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Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Que d’endroits célèbres à Monthermé ! Il y a, d’abord, cette boucle quasiment parfaite effectuée par la Meuse, puis le Sentier des Crêtes, « La Roche à 7 heures », « La Longue Roche » qui domine la ville de quelque deux cents mètres, « La Roche aux 7 Villages », « La Roche de Roma » et « Roc-la-Tour ».
Le « Château du Diable »
Des pierres fracturées dominent de plus de quatre cents mètres la Vallée de la Semoy (elle se jette dans la Meuse à Monthermé), et ce « Roc-la- Tour » devient le « Château du Diable » pour tous ceux, nombreux, qui apprécient les légendes.
Celle qui plane ici est assez classique (à Avioth, par exemple) : le Diable avait promis la construction d’un château en une nuit en échange de l’âme d’un seigneur qui voulait conquérir le cœur de sa jeune et jolie femme qui lui réclamait un magnifique château.
Mais, un coq insomniaque chanta avant le lever du soleil et le projet satanique s’effondra : comme il manquait une pierre à l’édifice, qu’il perdait l’âme convoitée, le Diable, furieux, détruisit ce qui avait été érigé. Ce sont ces débris qui forment le « Roc-la-Tour » et, non loin de lui, mais de manière scientifique, les archéologues ont découvert des milliers de plaquettes de schiste, dont des centaines gravées. Elles y furent apportées, dateraient de l’époque magdalénienne (de -15 000 à -10 000) et sur certaines d’entre elles, on distingua les représentations d’un ours, d’un loup, d’un lynx, d’un bouquetin, de cervidés, de chevaux, de bisons… et une silhouette humaine !
À un autre gisement, d’autres traces de chasseurs préhistoriques ont été découvertes.
On accède assez facilement au point culminant (408 mètres) du « Roc-la-Tour » via la route forestière de la Lyre, puis par un chemin jusqu’au « Château du Diable » qui domine la majestueuse forêt ardennaise.
Laval-Dieu, la Vallée de Dieu
« Vallis Dei », la Vallée de Dieu, devenue Val Dieu, puis Laval-Dieu, dont l’abbaye, destinée aux chanoines réguliers de l’Ordre de Prémontré (près de Laon), fondée au XIIe siècle, est un autre lieu important du patrimoine ardennais.
Haut lieu de musique, Étienne Méhul (voir Givet), auteur du « Chant du départ », chant patriotique le plus connu après « La Marseillaise » y fut élève.
Après un incendie volontaire perpétré par des soldats de Maastricht, des transformations à la Révolution, des destructions en 1940…, la chapelle de l’abbaye est restée intacte : dalles funéraires moyenâgeuses, boiseries du XVIIIe siècle, Croix de Malte au plafond datant de 1767…)
Parmi les quarante-cinq abbés, il y eut Hubert Gobert.
« Né à Monthermé en 1420, chanoine, prémontré, c’était un homme d’une intelligence vive, éloquent, théologien et juriste très érudit. Conseiller et confesseur du roi de France Louis XI ».
Par hasard…
C’est par hasard, qu’en 1927, des fresques datant du XVIe siècle furent redécouvertes sous des couches de revêtements à base de lait de chaux, dans l’église Saint-Léger située parmi les maisons les plus anciennes, proche de la route menant à Laifour.
« Reconstruite au XVe siècle, fortifiée au XVIe, elle intègre des éléments du XIIe (mur nord de la nef, croisée du transept, croisillon nord), elle renferme, donc, de magnifiques fresques du XVIe et une cuve baptismale monolithe du XIIe ».
Soulignons, encore, le pèlerinage à Saint-Antoine de Padoue à la petite église des Hauts Buttés (altitude 500 m) qui, selon la « Revue historique ardennaise » aurait battu le record de France des ex-voto (en conséquence d’un vœu) avec quelque soixante-cinq au m² et, pour les amateurs de littérature, le Salon du livre consacré à la féérie (légendes, sagas…) dans le cadre du « Printemps des légendes », la Fête du café en juillet, une girouette en lieu et place d’une grande cheminée d’une ancienne brasserie…
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
MESSINCOURT
Une trentaine de kilomètres sépare Sedan de Messincourt, un village érigé à l’emplacement du « Château du Diable », disait-on.
Ce château était une immense forteresse située dans la forêt et, à minuit, une lumière verte l’éclairait de manière étrange.
Petit à petit, le bâtiment fut déserté. Néanmoins, un jour, les habitants des environs s’y réfugièrent pour échapper à des soldats pilleurs, violeurs et meurtriers. Dans plusieurs salles et dans les souterrains, ils découvrirent des squelettes de personnes pendues et martyrisées.
Le château fut abattu et les souterrains définitivement murés…
MOHON
Ancienne commune, aujourd’hui intégrée à Charleville-Mézières, Mohon a une particularité : l’église Saint-Lié (XVIe siècle) qui comporte deux cadrans, un solaire et un lunaire, datant aussi du XVIe siècle.
Le cadran solaire est un instrument qui indique l’heure (solaire, bien sûr, donc l’heure du jour) grâce au déplacement de l’ombre d’une aiguille (gnomon). Quant au cadran lunaire, il est du même principe, mais l’ombre projetée est celle de la lune, surtout lors de la pleine lune, donc il s’agit des heures de la nuit.
Mais, qui était saint Lié ? C’était un moine du VIe siècle devenu ermite, guérisseur et protecteur des malades. Ses reliques étaient vénérées à Saint-Lyé-la-Forêt où il termina sa vie. La chapelle fut détruite en 1744 et la dévotion populaire se tourna vers saint Roch depuis la période des fléaux, telle la peste. C’est lui qui avait initié au christianisme saint Léonard de Noblac, un proche de Clovis.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Saint Walfroy le Styliste (565-600) fut considéré comme l’Apôtre des Ardennes. Entre Carignan et Montmédy, et quasiment à égale distance de l’Abbaye d’Orval et de la remarquable Basilique des Champs d’Avioth, les environs du petit village de Margut accueillent le Mont Saint-Walfroy. À savoir, le lieu d’un ermitage qui défraya la chronique au VIe siècle.
Sur une « montagne » haute d’un peu plus de 350 m, le visiteur découvre cet endroit sacré où domine une colonne surmontée de la statue du missionnaire Walfroy, « petit loup » en germain.
Comme on l’a lu ci-avant, l’Église avait décidé d’évangéliser les Ardennes et d’y rayer les lieux de cultes païens et autres coutumes populaires.
Ainsi, sur la colline de Margut trônait encore une statue de Dea Arduinna (en somme une « déesse Diane » fort prisée au temps des Gaulois).
Une source y coulait aussi et possédait des propriétés médicinales pour combattre les rhumatismes et des maux de la peau et attirait de nombreuses personnes. Il est vrai que, selon la légende, Walfroy aurait été couvert de pustules et en aurait été débarrassé grâce à l’intervention divine.
En cet emplacement, une statue montre saint Walfroy, barbe fournie, portant de la main droite un livre sacré, la main gauche reposant sur le cœur et le pied gauche sur la tête décapitée de Dea Arduinna-Diane.
L’ermite statufié porte aussi la bure et, à sa droite, on distingue un bout d’une colonne.
Pourquoi cette représentation ?
Le petit peuple et la déesse païenne
Une quinzaine d’années avant son décès, Walfroy aurait expliqué à l’évêque Grégoire de Tours, de passage dans la région et à l’ermitage, son combat contre les cultes païens :
« J’ai trouvé sur la montagne une statue d’une déesse païenne adorée par les habitants de la contrée. Alors, j’ai élevé une colonne et je m’y suis tenu, pieds nus, dans d’atroces souffrances. Le petit peuple vint me voir et je lui ai prêché que cette déesse et ses semblables ne valaient pas Dieu ! Ce dernier fit en sorte que les gens m’écoutèrent et ils se convertirent au christianisme. Quelques-uns parmi eux m’aidèrent à tenter de renverser la statue païenne mais, malgré nos efforts, nous n’y sommes pas arrivés.
Je me suis rendu à l’église et, en larmes, j’ai supplié le Seigneur de détruite ce que les hommes n’arrivaient pas à exécuter.
Dès mon retour auprès de la statue païenne, nous prîmes une corde et, du premier coup, le monument bascula et se brisa.
Le lendemain, je me suis à nouveau installé sur ma colonne, mais l’évêque me pria d’y descendre afin de ne pas me substituer à la statue renversée.
Il fit aussi détruire « ma » colonne… »
Très longtemps, ce site est resté un haut lieu de pèlerinage et son ermitage a accentué son rôle d’accueil au fil des dernières décennies.
Les reliques de saint Walfroy reposent à Carignan.
Non loin de là, on peut voir deux casemates de la Ligne Maginot (système fortifié construit de 1927 à 1936 sur la frontière française du Nord à l’Est) et la Ferme Champel, don de Charlemagne à l’abbaye Saint-Remi de Reims.
Le faux ermite
Cette histoire fabuleuse de Walfroy donna peut-être des idées à certaines personnes peu soucieuses de l’honnêteté !
Ainsi, une légende explique la saga du faux ermite, Mandelier, charmeur de loups, qui s’était retiré dans la forêt. Mais, les aumônes étaient rares dans son escarcelle ! Alors, dépité et rancunier, le faux ermite alla profaner la tombe de saint Walfroy en espérant même y découvrir un trésor. Il fut à tout jamais maudit !
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Comme de trop nombreux villages ardennais, Machault a souffert des affres (bombardements, incendies…) de la Première Guerre mondiale.
C’est dans ce village situé à une quarantaine de kilomètres de Reims, que Guillaume de Machaut vit le jour en 1300.
Il est considéré comme l’un des plus célèbres écrivains et compositeurs du Moyen Âge.
Son œuvre qui « défend une idée humaniste » et une « philosophie morale » est principalement faite de ballades, rondeaux, allégories, complaintes, motets, et de la fameuse « Messe de Notre Dame », base de la musique polyphonique.
C’est à l’intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Reims, que Guillaume de Machaut fut inhumé en 1377.
En voici l’épitaphe :
« Guillaume et Jean de Machaut, tous deux frères et chanoines de l’église de Notre-Dame de Reims, ce sont eux qui ont fondé la messe de la Vierge qu’on chante les samedis dans la susdite église. »
Cathédrale de Reims.
Pour les Français qui y habitent et les touristes qui visitent la capitale de l’Europe, et, bien entendu, pour les autochtones, à quelques kilomètres de Bruxelles, plus précisément à Meise, se trouve un véritable éden de 18 000 plantes doublé de promenades thématiques dans un environnement exceptionnel considéré parmi les dix plus importants du monde. Il a une triple mission : la recherche scientifique, la conservation des espèces végétales et le partage des connaissances par la sensibilisation des visiteurs à l’importance des plantes.
J’ai choisi de visiter ce lieu un jour de semaine, en dehors des affluences du week-end, et j’ai pu goûter à ce jardin splendide qui s’offre sur 92 hectares.
J’y ai vu et parfois admiré des plantes sauvages, des exotiques de plein air, des plantes carnivores, des massifs d’arbres et d’arbustes, des chênes des quatre coins de la planète, des bambous, magnolias, une forêt d’Extrême-Orient, une Forêt tropicale, des nénuphars géants dont le diamètre peut atteindre deux mètres et supporter quarante kilos, des plantes du désert, de la mousson et des savanes et, le clou de ce spectacle féérique, la vision d’un arum géant qui venait de présenter sa floraison très éphémère, c’est-à-dire à peine 72 heures, en dégageant une odeur particulièrement désagréable, ce qui lui permit d’attirer des insectes pollinisateurs. Ce phénomène extraordinaire ne se reproduit que tous les sept à dix ans.
La visite comporte, aussi, l’herbier, une ferme traditionnelle, un château entouré de douves dont certaines parties datent du XIIe siècle, une métairie, le palais des plantes, une serre historique, une orangerie, une prairie à orchidées, des plantes médicinales, une forêt d’Amérique du Nord, des plantes méditerranéennes, un séquoia géant, cyprès chauves, tulipier, érable à sucre, des plantes préhistoriques, un pavillon des abeilles, des camélias et pivoines, des roses sauvages, des lotus sacrés qui, lorsqu’il pleut, les gouttes rebondissent sur les feuilles et emportent les éventuelles saletés et, par ci par là, une œuvre d’art.
Clin d’œil, j’y ai vu une « Langue de belle-mère » (Sansevieria en latin), plante qui devint extrêmement populaire et dont vous pouvez voir une photo qui accompagne le texte de cette chronique sur notre site.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
À une trentaine de kilomètres d’Hirson (Aisne), Liart est un village où l’on voit une imposante église fortifiée du XVIe siècle, où l’on visite une ferme pédagogique et où se racontaient deux histoires aussi saugrenues que violentes, selon le « Guide de la France Mystérieuse ».
La première expliquait que sur la Butte de Marlemont, l’endroit le plus élevé de l’Ouest ardennais avec 292 mètres d’altitude où trôna dès le XIXe siècle une statue en métal de la Vierge, « là où l’Aube prend sa source » (il s’agirait plutôt de la rivière Hurtaut, l’Aube prenant naissance sur le Plateau de Langres…) au Gandlup, les loups se réunissaient lors de banquets. Alors, aux enfants méchants, on lançait cette menace qui dut en tourmenter plus d’un : « Si tu continues à être désobéissant nous te mènerons au Gandlup et les loups te dévoreront ! ».
La seconde prétendait qu’au lieu-dit « La Pensée », une potence était dressée non loin d’un château qui fut détruit à la fin du XVIe siècle par les Calvinistes. Durant deux siècles, une fileuse hanta les ruines.
Dans la mythologie, la fileuse tient une place de choix : « Le fil d’Ariane » en est l’exemple le plus connu.
À dire vrai, certaines fileuses tisseraient même le destin des hommes, dont la vie ne tiendrait parfois qu’à un fil. D’autres, en revanche, les feraient tomber dans leurs filets ou tireraient les ficelles de leurs affaires…
Les légendes sont nombreuses concernant les fileuses et les filandières. Généralement, elles devaient terminer leurs principaux travaux de filage avant le solstice d’hiver sous peine d’être châtiées (elles verraient des serpents toute l’année, auraient « mal entre les doigts »…). La raison ? Les jours rallongeant, leur place aux champs serait davantage requise qu’au coin de l’âtre.
De vieilles fées étaient souvent des filandières, jetaient des sorts et prédisaient l’avenir, paraît-il (dans le commentaire audio, je dis « présidaient » l’avenir : pourquoi pas , n’est-ce pas ?). Dans les Ardennes, on aurait vu une filandière qui filait au bord de chemins et puis poursuivait les passants qu’elle avait attirés par curiosité.
Dernièrement, j’ai interviewé Matthieu Ricard, moine bouddhiste, traducteur du dalaï-lama mais, surtout, pour moi, un scientifique spécialisé dans les neurosciences. À un moment donné, il évoqua l’« anarchisme » existant dans divers pans de la société, assimilant ce terme aux notions de désordre, trouble, subversion, violence extrême… Sans nier cette réalité historique, je lui ai fait part – à son étonnement ! – de l’existence d’un « anarchisme pacifiste » (ou non-violent) ou « pacifisme libertaire », dont le principal symbole est le fusil brisé (Photo : IRG – Internationale des Résistants à la Guerre). De quoi s’agit-il ?
« C’est une philosophie et un courant politique qui prône l’établissement d’une société anarchiste sans recourir à des moyens violents. Elle fonctionne par l’écoute et le respect de toutes les personnes présentes dans la société, le choix de la non-utilisation de la violence, le respect de l’éthique, et une place importante est faite à l’empathie, à la compassion… (…) Partant du constat que la violence est le fondement du pouvoir, l’utilisation de la violence par un anarchiste revient précisément à légitimer le principe qu’il combat. Si l’anarchiste est contre le pouvoir, comment peut-il lui-même l’utiliser pour arriver à ses fins ? Le raisonnement anarchiste non-violent s’appuie sur l’affirmation que la fin ne justifie pas les moyens. (…) Les méthodes non violentes paraissent être le moyen d’action le plus conforme aux théories anarchistes ; elles constituent une force qui permet d’éviter les conséquences autoritaires de la violence. »[1]
Georges Brassens se déclara anarchiste non-violent : « Pour moi, l’anarchie est une philosophie et une morale dont je me rapproche le plus possible dans la vie de tous les jours, j’essaie de tendre vers l’idéal. L’individualisme, ce n’est pas seulement de la révolte, c’est plutôt un amour des hommes. La révolte n’est pas suffisante, ça peut mener à n’importe quoi, au fascisme même. »
Encore peu connu, ce mouvement commencerait à faire son chemin comme étant une sérieuse riposte à diverses menaces totalitaires (ou à certaines de leurs funestes réalisations) qui mettent en péril notre société.
Utopie ou dessein concevable ?
[1] Quelques sources et références : « Anarchisme et Non-Violence », revue, André Bernard, France, Brassens : « Apostrophes », Antenne 2 (chaîne de télévision devenue France 2), archives INA, Éditions Aden, 2010, Belgique, Éditions Gallimard, 2011, France…
Musique : Georges Brassens, Le Gorille, Music Sessions,2007.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
« Terre de légende et de labeur, blottie au cœur du massif forestier ardennais, bordée par les méandres de la Semoy… »
La commune compte cinq villages : Linchamps, Sorendal, La Neuville-aux-Haies, Failloue et les Hautes-Rivières.
Ici, Atilla et ses hordes sanguinaires auraient semé la mort, les Francs s’y seraient installés, puis, au XVIe siècle, Jean de Louvain y érigea une forteresse tout en massacrant et pillant les populations avec l’aide de ses « mercenaires », alors que des ouvriers façonnaient des clous dans l’une ou l’autre forge imposante, activité qui s’étendit à la région. Ces ouvriers s’appelaient des « clouteux ».
Des fées criaient « Tahen ! Tahen ! » et une voix céleste lançait : « Ceux de Harcy sont-ils présents ? »
« Oui, oui ! »
Alors, la musique d’un sabbat se faisait entendre…
Mais, gare à celui qui approchait : des sorciers mangeaient, rôtis à la broche, ceux qui osaient s’aventurer par curiosité – principalement la nuit – à la « Rivette ».
C’est sur le territoire de Hautes-Rivières, plus précisément à Sorendal, que la Semois fait son entrée en France sous le nom de Semoy, alors que non loin de là, le hameau de La Neuville-aux-Haies (là où naquit le premier Centre d’Initiation à la Nature en France, en 1963) est considéré comme le toit des Ardennes françaises : La Croix Scaille culmine à 502 mètres, La Croix Gillet à 492 mètres, Les Hauts Buttés à 489 mètres…
Soulignons encore, que la route de Linchamps, à la sortie des Hautes-Rivières, contourne un éperon rocheux qui porte le nom de Saut-Thibault.
La légende est également omniprésente en cet endroit :
« C’était du temps de la contrebande (denrées alimentaires, tabac Semois…) entre la Belgique et la France, quand, Thibault, pourchassé par des douaniers, préféra sauter dudit éperon plutôt que d’être arrêté pour son commerce clandestin. Il se tua au bas des vingt-cinq mètres de la paroi rocheuse et son geste fut considéré comme démesuré : « Être fou comme Thibaut ! » lançait-on dans la région.
Le Dalaï-Lama et plusieurs experts de haut niveau (neuroscientifiques, théologiens, psychologues, économistes…) ont décidé de dialoguer en public dans le cadre d’une série de conférences ayant pour thème « Pouvoir et Bienveillance ». Vous trouverez ci-dessous toutes les informations à ce sujet.
Pour « Fréquence Terre », c’était une belle occasion de rencontrer Matthieu Ricard, moine bouddhiste, traducteur du Dalaï-Lama, auteur de nombreux ouvrages qui furent souvent évoqués sur notre antenne, mais, aussi, scientifique. Je lui ai posé quelques questions (la totalité de l’interview se trouve ci-dessous en podcast), dont il ressort ceci : la nécessité, selon moi, de vulgariser sa philosophie et de l’ouvrir davantage aux artisans, ouvriers… et pas seulement aux intellectuels.
Visiblement, Matthieu Ricard a admis mon (humble) point de vue et, d’ailleurs, je relève ses paroles qui me semblent aller dans ce sens :
« Le message d’amour, parfois sous l’influence du pouvoir, s’est transformé en force d’oppression. L’heure est à la compassion et à la bienveillance. Une organisation de la voix du peuple se met en place ! »
De plus, notre environnement naturel est dans sa réflexion, ce qui rencontre, bien entendu, le « combat » (pacifiste !) de « Fréquence Terre ».
Ensuite, mon interlocuteur participa à une conférence de presse, toujours dans le cadre de « Power&Care » (« Pouvoir et Bienveillance ») et ce fut, également, une occasion d’en sélectionner quelques passages marquants, principalement une réflexion concernant la méditation.
Infos :
« Power & Care », un dialogue entre d’éminents experts (les professeurs Patricia Bellinger de Harvard, Paul Collier – économie – d’Oxford, le docteur Freund – psychologie – de l’université de Zurich, son collègue Heinrichs de Friebourg, Alaa Murabit, « La Voix des femmes du Liban », Matthieu Ricard, bien entendu, un spécialiste de la résilience en la personne du professeur Rockström de Suède, Tania Singer, directrice d’un département de neurosciences en Allemagne, des artistes…) avec le Dalaï-Lama, se déroulera du 9 au 11 septembre 2016 au BOZAR, Palais des Beaux-Arts, de Bruxelles.
Le 11 septembre, à 13 h, le Dalaï-Lama donnera aussi une conférence publique dans l’immense salle du Palais 12 (15 000 places) de Bruxelles sur le thème : « Engagement individuel et responsabilité collective ».
http://www.powerandcare.org/
http://www.mindandlife-europe.org/
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Le Chesne, autrefois « Le Chêne-Populeux » ou « Le Chesne-la-Réunion », tient son nom du terme « chêne », arbre qui se retrouve, bien entendu, dans les armoiries de la cette cité d’un millier d’habitants.
Une autre version préconise « catimus » ou endroit en forme de cuvette.
Le Chesne aurait été une halte sur la voie romaine Reims-Trêves et une légende prétend que l’on y aurait retrouvé la Sainte Ampoule, fiole d’huile sacrée ayant servi au baptême de Clovis, car certains de ses habitants nantis avaient le privilège d’assister au sacre des rois de France à la cathédrale de Reims ! D’où, dans ces mêmes armoiries, une colombe portant ladite ampoule.
En vérité, une partie de cette huile était mélangée a du Saint Chrême (huile d’olive et parfum ou Baume de Judée), l’une des trois sortes d’huiles saintes. La Sainte Ampoule était conservée à l’abbaye Saint-Remi de Reims – dont la magnifique basilique fut construite dès le XIe siècle – et brisée officiellement le 7 octobre 1793 à la Révolution française sur le socle de la statue de Louis XV destinée à la fonderie de canons.
Étape du Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, l’église (XIVe siècle) porte le nom de l’apôtre dont les reliques sont vénérées en Galice.
Le Chesne fut aussi le terrain de maintes batailles : lors de la Guerre de Cent Ans, en 1792, aux deux guerres mondiales. Sur quelque 380 maisons, une cinquantaine resteront habitables après l’offensive allemande de 1940.
La Débâcle
Dans son roman « La débâcle », Émile Zola fait passer une nuit à Napoléon III, fin août 1870, dans la cité traversée par le Canal des Ardennes depuis 1835, et elle est encore évoquée de la manière suivante : « Un officier de chasseurs qui se trouvait là, on ne savait comment, dit tout haut :
– Nom de Dieu ! C’était le 28 qu’il fallait foutre le camp, lorsque nous étions au Chesne ! »
Sur une ancienne carte postale on peut lire en légende à une photo : « Le Chesne (Ardennes) – La Place, côté sud. Maison où coucha Napoléon III, le 28 août 1870. Siège du Conseil de guerre allemand pendant la guerre de 1914-1918. »
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