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Or


Alors que la pratique avait été abandonnée depuis bientôt une décennie suite à la condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme, l’État belge a progressivement remis en service le fameux « 127bis », bâtiment situé près de l’aéroport national, utilisé pour les étrangers susceptibles d’être expulsés.
Ainsi, en 2011, il fut à nouveau question de centre fermé pour familles avec enfants, cependant sous certaines conditions, texte émanant d’élus libéraux et socio-chrétiens (dits « humanistes ») et appliqué en 2012 sous un gouvernement comprenant, cette fois, des socialistes. Et puis, en ce mois d’août 2018, accélération de cette exécrable manière d’agir par le secrétaire d’État Théo Francken, nationaliste chargé de l’asile et de la migration.
Les réactions outrées ne manquent pas mais rien n’y fait ! Même le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations-Unies n’est pas arrivé à faire fléchir le gouvernement fédéral belge. Pourtant, il exhorta la Belgique à ne pas enfermer des enfants en vue de leur expulsion avec leur famille : « Les enfants sont vulnérables et ont besoin de soins spécifiques. Nous devrons les traiter d’abord et avant tout comme des enfants, et non comme des étrangers en situation irrégulière. Même s’ils sont détenus avec leur famille ou seulement pour une courte durée, la détention peut avoir un effet dévastateur sur le développement physique, émotionnel et psychologique des enfants. »
Le texte officiel du gouvernement belge a obligatoirement été signé par le chef de l’État, pour rappel, le roi Philippe, non élu démocratiquement, et, ici aussi, des questions se posent. Son épouse, la reine Mathilde, qui se targue d’être « la voie royale pour les enfants » en étant présidente d’honneur d’UNICEF-Belgique est soudain bien silencieuse. Et puis, pourquoi Philippe a-t-il signé ce document alors qu’il avait légalement la possibilité de contourner cette sale besogne, comme le fit son oncle Baudouin, se mettant en impossibilité de régner durant une trentaine d’heures pour, je cite, « grave problème de conscience » au moment d’avaliser la loi partielle sur l’IVG ?
On n’est plus à une entourloupette dans la capitale de l’Europe, non ? En attendant, les politiciens belges qui, en 2011 et 2018, ont progressivement voté une loi autorisant l’enfermement des enfants et ce avec la bénédiction du Palais royal, ont-ils la conscience tranquille ?
Poser la question est peut-être y répondre. Ce qui est certain, c’est que le bruit des bottes s’accentue…
Photos : Isabelle Marchal, que nous remercions.
Riccardo Petrella, politologue et économiste italien, est une figure emblématique de l’altermondialisme. Son combat (très connu) pour la défense du droit universel et prioritaire à l’accès à l’eau relève de la citoyenneté, de l’écocitoyenneté et de la démocratie. Il accordé une courte interview à notre partenaire POUR et clame : « Nous ne sommes pas en démocratie ! »
« On ne peut pas dire que nous sommes en démocratie. Qu’est-ce que ça veut dire être en démocratie ? La démocratie ne signifie pas simplement que le peuple a le pouvoir. C’est évident qu’il ne l’a pas.
Cela signifie également que les gens peuvent participer en étant responsables. Mais à l’heure actuelle, de quoi les citoyens sont-ils responsables ? Tout a été privatisé ! Tout !
L’eau, l’hôpital, les connaissances, le sol, les semences…
Comment peut-on penser qu’il y ait de la démocratie, même au niveau local lorsque les décisions réelles, pas seulement la propriété effective, mais les décisions sur les choses importantes, sur la vie, sur l’alimentation, l’agriculture, la guerre ou pas… sont prises, non pas par le pouvoir politique, elles sont prises par les pouvoirs privés mondiaux qui se sont emparés de tout grâce à la complicité du politique.
Alors c’est difficile de dire que l’on est en démocratie. »
Voici la vidéo que POUR a réalisée avec Riccardo Petrella :
https://www.facebook.com/pour.press/videos/1683143628450190
POUR un partanariat avec Fréquence Terre – Ecolodio
Le magazine POUR fut fondé en 1973 et avait pour slogan : « Pour écrire la liberté ». Sa ligne éditoriale se situait au confluent d’idées libertaires de Mai 68, de nouveaux mouvements sociaux, féminisme, comités de quartier, antimilitarisme, écologie politique, mouvement antinucléaire…
En 1981, ses locaux et rotatives furent complètement incendiés par des militants de l’extrême droite.
Mais, depuis juin 2015, et avec le même slogan, POUR revit de ses cendres et a, à nouveau, pour objectif de contribuer à l’édification d’une société démocratique, libre, juste, solidaire et durable. Pour ce faire, l’équipe de POUR développe un bouquet d’outils multimédias tels qu’un site Internet, une présence sur les réseaux sociaux, des outils audios et vidéos, un journal d’intervention de masse (le journal POUR), des cahiers politiques et des conférences-débats.
D’une renaissance à l’autre
À l’issue de problèmes indépendants de sa bonne volonté, la direction de Fréquence Terre publia ce communiqué au début du mois de juillet dernier : « Suite à la dissolution volontaire de son association (Objectif Terre), le site d’information Fréquence Terre disparaît. Vous retrouverez toute l’activité de l’ancienne équipe sur Écolodio, site de podcasts dédiés à l’écologie, à la nature, à l’environnement, à la Société…
La web radio Fréquence Terre garde son nom, mais n’est plus encadrée par l’association Objectif Terre. Pour vous, chers auditeurs et visiteurs réguliers, rien ne change, sauf le nom. »
Et, comme POUR, Fréquence Terre-Écolodio vient de renaître de ses cendres et ses objectifs n’ont pas changé ! Elle est une équipe de journalistes spécialisés dans la problématique environnementale proposant chaque semaine des chroniques diverses et variées sur les thématiques de l’écologie, du développement durable, de la nature, de l’environnement, de la Société…
Son site est associatif et collaboratif et ses membres, tous bénévoles, journalistes, chroniqueurs, éditorialistes…, ont à cœur de partager leurs préoccupations et leurs expériences en matière de bonnes pratiques écologiques et sociétales.
Leur but est de sensibiliser et éveiller les consciences pour que tout le monde fasse sa part dans la protection de notre planète et le bien-être des populations.
« Nous garantissons une liberté d’expression et de ton totale », clament-ils. Alors, quand deux médias d’une presse alternative et indépendante ont de tels objectifs, ils ne pouvaient donner naissance qu’à un heureux événement : en ce mois d’août 2018, ils sont concrètement devenus partenaires en échangeant certaines de leurs chroniques.
Assurément, cette presse-là est encore bien vivante et personne ne la fera taire !
www.pour.press et www.frequenceterre.com
À plusieurs reprises, « Fréquence Terre » a consacré des reportages à l’humusation, dont un dossier spécial « Mourir, puis donner la vie ». En voici un passage :
« L’humusation, contrairement à l’enterrement ne nécessite:
L’humusation, contrairement à l’incinération ne génère:
Au contraire, l’humusation crée un humus riche, utilisable pour améliorer les terres. Un processus de remise à la terre doux, respectueux de la personne et durable. »
Après une longue lutte, principalement développée par la fondation « Métamorphose », ce jeudi 19 juillet 2018, peut être considéré comme une grande victoire pour l’environnement en Belgique.
En effet, le gouvernement bruxellois vient de communiquer à ce sujet et cela est relayé par la presse (notre source : quotidien la DH) :
« Bientôt, les musulmans et le juifs de Bruxelles pourront être enterrés dans un linceul, annonce La Capitale. « La législation sur ces matières datait de 1971, il était indispensable de moderniser le tout afin que chaque citoyen puisse faire son choix le moment venu », assure le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS). « De nouvelles techniques ont vu le jour en matière de sépultures et nous avons décidé de les autoriser. La refonte de ce texte est une plus-value afin de respecter toutes les convictions religieuses et philosophiques reconnues. » Cette ordonnance autorise également l’humusation (laisser le corps se décomposer dans un compost) ou l’aquamation (cette technique dissout le corps dans de l’eau chaude contenant un produit particulier). »
Ce dossier spécial de « Fréquence Terre » avait attiré l’attention de nombreux auditeurs et lecteurs, quelque 8.000 lectures du podcast en faisant foi, gageons que la présente information ravira aussi tous les défenseurs du respect de la Nature !
Ostende, la « Reine des Plages », à quelques dizaines de kilomètres de la frontière française, et son musée Mu.Zee devraient attirer les 250.000 Français résidant en Belgique, ainsi que tous les vacanciers venus de l’Hexagone.
Ensor appréciait la cité balnéaire au point d’en faire sa muse et source d’inspiration, mais, aussi, l’impétueuse Mer du Nord, les festivités carnavalesques et les masques.
Sur place, les explications donnent un éclairage surprenant de cet artiste aux œuvres internationalement connues au point d’être exposées, parfois de manière itinérante, à New York, Chicago, Los Angeles, Utrecht, Tokyo, Bâle, Liège, Copenhague, Anvers, Londres… : « Il voulait être original et continuer à innover pour produire des œuvres qui ravissent le spectateur. Son objectif final était de partager cet état de béatitude qu’il ressentait devant la beauté de la mer, ou quand inspiré par le nacre d’un coquillage, il peignait des scènes religieuses, des paysages ou des natures mortes. »
Et, pourquoi ces tableaux représentant de nombreux masques ? La mère de l’artiste tenait une boutique de souvenirs et vendit toute sa vie des fleurs, des coquillages, des vases chinois et des masques. Ce fut pour le peintre une source d’inspiration. Mais, derrière ces masques se cache aussi une symbolique très forte :
« Si le masque joue un rôle mineur dans la peinture occidentale, il va tenir le premier rôle dans l’œuvre d’Ensor à partir de 1888, jusqu’à devenir sa marque de fabrique. C’est sa contribution la plus marquante à l’art moderne. L’ambiguïté du masque devient dans son œuvre un instrument pour démasquer la nature humaine. »
[1] Léon Spilliaert, autre peintre aimant Ostende, est associé à Ensor lors de cette exposition.
Si, de plus en plus de gens se tournent vers le bio, d’aucuns prêtent à nouveau une attention soutenue à l’artisanat, gage de qualité. À l’occasion d’un important Marché médiéval[1], comme il en fleurit aux quatre coins de l’Europe, l’occasion était belle d’aller à la rencontre d’artisans, tel Kévin[2], sellier, harnacheur, maroquinier breton (extraits des interviews repris dans leur totalité dans le podcast situé sous l’article):
Je travaille sur commande et sur mesure. Je fabrique toutes sortes d’objets en cuir : sacs à main, escarcelles, sacoches pour ceintures, morceaux d’armures pour les joueurs de jeux de rôles, troupes de déambulation, jongleurs de feu, des masques, des plateaux, aussi, car je me suis acheté un tour à bois…
Je suis cavalier à la base, j’ai fait toutes mes études dans le milieu du cheval, donc un contact permanent avec le cuir. Néanmoins, je me suis abîmé le dos et il a fallu que je change d’orientation et, comme je ne voulais pas quitter le milieu du cheval, j’ai suivi une formation au Haras de La Roche-sur-Orient. J’y ai été formé par un maître sellier, meilleur ouvrier de France. Il m’a transmis son savoir, m’a appris à travailler entièrement à la main, à la traditionnelle !
Et, comme c’est une règle d’or dans les haras nationaux, je transmets à mon tour. On est donc dans la philosophie du Compagnonnage (…)
Mais, un Marché médiéval, c’est aussi une fête et qui dit fête, dit musique. Jérémy de Lombaerde du duo DLC[3], évoque aussi la musique artisanale, la tradition et la transmission :
Nous jouons principalement de la musique à danser, traditionnelle, répertoires irlandais et bretons souvent recueillis fin du XIXe siècle et début du XXe. Ces musiques ont été collectée à cette époque-là, mais elles existaient bien avant et elles continuent d’évoluer.
Nous exécutons da la musique « artisanale » puisqu’elle est assez proche d’une commande que recevrait un artisan, aménagement ou non, proposition de notre service…
Notre but est aussi de transmettre et, personnellement, je donne des cours aux Jeunesses musicales, qui enseignent des chants, des danses, des musiques, c’est donc bien dans ma philosophie.
DLC comme De Lomberde[4] et Castillo et c’est ce dernier qui offre un aperçu de son talent en exclusivité pour les auditeurs de « Fréquence Terre » et nos radios partenaires.
[1] 26e Édition à Etterbeek, Bruxelles.
[2] www.atelierdemilune.com
[3] Les extraits musicaux de cette chronique sont de leur interprétation audit Marché médiéval.
[4] www.facebook.com/jeremy.delombaerde
Christophe Scavée est cardiologue et professeur d’université[1], mais, surtout, spécialiste de réputation internationale en rythmologie. Il vient de publier un ouvrage[2] à l’heure où, dans le monde entier, l’alerte est donnée sur le nombre impressionnant de morts subites et accidents cardio-vasculaires majeurs.
Certes, on sait que le cœur est l’organe vital par excellence, mais, jamais, semble-t-il, il n’en a été autant question ces derniers temps : des dizaines de morts subites quotidiennement (130 en France, 30 en Belgique…), pas seulement chez les nourrissons, décès de jeunes sportifs lors de compétitions, tel le cycliste Michaël Goolaerts au récent Paris-Roubaix, aorte défaillante du roi Albert II, cri d’alarme lancé par des centaines de spécialistes sur les effets cardio-vasculaires de la pollution atmosphérique dans les villes…, au point que se succèdent des campagnes de prévention : Semaine du Rythme cardiaque en Belgique, Journée Mondiale du cœur, Parcours du Cœur en France dans près de 1.000 villes avec quelque 200.000 participants… C’est dire l’ampleur de ce « fléau » !
La mort subite cardiaque (MS) a toujours existé et n’est pas un phénomène nouveau. Elle peut toucher toutes les tranches de la population. Les statistiques vont de 0,1 à 0,2% avec, bien entendu, des pics d’incidence chez les personnes âgées et surtout à partir de 35 ans. Rappelons que la MS d’origine cardiaque est une mort naturelle et représente à peu près 13% du total des morts naturelles et la moitié des morts d’origine cardiaque.
Pacemakers et cœurs artificiels
Le pacemaker ou stimulateur cardiaque est un petit appareil électronique que l’on implante chez les patients dont le rythme est trop lent et il prolonge leur vie. Actuellement, il existe des stimulateurs cardiaques de la taille de 1 à 2 cm maximum. Ils sont donc faciles à implanter chez des personnes âgées, et c’est surtout une fantastique évolution qui va dans le sens de l’amélioration des soins de santé. Les progrès vont aussi dans le sens de la réparation d’un cœur qui est en partie détruit. On sait qu’il y a la transplantation cardiaque, mais elle a ses limites parce qu’il faut des donneurs et des cœurs nouveaux à transplanter, ce qui n’est pas toujours facile. Du coup, la technologie répond aussi à cette disponibilité par la création de modèles complètement artificiels. Les études sont en cours pour créer des appareils les plus performants possibles permettant de supplanter un cœur naturel. Les progrès sont présents et il y a de nombreux espoirs !
Facteurs de risques
Les principales causes de maladies cardiovasculaires se retrouvent dans nos mauvaises habitudes de vie : fumer, avoir trop de cholestérol, diabète, tension artérielle trop élevée, sédentarité. Cela concerne beaucoup de gens au-delà de 35 ans et ces facteurs de risques peuvent causer des infarctus et la mort subite. Chez les patients plus jeunes, il y a des maladies génétiques, souvent d’origines familiales, plutôt rares mais qui peuvent occasionner des dégâts cardiaques importants, comme la MS telle qu’on la voit dans le sport de compétition, par exemple.
Quelques conseils
C’est d’avoir un mode de vie le plus sain possible ! Au mieux, essayer d’éradiquer tous les facteurs de risques : mauvaise alimentation, manger trop gras, trop salé, trop de graisses animales, saturées et « trans », c’est-à-dire des graisses végétales industrielles transformées que l’on retrouve dans les pâtisseries, gâteaux, biscuits… Il faut aussi faire de l’activité physique, qui va modéliser notre cœur et notre rythme cardiaque et prévenir le développement de maladies cardio-vasculaires, diminuer des arythmies graves, comme la MS.
L’OMS (Organisation Mondiale Santé) conseille de pratiquer régulièrement trois heures d’activités physiques par semaine. Cela permet de gagner en qualité de vie et, surtout, de survie, car marcher de 10 à 15 minutes par jour, prolonge la vie de trois ans en moyenne. Donc, les recommandations sont relativement simples : elles sont à la fois diététiques, éliminer nos facteurs de risques, moins de stress, arrêter de fumer, réduire sa consommation d’alcool… Ainsi, quand on voit les jeunes en consommer de plus en plus, cela devient toxique à un certain niveau !
Et puis, il y a également lieu de pratiquer du yoga, de la cohérence cardiaque et, ainsi, on peut agir au niveau de notre mental, ce qui aura une influence bénéfique sur notre bien–être.
[1] UCL : Université catholique de Louvain et études spécialisées à l’Hôpital cardiologique Haut-l’Évêque de Bordeaux.
[2] « Rythme cardiaque, rythme de vie », Professeur Scavée, Éditions Mardaga, 320 pages, 19.90 euros, parution : mi-mai 2018.
Ostiches, charmant village à une quarantaine de kilomètres de la frontière belgo-française, allie harmonieusement le patrimoine à l’artisanat en organisant, entre autres, la Fête du Moulin[1], la Rencontre internationale[2] de la Coutellerie. L’occasion pour « Fréquence Terre » d’aller aussi à la rencontre de ces artisans soucieux de transmettre leur savoir-faire et de perpétuer des traditions fraternelles séculaires, comme nous l’explique Dirk Bourguignon, maître coutelier, forgeron et co-fondateur de la Guilde de la Forge[3].
Historiquement, il y eut une initiative dans le village consistant à restaurer un moulin à vent (XVIIIe siècle) racheté par la Ville d’Ath. Est né un comité composé de plusieurs meuniers, qui déboucha sur un deuxième projet : la remise en marche de la Forge d’Ostiches. Au départ, je n’étais pas très enthousiaste et puis, en me liant d’amitié avec Paul et Pascal, je ne pus ignorer l’existence de cette forge historique située derrière l’église du village. Il fallait, donc, préserver ce patrimoine et, à présent, je l’anime dans un esprit de bonne volonté et, en plus, c’est finalement une heureuse initiative pour le métier à laquelle je coopère depuis des années.
Association, formations, démonstrations, Rencontre internationale de Coutellerie qui, en 2018, en est à sa dixième édition… sont donc le magnifique résultat d’une harmonie entre métier et patrimoine !
Ce genre d’événement réunit des couteliers de métier et des gens qui ont cette activité comme hobby. Ils proviennent parfois de loin (Caucase, Tchétchénie, Russie…) pour nous apporter leurs connaissances et une certaine diversification. Des Français nous aident et soutiennent également, nous Néerlandophones et Francophones de Belgique, tous réunis.
J’ai l’impression que votre association développe les principes du Compagnonnage, c’est-à-dire, excellence du métier et fraternité universelle…
[1] Week-end du premier dimanche de juillet.
[2] 12 et 13 mai 2018.
[3] www.forge-ostiches.be
Cinq chroniques consacrées au 50e anniversaire de Mai 68 : Slogans, Radio Barricades, Che Guevara, L’« autre » Mai 68 : pacifisme libertaire, désobéissance civile, activisme non violent, Les « enfants » de Mai 68, la presse alternative, Mai 68 perçu dans les médias cinquante ans plus tard…[1]
De nombreux historiens évoquent une embellie après les affres de la Seconde Guerre mondiale : « La période dite des ‘Trente Glorieuses’, de 1945 à 1973, fut pour les pays industrialisés occidentaux d’une prospérité exceptionnelle »[2]
C’est ainsi que s’écrit l’Histoire ! Prospérité exceptionnelle pour qui ? Pour des industriels, dont certains avaient pactisé avec Hitler et ses sbires, échappant, aussi, à rendre des comptes ? Pour des nantis qui avaient planqué leurs avoirs en Suisse ou avaient pris la fuite aux États-Unis ? Pour des opportunistes se servant allègrement aux mannes déversées par l’Oncle Sam pour redresser l’Europe ? Pour des patrons qui accéléraient les rythmes de productions sans pour autant se préoccuper du bien-être des travailleurs ou faisaient appel à une main-d’œuvre étrangère traitée comme des parias, les guerres de 14-18 et 40-45, ayant décimé la population masculine européenne ? Pour des politiciens qui imposaient le principe si peu démocratique de la particratie ?[3]
Car, ne nous y trompons pas, ce fut aussi au temps des ces « Trente Glorieuses », que la classe ouvrière dut monter au créneau (au prix de nombreuses victimes massacrées par les forces dites de l’ordre ou armées aux ordres des classes dirigeantes) pour arracher quelques droits, car, comme l’explique Gérard De Coranze, Prix Renaudot et de l’Académie française, dans son roman « Laisse tomber les filles »[4] au sujet du monde ouvrier de l’époque : « Un monde du travail où règnent la peur, les accidents de travail, les conflits sociaux, les fours qui explosent, la mort des ouvriers maghrébins respirant à pleins poumons la poussière de graphite… ».
Luttes citoyennes
Autres luttes citoyennes furent celles pour acquérir une relative sécurité sociale, une petite revalorisation salariale, sans oublier, le droit enfin donné au peuple (femmes y comprises), d’élire leurs représentants aux assemblées de l’État, d’un enseignement pour toutes les classes sociales, ensuite, au fil des décennies la défense de l’environnement, tel l’exemplaire combat des habitants du Larzac qui, à la force qui voulait voler leurs terres, répondirent, durant dix ans, de manière pacifiste et finirent par gagner la partie !
Et puis de Charlie Hebdo à l’hebdomadaire POUR, dont le slogan, est « Pour écrire la liberté » et qui, après vu ses locaux partir en flammes par la main de militants d’extrême droite, déclara : « Ils ne nous feront pas taire ! », ce fut aussi la naissance des radios dites libres, d’une presse plus indépendante, moins scotchée aux pouvoirs et aux publicitaires.
Le regretté Cabu dit à ce propos[5] : « En mai 68, j’étais tous les jours à la Sorbonne. C’est le seul moment où j’ai cru que l’intelligence arrivait au pouvoir. Les élections qui ont suivi m’ont déçu. C’était trop tard, la société de consommation était déjà amorcée. Dès que l’essence est revenue, c’était fini (…) Le général de Gaulle n’a pas compris, en mai 68, que la jeunesse avait d’autres aspirations. Il n’était pas tourné vers les jeunes. Il s’est même rendu à Baden-Baden, pour demander au général Massu s’il avait l’appui de l’armée. Sans être un dictateur, il était autoritaire. Un an après mai 68, il nous a laissé le silence. On parle souvent de moi comme un ex-soixante-huitard, c’est vrai, je le revendique. »
Et aujourd’hui ?
J’ai récemment lu, ci et là, qu’à partir des années 90, on entra dans le temps de l’indifférence, dans l’ère du chacun pour soi, de l’individualisme érigé en règle de vie. Certes, il y a encore des idéalistes, des militants, mais 60% des jeunes pensent que l’humanité vit une période de régression et 83% croient que le monde va à sa destruction.
Il y a quelques jours, un syndicaliste déclarait sur les antennes de France Inter : « C’est à partir de mai 68 que l’on a reconnu la légitimité du syndicalisme dans les entreprises, avant cela tout devait se faire à l’extérieur. En mai 68, il s’agissait de forces vives qui pouvaient renouveler le pays… »
Désabusé, il conclut : « Pourquoi assiste-t-on à une érosion du syndicalisme depuis quelques années ? Parce que, avant, on trouvait normal de se syndiquer par solidarité sociale et puis, on assista à un renversement pour faire de plus en plus place à l’individualisation ! Des salariés ne connaissent même plus leur patron vu la mondialisation, des employés et ouvriers sont licenciés au nom de la « restructuration », alors que les actionnaires de leurs entreprises s’enrichissent de plus en plus… D’où, transformation culturelle des rapports entre patronat et syndicalisme : à la place du dialogue, c’est redevenu le ‘ diviser pour régner ’ ! »
Mais, ne terminons pas cette série consacrée à « Mai 68 » sur une telle note défaitiste et pessimiste : Fréquence Terre et notre partenaire POUR sont là pour rappeler qu’aux quatre coins de la planète, il y a encore des citoyens qui oeuvrent pour une société plus juste et plus humaine. Un slogan tellement prisé en mai 68 !
[1] « Night in white satin », Moody Blues, 1967, « Éloïse », Barry Ryan, 1968, « San Francisco », Scott Mc Kenzie.
[2] Wikipédia, 2018.
[3] Extrait de ma participation au livre « Combats d’un humaniste algérien » de Larbi Adouane, à paraître aux Éditions Champs-Élysées-Deauville.
[4] Albin Michel, 2018.
[5] Éditions Glénat/Vents d’Ouest, Grenoble, 2007.
En 1978, à Couvin, jolie ville wallonne d’une douzaine de milliers d’habitants traversée par l’Eau Noire, rivière qui lui donne un charme incomparable, située à deux ou trois kilomètres à peine de la France, non loin des sources de l’Oise et du fameux 50e Parallèle, également en terre belge, le ministre des Travaux publics projetait l’édification d’un immense barrage dans la splendide vallée, en amont de la cité. La remarquable vallée aurait donc été engloutie par cette construction.
Ce barrage démentiel devait être érigé sur un terrain inadéquat, et il fit aussitôt penser à la rupture du barrage de Malpasset, en 1959, en amont de Fréjus, qui fit 423 morts et disparus emportés par 50 millions de m³ d’eau.
Alors, les Couvinois se mobilisèrent et livrèrent une bataille homérique qui finit par emporter le… projet !
Cette action citoyenne démontra que la force d’un mouvement populaire peut vaincre les politiciens et lobbyistes associés. Ses actions étaient des chahuts, chaulages, occupations, corsos fleuris, billets de banque convertis en tracts, création de Radio Eau Noire, première radio libre de Belgique, qui émettait clandestinement depuis la forêt environnante…
Ce mouvement composé de fermiers, ouvriers, fonctionnaires, commerçants, hommes, femmes, jeunes, personnes âgées, tous au-delà de leurs éventuelles convictions politiques, religieuses, idéologiques, toutes classes sociales et culturelles confondues, luttèrent durant neuf mois.
« Une lutte inventive, humoristique et furieusement déterminée, mais surtout non violente », comme le rappelle un documentaire diffusé quarante ans plus tard sur ARTE (29 avril 2018, 18h), visible sur Youtube, et thème d’une chronique dans le « SoirMag » (8 août 2018).
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