a encore pas mal de retombées. Fumay est une ville frontalière de la Belgique de quelque 4 000 habitants, située dans les Ardennes. Naguère, elle fut prospère pour ses ardoises et célèbre par saint Materne, un moine évangélisateur qui, au VIe siècle, y aurait tué un terrifiant serpent qui terrorisait toute la région.

    Le splendide cadre naturel de Fumay.

     

     

    – Et cette statue ?

    – Un peu à l’écart du centre de Fumay, il faut se rendre à la chapelle de Notre Dame de Divers Monts, un endroit très symbolique où, justement, saint Materne aurait œuvré. Et, là, on vous racontera l’histoire de cette statue.

    – Allez, Pierre, ne faites pas durer le suspense…

    – Encore quelques précisions, voulez-vous ? Ce lieu serait le berceau, si j’ose dire, de Fumay, même le siège de la corporation des Ardoisiers y était établi, des moines y avaient aussi érigé un couvent qui fut détruit après la Révolution française afin d’en revendre les pierres. Néanmoins, une chapelle y fut reconstruite en 1802, restaurée après la Première Guerre mondiale, et la statue de la Vierge qui y trônait était l’objet d’un intense culte. À partir d’un certain moment, elle fut promenée chaque année du site à l’église paroissiale, où elle demeurait du Lundi de la Pentecôte à l’Assomption, c’est-à-dire le 15 août, puis était retournée à la chapelle. Et cette tradition perdure depuis des décennies !

    – Ce transfert et ce séjour sont-ils liés à la légende que vous allez nous raconter ?

    – Effectivement ! Je vous la livre sans en modifier un mot : «  Un jour, qu’on l’avait oubliée dans l’église de Fumay, la Vierge fut prise d’une grande tristesse. La nuit venue, envahie par la nostalgie du couvent, elle descendit de son piédestal bien décidée à regagner seule la chapelle. Elle fit le chemin à pied, sous la pluie, mouillée et souillée par la boue. Elle décida alors de se laver dans le petit ruisseau qui coule au pied des rochers de Divers-Monts afin de rentrer resplendissante dans son sanctuaire. Depuis cette époque, l’eau du ruisseau est réputée miraculeuse et aurait la propriété de guérir maintes maladies, celles des yeux, par exemple. »

     L’histoire de Fumay est aussi marquée par d’autres personnages d’envergure, tel Pépin le Bref qui céda ses terres (et celles de Revin et Fépin) à l’Abbaye de Prüm (Ardennes allemandes).

    La Voie verte Trans-Ardennes : « Naturellement ensemble ! »

    Outre des sites naturels et des points de vue (Roche de l’Uf, Risque-Tout, Relais…), d’agréables chemins de halage, un port fluvial, la place du Baty, des tilleuls tricentenaires, le château des comtes de Bryas, il y a, encore, les chapelles Sainte-Barbe et Saint-Roch.

    Au sujet de cette dernière (construite en 1662 en remerciement de la protection apportée à la cité face au fléau de la peste), une légende était bien ancrée dans les traditions : un clou de la porte d’entrée était embrassé par les femmes afin qu’elles puissent trouver mari dans l’année, sans quoi elles devraient attendre sept années, c’est-à-dire la durée du

    service militaire à l’époque, paraît-il !

    Et puis, nec plus ultra pour les adeptes des sensations fortes, le « Parc Terre Altitude » appartenant à la communauté de communes « Ardennes – Rives de Meuse » propose un vol (couché !) au-dessus du fleuve à 130 km/h avec la tyrolienne le « Fantasticâble » !

    Autres attractions : saut à l’élastique, parcours « acrobatiques et sensations »…

     

     

    5 min

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