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Hormis les écolosceptiques et lobbyistes de multinationales (style Monsanto-Bayer), ceux-là même qui bénéficient de pouvoirs financiers et politiques gigantesques, l’écologie, concept de fraternité universelle, consciente des enjeux planétaires pour protéger et sauvegarder ce qui peut encore l’être sur le plan climatique mais, aussi, dans le cadre du vivre-ensemble de manière harmonieuse, ce concept, donc, est-il dépassé ? Suranné ? A-t-il encore un sens, quand on constate qu’à côté de maigres avancées « écologiques », la machine capitaliste écrase tout sur son passage, sans la moindre vergogne ?
Ce n’est pas le nouveau président des USA qui me démentira, ni certains – de plus en plus nombreux, d’ailleurs – industriels, politiques, économistes… repliés dans leurs frontières et sourds à la moindre parcelle d’humanité qui me contrediront non plus.
Alors ? L’écologie – sous toutes ces formes –, qui marqua les esprits il y a deux ou trois décennies, est-elle vouée à être bâillonnée ?
Exemple parmi d’autres, il me revient à l’esprit avec une certaine nostalgie le combat mené aux côtés des habitants du Larzac pour sauver leurs terres contre la toute puissante armée française. Grâce à une incessante lutte, principalement pacifiste et pédagogique, le Larzac vit encore et le gouvernement plia face à la volonté populaire.
Aujourd’hui, on apprend qu’à l’Europe, le Comité devant décider de l’avenir de l’exploitation du gaz de schiste, est composé, en majorité, de personnes impliquées dans l’extraction et la commercialisation dudit gaz de schiste, que le gouvernement belge va distribuer des pilules d’iode sur tout le territoire « en cas d’urgence nucléaire », mais il ne bouge pas d’un pouce quand des experts lui annoncent, avec urgence et une crainte légitime, que des fissures sont décelées depuis des mois sur des centrales nucléaires, que le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes situé dans une zone naturelle de haut intérêt écologique, n’émeut guère une grande partie de la classe politique, surtout préoccupée par ses intérêts électoraux, et ainsi de suite.
Alors ? L’écologie, la vraie, est-elle oui ou non morte dans ses principes généreux ?
Heureusement, à défaut d’une structure politique mondiale de protection et de sauvegarde de la planète, il y a des milliers d’initiatives citoyennes nées d’une prise de conscience qui, généralement, ne touche même pas des « décideurs » davantage soucieux de politiques de compromis et de copinage.
Ces initiatives relèvent de l‘ « homme nouveau », comme le définissait dans les années ’70, René Dumont, ingénieur agronome, sociologue, écologiste et « lanceur d’alerte » de la première heure, « une utopie qui est quand même relativement rationnelle ». Des initiatives citoyennes qui s’articulent autour de jardins communautaires, d’opérations de nettoyage de la nature souillée, des campagnes de sensibilisation au recyclage, de potagers biologiques, de jardins d’herbes aromatiques, de retour à l’artisanat, de protection des patrimoines naturels et humains, de la botanique des rues, des cours d’eau, de l’air, de la petite flore, des noisetiers, des papillons, des libellules, des abeilles, du (re)développement des produits naturels, de l’énergie verte, de la réduction des consommations d’eau , d’électricité…, mais, aussi, de la désobéissance écocitoyenne, comme celle développée en Algérie pour protéger la biodiversité marine, etc.
Bien sûr, les pouvoirs et leurs acolytes des multinationales tentent par tous les moyens d’enrayer ce phénomène quasiment universel, par le déni, la manipulation, la désinformation, voire la force, s’il le faut !
« La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion », préconise Pierre Rabhi, paysan et pionnier de l’agriculture écologique.
C’est, bien entendu, la motivation essentielle de la présente chronique et la raison d’être de « Fréquence Terre ».
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
« Littérature sans Frontières » est une chronique radiophonique que j’anime depuis novembre 2010 sur « Fréquence Terre ».
En 2013, j’ai partagé avec enthousiasme ma lecture du roman de terroir « Toine Culot, obèse ardennais », dont les dernières lignes reflètent assez bien mon ressenti par rapport à ma terre natale :
« Lire ou relire Arthur Masson, c’est se plonger dans un bain de jouvence, de bonne humeur et de sagesse terrienne », selon les Éditions Racine qui ont à nouveau publié plusieurs ouvrages de cet auteur ardennais, né au XIXe siècle et décédé il y a un peu plus de quatre décennies.
Dans « Toine Culot, obèse ardennais », on est au tout début d’une saga qui s’étire sur une trentaine d’ouvrages.
Il s’agit principalement de la naissance, de l’enfance et de l’adolescence de Toine, diminutif d’Antoine, né de Narcisse, cordonnier, et de Phanie, femme au foyer, et de la vie d’un village où les habitants, hauts en couleurs, vont et viennent dans des situations souvent cocasses, parfois franchement émouvantes.
« Un village bien tranquille en sa corolle de forêts », et avec ses maisons typiques « où la chaleur d’un feu sans lésine va sécher aux solives quatre jambons à teint de maure, de belles andouilles lourdes et noueuses comme des massues, et des rectangles de lard larges comme des dalles ».
C’est le pays de la Pomone ardennaise, du nom de la divinité des fruits, composée de « bigarreaux à chair massive, poires fauves, pommes à figures de jeunes filles, trésors vermeils et acidulés qu’il serait criminel de manger cuits » et de son instituteur typé de la manière suivante : « Ses cheveux, qu’il relève en brosse, sont argentés comme l’écorce du bouleau et sa figure a les tons de chaude sanguine des feuilles de chêne en octobre. C’est un homme intelligent, fort d’une belle indépendance à l’égard de tout ce qui ressemble au formalisme. »
Arthur Masson, considéré comme le Pagnol ardennais, fit dire à son héros Toine, devenu adulte et père de quatre filles : « Que ce pays est beau, qu’il est bon et qu’il sent bon ! »
Ce parfum des Ardennes, c’est le fumet du sol, c’est celui d’un grand feu de bûcherons avec ses nuances complexes de résine fondue et de sève bouillie toute vive par la flamme.
« Tout cela, c’est l’accent de la spiritualité ardennaise. »
Ceci termine ma série consacrée aux Ardennes. Merci de m’avoir accompagné sur mes terres natales !
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Au « Pays de l’arbre roi », Vouziers permet, sur des voies du XIXe siècle, des voyages nostalgiques grâce à l’autorail « Picasso » avec (re)découvertes de la Vallée de l’Aisne. Des départs sont fixés à Amagne et Attigny, de fin juin à fin août/début septembre.
Et puis, situé entre Vouziers et Grandpré, le Parc Argonne Découverte (Olizy-Primat) offre une magnifique occasion de « reprendre goût à la Nature », de jour comme de nuit, avec des animaux dits sauvages.
Une petite meute de loups est même au programme !
Ce site unique en Europe, permet encore d’apprécier la vie nocturne des chouettes, des chauves-souris, des rats et des mulots.
Des « hamacs à bonds » (des vêtements adaptés sont requis !) sont aussi disposés le long d’un sentier forestier, alors qu’une enquête « Mission Chercheur » met en scène des martres, des grenouilles et des blaireaux.
Le loup et sa riche symbolique
À l’occasion d’une émission radiophonique, j’ai développé la symbolique du loup…
– Outre l’animal tant redouté, mais parfois admiré par l’homme, c’est une figure emblématique qui parsème des romans, des sagas, des traditions, les arts et, aussi, certains cauchemars, ce n’est pas le loup-garou qui me contredira !
– Ces fameux hommes transformés en loups ?
– Non seulement des hommes, mais, également, des femmes métamorphosées en carnassiers par la magie d’un onguent maléfique appliqué par le diable ou un sorcier ! Les loups-garous, personnages terrifiants qui, de nuit, traversaient nos champs en traînant derrière eux une longue et bruyante chaîne et qui retrouvaient leur forme humaine le jour…
– Nous voici, effectivement, dans l’imaginaire et les croyances populaires !
– Pourquoi le diable est-il boiteux, selon vous ?
– Vous allez nous le révéler !
– Parce que c’est lui qui donna la vie au loup et que celui-ci le mordit à un pied ! Et, dans nos Ardennes, il se disait qu’un loup blanc installé au pied d’un hêtre, attendait le promeneur et qu’il ne fallait surtout pas lui parler, car il vous sautait au cou et vous emmenait au fin fond des ténèbres. De plus, prononcer son nom durant la nuit de Noël, signifiait que le loup allait apparaître au milieu d’un proche troupeau.
– L’expression « Quand on parle du loup, on en voit la queue » proviendrait-elle de là ?
– Exactement ! Mais, je ne veux pas terminer cette chronique dans l’horreur, en rappelant que les Romains le consacrèrent à Mars, le dieu de la Guerre, qui fit nourrir par une louve les jumeaux Remus et Romulus, fondateurs de Rome et, aussi, emblème de La Louvière, la cité des Loups.
– Mais, n’y aurait-il pas une légende à ce dernier sujet ?
– Il se dit que des fouilles anciennes à la recherche de vestiges romains se déroulant dans cette cité hennuyère, auraient permis de découvrir les restes d’une louve allaitant un enfant ; néanmoins, ceci n’a jamais été confirmé officiellement et la légende subsiste dans les croyances populaires.
Pour en terminer, et puisque vous parliez de queue du loup, il se disait encore, dans nos régions, que les poils de la queue de cet animal étaient un puissant philtre d’amour !
Verlaine et Garros
À Vouziers, terre natale d’Hippolyte Taine, historien et philosophe, et d’Albert Caquot, dit le « père des ingénieurs », son théorème faisant encore autorité, l’ombre de Paul Verlaine plane toujours : n’a-t-il pas été condamné, en 1885, à un mois d’enfermement à la prison de la cité pour avoir menacé de mort sa mère ?
Un autre personnage est, lui, mis en lumière de manière plus solennelle : Roland Garros dort pour l’éternité au cimetière de Vouziers.
Le pilote avait été abattu lors d’un combat aérien, le 5 octobre 1918 (à quelques semaines de l’Armistice, donc), à Saint-Morel.
Il repose non loin de l’église Saint Maurille et son splendide portail Renaissance (1517-1565) qui montre des habitants du bourg au XVIe siècle ou des donateurs : un bourgeois, un artisan, une paysanne, un militaire, un pèlerin, un artiste portant un bonnet d’âne, un moine, un évêque…
Plusieurs monuments rappellent la « Bataille de Vouziers », l’une des plus importantes lors de l’offensive des Alliés.
Endroits et histoires magiques
Aujourd’hui, l’heure est venue d’emboîter le pas d’auteurs « locaux », de rassembler ce qui était épars, de (re)donner aux Ardennes leurs lettres de noblesse, de consulter à nouveau les pages des légendes et des traditions typiques de ces contrées merveilleuses afin de préparer au mieux des promenades et des séjours sur place. Et, surtout, d’y goûter ! (*)
À une douzaine de kilomètres de Charleville-Mézières, à Ham-les-Bois, il se disait qu’au « Trou-du-Diable », un château aurait été habité par les frères Aymon, qu’ils y allumaient d’immenses feux au sommet de la plus haute tour afin de communiquer avec leur château de Vireux-Molhain.
Ce village, à la pointe des Ardennes, non loin de Givet, est dominé par le Mont Vireux et a été occupé dès le Ier siècle grâce à un centre métallurgique. Le site était protégé par les fortifications élevées au Mont. Cependant, un incendie ravagea le château au XIVe siècle (voir ci-après).
La Collégiale Notre-Dame-et-Saint-Ermel est très ancienne, sa crypte date du VIIIe siècle et on y vénérait avec ferveur les reliques de saint Ermel.
Elle avait été fondée en 752 par Dame Ada, protégée de Pépin le Bref, dont la dépouille avait été ensevelie sous l’église primitive.
Exemple de crypte pré-romane et d’architecture carolingienne, ce lieu sacré mérite la visite (dalles funéraires, statues du XVIe siècle, retable du XVIIe siècle…).
« La plus ancienne pierre tombale est celle d’Allard de Chimay (fin du XIIe siècle). Pillée par des troupes protestantes au XVIe siècle, la collégiale conserve néanmoins une riche collection de statues de bois, polychromes.
Le décor intérieur a été entièrement remodelé en 1762-63 masquant la période gothique. Des parties romanes subsistent ainsi qu’une crypte carolingienne. Le Collège de onze chanoines a été dissout en 1790. »
Pourquoi Pépin le « Bref » ?
Pépin le Bref était roi des Francs et l’époux de « Berthe au grand pied » (elle avait un pied plus grand que l’autre).
Pourquoi « le Bref » ? Parce qu’il était petit de taille, dit la légende. Il fut d’abord inhumé devant l’entrée de la future Basilique Saint-Denis, près de Paris, en signe d’humilité avant d’être ramené à l’intérieur, au XIIIe siècle, avec la reine Berthe. Leurs gisants sont de pures merveilles
Pépin le Bref.
Tout ceci précisé, les feux allumés au « Trou-du-Diable » devaient ressembler à de puissants phares des côtes bretonnes car la distance séparant les deux châteaux est quand même de trente-cinq kilomètres à vol d’oiseau, par monts et par vaux…
Naissance d’un royaume
Pourquoi « Vireux » ? Parce que référence est faite au cours d’eau Viroin qui se jette dans la Meuse en cet endroit.
À vrai dire, il y a deux Vireux. Ce sont des villes jumelles, Vireux-Molhain se situe sur la rive gauche de la Meuse, Vireux-Wallerand sur la rive droite. Le tout est dominé par le Mont Vireux.
« Il est considéré par les archéologues et les historiens comme un site exceptionnel par la qualité des renseignements qu’il fournit sur le bas empire romain, à la période charnière entre l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge.
Divers murs d’enceinte des habitats, ainsi que les bâtiments religieux de l’éperon nord, ont été dégagés et montrent une occupation de la fin du IIIe siècle au début du XIVe siècle.
Les pièces de monnaie, les équipements militaires et les restes divers exhumés lors des fouilles ont facilité la reconstitution des phases importantes dans l’occupation du site, dont la forteresse de Vireux a été le théâtre.
Jusqu’au début du IVe siècle, celle-ci est un élément du système défensif de l’empire mis en place par Dioclétien (245-313, empereur romain), et sert aussi de refuge pour la population.
Après une période de calme, elle sera incendiée sous Constant (320-350, empereur romain) en 342, puis occupée de façon moins importante jusqu’en 380. Elle accueillera ensuite une forte garnison d’origine franque jusqu’en 450. La découverte d’objets du IVe au IXe siècle indique une occupation mérovingienne et carolingienne.
Aux XIIIe et XIVe siècles, la forteresse sera transformée en château avec son village fortifié par l’édification d’une grande enceinte maçonnée avec les habitats qui lui sont accolés.
Sur l’éperon nord, les fouilles ont permis de mettre au jour plusieurs édifices à vocation culturelle, ainsi qu’un cimetière entourant un édifice de plan rectangulaire qui peut être considéré comme une chapelle. Des pierres romaines en réemploi dans la maçonnerie, un segment de colonne en pierre calcaire de Givet, ainsi que des trous de poteaux de forme rectangulaire nous laissent à penser aux bases d’une colonne dédiée à Jupiter.
Cet éperon nord offre une chronologie longue de la fin du IIIe siècle au XIe siècle. »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
Après avoir connu un certain essor grâce à l’agriculture et à une fonderie (XIXe siècle), succédant pour cette dernière à des forges établies par les Gaulois et des moines, Vendresse est devenu un « lieu résidentiel » qui offre aux visiteurs un domaine aquatique avec des poissons d’eau douce, des jeux d’eau, un arboretum (l’allée de pins Douglas est splendide) que l’on accède par le Chemin « Bois de la Vierge », alors qu’au-dessus du portail latéral, l’église porte une surprenante phrase tirée d’un décret de Robespierre, porte-drapeau de la Révolution : « Le peuple français reconnait l’existence de l’Être Suprême et l’immortalité de l’âme. » (Article 1er du décret du 18 floréal).
Pourquoi ce culte à l’Être Suprême ? « L’idée de l’Être Suprême est un rappel continuel à la justice, elle est donc sociale et républicaine. »
Robespierre fut alors catalogué de « calotinisme ».
Et puis, il y a « La Cassine », vestiges d’un somptueux bâtiment de dizaines et de dizaines de pièces, que jouxtent un jardin à l’italienne et un petit couvent. Aujourd’hui, l’endroit a été choisi pour présenter des spectacles de son et lumière, un festival de musique…, alors que « La Cassine met le couvert» est une association organisatrice d’un marché paysan festif.
Festival de La Cassine.
Vendresse compte quelque 500 habitants. Y raconte-t-on encore les deux anecdotes que j’ai dénichées dans l’ancien « Guide de la France mystérieuse » ?
La première : « Sillonnant les Ardennes, la reine de Hongrie s’était embourbée à quelque vingt-cinq kilomètres de Mézières, plus précisément à Vendresse. Elle maudit cet endroit et, depuis cet instant, la trace du « Chemin de la reine de Hongrie » se perdit dans les terres… »
La deuxième : « Le 4 avril 1640, dans une sorte de « ressenti profond », le maître d’école inscrivit dans un document officiel qu’il y avait eu un grand tremblement de terre. Renseignement pris, un grand mugissement se fit entendre dans les ports de Hollande, des bateaux tanguèrent, des vitres se brisèrent à Amsterdam alors qu’aucun vent ne s’était levé ! »
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
(Photo d’illustration : Ardennes naturelles !)
Tourteron, village fleuri des Ardennes situé dans l’arrondissement de Vouziers, est considéré comme faisant partie du « Pays des fruits » grâce à ses cerises, pommes et poires, mais il recèle aussi plusieurs lieux remarquables : la halle (XVIe siècle) pouvant accueillir deux foires annuelles (le mardi de la Pentecôte et à la Saint-Martin) autorisées par François Ier, en 1518, un lavoir (XVIIIe siècle), l’église Saint-Brice (XIIIe siècle) classée au titre des monuments historiques, de même que trois croix de chemin.
À l’église Saint-Brice, restaurée au XVIe siècle, on peut lire l’explication suivante en quatre langues (français, allemand, anglais et néerlandais), ce qui est assez rare que pour être souligné : « Dans un pur style gothique flamboyant, l’édifice est composé d’une nef de trois travées voûtée sur croisée d’ogives aux clés pendantes, flanquée de bas-côtés, d’un transept et d’un chœur à cinq pans. Sur le pilier nord de la première travée, on peut lire : « le VIIe jour du moy de mars as testez fondé cest présent pillé l’an MVC et XXXVIII »
Tourteron est le village natal de Nicolas Chesneau, dit Querculus, qui fut précepteur à Paris, doyen du chapitre Saint-Symphorien de Reims, auteur, il prit la défense de la Contre-Réforme (XVIe siècle), ce mouvement de l’Église catholique romaine réagissant contre la Réforme protestante.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
(Photo d’illustration : Vierge et Christ au cœur des Ardennes.)
Forêts, rivières, étangs, randonnées, église fortifiée (XVIIe siècle), Chapelle des Glands érigée à l’endroit du plus ancien établissement humain de la région, Chemin de Croix-Bala à Gland connu dès le début du XIIIe siècle et la Pierre de la Vierge !
Il s’agit d’un important rocher en forme de table avec une cavité creusée à la surface et toujours emplie d’eau, même en période de sécheresse, dont on prête des vertus contre l’eczéma et autres problèmes… Il s’agissait d’un autel druidique, dit-on.
Naguère, une statue de la Vierge fut déposée sur la pierre lors d’une procession et elle ne put être déplacée, d’où un culte populaire intense.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
(Photo titre d’illustration : Au cœur des Ardennes)
Signy-l’Abbaye, à l’ouest de Charleville-Mézières, est le plus vaste village du département des Ardennes : 62 km² et sa forêt fait quelque 3 525 hectares. Ne fut-ce qu’à ce titre, une place était de mise dans le présent livre !
La communauté de communes des Crêtes préardennaises a eu l’excellente idée de réhabiliter le domaine de la Vénerie qui, après la première Guerre mondiale, accueillait des colonies de vacances.
Le « Chêne perché » permet aux amoureux des arbres de jouer tarzan en s’élançant de cime en cime (jusqu’à seize mètres de hauteur) ou passer une nuit dans une « hutte ardennaise » ou dans une cabane haut perchée !
Parmi les cabanes proposées, il y a « Canopée » considérée comme la plus haute de France.
Quelque quatre-vingt jeux sur huit parcours sont proposés, certains réservés aux enfants, d’autres avec des tyroliennes ou le saut de l’ange (à l’élastique).
Et l’abbaye ?
Créée en 1135 par douze moines cisterciens venant d’Igny (Reims), qui avaient choisi cet endroit baigné par la Vaux, un affluent de l’Aisne, comme toutes les communautés monastiques soucieuses d’être à l’écart des fréquentations humaines, mais proche d’un point d’eau (pour la boisson, la pêche…) et du bois (pour le chauffage, la construction…).
Malheureusement, l’abbaye a été totalement détruite à la Révolution, bibliothèque y comprise, après avoir été vendue comme « bien national ».
Circuit des cadrans solaires
À Signy-l’Abbaye, il y a l’église Saint-Michel à visiter avec ses vitraux évoquant l’ancienne abbaye et les morts de la Grande Guerre, avec des portes et candélabres du XVIIIe siècle provenant de ladite abbaye cistercienne, ce sont les seuls vestiges connus, et le cadran solaire ou sphère armillaire (« Assemblage de cercles figurant des mouvements apparents des astres et au centre desquels un globe représente la Terre, utilisé autrefois comme un instrument pédagogique ou décoratif », selon Larousse).
Sur ce document de « Champagne et Ardenne Tourisme », la sphère armillaire de Signy-l’Abbaye.
Il y a des dizaines de pareils dispositifs dans les Ardennes françaises et, d’ailleurs, il existe un « Circuit des cadrans solaires ardennais » (www.cadran08.fr) : Attigny, Auge (XVIIe siècle), Baâlons, Balan (XVIIe siècle), Beaumont-en-Argonne, Belval, Abbaye de Bonnefontaine, Brieulles-sur-Bar (XVIe siècle), Bulson, Charleville-Mézières, Château-Porcien, Chemery-sur-Bar, Le Chesne, Cornay, Donchery, Doumely-Begny, L’Echelle, Ecly, Ecordal, Fagnon, Faissault, Flaignes-Havys (XVIe siècle), Fleigneux, Gernelle, Grivy-Loisy, Hannogne-Saint-Remy, Les Hautes-Rivières, Justine-Herbigny, Lalobbe, Launois-sur-Vence, Leffincourt, Létanne (XVIIe siècle), Liart, Ménil-Lepinois, Monthermé, Neuflize, Neuville-les-This, Olizy-Primat, Omicourt, Policourt-Sydney, Rethel, Rimogne, Roizy, La Sabotterie, saint-Aignan, Sainte-Vaubourg, Saint-Juvin (XVIIe siècle), Saint-Marceau, Savigny-sur-Aisne, Sedan, Semuy, Sery, Sévigny-Waleppe, Signy-l’Abbaye, Son, Thugny-Trugny, Tourcelles-Chaumont, Tournes (XVIIe siècle), Vendresse, Verpel, Viel-Saint-remy, Villers-Semeuse, Wagnon, Warnécourt, Wasigny, Yoncq…
Miracle de sainte Philomène
Je recommande le site www.eglises-des-ardennes.over-blog.com à tous ceux que les légendes liées plus particulièrement à l’Église intéressent.
Concernant Signy-l’Abbaye, il s’agit d’une belle histoire ayant trait à la chapelle Sainte-Philomène.
Il faut savoir que Filumena (devenue Philomène) aurait été (le conditionnel s’impose, car il y a controverse à son sujet !) une jeune martyre romaine des premiers temps du christianisme.
Ses restes auraient été retrouvés dans les catacombes de Sainte-Priscille à Rome, en mai 1802, l’épitaphe étant : « PAX TECUM FILUMENA ».
Il y aurait eu un nombre considérable de miracles obtenus grâce à son intercession, dont la multiplication – inexplicable – de la poussière de ses ossements.
Le célèbre curé d’Ars l’appelait « ma chère petite sainte » et elle faisait des « merveilles » par son invocation, selon lui.
Pour en revenir à Signy-l’Abbaye, un couple de fermiers établis à la « Fosse aux Lions », au XIXe siècle, eurent un enfant sourd et muet.
Sa maman, Marie-Antoinette, très croyante, fit bâtir une chapelle dédiée à sainte Philomène, patronne des enfants.
Au tout début de la livraison des matériaux, l’enfant demanda : « Qu’est-ce qu’on va faire ici ? »
Le miracle avait eu lieu et des processions s’organisèrent durant des décennies.
Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)
En mars 2012, des élèves (5e A) du Collège Élisabeth de Nassau de Sedan, ont publié, sur Internet, un très intéressant « Sedan de A à Z » avec pour sous-titre « La Mémoire Vivante » :
« Il est bien loin le temps où Sedan n’était qu’un petit village. Au fil des siècles, la ville s’est étendue en se dotant d’un riche patrimoine architectural : un château fort, un second château au XVIIe siècle, des églises, un temple, une synagogue, des manufactures (telle la splendide Dijonval), des hôtels particuliers, des demeures de styles Art Nouveau et Art Déco, des constructions contemporaines, telle la nouvelle MJC le long de la Meuse… Mais la signature de Sedan, c’est surtout une alternance de pierres d’un calcaire jaune sable et de briques… »
Les personnalités qui ont marqué Sedan et sa région sont nombreuses et, à l’instar du sanglier qui pourrait être leur totem, il est souvent fait référence à son courage, à sa témérité, à une certaine sagesse (d’où des dénigrements et injures quand il est comparé au porc !), mais, aussi à sa solitude, à leur encontre. Parfois, à l’esprit batailleur…
Sanglier statufié à Sedan.
L’auteur Walter Scott (1771-1832, « Ivanhoé », « Le Pirate »…) inventa le « Sanglier des Ardennes » à travers « Guillaume de La Marche », frère de Robert Ier, un La Marck, seigneur de Sedan, alors que « Le Grand Sanglier des Ardennes » (ou « Robert le Diable ») était Robert II, le neveu dudit Guillaume. Sa devise était : « Si Dieu ne me veut aider, le Diable n’y saurait manquer ! »
Robert IV fit de Sedan une principauté. Succomba-t-il empoisonné, Charles Quint vouant une haine féroce aux La Marck (« Neuf La Marck ont fait Sedan en un siècle et demi », selon le guide touristique « Pays Sedanais ») ?
Le « Prince de Sedan », fils de Robert IV et de Françoise de Brézé, épousa chrétiennement une descendante de saint Louis… puis ils se convertirent au protestantisme, Sedan devenant un refuge pour les adeptes de la Religion réformée.
La paix religieuse régna de nombreuses années dans la principauté.
La « Petite Genève »
Genève était considérée comme la capitale du calvinisme et Sedan prit la dénomination de « Petite Genève » lancée par des catholiques « enragés », selon l’auteur Bernard Chopplet.
Mais, les Sedanais, qui voulaient continuer leur existence dans la paix et la fraternité, transformèrent cette ironie en une charmante comparaison !
De la « Petite Genève », il nous reste plusieurs constructions : le portail de l’ancien collège, l’Académie des Exercices (« Maison des Gros Chiens », académie militaire érigée par Henri de La Tour d’Auvergne, père de Turenne), l’église Saint-Charles-Borromée (construite autour de l’ancien Grand Temple ouvert au culte calviniste)…
La Maison des Gros Chiens, revenons-y :
« Ce bel ensemble des XVIIe et XVIIIe siècles est composé de plusieurs corps de bâtiments ordonnancés autour de cours intérieures.
L’Académie des Exercices créée au début du XVIIe siècle par le prince Henri de La Tour se situait à cet emplacement, son entrée demeurant dans la rue Berchet, au niveau du porche portant l’inscription « On a beau sa maison bastir, si le seigneur n’y met la main cela n’est que bastir en vain ».
Le bâtiment sur la rue du Ménil est l’hôtel particulier construit en 1629 pour le maître des forges Henri de Lambermont.
La « Cour des Têtes » est remarquable par ses mascarons représentant des figures allégoriques.
L’ensemble a été racheté en 1688 par Denis Rousseau, drapier de Paris, après la fermeture en 1685, sur ordre de Louis XIV, de l’Académie.
En 1726, la manufacture est devenue « Fabrique Royale de Draps Privilégiée ».
La Maison des Gros Chiens.
Turenne est né ici
Au pied du château fort, un panneau didactique spécifie que « Turenne est né ici ».
Ici, c’est la plus grande forteresse d’Europe qui présente une superficie de 35 000 m² construite sur un promontoire en bord de Meuse, il y a quelque six siècles (début de la construction en 1424), sur sept étages, les murs ayant sept mètres d’épaisseur.
Les activités (pacifiques !) y sont encore nombreuses : expositions, tournois d’archers et d’arbalétriers, contes de Noël, festival médiéval…
Turenne ? La légende prétend qu’Henri de la Tour d’Auvergne trouvait son fils Henri peureux. Celui-se rebiffa et démontra à son père qu’il avait tort : il passa une nuit dehors et on l’aurait retrouvé endormi sur un canon !
La plus grande forteresse d’Europe.
« Le maréchal Turenne, considéré comme l’une des plus grandes gloires militaires de la nation, n’est pas né en France. Il est né ici, le 11 septembre 1611, au château fort de Sedan, au cœur d’une principauté dont l’indépendance avait été officiellement reconnue en 1549.
Ses parents, les princes de Sedan Henri de La Tour d’Auvergne et Élisabeth de Nassau, se réjouirent de cette naissance car il n’était que leur second fils sur les six enfants qu’ils avaient déjà eus. C’est l’aîné, Frédéric-Maurice, qui héritera plus tard de la principauté, laissant à Turenne, de son vrai nom Henri de la Tour d’Auvergne comme son père, la carrière des armes.
Turenne n’est pas né en France, mais au château fort de Sedan !
On suppose que Turenne a pu voir le jour dans la salle à la Colonne, l’une des pièces les plus dignes d’accueillir les appartements de sa mère.
La légende qui fit naître Turenne dans la ferme fortifiée de Bazeilles est donc erronée. Tout au plus l’y a-t-on mis quelques années en nourrice.
En 1815, un écusson en pierre est posé sur le donjon, dans la cour du château. On peut y lire : « TURENNE NACQUIT ICI 11 7bre 1611 ».
Sur place, une question est posée au visiteur : « Voici la fenêtre de la salle à la Colonne où serait né Turenne. Saurez-
vous la retrouver sur la façade ? »
La réponse : fenêtre au milieu que nous avons entourée.
Maréchal de France à l’âge de 32 ans, la stratégie de Turenne était la guerre en mouvement pour prendre l’ennemi par surprise. Il sera source d’inspiration à Napoléon-Bonaparte, paraît-il.
Une époque à chaque coin de rue
« À Sedan, vous changez d’époque à chaque coin de rue », est-il encore spécifié à l’Office du Pays Sedanais.
Dans ces rues, il y a la Maison de l’Octroi, par exemple, située rue du Ménil.
Sedan fut une ville fermée aux envahisseurs par ses remparts mais, qui voulait y entrer des marchandises, devait payer !
Ces péages anciens s’appelaient des octrois et il y en avait à chaque entrée de la ville. Sedan en a conservé un, à droite de la Maison des Gros Chiens.
L’Octroi.
« Un Pays Sedanais, où il fait aussi bon visiter que vagabonder… », avec des sites culturels pour tous les goûts, des circuits de « Mémoire », trois conflits majeurs (Guerre de 1870, Grande Guerre de 1914-18 et Seconde Guerre mondiale de 1940-45) ont fait de la région un unique champ de bataille…
Ainsi, au cimetière Saint-Charles, les Allemands élevèrent un immense monument à leurs morts, un peu plus loin, sous des croix, des centaines et des centaines de prisonniers alliés, de civils, de morts au « Camp d’Empire de concentration de prisonniers punis », un véritable bagne créé en 1917 à l’ombre du château (un lieu « annonciateur » des atrocités nazies dans les camps de concentration ?)
Et puis, heureusement, ce Pays Sedanais, c’est aussi celui de la Nature verdoyante « pour réveiller ses sens » avec la Forêt de Sedan et son « Gros Chêne » ou « Chêne de Charles Quint » au diamètre de cinq mètres, c’est l’un des trois arbres ardennais dits « remarquables », et quelques étapes gastronomiques de choix avec, au menu, de la Salade au lard ardennaise, une Galette à suc’…
L’humusation, reparlons-en. Dans une chronique de mai 2016 qui toucha quelque 500 000 auditeurs potentiels et plus de 3 100 podcasts, « Fréquence Terre –RFI » expliquait que :
– parce que de plus en plus de citoyens ont la volonté de rester écologiques après leur passage sur terre ;
– parce que les cycles de la nature leur montrent comment renaître ;
– parce que les corps sont un potentiel de vie et de fertilité extraordinaires ;
la pratique de l’humusation, alternative quasiment 100% écologique à l’enterrement et à la crémation, dérange de nombreux politiciens.
Rappelons, également, que cette pratique consiste à faire du corps décédé un humus sain et vivant, pratique ne nécessitant pas de cercueil, pas de concession dans un cimetière, ni pierre tombale, ni caveau, pas de produits chimiques, pas de pollution des nappes phréatiques… Elle demande un endroit naturel au pied d’un arbre, par exemple.
J’ai interpellé à ce sujet une vingtaine de politiques d’envergure (ministres et maires, entre autres), car l’humusation reste encore strictement interdite dans de nombreuses régions.
J’ai reçu deux réponses : une du style langue de bois et une demande de renseignements supplémentaires, sans plus. Pourtant, ci et là, la presse fait de l’humusation un thème sociétal non négligeable et, cerise sur le gâteau, il nous a été proposé par « France 24 » (photo et lien France 24) un reportage sur le cimetière « écologique-bio-naturel » de Niort, le seul existant dans l’Hexagone.
Soit, 4 000 m² de pelouses arborées, une initiative induite par des exemples anglais, allemands, autrichiens, hollandais et scandinaves.
Pourquoi, dès lors, ces réticences ou ce manifeste manque d’attention ou de rejet des autorités françaises et belges ?
Il est certain que le business de l’enterrement et de la crémation est une fameuse manne pour les communes, alors que l’humusation propose des prix nettement moins onéreux. Ceci explique-t-il cela, se demande-t-on à « Fréquence Terre-RFI », à défaut de recevoir des réponses circonstanciées à nos interpellations ?
Fondation Métamorphose : metamorphoseproject.wordpress.com et sur Facebook.
www.humusation.org
http://www.france24.com/fr/20151029-cimetiere-ecologique-bio-naturel-toussaint-niort-repos-eternel-bio
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