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By Nature sans frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • 1968-2018 : Mai 68 et Bruxelles : « Toujours les mêmes qui s’en tirent ! » (3/5)

    Cinq chroniques consacrées au 50e anniversaire de Mai 68 : Slogans, Radio Barricades, Che Guevara, Mai 68 et Bruxelles, L’« autre »  Mai 68 : pacifisme libertaire, désobéissance civile, activisme non violent, Les « enfants » de Mai 68, la presse alternative, Mai 68 perçu dans les médias cinquante ans plus tard…[1]

    Loin de moi l’idée de polémiquer avec des autorités bruxelloises qui décidèrent de célébrer Mai 68 à travers de nombreux événements dans la capitale de l’Europe, en cette année 2018, mais ma réaction (reprise par le magazine « POUR ») fut assez cinglante :

    La réaction de notre chroniqueur également publiée dans le magazine « POUR ».

    « Lorsque débutèrent, en France, les événements de Mai 68, plusieurs ouvriers – dont moi -, certains étant membres de la FGTB et/ou du PSB, avons interpellé ces syndicat et parti socialistes afin, entre autres, de pouvoir aussi mener un combat pour que soit prise en considération notre condition ouvrière assez semblable à celle de nos camarades de l’Hexagone. Nous fûmes, tout simplement (?),  muselés et cadenassés, certains étant même menacés (cela reste du témoignage verbal, donc je n’ai aucune preuve tangible) de licenciement. Certes, il y eut à Bruxelles un « Mai 68 », mais lequel ? Celui de l’intelligentsia qui discourait à l’ULB, une vague perturbation estudiantine à la RTBF et puis, quoi sur le front du monde du travail ? Rien, ou, alors, vraiment pas grand-chose. »

    2018-Année de la Contestation

    Karine Lalieux (PS), échevine de la Culture à la Ville de Bruxelles (Photo : prise d’écran facebook).

     La réponse officielle me parvint de la part de Karine Lalieux, échevine de la Culture : « Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas pour moi de célébrer les événements de Mai 68, mais plutôt de les interroger et, plus encore, de nous interroger collectivement sur la contestation aujourd’hui. L’année thématique s’intitule en effet « 2018-Année de la Contestation. »

    Pour corroborer mon vécu, je me suis appuyé sur divers témoignages. Celui de Marie-Christine, une Wallonne de 65 ans : « Mai 68, j’avais 15 ans, élevée chez les sœurs, j’ai dit à mon papa que nous les jeunes allions balayer tous les vieux débris. La main de mon géniteur resta quelques temps sur ma joue. »

    Ouvrage dont il a été question dans notre rubrique « Littérature sans Frontières ».

    Dans son ouvrage « Laisse tomber les filles » publié chez Albin Michel, Gérard de Cortanze, évoque mai 68 et a consacré exactement une phrase à la Belgique : « En Belgique, l’Université de Bruxelles, sur laquelle flottent des drapeaux rouge et noir, s’est déclarée université libre. »

    Paul Couturiau, écrivain établi en France, réalisait ses études à Bruxelles en mai 68.

    Paul Couturiau, écrivain belge domicilié en France, faisait ses études secondaires dans la capitale belge en cette période et sa déclaration ne souffre pas la moindre contestation, je pense : « Bruxelles et Mai 68 ne me semblent pas aller de pair. »

    Impérialisme artistique

    Calicots de Roger Somville en mai 68 à l’Université Libre de Bruxelles (photo reproduite avec l’autorisation de Maxime Tondeur Rouges.Flammes.blogspot.be, que nous remercions).

     Que l’on évoquait l’Université Libre de Bruxelles, le peintre Roger Somville fut l’une des figures marquantes de cet événement puisque c’est lui qui, sur des draps de lit, fit les calicots. Il s’en expliqua[2] : « En une heure, j’ai aussi peint à l’acrylique un grand drap intitulé « Grosses têtes de l’université et divers gros oiseaux »… On me rapporta qu’un écrivain s’en était insurgé : « Somville fait de l’impérialisme artistique » 

    Jean Solaz au micro de « Fréquence Terre ».

    Jean Solaz, jeune espagnol sous Franco, grand-père fusillé à Valence, s’exila en Algérie, puis à Paris, Genève, pour aboutir à Bruxelles et y tenir, durant des décennies, une librairie-galerie[3] ouvrant la porte aux artistes, dont Schuiten, Geluck et Somville. Une complicité allait naître entre l’exilé espagnol et l’auteur des calicots du Mai 68 bruxellois. Il lui rend hommage et rétablit les choses face à l’attaque dont il fit l’objet :

    Une oeuvre de Roger Somville (1923 – 2014). Ce peintre engagé est exposé au Musée d’Art Moderne de Bruxelles et à celui d’Anvers, à l’Ermitage de Leningrad, au Musée Pouchkine de Moscou, à Mexico, Paris, La Havane…

    « Cette réflexion me semble tout à fait aberrante. Impérialisme culturel, ça ne veut rien dire. Je suis un peu interloqué. Roger Somville, c’était l’impérialisme de la Femme, de la liberté des autres, surtout… J’adore son trait, ses couleurs, ses mouvements énergiques de l’homme qui se bat ! »

    Alors, Mai 68 à Bruxelles ? Des philosophes et sociologues du cru évoquèrent « une entreprise de libération des consciences et des modes d’expression, une atmosphère d’opposition à la guerre du Vietnam, à la dictature des colonels en Grèce, à un besoin de révolution… »[4] ; pour ma part, j’ai continué à percevoir 1,27 euro de l’heure à raison de 43 heures par semaine en usine et sur chantier, sans parler des heures supplémentaires du week-end pour mettre un peu de beurre sur mes tartines.

    Toujours la même histoire

    Affiche de Mai 68 (Internet).

    Dans son ouvrage, Gérard de Cortanze cite un père qui a connu des sévices, en 1938, et qui dit à son fils revenant du Quartier Latin : « Ce sont les fils de bourgeois qui font ta fameuse révolution. Quand elle sera finie, ils vous laisseront tous tomber, retourneront à leurs études, à leurs voitures de sport, dans leur appartement du 5e arrondissement, et partiront en vacances pendant que les autres, les fils d’ouvriers, profiteront de ces mêmes vacances pour travailler et payer leurs études. Le bec dans l’eau. Toujours la même histoire. Toujours les mêmes qui s’en tirent. Toujours les mêmes qui y laissent leur peau.

    La prochaine chronique sera consacrée à L’« autre » Mai 68.

    [1] « Night in white satin », Moody Blues, 1967, « Éloïse », Barry Ryan, 1968, « San Francisco », Scott Mc Kenzie.

    [2] Site de l’ULB, Espace libre, 2003.

    [3] Galerie Gavillan, Place Dumon 9-1150 Bruxelles, www.facebook.com/GavilanExpo/

    [4] « La Libre Belgique », avril 2008.

    9 min
  • 1968-2018 : Che Guevara entre espérance et mythe (2/5)
    Très belle peinture de José Chapellier, artiste belge, qui rappelle la « mythique » photographie d’Alberto Korda.

    Cinq chroniques consacrées au 50e anniversaire de Mai 68 : Slogans, Radio Barricades, Che Guevara, L’« autre »  Mai 68 : pacifisme libertaire, désobéissance civile, activisme non violent, Les « enfants » de Mai 68, la presse alternative, Mai 68 perçu dans les médias cinquante ans plus tard…[1] Aujourd’hui, « Che Guevara  entre espérance et mythe »

    Déclaration de Régis Debray au sujet du Che (Éditions Chroniques).

    Pourquoi, plus de cinq décennies après son exécution en Bolivie, Che Guevara[2] suscite encore la nostalgie du modèle de combattant contre l’impérialisme et de la défense des opprimés, alors que, même son compagnon de révolution, Régis Debray, emprisonné et torturé, déclara que c’était « parce qu’il a une belle gueule » mais, surtout, « qu’il est mort avant de devenir un dictateur » ?

    Chandails, tee-shirts, macarons, drapeaux, même dans des stades de foot !, autocollants, tasses, verres, cendriers, sculptures, timbres, briquets et autres gadgets à son effigie, des tonnes de livres, des milliers d’heures de reportages, des millions de posters (voir ci-contre), continuent d’être diffusés de cette icône du mouvement révolutionnaire mondial.

    Lui qui fuyait comme la peste la société capitaliste, doit se retourner dans le mausolée érigé à Santa Clara.

    Exceptionnel ouvrage consacré au Che par les Éditions Chroniques, 2013.

    Che Guevara était un Argentin, brillant intellectuel, empli d’une idéologie magnifique à l’égard des peuples opprimés, mais qui n’hésitait pas à user de la violence pour asseoir sa vision d’un monde plus juste et plus humain. Médecin des guérilleros qui soignait les civils, sa priorité était politique et son romantisme cruel, dit-on, les aléas de sa vie familiale et sentimentale en seraient la preuve. Passionné du jeu d’échecs, son opération avec des « rebelles » congolais fut avortée, et, de cette courte existence, j’ai gardé quelques-unes de ses citations[3]. Une de 1953 : « J’ai juré de ne jamais m’arrêter avant de voir le poulpe capitaliste exterminé », une autre de 1959 : « La diplomatie est l’art de ne pas allier les actes à la parole », celle de 1967, le jour de son anniversaire : « 39 ans, c’est l’âge qui donne à réfléchir ».

    Che Guevara[4] eut beaucoup d’estime pour les peuples du Tiers Monde, comme on disait à l’époque. Ceux qui luttaient pour leur indépendance. Il effectua deux visites en Algérie, en 1963, un an après son indépendance, et une autre en 1965. Il y félicita les combattants du Front de Libération Nationale (FLN) pour leur victoire sur, je le cite, « les impérialistes français ». Il considérait même Alger comme la « Mecque des révolutionnaires »[5].

    Larbi Adouane, auteur algérien (Kabylie), avait 21 ans en mai 1968, après avoir vécu les affres de la guerre d’Algérie, entre autres.

    Entre 1969 et 1971, dans le cadre de la coopération technique en Algérie, Pierre Guelff a rencontré l’un ou l’autre compagnon(s) cubain(s) du Che.

    Entre 1969 et 1971, dans le cadre de la coopération technique à but humaniste, j’ai côtoyé Larbi Adouane, en Algérie, là, où, personnellement, j’ai rencontré l’un ou l’autre maquisard(s), dont des compagnons du Che lors de la révolution cubaine. Il se souvient de cette période :

    •  Qu’est devenu le slogan « Il est interdit d’interdire » ? Durant 1968, je faisais ma terminale à Alger, à l’École Nationale d’Ingénieurs et Techniciens. Parmi mes cours, il y  avait l’initiation à la philosophie avec un professeur coopérant français de gauche. Je ne pouvais donc pas ignorer cette période qui secouait la France, une partie de l’Europe avec des  répercussions  universelles. 
    • Larbi Adouane, auteur algérien.

      Je suis devenu militant de l’organisation JFLN où j’animais une revue interne, qui fut vite censurée et interdite, mais ma passion première devint la lecture : Rousseau, Marx, Dostoeïvski… Je croyais dur comme fer au socialisme, les effigies de Lénine, Mao et de Che Guevara se succédèrent sur ma veste… Le socialisme me donna des ailes,  la misère sociale, les inégalités, les injustices….seraient vaincues …

      Pour  les événements de Mai 68, ce fut, pour moi, un élan d’espérance de la jeunesse pour abattre les dogmes, les frontières, les inégalités de toutes natures. Après  cinquante années, quel bilan  peut-on tirer ?  Il paraît triste : la jeunesse semble avoir cessé de rêver ! C’est vrai que le monde est en plein bouleversement et la jeunesse est à la recherche de nouveaux repères !

      Pour terminer cette chronique, je cite encore cette phrase du Che retrouvée dans son journal personnel et écrite peu avant sa mort : « Je n’ai pas eu le courage de tirer sur deux soldats dans un camion ». Peut-être que c’est l’un d’eux qui l’a abattu dans le maquis bolivien en 1967. Et, est-il mort debout, comme il ne cessait de le répéter : « L’homme doit marcher la tête haute, le front vers le soleil, dont la brûlure est l’empreinte de la dignité » ?

      La prochaine chronique sera consacrée à Mai 68 et Bruxelles.

      [1] « Night in white satin », Moody Blues, 1967, « Éloïse », Barry Ryan, 1968, « San Francisco », Scott Mc Kenzie.

      [2] Extrait de « Hasta Siempre – Comandante Che Guevara » de Nathalie Cardone, 1997.

      [3] « La chronique de Che Guevara »,  remarquable ouvrage (photo de couverture et dans le montage au début de la présente chronique) des Éditions Chroniques, Paris, 2013.

      [4] Extrait de « Hasta Siempre –  Comandante Che Guevara » de Joan Baez, .

      [5] Afrika.com, 2012.

      9 min
    • 1968-2018 : Cohn-Bendit : « Mai 68 ? Un fantasme ! » (« Le Soir ») (1/5)

      Cinq chroniques consacrées au 50e anniversaire de Mai 68 : Slogans, Radio Barricades, Che Guevara, L’« autre »  Mai 68 : pacifisme libertaire, désobéissance civile, activisme non violent, Les « enfants » de Mai 68, la presse alternative, Mai 68 perçu dans les médias cinquante ans plus tard…[1]

       

      Cohn-Bendit évoque le « fantasme de Mai 68 » dans « Le Soir ».

      Même si Daniel Cohn-Bendit, figure marquante des événements de Mai 68, déclara en 2018 au quotidien « Le Soir »[2] qu’il s’agissait d’un « fantasme », alors que dix ans plus tôt dans le remarquable documentaire « 68 » de Patrick Rotman[3], il expliquait que « Mai 68 était le début d’une nouvelle sensibilité sociale, d’une aspiration des individus et de la société civile à une autonomie politique et culturelle », il est indéniable, selon moi, qu’il y eut des répercussions sociétales planétaires et générationnelles de cette période des sixties.

      Période où paix, amour et musique déferlent en Californie, où la révolte juvénile prend son envol, alors qu’à 10.000 kilomètres de là, le napalm fait des ravages au Vietnam où 500.000 américains jeunes combattent le communisme du Vietcong.

      Remarquable documentaire « 68 » de Patrick Rotman (Photo DVD).

      Les autorités américaines évoquent une « action de pacification ». L’indignation face à de tels propos pour expliquer l’horreur est mondiale.

      Alors, par milliers, de jeunes américains brûlent leur carnet militaire, désertent, refusent l’incorporation…

      « On veut la paix ! » clament-ils, soutenus par le boxeur Cassius Clay qui est aussitôt  dépossédé de son titre de champion du monde et écope de cinq années de prison.

      Comme une traînée de poudre, les jeunes radicaux blancs s’associent au « Black Power », dont les actions sont musclées, aux quatre coins du monde, la jeunesse brandit le « Petit livre rouge » de Mao ou le poster de Che Guevara, comme un signe universel de ralliement mais, dans le fond, la plupart ne connaît même pas le leader chinois et l’ami de Fidel Castro, ou, alors, si peu.

      La répression ne tarde pas : à Londres, dans l’Espagne franquiste, en Allemagne, à Rome, au Japon, à Paris, à Prague…, on se bat grenades, coups de matraques et tirs contre pavés, barricades, slogans…

      Une « Internationale de la jeunesse » s’écrie : « La révolution frappe à nos portes. Ce n’est qu’un début, poursuivons le combat ! Le fascisme ne passera pas ! Halte à l’autoritarisme ! »

      Retrouvez, aussi, le témoignage de notre chroniqueur Pierre Guelff, ouvrier d’usine à l’époque de Mai 68, dans le magazine POUR « écrire la liberté » : https://www.pour.press/mon-mai-68/

      La classe ouvrière, scandalisée par la répression face aux multiples victimes et à sa propre exploitation dans les usines et sur les chantiers, entre en grève en France. Sept millions de personnes arrêtent le travail, même le Festival de Cannes et les Folies Bergères mettent la clé sous le paillasson. Jean Ferrat soutient publiquement les contestataires, puis c’est le monde rural qui entre dans les événements.[4]

      « Radio Barricades », surnom donné à « Europe 1 », retransmet les événements en direct au grand dam des autorités.

      Soudain, en ce mois de Mai 68, la parole se libère à tous les niveaux, dans toutes les couches sociales, les murs prennent la parole et sont assez explicites à l’égard des patrons, des politiques, des autorités religieuses…

      Le général de Gaulle, président de la République française, en convient : « Les événements nous montrent la nécessité d’une mutation de la société »

      Néanmoins, la répression se poursuit, des bâtiments et voitures sont incendiés par des ultras, la guerre civile se profile dans une France coupée en deux : les pro et les contre de Gaulle. Brusquement, celui-ci disparaît des radars. Le jeudi 30 mai 1968, au retour de Baden-Baden où il a été prendre le pouls de l’armée, il déclare : « Je ne me retire pas ! »

      Des négociations s’engagent entre gouvernement, patronat, syndicats, il y a les « Accords de Grenelle », mais 300.000 personnes descendent dans les rues de Paris pour réclamer un « gouvernement populaire ». Un million de gaullistes répliquent aux Champs-Élysées. Mai 68 s’achève.

      Le travail reprend, les Folies Bergères reprennent le spectacle, les banderoles sont décrochées, les murs nettoyés des centaines de graffiti : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire », « L’imagination prend le maquis », « Ni robot, ni esclave », « Ni maître, ni Dieu. Dieu, c’est moi », « Nous voulons vivre », « Révolution, je t’aime ! », « Tout le pouvoir aux conseils ouvriers », « Professeurs, vous nous faites vieillir » et, comme une prémonition : « Céder un peu, c’est capituler beaucoup ».[5]

      Si Mai 68 marquent la société, les mentalités, des comportements, les rêves des « grands soirs » s’achèvent : après Martin Luther King qui a été assassiné en avril, c’est au tour de Robert Kennedy d’être abattu en juin 1968, lui qui évoquait l’arrêt de la Guerre du Vietnam, les Soviétiques écrasent le peuple de Prague en août de la même année, des policiers tirent sur la foule à Mexico : 300 morts en octobre 1968…

      Alors, terminons cette première chronique consacrée à Mai 68 en revenant sur le « fantasme » décrit par Cohn-Bendit en ce 50e anniversaire. Il s’explique : « fantasme de ceux qui voient en Mai 68 la révolution et l’espoir de changer le monde et de ceux qui depuis cette époque évoquent une déstructuration sociétale ».

      Il conclut : « Aujourd’hui, le problème est que l’on ne voit plus d’alternative au capitalisme. »

      Pour notre part, on constatera, au fil des chroniques, que l’espoir né il y a cinquante ans n’a pas été vain et n’est pas mort. Ne fut-ce que sur une prise de conscience de la dégradation de notre environnement et des mesures alternatives crédibles proposées, tout comme l’activisme pacifiste qui reprend force et vigueur en maints endroits de la planète, entre autres.

      La prochaine chronique sera consacrée au mythe Che Guevara.

      [1] « Night in white satin », Moody Blues, 1967, « Éloïse », Barry Ryan, 1968, « San Francisco », Scott Mc Kenzie.

      [2] Le 6 janvier 2018.

      [3] VIV Productions avec la participation de France 2, Histoire, TV5 Monde, TSR et RTBF, 2008. Photos : jaquette du DVD.

      [4] Jean Ferrat, extrait de « Nuit et Brouillard », 1963.

      [5] Léo Ferré, extrait d’ « Il n’y a plus rien », 1973.

      10 min
    • Altruisme, société, environnement… entretiens avec Matthieu Ricard (France 2 et Éditions Jourdan)
      Matthieu Ricard interviewé par Aurélie Godefroy pour « Sagesses bouddhistes » (France 2)

      Aurélie Godefroy, journaliste à  l’émission Présences bouddhistes sur France 2[1], a reçu Matthieu Ricard pour des entretiens passionnants avec, en toile de fond, l’ouvrage du moine et photographe  Un demi-siècle dans l’Himalaya publié aux Éditions de La Martinière.

      Un superbe ouvrage dont voici la présentation :

      Pendant un demi-siècle, Matthieu Ricard a photographié ses maîtres spirituels et le monde fascinant qui les entourent – l’intimité des monastères et la majesté des sommets himalayens du Népal, l’immensité des hauts plateaux tibétains et la nature sauvage du royaume du Bhoutan. Il a partagé la vie des moines, des paysans et des nomades et s’est consacré à plus de deux cents projets humanitaires. Cette somme photographique de 350 images, accompagnée de textes dans lesquels il retrace son parcours personnel, est un hommage éclatant à la sagesse, la compassion et à l’Himalaya. Un témoignage qui est aussi l’œuvre d’une vie.

      Aurélie Godefroy, journaliste à France 2.

      C’est autour de toute cette oeuvre qu’Aurélie Godefroy articula ses deux émissions dans un dialogue, dont on ne peut que sortir enrichi.

      Par ailleurs, dans son ouvrage Rencontres fraternelles avec Matthieu Ricard et le Dalaï-Lama publié aux Éditions Jourdan, Pierre Guelff, auteur et chroniqueur à Fréquence Terre, a principalement mis en évidence les éventuelles similitudes symboliques entre le Bouddhisme et la Franc-Maçonnerie, deux philosophies non dogmatiques, et il y aborde le thème, ô combien d’actualité, de la violence dans la société et des remèdes à y apporter.

      Matthieu Ricard, dans un entretien exclusif, lui donna son avis plein de sagesse. Bien entendu, cet avis éclairé fait partie des chapitres de ce livre aux côtés de ceux du Dalaï-Lama, entre autres.

      Voici des extraits significatifs des propos tenus par Matthieu Ricard à Pierre Guelff :

      • Feu mon père François Revel disait que le terme « humanisme » avait été mis à toutes les sauces. Il y a donc un humanisme restreint qui veut dire « nous sommes les champions de la création » et l’humanisme étendu qui est une dictature qui prône la suprématie totale de l’être humain et que tout le reste – 8 millions d’espèces ! – est à sa disposition. Alors, là, je n’y souscris pas du tout !
      • – Où puisez-vous votre force d’action ?

        – Si je regarde mes quarante-cinq dernières années, j’ai passé cinq ans en solitaire dans des ermitages divers, au Darjiling (Inde), au Népal…, et je ne reste jamais plus d’une heure de plus qu’il ne faut dans une ville. Je suis une personne de la nature, de la campagne, de la montagne. Tout ce qui me convient, c’est d’être assis sur le balcon de mon ermitage face à l’Himalaya, de me promener dans une forêt, de passer du temps avec mes proches. Finalement, je me concentre au maximum dans des moments assez restreints et, alors, je suis prêt à travailler du matin au soir pour, justement, ne plus en entendre parler… (rires)

         – Quel regard d’ensemble jetez-vous sur la Société qui monte de plus en plus en violence, selon moi, comme le démontrent les attentats aux quatre coins du monde ?

        – Je vous réponds que, non seulement la Société ne monte pas de plus en plus en violence, mais que cette dernière n’a cessé de diminuer depuis cinq siècles de façon spectaculaire et que c’est quand même curieux qu’on ne prenne pas acte de ce fait. En Europe, en 1350, vous aviez environ cent homicides par an pour 100 000 habitants. Cela a été étudié à Oxford et, aujourd’hui, c’est 0,6. Le risque que vous avez d’être tué aujourd’hui en Europe est cent fois moindre qu’il y a cinq siècles. La violence domestique, par exemple, selon une autre étude, a diminué de moitié vis-à-vis des enfants en vingt ans aux États-Unis, le nombre de victimes moyen par conflit dans le monde, selon deux banques de données (en Suède, à Uppsala, et aux USA) est passé de 30 000 en 1950 à 1 500 à ce jour. Certes, il y a Daesh, le Soudan, la guerre entre l’Irak et l’Iran…, mais prenez tous les conflits du monde réunis et divisez par le nombre de victimes… et la violence ne cesse de diminuer. C’est dû à l’essor de la démocratie, au libre-échange, au statut des femmes qui, quand même, s’améliore, à l’éducation…

        Bien sûr, il y a toujours des événements tragiques, des tragédies, qui se déroulent quelque part dans le monde et, c’est certain, on les voit immédiatement. Cependant, il y a une distorsion de la réalité ! De la même façon qu’un jeune homme ou une jeune femme de 20 ans a vu 40 000 morts violentes à la télévision, cela ne correspond pas à la réalité.

        – Forcément, car c’est davantage médiatisé qu’au Moyen Âge…

        Matthieu Ricard interviewé par Pierre Guelff (Fréquence Terre et Éditions Jourdan)

        – Pas seulement ça, car nous sommes naturellement interpellés et l’évolution nous a équipés pour attirer notre attention sur-le-champ par des choses qui sont menaçantes, aberrantes, hors des normes et on oublie la banalité du Bien. C’est-à-dire que, la plupart du temps, la majorité des sept milliards d’êtres humains se comporte de façon décente les uns envers les autres. Et, quand il y a un certain nombre qui commet des actes barbares, évidemment que ça attire votre attention, à juste titre d’ailleurs, mais on oublie le « reste ».

        – À savoir ?

        – La plupart du temps, nous sommes des personnes qui se comportent raisonnablement, de manière bienveillante ou décente les uns par rapport aux autres.

        – Si vous aviez un message à lancer à l’Homme, quel serait-il ?

        – À l’homme et à la femme, à l’humanité !

        – Je mets un H majuscule, bien entendu ! Votre message ?

        – Ce serait que nous sommes déjà des supers coopérateurs et que rien ne fonctionnerait sans la coopération, mais que pour faire face aux défis des temps modernes, notamment la précarité au sein de la richesse, les inégalités qui vont croissantes, et, surtout, le grand défi du XXIe siècle, celui de l’environnement, celui de l’avenir des générations futures et de la biosphère, eh bien, il nous faut passer à un stade supérieur de coopération. Donc, vive la révolution altruiste ! C’est ça dont nous avons besoin.

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

        Photos « Sagesses bouddhistes » sur France 2 : prises d’écran.

        [1] Streaming sur le site France.tv ou sur celui de l’Union Bouddhiste de France.

        7 min
      • Devenir le jardinier de son corps

        Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie, notre société s’attache de plus en plus à promouvoir le concept de « Vieillesse et Santé ».

        Françoise Colombo, professeur de yoga, a récemment publié un ouvrage à ce sujet : « L’art de vieillir en forme » (Éditions Eyrolles, 2017) avec ce slogan « Traversez les années en pleine forme et avec le sourire ».

        Facile à dire, bien entendu, mais faut-il encore pratiquer ce slogan avec  volonté et endurance, et, cela va de soi, en n’étant ni grabataire ou dans une situation de précarité.

        L’auteure explique cependant qu’une prise de conscience de vieillir autonome ou, du moins, sans trop dépendre des enfants, des professionnels de la santé…, est possible grâce, je la cite « à quelques pratiques de bon sens adaptées à l’inexorable fuite du temps » de « devenir le jardiner de son corps en lui offrant, chaque jour, des pratiques énergisantes. »

        À mes légitimes craintes que cet ouvrage ne propose des solutions qu’à des personnes « aisées » socialement, moralement et physiquement, la réponse est concrète et repose sur trois types de techniques vraiment accessibles à tout le monde !

        Des techniques qui ne réclament pas de gros efforts, mais de la persévérance. Elles peuvent avoir des résultats spectaculaires, nous promet Françoise Colombo !

        À savoir : des exercices pour nous libérer des tensions psychiques, de la détoxication mentale, en somme, ensuite, une approche qui participe à la maîtrise de notre système végétatif dit autonome, le fameux lâcher prise, enfin, une gymnastique douce qui harmonise le système nerveux central et le système nerveux autonome, soit une gymnastique anti-âge.

        Tout cela se réalise à domicile et sans le moindre frais et quand on sait que certaines approches développées par l’auteure l’ont été en symbiose avec le service de neurophysiologie de l’hôpital Pitié-Salpêtrière de Paris, ceci me paraît un gage de fiabilité.

        3 min
      • Europe, glyphosate et Riccardo Petrella : « S’indigner ne suffit pas ! Révoltons-nous ! »
        Oui de l’Europe aux lobbys Monsanto-Bayer (Document Internet).

        Peu avant que l’Europe, à une faible majorité, dise oui à la prolongation du glyphosate pour cinq ans, grâce aux lobbys Monsato-Bayer, n’en doutons pas, et que, en réaction, le ministre fédéral belge de l’Agriculture proposait son interdiction aux particuliers dès 2018,  Riccardo Petrella, politologue et économiste italien, avait accordé une très importante interview au magazine « POUR »[1], qui a autorisé « Fréquence Terre-RFI » à en reproduire quelques extraits dans le cadre d’un partenariat entre médias qui œuvrent au nom d’une presse libre et indépendante.

        Ricardo Petrella (Photo POUR)

         Riccardo Petrella a fondé le Comité international pour un contrat mondial de l’eau qui pose comme principe que l’eau est un bien commun et que le droit à l’eau est un droit inaliénable, individuel et collectif.

        Plutôt que de longs discours, voici sa réponse à la question de « POUR » concernant la mobilisation citoyenne face à la destruction de la planète :

         

        « Une des caractéristiques fondamentales du vivre-ensemble à l’heure actuelle, c’est que les groupes sociaux dominants ne veulent pas vivre ensemble. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ont désormais adopté une conception de la vie fondée structurellement sur l’inégalité entre les êtres humains. Ils ont jeté aux orties la Déclaration universelle des droits humains. Ils n’y croient pas. Ils n’y croient plus. Ils pensent que les gens sont inégaux, naissent inégaux, restent inégaux. Et si nous naissons inégaux, nous sommes destinés à mourir inégaux.

        Et cette idée est inscrite presque dans l’âme des groupes sociaux dominants, qui ont comme pensée que la valeur de toute chose, y compris des êtres humains, dépend de sa contribution à la création de richesses pour le capital investi. Si quelqu’un ne contribue pas à créer de la richesse pour le capital investi, il ne vaut rien. Rien du tout. Nous sommes tous désormais des terminaux de production… Et c’est dans ce contexte, donc, que les inégalités explosent…»

        Alors, indignons- nous ?

        « Cela ne suffit pas, je dis : « Habitants de la Terre, debout ! » Les dominants actuels n’ont pas de légitimité de pouvoir. Ils sont en train de détruire la vie sur la planète, ils sont en train d’augmenter les inégalités entre les gens, et ils sont en train de réduire la valeur immense de la vie dans sa multiplicité, à un seul mot : rentable ».

        Cela, c’est un crime. Nous sommes aujourd’hui en droit de prétendre que nous devons enlever le droit de gouverner la planète à tout cet ensemble de prédateurs qui sont, à partir des marchés financiers, les opérateurs qui transforment tout en produits rentables. Ils n’ont pas le droit. Révoltons-nous ! »

        C’est un tout petit peu ce que vient de faire le ministre belge de l’Agriculture en demandant l’interdiction du glyphosate aux particuliers. Un tout petit peu, car, en attendant, ce poison mortel continuera ses œuvres de destruction dans les champs durant un lustre…

         

        [1] « POUR » N°3, Michel Gevers et Jean-Claude Garot, journalistes, novembre, décembre 2017 et janvier 2018  www.pour.press

        0 min
      • Reportage : Histoire d’une victoire pour la démocratie et la santé publique !

        Reportage « Fréquence Terre » dans la Capitale de l’Europe.

        Dimanche matin, le bâtiment de trois étages visé par un opérateur de télécommunications.

        Douze antennes d’un coup sur un toit d’un immeuble à habitations en plein cœur d’un quartier « vert » bruxellois : les citoyens et les autorités communales sont littéralement choquées par ce passage en force d’un opérateur au détriment de la santé publique, des démarches officielles appelant à revoir ce projet, des pétitions, des alternatives crédibles proposées…

        Celles-ci sont, entre autres, les liaisons filaires, la technologie de la fibre optique, le CPL ou courant porteur en ligne, un redéploiement du réseau avec interdiction d’installations de stations près d’écoles, sur des terrasses d’immeubles d’habitations, d’hôpitaux, etc., en antennes plus nombreuses et nettement moins puissantes avec un seuil d’exposition maximal de 0,6 volt/mètre au lieu des 40 à 60 !

        Dimanche fin d’après-midi : emplacements réservés aux engins de l’opérateur.

        L’argument « Nimby » ou « pas dans mon jardin » ne tient donc pas face à l’exemple de la ville Salzbourg (150 000 habitants) qui a appliqué ce redéploiement sans nuire du tout au fonctionnement normal de la téléphonie mobile, par exemple, mais, surtout, avec nettement moins de souffrances des riverains.

        Visiblement, tous ces arguments ne touchent même pas les lobbys des opérateurs bruxellois, comme l’explique un citoyen du quartier, alors que deux politiques, MM. Olivier Maingain, député-maire, et Jean-Claude Laes, conseiller communal, mettent en évidence les difficultés pour les autorités de faire appliquer leur volonté de protéger le citoyen et, dans ce cas-ci, de soutenir leur initiative.

        La totalité des interviews d’un citoyen habitant le quartier, du député-maire Maingain et du conseiller communal, est disponible dans le podcast ci-dessous.

        Pour rappel, les effets néfastes des antennes relais sont les suivants, selon « Top Santé », sur base d’études scientifiques effectuées en Pologne, Égypte, Brésil, Autriche…, de 2005 à 2015 : troubles du sommeil, de la vision, maux de tête, vertiges, développement de certains cancers (prostate, seins, poumons, reins, cerveau, foie…)

        Et le dialogue ?

         Un habitant du quartier au micro de « Fréquence Terre » :

         – Nous sommes dans un quartier résidentiel où habitent des familles avec enfants, des retraités… Tout d’un coup, on apprend qu’un opérateur de télécommunications a obtenu un permis pour installer douze antennes sur le toit d’un immeuble, sans qu’aucune information ne soit jamais donnée aux habitants. Des habitants ont réagi, soutenus par les autorités communales, selon un processus légal et correct, car nous avons constaté beaucoup de fautes dans le dossier.

        Malgré tout cela, l’opérateur veut installer ses antennes, alors qu’il n’y a aucune raison de précipiter les choses puisque les audiences sont prochainement prévues.

        Nous sommes choqués et nous espérons par notre action citoyenne d’empêcher ce montage, nouer le dialogue pour une solution négociée plutôt que passer en force !

        Olivier Maingain, député-maire : « Le principe de précaution est en discussion… »

        Lundi peu avant 8 heures, Olivier Maingain, député-maire, des citoyens et le correspondant de « Fréquence Terre » dans la capitale de l’Europe.

         Olivier Maingain, député-maire de Woluwe-Saint-Lambert, une des dix-sept communes formant Bruxelles, précise aussi :

        – J’ai demandé à nos ministres de réintroduire la procédure d’enquête publique préalable, parce que ce serait utile d’avoir un débat avec les citoyens. On vérifie, aussi, mais c’est plus aléatoire, s’il ne faut pas un permis d’urbanisme.

        Ma démarche actuelle est de convaincre l’opérateur de ne pas entamer le chantier, car s’il perd dans les procédures, il va devoir démonter et économiquement, ce sera un mauvais calcul pour lui.

        – Et le principe de précaution ?

        – Les normes en région bruxelloise sont considérées comme trop strictes par les opérateurs, d’autres personnes pensent le contraire. C’est en discussion au gouvernement régional bruxellois.

        – Et disséminer les antennes de plus faibles puissantes plutôt qu’installer des stations et, ainsi, diminuer les effets néfastes pour la population ?

        – Je ne suis pas certain que ce soit non plus admis par la population ! Il faut certainement expliquer aux gens les techniques possibles, mais fondamentalement, ce qui n’est pas acceptable, c’est qu’il n’y ait plus de procédure publique de concertation.

        À la Commune, nous avons déjà adopté une résolution avec nos conditions de placement d’antennes, dont les distances par rapport aux crèches, écoles, hôpitaux… Ce principe de précaution est donc en discussion au gouvernement.

         Jean-Claude Lays, conseiller communal : « Ce n’est pas moi, ce sont les autres… »

        Jean-Claude Laes, conseiller communal, au micro de Pierre Guelff.

         – Nous avons une lasagne institutionnelle avec des niveaux de pouvoir différents qui décident des choses différentes. Le paradoxe est que les communes sont parfois amenées à introduire des recours contre des décisions prises au niveau régional, et ce sont les mêmes personnes ou sensibilités que l’on retrouve des deux côtés ! Les compétences sont tellement morcelées, que l’on peut toujours dire : « Ce n’est pas moi, ce sont les autres ! »

        – Et le citoyen, alors ?

        – Le citoyen c’est, précisément, le résultat quelle que soit la lasagne institutionnelle…

         Pour quelques sous de plus…

         L’habitant du quartier ajouta :

        – Comme ces douze antennes vont être placées assez bas, toutes les ondes vont frapper de plein fouet les habitants du quartier. Outre ce problème de santé publique, il y a l’aspect urbanistique : tomber sur une station du futur dans un quartier vert, c’est un anachronisme total.

        Le propriétaire du bâtiment, qui habite dans un autre quartier de Bruxelles, met à mal la vie de centaines de gens pour quelques sous de plus…

         Marche arrière

        Lundi peu après 8 heures, arrivée du matériel de l’opérateur.

        Alors, que se passa-t-il ? Les grues et le matériel de la société de télécommunication se présentèrent sur les lieux vers 8 heures du matin, alors que, depuis plusieurs jours, des emplacements leur étaient réservés devant le bâtiment visé par leur opération.

        Des habitants du quartier s’opposent pacifiquement à l’installation des douze antennes.

        Des habitants leur firent pacifiquement barrage, les autorités communales revinrent sur place, des tractations s’opérèrent et, au bout de quelques heures, une grande explosion de joie :

        « L’opérateur a accepté de suspendre l’installation des antennes et de veiller à une concertation avec les autorités communales et les riverains ! »

        Lundi, fin de matinée : les habitants clament leur joie ! L’opération est suspendue.

        Comme le dit une habitante : « Un petit mouvement citoyen a réussi à se réapproprier la démocratie citoyenne ! » et, ajoutons-nous, un espace de liberté pour faire valoir les droits au respect de la santé et de l’environnement.

        Sources photos : Comité de Quartier 26 Tytgat-Bruxelles et P.Gf

        Partenariat : « POUR », hebdomadaire, numéro spécial « Climat »

        11 min
      • Habitants de la terre, debout ! (Spécial climat de « POUR »)

        Dans les années ’70, l’hebdomadaire POUR était un fameux aiguillon dans la presse traditionnelle et, par corollaire, dans la société. Présent sur les fronts de l’anticapitalisme, de l’engagement citoyen, de l’écologie, du féminisme, de l’antimilitarisme, du syndicalisme, puisant dans « Mai 68 » ses meilleurs combats pour « Écrire la liberté », ce qui était devenu le slogan principal de l’hebdomadaire.

        Attentat à POUR.

        Tout cela dérangea ceux qui étaient touchés (ou se sentaient l’être), au point que le 5 juillet 1981, à 2 heures, tous les locaux et les rotatives de POUR partirent en fumée dans un attentat perpétré par l’extrême droite.

        Trente-cinq ans plus tard, POUR refait parler de lui et en ce mois de novembre 2017, il publie son troisième numéro. Celui-ci est consacré  au climat ce qui, bien entendu, ne peut qu’intéresser les nombreux auditeurs de « Fréquence Terre ».

        Mais, qu’est-ce qui différencie POUR des autres médias, outre son prix vraiment démocratique de 3 euros, hebdomadaire en vente en librairies et dans les grandes surfaces belges et françaises ?

        Le titre de la présente chronique « Habitants de la terre, debout ! » en est l’illustration parfaite et il est celui d’une interview de Ricardo Petrella, chantre du droit à l’eau pour tous.

        Après un bref rappel du contenu de deux premiers numéros, Jean-Claude Garot, cheville ouvrière « historique » de POUR nous explique celui de ce « Spécial Climat » et, justement,  ce qui le différencie de la presse traditionnelle. (Totalité de l’interview en podcast ci-dessous)

        Jean-Claude Garot : « Pour une information non tronquée et manipulée ! »

         « (…) Ce troisième numéro sur le climat est une urgence ! La lutte consiste à essayer de sauver l’ensemble du vivant face à une catastrophe inévitable si on continue à agir d’une manière aussi irresponsable.

        (…) De grands scientifiques exposent les dangers du réchauffement climatique trop important. Depuis l’ère industrielle, on a augmenté la température de la planète et changé le climat par une production de CO2 qui vient de l’utilisation incontrôlée des énergies fossiles et cela, sans voir les conséquences dramatiques. »

        Jean-Claude Garot, rédacteur de POUR, au micro de Pierre Guelff pour « Fréquence Terre »

        Jean-Claude Garot rappelle quelques exemples :

        « Avec l’augmentation de la température, il y a fonte des glaciers, augmentation des mers et, par exemple, dans le delta du Nil, quelque dix millions de paysans qui vivent en sursis d’un exode massif par la montée du fleuve.

        (…) Dans d’autres parties du monde, les vagues de chaleur causent des sécheresses monumentales et des dizaines, voire des centaines de millions de gens vont devoir quitter ces zones…

        (…) Soulignons, aussi, les problématiques médicales avec la diffusion de pandémies énormes.

        L’ensemble de tout cela fait que notre planète ne sera plus vivable… »

        Les différences de POUR par rapport à la presse traditionnelle

         « Nos approches sont légèrement ou totalement différentes. La première est que nous ne mélangeons pas nos messages et la pédagogie de notre contenu avec de la publicité commerciale qui valide une série de propositions sociétales qui sont antagonistes avec tout ce que nous défendons pour protéger l’environnement et la nature.

        Deuxièmement, nous faisons un journal « simple », le plus pédagogique et didactique possible, mais qui est scientifiquement rigoureux…

        (…) Troisièmement, nous avons un très grand tirage (150.000 exemplaires), dont une partie est distribuée gratuitement et massivement dans les milieux populaires les plus défavorisés, dans les usines, dans des lieux sociaux où l’accès à la presse n’est pas très grand.

        Là, POUR fait la démarche d’aller vers eux et de leur offrir le journal pour qu’ils s’informent et puissent être acteurs dans la société civile. »

        Écrire la liberté

        Jean-Claude Garot, cheville ouvrière « historique » de POUR depuis 1973 et artisan du « renouveau » après l’attentat de 1981.

         « Il n’y a pas d’espace de liberté des citoyens s’ils sont manipulés et s’ils sont mis volontairement dans une sous information ou une information tronquée et manipulée. D’où les médias (traditionnels) donnent une partie des faits mais cachent d’autres éléments essentiels à la compréhension des mécanismes (…)

        Malheureusement, une grande partie des médias et des télévisions manipule l’information de manière très sélective et ne donne pas vraiment le droit à la démocratie. »

         

        10 min
      • Ayurvéda pour tous ! de Stéphanie Marie (Albin Michel)

        Pour illustrer de manière concrète la présente chronique consacrée à l’ouvrage de Stéphanie Marie « Ayurvéda pour tous ! » (Albin Michel), voici le témoignage de Paul, septuagénaire :

        « Mon taux de cholestérol de 180 jugé bon par certains médecins, à diminuer par un autre qui voulait absolument que je prenne des statines. J’avais refusé sur base d’une expérience désastreuse avec ce type de médicamentation aux effets secondaires dévastateurs. J’ai cherché une alternative naturelle et je suis tombé sur un exercice de yoga des mains, un mudra issu de la tradition védique. Je l’ai effectué tous les jours durant plusieurs mois. Nouvelle analyse sanguine et constatation joyeuse du spécialiste pro-statines : « Votre taux est tombé à 153. C’est le résultat des statines ! » Si vous aviez vu sa tête quand je lui ai révélé que j’avais remplacé les statines par un mudra quotidien et que je continuais à le faire ! »

        Effet placebo ou non, résultat tangible ou hasard, ce témoignage est, bien entendu, à prendre avec les réserves d’usage : notre chronique n’ayant ni la prétention ni la vocation de porter un quelconque avis médical.

        N’empêche, il rejoignait en quelque sorte des impressions ressenties à la lecture de l’ouvrage de Stéphanie Marie, dont le sous-titre est « : « Une pratique millénaire enfin accessible ».

        L’auteure y explique, entre autres, que le yoga et ayurvéda, une médecine indienne ancestrale, sont indissociables « car ce sont deux chemins parallèles qui mènent à la pleine santé dans l’harmonie et la paix intérieure ».

        Elle développe sept clefs de l’ayurvéda : manger sainement, pratiquer du yoga pour apaiser le stress et diminuer certains symptômes liés à lui, massages pour éliminer toxines et réguler le transit, heures stables dans ses différentes activités, prendre soin de sa spiritualité, être dans la compassion et remercier Dame Nature pour certains aspects qu’elle nous offre.

        3 min
      • « Le jeune Karl Marx » : Histoire et dévoiement

        De pauvres hères qui ramassent du bois mort dans une forêt appartenant à un nanti et qui sont massacrés à coups de gourdins pour ce prétendu vol, des enfants qui triment et crèvent dans les usines sous le regard méprisant de patrons inhumains se pavanant dans le luxe, une femme qui perd ses doigts à une machine pour, peut-être, une seconde d’inattention, tant elle est épuisée…, ce sont, entre autres, ces exemples mis en lumière dans « Le jeune Karl Marx », le film de Raoul Peck dont l’action se déroule principalement au milieu du XIXe siècle.

        Engels et Marx à l’écran (Photo « Le jeune Karl Marx »)

        Soit, l’histoire basée sur des faits avérés et la correspondance signée de Marx, qui justifie cette parole « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer » et débouche sur la publication du « Manifeste du Parti Communiste », document catalogué de révolutionnaire et inédit.

        À l’issue de ce film, j’ai eu la réflexion suivante :

        « Comment un idéal peut-il être dévoyé à ce point, si ce n’est par des assoiffés de pouvoir et de gloriole, devenus dictateurs et véritables injures vivantes au prolétariat qu’ils prétend(ai)ent être les représentants ? »

        2 min

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