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By Nature sans frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Ardennes françaises mystérieuses (52-2/61) : Saint-Menges : Un intérêt majeur du Patrimoine

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Saint-Menges est un village situé au nord de Sedan et à sa mairie on m’a directement évoqué l’église qui se trouve juste en face du bâtiment civil officiel :

    « L’église Saint-Memmie constitue un élément important du patrimoine sedanais, tout en incarnant la conjugaison de différents types d’architecture, communion des cultures ardennaises et champenoises, union du schiste et de la pierre calcaire.

    Un monument à faire connaître et à respecter, toujours empreint du souvenir des terribles Guerres de Religion, témoins des vicissitudes d’un passé foisonnant… »

     

    L’église Saint-Memmie.

     

    Saint Memmie ou saint Menge (s)

     

    Romain de naissance, il fut envoyé en Gaule et il prêcha l’évangile. Il devint le premier évêque de Châlons en Champagne et premier évangélisateur de la région.

    D’abord repoussé par la population, il se retira dans les bois, attendit, pria, travailla… ressuscita le fils du gouverneur qui s’était noyé.

    D’autres miracles émurent les habitants : l’heure de l’évangélisation avait donc sonné !

    Memmie est mort à la fin du IIIe siècle.

    Depuis 1318, ses reliques sont contenues avec celles de sa sœur, sainte Pome, dans une châsse.

     

    Prison ou Palais ducal

     

    Au XVIe siècle, Saint-Menges, situé aux portes de la principauté souveraine de Sedan, protestante, fut la cible de bandits, on craignait des heurts entre catholiques et calvinistes, des incursions de mercenaires allemands…

    L’église a été fortifiée, ainsi que le mur d’enceinte du cimetière, comme celui de Douzy, de Floing, d’Illy…

    Alors, le mur pignon de l’édifice religieux fut soutenu du côté nord par un fortin, percé de petites canonnières, le tout nommé « Prison » ou « Palais ducal ».

    La tour carrée contient un escalier en colimaçon fabriqué de vieux chênes datant du XIVe au XVe siècle.

    Cet endroit servit de mairie, Saint-Menges fut « débaptisé » à la Révolution et s’appela « Union » et l’église transformée en « temple de la déesse Raison ».

     

    Sur le linteau du grand portail, une inscription fut peinte : « La Convention reconnaît l’existence d’un Être suprême et l’immortalité de l’Âme ».

    Au XIXe siècle, l’église fut restaurée, mais, durant la guerre 1914-1918, une infirmerie allemande y fut installée, les cloches volées par l’occupant, les vitraux détruits lors de la Seconde Guerre mondiale…

     

    Prison ou Palais ducal.

     

     

    Aujourd’hui, on remarque le chœur gothique du XIIIe siècle et sa piscine liturgique, des colonnettes à crochets, un reliquaire contenant des ossements sacrés de saint Memmie, des fonts baptismaux en marbre rouge du XVIIIe siècle, des dalles tumulaires…

     

    La Maison forte

     

    À quelques mètres de la frontière belge, en traversant la Forêt de Sedan, une maison fortement détériorée où flotte un drapeau tricolore français attire l’attention. Il est même demandé au passant de se souvenir…

    De se souvenir de l’offensive allemande du 10 mai 1940, que les Allemands entrèrent dans Bouillon le 11 mai, foncèrent vers la Meuse à l’Ouest avec pour but : atteindre Dunkerque au plus vite.

    Quelques maisons avaient été construites tardivement à la veille des hostilités, le long de la frontière, et elles n’étaient fortes que de nom. Bien sûr, elles ne purent que retarder brièvement l’avancée inexorable du torrent humain et mécanique nazi.

     

     

     

     

     

    « Ici, le 12 mai 1940, sont tombés glorieusement au combat, pour la défense de tes libertés : le lieutenant Boulenger, le brigadier Collette, le pointeur Guilbert, les canonniers Bellenou et Le Gleut. »

    Ici, sur le territoire de Saint-Menges, le 12 mai 1940, le lieutenant Boulanger et ses quatre hommes ouvrirent le feu sur les premiers chars ennemis au débouché de la forêt.

    À vrai dire, ils firent le sacrifice de leur vie en résistant jusqu’au bout pour la liberté, pour notre démocratie. Il faut, effectivement, s’en souvenir avec respect.

    Militaire ou pacifiste ?

     À Floing, un village situé entre Saint-Menges et Sedan, le monument du Général Margueritte attire surtout l’attention par sa dédicace :

    « La famille du général Margueritte, qui porte le nom d’une commune des environs de Nîmes, est originaire du Gard, mais les hasards de la vie l’ont fait naître dans le département de la Meuse en 1823.

    Brillant officier de cavalerie, il prend part à la campagne du Mexique en 1867 avant de prendre le commandement du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique en Algérie.

    Le général Margueritte.

     Rappelé en France comme général de brigade, il est nommé général de division le 29 août 1870 pour prendre la tête de la 2ème Division de réserve de cavalerie formée en toute hâte de quatre régiments d’élite et de deux batteries d’artillerie.

    C’est au moment où la cavalerie va s’élancer contre l’infanterie ennemie qu’il est mortellement blessé, au début de l’après-midi du 1er septembre. Transporté en Belgique, il meurt à Beauraing le 6 septembre.

     

    Cette belle statue pleine d’ardeur tragique, rendue à la France par l’Algérie en 1968, a été transportée de Kouba à Floing pour être placée au cœur même de la commune : elle est celle d’un chef exemplaire qui, avec ses cavaliers, se sacrifie pour que l’honneur soit sauf alors qu’il savait la situation sans espoir.

     

    Quelques-unes de ses plus belles paroles ont été : « Je crois que ma véritable vocation n’est pas d’être soldat. Je n’aime pas la guerre. J’en ressens l’entraînement quand je suis soumis à son action, mais de sang-froid j’en ai horreur : bâtir, planter, cultiver la terre, faire des travaux d’utilité, voila ce qui me convient, et c’est à cela que j’ai trouvé satisfaction dans ma carrière. Signé : Général Margueritte. »

     

     

     

     

     

     

     

     

    3 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (51 et 52/61) : RUMIGNY : Village de savants et SAINT-AIGNAN : Druidesses et fées

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    Outre l’église Saint-Sulpice (monument historique) située sur une motte et possédant des fonts baptismaux datant du XIIe siècle, Rumigny est connu pour sa demeure fortifiée moyenâgeuse « Cour des Prés » qui accueillit, au XIXe siècle, le savant Édouard Piette, l’un des principaux fondateurs de l’archéologie préhistorique. Rumigny vit aussi, en 1713, la naissance de l’astronome Nicolas de La Caille, celui qui, en 1752, fut le premier à mesurer la distance entre la Terre et la Lune.

     

    Édouard Pierre est né en 1827 à Aubigny-les-Pottées, également dans les Ardennes, et est décédé à Rumigny quelque quatre-vingts ans plus tard et une vie bien chargée ! Jugez-en.

    Avocat puis juge de paix dans le Nord, dans le Gers, à Angers, son temps libre était consacré à la géologie, une passion qui le mena à l’archéologie préhistorique, à l’Antiquité : fossiles, nécropoles gauloises et mérovingiennes, grottes, pierres gallo-romaines, sculptures, statuettes, tumulus…

    Grâce à sa méthodologie scientifique et à son refus de vendre ses découvertes, il se composa une importante collection disposée dans une aile du château de la Cour des Prés, acquis par son grand-père.

    En 1902, le Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye hérita de ce trésor fabuleux, dont le célèbre « Dame de Brassempouy », « Dame à la Capuche », en stéatite datant de 21 000 avant Jésus-Christ.

    Quant à Nicolas de La Caille (1713-1762), après des études à Mantes, Paris…, il fut nommé maître ès arts, ensuite bachelier en théologie, devint élève de l’astronome Cassini, puis professeur de mathématiques, entra à l’Académie des Sciences…

    Il mesura, observa, construisit (un observatoire astronomique en Afrique du sud, par exemple), fit des relevés multiples, nomma des constellations et des corps célestes (étoiles, astéroïdes, cratère lunaire…)…

    Un télescope de l’île de la Réunion et une rue de Paris portent son nom.

     

    Nicolas de La Caille.

     

    Saint-Aignan est situé à une dizaine de kilomètres de Sedan et il s’y racontait des histoires assez édifiantes. Jugez-en.

    Le « Bois de la Cucue » était connu pour être une carrière de pierres utilisées pour la construction des maisons, des ponts, des églises… et elle aurait été occupée par d’anciennes druidesses devenues des fées.

    Cette carrière était composée de failles assez profondes. Elles communiquaient avec des salles d’où s’échappaient les vapeurs et odeurs des repas préparés par les fées, disait-on.

    Deux autres anecdotes étaient racontées à Saint-Aignan et dans ses environs. La première : à la « Queue de Cheveuge », un souterrain passait sous la forêt. Son entrée était située dans les ruines du château et le châtelain y aurait été enterré vivant. La deuxième : alors qu’un sort avait été jeté sur tout le bétail du village, les vaches moururent le même jour et furent également enterrées en cet endroit.

     

    Ces anecdotes ont-elles un rapport quelconque avec le fait que le Canal des Ardennes (près de 90 km de Vieux-lès-Asfeld à Dom-le-Mesnil) emprunte un raccourci à Saint-Aignan à travers un… tunnel ?

    À voir : oratoire et vestiges d’un château, le lavoir « christianisé » et l’église étant inscrits aux Monuments historiques.

     

     

    5 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (50/61) : ROCROI : Une belle étoile sur Terre (et RAUCOURT et FLABA)

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    « Rocroi est le genre de ville à visiter d’abord depuis la voie des airs avant d’en arpenter les rues qui sont autant de bras d’une belle étoile sur Terre », selon l’Office de Tourisme local.

    La Bataille de Rocroi par François-Joseph Heim (1787-1865), tableau exposé dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles.

     

    Trois illustres noms pour présenter Rocroi de manière « historique » : François Ier, Henri II et Vauban, qui ont participé à l’érection de cette place forte au même titre que vingt-cinq autres endroits supposés arrêter les armées ennemies.

    Rocroi est aussi une cité connue pour la Bataille de 1643 et la victoire des Français sur l’envahisseur espagnol, grâce au duc d’Enghien, autrement appelé le Grand Condé.

    C’est Louis XIII qui, en 1614, acheta ce « roc » qui devint tout logiquement « roc-roi ».

    La place d’Armes, où se trouve un puits depuis 1555, est le centre de l’étoile d’où partent les rues menant aux remparts. À dire vrai, dix rues convergent vers le Grand-Puits installé au centre de la place, il est orné de mascarons en bronze à tête de lion.

    Trois autres lieux sont proposés par le guide découverte « Les Ardennes » : le Musée de la Bataille, le Circuit de la Bataille et l’Atelier du figuriniste (fabricant de figurines) Denis Huré.

    RAUCOURT ET FLABA (France) : Manger, ne pas être mangé !

     Moins de mille habitants et trois fermes fortifiées font partie du patrimoine de ce village qui souffrit beaucoup des bombardements de la Luftwaffe en mai 1940 : Ferme de la Malmaison qui porte les armes des de Mecquenem (le Nobiliaire universel de France regorge de de Mecquenem célèbres, surtout au XIXe siècle), la Ferme de Montgarni et la Ferme de l’Ennemane (petite rivière d’une dizaine de kilomètres, affluent de la Meuse.)

    Le Portail du Canton de Raucourt précise au sujet des fermes fortifiées : « Depuis que l’homme est apparu sur la Terre, il n’a eu de cesse que d’en tirer sa subsistance et de se protéger contre un environnement hostile. L’expression « ferme fortifiée » contient cette double préoccupation humaine de tous les temps : manger et ne pas être mangé ! La ferme permet de se nourrir et si elle est fortifiée on peut s’y défendre : nos terroirs ardennais possèdent de nombreuses fermes isolées assez souvent fortifiées ou d’anciennes maisons fortes devenues des fermes. Ces « maisons fortes » montaient la garde aux passages-clés tant dans les vallées que sur les chemins des plateaux, mais pouvaient aussi n’être qu’une auto-défense villageoise ou seigneuriale.

    Le plateau qui domine Raucourt et ses environs vers l’Ennemane ou, au sud-ouest, vers la Bar est justement caractérisé par un habitat dispersé qui avait besoin de se défendre contre les bandes armées qui infestaient nos campagnes au cours des guerres interminables, telles que la guerre de Cent ans ou les guerres de Religions. »

     

     

    2 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (49/61) : RIMOGNE : Le fantôme et la poule

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

     

    « À moins d’une vingtaine de kilomètres de Charleville-Mézières, une croix aurait été dressée dans le champ d’un fermier de Rimogne qui aurait tué sa femme, disait-on. Il l’avait rencontrée sous la forme d’un fantôme tout blanc et elle était accompagnée d’une poule noire qui, on le devine, était le diable ! »

    Inutile de préciser que pareille « info » méritait d’en connaître davantage sur cette histoire, disons, « bizarre »…

    Alors, parmi les multiples légendes ardennaises, j’ai trouvé celle de la « Femme de Maître Pierre  de Rimogne », que je vous livre de manière succincte :

    « Maître Pierre devenait âgé et ses jours et nuits lui paraissaient de plus en plus longs. Alors, il décida de prendre femme et il se choisit une très belle jeune femme blonde aux yeux bleus et à la démarche quelque peu chaloupée. Bien sûr, dans la région, on la disait un peu sorcière à ses heures perdues. Médisance ? Rumeur ? Jalousie ? Fond de vérité ?

    Maître Pierre fit table rase de ces suspicions, épousa la jolie femme et ils vécurent quelques mois sous le signe du bonheur… jusqu’au jour où apparut une grosse poule noire dans leur maison. Et puis, une nuit, Maître Pierre constata que son épouse avait quitté le lit conjugal. Il se mit à la chercher dans la maison, puis à l’extérieur. Là, il crut l’apercevoir dans les bras d’un autre. Il s’arma d’un bâton et frappa… dans le vide. Un peu en retrait, la poule noire le regardait…

    Il retourna dans sa couche et y trouva son épouse qui l’assura n’avoir pas découché !

    Et, ce même phénomène étrange recommença. Alors, au lieu de se munir d’un bâton, Maître Pierre prit de l’eau bénite et en aspergea les deux silhouettes enlacées. Un énorme cri retentit aussitôt ! La poule noire resta seule… Maître Pierre la tua à coups de couteau.

    Le lendemain matin, des voisins trouvèrent le cadavre de la jolie blonde aux yeux bleus, son époux, Maître Pierre, avait disparu et on ne le revit plus jamais. Les voisins élevèrent une croix pour marquer l’endroit du drame… »

    Que l’on parle de fantôme dans cette légende, il n’est pas vain de rappeler certains propos à leur encontre, comme je l’ai déjà fait dans plusieurs de mes ouvrages.

    L’Église mal à l’aise

    « Les histoires de fantômes hant(ai)ent fortement l’esprit de nombreuses personnes depuis l’Antiquité, les Romains évoquant déjà des lémures, ou âmes des morts. Cette croyance, universelle, de morts revenant hanter le monde des vivants, met mal à l’aise l’Église qui, d’un côté, affirme l’immortalité de l’âme et, d’un autre côté, soutient la thèse d’apparitions « surnaturelles », tout en réfutant catégoriquement les affaires de revenants.

    La littérature (plus spécifiquement ésotérique) tente de cerner ce phénomène d’apparitions étranges, dont, par exemple, l’Écosse raffole, ce pays étant même considéré comme une terre d’élection de fantômes.

    Il y est question de silhouettes « moins précises que les revenants », de poltergeist (déplacements d’objets, flammes qui foncent vers une personne, sonnettes qui s’agitent, bruits de chaînes, bris de vaisselle…), de maisons hantées… À Champigny-sur-Marne, Sacha Guitry lui-même, aurait constaté, une nuit, que le château qui avait appartenu à Sarah Bernhardt était hanté : des pas retentissaient dans l’escalier d’honneur en deux temps. D’abord, celui, léger, d’un pied féminin, ensuite, le martèlement, sec, d’une jambe de bois. Or, Sarah Bernard avait été amputée d’un membre inférieur dans sa vieillesse…

    Dans le cadre de mes activités journalistiques, j’ai couvert deux événements du type poltergeist, à Arc-Wattripont et en région carolorégienne. Les témoignages au sujet de « forces occultes » étaient impressionnants : déplacements de meubles, dégâts inexpliqués et troublants à l’intérieur des logis, bris de vitres, une personne prétendit même être en présence du démon, lorsque les objets semblèrent uniquement se diriger vers elle…

     

    Une explication, plausible, à ces phénomènes dits paranormaux, vient d’un ecclésiastique (on sait que l’Église a ses propres prêtres spécialisés en exorcisme, donc que le phénomène n’est pas nié), Monseigneur Bencon (cité par Hemmert et Roudene, voir bibliographie) : « Qu’un drame se produise dans une certaine chambre, cela signifie qu’une tempête émotionnelle extraordinairement intense s’est déchaînée là, où deux personnes étaient enfermées : l’assassin et la victime… Alors, ne peut-on supposer qu’au moment du drame les murs mêmes, le parquet, le plafond, les tentures et les meubles puissent absorber (égrégore) quelque chose d’analogue à une impression d’horreur, susceptible de persister ? Eh bien, supposons qu’après un certain temps une personne extrêmement sensible vienne dormir dans la chambre en question… Il lui arrivera de se réveiller en sursaut ; elle entendra les cris de la victime, se sentira envahie de frissons mortels et sentira même le contact de mains inexistantes. »

     

    D’autres spécialistes font état « d’hallucinations provoquées par un fluide adhérent aux objets matériels », « d’hypothèse psychométrique »…

    Mais, alors, qu’en est-il lors de visions collectives ? Domaine du rêve et du folklore ? Domaine d’une froide réalité ?

    Il n’est, effectivement, pas toujours possible de parler d’illusion pure, d’erreur, d’autosuggestion, de phénomène de hantise…, et, ce n’est pas sans raison que les autorités universitaires demandèrent au professeur Jean Dierkens, docteur en médecine, psychiatre, spécialiste du paranormal, de prendre en charge l’étude de ces phénomènes à l’Université de Mons-Hainaut-ULB, et qui me dit : « Je pense que l’univers est beaucoup plus riche que ce que la science académique nous en dit. »

     

    Le retour du fantôme

     

    Les fantômes, les spectres, viennent-ils de l’au-delà ? Sont-ils sur le point de s’y rendre ? Sont-ce des ombres du passé ? Je laisse aux spécialistes le soin de répondre, tout en constatant que, déjà, au temps de Job (Livre de Job, IV, 14-16, de la Bible) il en était spécifiquement question : « La peur me saisit, et un tremblement secoua tous mes os. Alors qu’un esprit passait devant ma figure, les poils de ma chair se hérissèrent. Il demeura immobile, mais je ne pus discerner sa forme. »

    Mais, il existait une autre version de cette histoire de Rimogne contée en début de ce chapitre…

    Ainsi, une femme du nom de Potentille aurait épousé un briquetier. Ils eurent trois beaux enfants, racontait-on.

    Malheureusement, ceux-ci et leur père furent tués par un voyou, Potentille échappant au massacre.

    Alors, elle se réfugia chez le seigneur de Montcornet. Il l’installa dans une bâtisse près de l’étang d’Oby. Elle allait souvent pleurer devant un monument de pierre qui avait été dressé en mémoire des victimes du tueur. Il se dit, encore, que son fantôme y revenait parfois…

     

    Aux amoureux d’art sacré, je recommande le très intéressant blog et le livre (« Églises des Ardennes, histoires et anecdotes des édifices religieux ardennais » paru aux Éditions Jacques Flament) de Raphaël Huertas (« Un Parisien devenu un Ardennais de cœur… ») consacrés au sacré ardennais. Parmi une multitude de renseignements, j’ai trouvé cette anecdote au sujet de l’église de Rimogne : « Rimogne comptait plusieurs châteaux. L’un d’eux fut vendu pour payer la rançon de François Ier après la défaite de Pavie. »

     Rire la bouche pleine

     

     

    L’ardoise, matière noble pour des édifices sacrés, publics…

     

    Rimogne est l’un des plus anciens villages ardennais, l’ardoise y était extraite par les moines dès le XIIe siècle et sainte Barbe y est encore vénérée (à l’église Saint-Brice – XIXe siècle – entre autres), alors qu’au carreau Saint-Quentin une plaque rappelle le sacrifice de nombreux ardoisiers morts lors des deux guerres mondiales, que de nombreuses friches industrielles peuvent encore se voir dans cette cité qui abrite, tout naturellement, la « Maison de l’Ardoise » (outils, photos, chevalement – charpente supportant un dispositif d’extraction -, puits, statues…).

    Mais, d’où provient de nom de « Rimogne » ? Une légende – encore une ! – prétend que deux ouvriers ardoisiers étaient occupés à manger, l’un étant un « étranger » au village, qui, un midi, se moqua ouvertement de son collègue mangeant la bouche pleine tout en rigolant : « Il ri et mougne… » (« Il rit et mange »), mais Rimogne a vécu sous d’autres noms : Rimonium, Rimoigne, Rumogne…

     

     

    3 min
  • Ardennes françaises mystérieuses (48/61) : REVIN : George Sand : « Un pays admirable, les vraies Ardennes… »

    Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

    Dès le début de la présenté série, j’ai évoqué Revin et son industrie (fonderie Nestor Martin devenue Arthur Martin, puis Ardam-Electrolux…), mais la cité ardennaise a maints atouts que les autorités « touristiques » de Revin présentent sous quatre  aspects :

    1. En ressentant l’histoire au détour de ses ruelles, nombreuses dans le Vieux Revin. Les unes mènent le visiteur au Quai des Bateliers et à ses maisons à pans de bois. Les autres, à l’église des Dominicains (XVIIIe siècle) et à son ancien couvent…
    2. En parcourant la forêt ardennaise car Revin, cité entrelacée dans une double boucle de la Meuse, est entourée par la nature et offre de nombreuses activités : promenades, joggings, randonnées, vtt, canoë, pêche, parapente… L’escalade du Mont Malgré Tout (417 m) mène à un point de vue (La Faligeotte), aux belvédères du Rocher des Minches…
    3. George Sand s’inspira de ce lieu et écrivit à son fils Maurice : « Je viens de voir un pays admirable, les vraies Ardennes, sans beaux arbres mais avec des hauteurs et des rochers ». L’écrivaine évoqua aussi « la Meuse charmante, unie et navigable », « les beaux rochers appelés Dames de Meuse » (voir Laifour)

      George Sand, ici en 1838 peinte par Auguste Charpentier, apprécia les Ardennes, plus particulièrement la Meuse, les hauteurs de Revin, de Laifour…
      1. En visitant la Maison Espagnole au Quai Edgar Quinet le Musée du Vieux Revin (et l’Office du Tourisme), le Parc Rocheteau, le Monument des Manises… Le Calvaire du Maquis des Manises perpétue un fait dramatique s’étant déroulé durant la Seconde Guerre mondiale, là où s’organisait la résistance à l’ennemi. Près de 300 hommes (beaucoup de jeunes) y furent repérés par les troupes allemandes, dont les tristement célèbres SS. Quelque 105 maquisards furent capturés, torturés, exécutés dans les bois du « Père des Chênes ». Cet endroit est devenu un incontestable lieu de mémoire et de recueillement. Comme d’autres sites des Ardennes, d’ailleurs, pensons à Thilay et à sa filière d’évasion vers l’Angleterre.
      2. Chemins de la Liberté

        Au cœur de cette vallée creusée par la Semoy, non loin des Hautes-Rivières, des centaines de personnes transitèrent par la maison des Fontaine sur laquelle est apposé un écrit « afin de ne pas oublier » : « Tous les chemins qui mènent à cette demeure sont les chemins de la Liberté. Louis et Marguerite FONTAINE, leurs enfants, pendant la Seconde Guerre Mondiale ont, par leur courage et leur idéal patriotique, lutté contre l’oppression et la tyrannie. Que leur volonté, leur dignité et leur humilité restent à jamais un exemple pour tous les Jeunes du Peuple de France. Sachez vous arrêter un petit instant et, par votre recueillement, rendez hommage à ces grandes figures de la résistance Ardennaise et à tous leurs compagnons de lutte. »

        Mais, revenons-en à Revin : pourquoi y évoque-t-on des maisons « espagnoles » ? À dire vrai, ces maisons ne ressemblent en rien aux typiques demeures ibères, mais elles datent généralement des XVIe et XVIIe siècles, époque où la cité de Revin était placée sous le statut spécial dit de neutralité (fort relative) entre la France et les Pays-Bas espagnols.

        1. En découvrant des histoires d’industries célèbres, des histoires d’hommes de labeur… qui sont liées à la Meuse et à la forêt.
        2. En devenant gastronome après avoir imaginé « mille et une saveurs ardennaises » sucrées ou salées. Alors, les papilles se régaleront, de bayenne dit le « plat du pauvre » (pommes de terre avec leur peau coupées en deux, cuites dans une cocotte en fonte sans matière grasse mais avec du sel, du poivre, des oignons, de l’ail, du thym, des échalotes…), boudin, tarte au sucre, gâteau mollet et autres…
        3.  

           

           

           

           

          4 min
        4. Ardennes françaises mystérieuses (47/61) : RETHEL : Verlaine entre sublime et sordide

           

          Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

           

          « Paul Verlaine enseigna à Rethel. » « Verlaine écartelé entre le sublime et le sordide… » En repérages pour le présent ouvrage et des chroniques radiodiffusées, j’ai découvert quelques textes et informations le concernant au Musée des Lettres et des Manuscrits (Paris et Bruxelles) :

           

          « La société n’accepte pas les troubadours, au mieux elle les tolère. Incompris, damnés, familiers de l’abîme, trimardeurs (vagabonds) de la détresse humaine, vagabonds existentiels, jongleurs de rimes et cracheurs de mots : poètes maudits. »

           

          « Sur fond de psychodrame éthylique permanent… les orages sont aussi violents avec Arthur Rimbaud, son amant qui « s’encrapule », qu’ils peuvent l’être avec Mathilde, son épouse. Mal dans la vie, faible devant l’appel de l’absinthe et de la chair, il bat Mathilde enceinte de son fils… »

           

          « Verlaine et Rimbaud : semelles de vent, semelles de plomb, gais et vagabonds, chevaliers errants de la rime… recherchant le paradis en enfer. »

          On sait que la liaison entre Verlaine et Rimbaud ne fut pas de tout repos. Des coups de feu furent tirés, Verlaine fit de la prison et on retrouva même une porte de cellule de prison de son époque exposée à « Verlaine emprisonné » au Musée des Lettres et des Manuscrits !

           

           

           

           

           

          Pierre Guelff et une porte de cellule à l’époque de Verlaine.

           

          « À Bruxelles, le 10 juillet 1873, Paul Verlaine tire deux coups de feu sur son amant Arthur Rimbaud au terme d’une querelle d’ivrognes et d’un moment de désespoir qui aurait pu le conduire au suicide. Condamné à deux ans de prison, le poète reste pendant 18 mois séparé de sa jeune épouse, de son fils et de son amant. Sevré d’absinthe, il se « réunifie » en prison et compose ses plus beaux vers : des poèmes de captivité qu’il cherchera à publier dans un ensemble cohérent titré « Cellulairement ».

          (…) L’exposition exprima les conséquences de l’affaire de Bruxelles sur l’œuvre poétique et sur la spiritualité de Verlaine. L’historien français Jean-Pierre Guéno s’était attaché à décrire et à illustrer toutes les cages qui enfermaient le poète maudit et qui allaient faire vibrer son âme : sa prison de pierre, sa prison existentielle, sa prison familiale et sa prison sentimentale. « Verlaine emprisonné » était, en fait, la petite musique de l’âme de l’homme universel, de l’homme double écartelé entre la fascination de l’enfer et la nostalgie du paradis perdu. »

           

          Un criminel abruti

           

          En octobre 1877, soit quatre années après l’affaire de Bruxelles et d’autres tourments, Verlaine fut engagé comme professeur à Rethel. Il y enseigna le français, l’anglais, l’histoire et la géographie.

          En 1878, il essaya de faire fléchir Mathilde qui avait demandé le divorce, en vain. Alors, il noua une « amitié équivoque » avec l’un de ses élèves, Lucien Letinois (18 ans). Le 4 septembre 1879, il fut renvoyé de Notre-Dame de Rethel. En mars 1881, Verlaine acheta une ferme à Juniville (voir ce chapitre) et s’installa avec les parents de Lucien !

           

           

           

           

           

           

           

           

          Paul Verlaine.

           

          Le 8 janvier 1896, Paul Verlaine est mort dans le dénuement le plus complet après avoir connu quelques succès littéraires et beaucoup de déboires : il tenta d’étrangler sa mère (celle qui avait gardé dans des bocaux d’alcool les fœtus de ses deux fausses couches !), fut condamné pour coups et blessures, se retrouva divorcé de Mathilde, devint ulcéreux, miséreux, secouru par l’État, quelques femmes et écrivains…

          Bref, Verlaine vécut une existence peu banale ! Un de ses professeurs n’avait-il pas écrit : « Je ne me serais jamais douté qu’il pût y avoir quelque chose dans cette tête hideuse qui faisait penser à un criminel abruti… »

          Mazarin, Sorbonne, Jouvet…

           Rethel (quelque 14 000 habitants avec l’agglomération) possède des liens profonds avec l’Histoire et certains personnages.

          Outre Verlaine, Rethel a accueilli en ses murs Jules Mazarin (1602-1661), cardinal, diplomate, homme politique de la papauté, de Louis XIII, de Louis XIV, successeur de Richelieu, au point que Rethel porta tout un temps le nom de « Duché de Mazarin », alors qu’un village de quelques dizaines d’âmes situé non loin de là, Sorbon, est célèbre pour avoir vu la naissance, en 1201, de Robert de Sorbon, le fondateur de la Sorbonne (Université de Paris).

           

           

           

           

          Effigie du fondateur de la Sorbonne sur une plaque signalétique.

           

          Et puis, il y a encore Louis Jouvet (1887-1951), l’inoubliable comédien, qui passa une partie de son enfance avec sa mère (il était orphelin de père à l’âge de 14 ans) chez un oncle, pharmacien à Rethel, alors que Louis Hachette, fondateur de la réputée maison d’édition française y vit le jour en 1880, et, avant lui, en 1788, Boucher de Crèvecœur de Perthes, considéré comme le « Père de la Préhistoire » (« Antiquités celtiques et antédiluviennes »)…

           

          Une cité de Rethel située sur l’Aisne (rivière de 353 km, confluent de l’Oise) et principal port du Canal des Ardennes (88 km, 44 écluses, datant du XIXe siècle), qui a connu maintes invasions autrement moins pacifiques que le passage des automobilistes se dirigeant vers la Bourgogne, par exemple : Attila en 450, la Guerre de Cent ans, la Guerre contre Charles Quint, la Guerre de la Fronde, l’Occupation russo-prussienne, la Guerre de 1870, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale !

           

          « L’incontestable merveille », selon Verlaine, qu’est l’église Saint-Nicolas (XIIIe siècle) a survécu (à coups de restaurations) à divers de ces tourments : ordres dorique (le plus ancien des ordres d’architecture de la Grèce antique), ionique, corinthien double nef, majestueux portail latéral…

          À Rethel, il y aussi le sentier nature le long de l’Aisne, la Promenade des Isles (quelque 500 arbres), le boudin blanc imaginé par un certain Chamarande, mousquetaire déplacé à Rethel pour calmer son esprit bagarreur et qui, faute d’assassiner ses semblables, inventa la recette de cet aliment fort prisé par les Rethéloises et Rethélois, au même titre que la fêté dédiée à sainte Anne, mère de la sainte Vierge et patronne de la cité, au cœur de l’été.

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        5. Non au CETA : courage wallon et leçon de démocratie

          L’Europe pensait ratifier avec le Canada un accord commercial que « Fréquence Terre » dénonçait, ici même, dès le mois de mai 2015, au même titre que le TTIP, autre accord commercial, mais avec les États-Unis, cette fois.

          C’était sans compter avec le courage, malgré les pressions à peine voilées, du gouvernement wallon, visiblement très soutenu par les citoyens, selon les réseaux sociaux, gouvernement régional qui le refuse catégoriquement au titre, je simplifie, de la défense de la démocratie et du citoyen face aux lobbys des multinationales et de certains politiques.

          Pour le ministre-président, Paul Magnette[1], « le processus démocratique mis en place en Wallonie est inédit ». C’est le moins qu’on puisse dire, tant les débats furent nombreux et d’une haute tenue à cette assemblée, ce que ne peuvent pas avancer les autres pays européens, semble-t-il.

          Et Paul Magnette d’expliquer encore : « Ce processus est incompatible avec le calendrier imposé, il faut le changer, comme la méthode de travail. Des difficultés substantielles persistent, notamment sur le mécanisme d’arbitrage. »

          Je rappelle qu’il est question dans le CETA de tribunaux privés chapeautés par des multinationales, par exemple !

          C’est donc clair et net, sans le feu vert de la Wallonie, c’est-à-dire de la Belgique juridiquement et constitutionnellement obligée de tenir compte d’elle, le CETA ne sera pas signé en cette fin d’octobre 2016.

          Ce refus n’est certes pas définitif, mais il ouvre la porte à de nouveaux pourparlers initiés par une région qui, de la sorte, donne une fameuse leçon de démocratie. Qu’en pense-t-on à Paris et dans les autres capitales européennes ?

          [1] Source : « Le Soir » du 19 octobre 2016, ainsi que la photo.

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        6. Ardennes françaises mystérieuses (46/61) : RENWEZ : La forêt magnifique et la chèvre d’or

          Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

           « Dans les Ardennes, la forêt est une source de prospérité et d’attractivité qui couvre un tiers de leurs 5 246 km², soit 150 000 hectares », selon la publicité touristique locale. À ce propos, à Renwez, en plein milieu des bois, se situe le « Musée de la forêt » inauguré en 2004 : 11 hectares de surface forestière et un chalet sur pilotis, sept salles de muséographie électronique, des dizaines de mannequins sculptés dans le bois rappelant le travail des bûcherons, débardeurs, forestiers, des marionnettes, une collection de quelque 4 000 outils, 250 machines, des voitures de transport, des machines à vapeur, des expositions thématiques (sur les champignons, par exemple), des concours de bûcherons, et un coin gastronomique où l’on peut déguster le cochon « Ardennes de France » ! Oui, la forêt mérite bien pareille reconnaissance !

          Magnifique forêt ardennaise.

           

           D’ailleurs, Jules Michelet (1798-1874), historien célèbre, auteur d’ouvrages consacrés aux mystères de la nature et à l’âme humaine, séjourna à de multiples reprises dans la maison familiale de Renwez, bourg où sa mère naquit et où le frère de cette dernière fut le maire.

          Il est vrai que la forêt ardennaise (qui n’est pas seulement la « pourvoyeuse » des sapins de Noël – 3,2 millions exportés annuellement par la Wallonie ! -) est un « véritable or vert », comme le soulignait le magazine « Bio Info » au sujet de la forêt wallonne s’étendant sur près de 30% du territoire de cette région : « Un or vert pour tous ceux qui dépendent de l’exploitation du bois, mais un or vert aussi pour le tourisme. » Trois massifs (La Grande Forêt d’Anlier, la Grande Forêt de Saint-Hubert et la Forêt du Pays de Chimay) devraient aussi porter cette nouvelle philosophie tournée vers l’écotourisme, comme c’est le cas à Renwez dont l’initiative en la matière remonte à une bonne décennie.

          La chèvre aux cornes d’or

          À une douzaine de kilomètres de Charleville-Mézières, plus spécifiquement à Ochamps, selon une légende ancienne, les chèvres broutaient l’herbe, non loin des bois, sous la haute protection d’une chèvre aux cornes d’or. Un jour, un braconnier sans scrupule, lui tendit un piège et elle se laissa prendre. Un loup dévora le troupeau qui était resté sans défense, racontait-on dans les chaumières.

          Dans l’une de mes chroniques radiodiffusées, j’ai abordé le thème de la chèvre d’or. En voici quelques extraits :

           – Mais, tout d’abord, quel est cet animal ?

           – C’était un animal fabuleux dont la légende remonte au haut Moyen Âge, c’est-à-dire bien avant l’an 1000, et qui vivait en Provence, certains auteurs la faisant voyager jusque dans des contrées plus au nord.

          – Qu’avait-il de particulier cet animal ?

          – Son pelage, ses sabots et ses cornes étaient recouverts d’or pur.

          – D’où vient cette légende ? Y a-t-il, comme pour de nombreuses légendes, des faits historiques sous-jacents ?

           – Il faut remonter aux invasions sarrasines en Provence, durant les VIIIe, IXe et Xe siècles pour situer ces faits. En résumé, il faut savoir que du côté d’Arles, de Nîmes, d’Avignon, des célèbres Dentelles de Montmirail, d’Orange, de Marseille, des Baux-de-Provence, ce furent des décennies de pillages, de tueries, jusqu’au jour où toute la noblesse provençale s’unit et forma une puissante armée qui fit tomber l’envahisseur. Mais, avant de fuir, leur chef cacha l’immense trésor de l’accumulation des pillages au fin fond d’une grotte.

          – … dans le Val d’Enfer des Baux-de-Provence, dit-on.

           – Du moins, le croyait-on, car on le cite aussi à d’autres endroits. Ce trésor était gardé par une chèvre, car, visiblement, le chef maure, qui espérait venir rechercher le fabuleux trésor, n’avait pas confiance dans les êtres humains et une chèvre cela ne parle pas, même sous la torture ! Mais, dans sa précipitation, compte tenu des événements, le Sarrasin brisa un sac de poudre d’or qui se répandit sur la chèvre qui, alors, devint la Chèvre d’or.

          Cette légende et ses variantes ont traversé les régions de manière fulgurante et, c’est ainsi que la rumeur populaire, les troubadours et le folklore annoncèrent des chèvres d’or, gardiennes de trésors mirifiques, en Algérie, dans la Vallée du Rhône, dans les Cévennes, en Espagne, dans les Ardennes…

          – Y a-t-il une sorte de morale à ce mythe qui perdure donc dans le folklore ?

           – Un jour, un homme aurait trouvé ce trésor et il lui aurait parlé comme à une personne : « Ah ! Cette fois je te tiens satané trésor ! ». Jamais on ne retrouva trace de cet homme car il avait oublié le précepte de cette légende : « Celui qui ouvre la bouche pour émettre des paroles « déplacées » ne réussira jamais ! ».

           

           

           

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        7. Ardennes françaises mystérieuses (42, 43, 44 et 45/61) : NEUFMANIL : Au pays des canadas ; NOUZONVILLE : Porte de la Vallée de la Meuse ; NOVION-PORCIEN : Guerre et Paix et OMONT : Plus petit chef-lieu de France

          Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

          Neufmanil

          Les habitants de Neufmanil, cité industrielle (ferronnerie, estampage, forge…) située dans la verdoyante Vallée de la Goutelle, sont appelés les « Crayats » du nom de scories de fonderie, parce que les ouvriers qui y travaillaient revenaient couverts de ces résidus.

          Originellement, le village portait le nom de Manil, était proche de la voie romaine Cologne-Reims, faisait partie de l’Empire Germanique et ne fut annexé à la France qu’au XVIIIe siècle.

          L’église date de 1779, le village est joliment fleuri et possède la particularité d’une gastronomie surtout basée sur les pommes de terre, des canadas ou patates.

          Quatre recettes sont au menu proposé par la Commune :

           

          – Excellente « Salade au lard » ou « paillachie » : pommes de terre cuites à la pelure, épluchées et mélangées dans une salade de pissenlits et parsemée de « quertons » (lardons).

          – La « Potée roussie » : fricassée de pommes de terre préparée dans un roux avec saucisse ou porc (côtis de préférence) dite « Cacasse à cul nu » ou potée blanche quand elle est sans viande.

          – La « Bayenne » ou « Baïne » : pommes de terre cuites dans une eau garnie d’oignons, puis coupées et servies chaudes avec une vinaigrette bien poivrée et aillée.

          – Les pommes de terre à la croque cuites entières sous la cendre ou au four puis servies avec sel et beurre (dites « croques au sel »).

           

          Nouzon

           

          C’est au XIIIe siècle que le nom de « Nouzon » fut cité dans un texte officiel. Le village vécut quelques calamités, dont la peste et la famine en 1506. Mais, petit à petit, Nouzon allait renaître de ses cendres grâce à une forge, une foulerie (atelier où l’on foulait – pressait – les draps ; fouler le drap le rendait plus ferme, plus serré), une manufacture d’armes, grâce, aussi, à la reconstruction de son église et du presbytère, aux XVIIe et XVIIIe siècles.

          Au XIXe siècle, sous la devise « Tout par le labeur », Nouzon (qui deviendra Nouzonville en 1921 afin d’éviter des erreurs « postales » entre Mouzon et Nouzon !) se spécialisa dans la sidérurgie (wagons, ferrures…) et fut appelée le « Creusot Ardennais ».

          Aujourd’hui, la ville est décrite comme la « Porte de la Vallée de la Meuse » et est traversée par la Trans-Ardennes (80 km de promenades) dite aussi Voie Verte, et plusieurs circuits pour VTT.

          Une maison d’hôtes s’appelle « Le temps des cerises », il s’agissait de l’ancien Château Grandy.

          « Le temps des cerises » est une célèbre chanson écrite en Belgique par Jean-Baptiste Clément (1836-1903) où il s’était réfugié :

          « Quand nous chanterons le temps des cerises,

          Et gai rossignol, et merle moqueur

          Seront tous en fête !

          Les belles auront la folie en tête

          Et les amoureux du soleil au cœur !

          Quand nous chanterons le temps des cerises

          Sifflera bien mieux le merle moqueur !… »

           

          Chansonnier, communard et montmartrois, il composa également « La semaine sanglante », « Dansons la Capucine »… Fondateur de la Fédération socialiste des Ardennes, il fut décrit comme un beau poète et un prolétaire révolté contre les injustices sociales. « Ce fut une grande figure de l’époque héroïque du socialisme. »

          La classe ouvrière de Nouzon ne l’avait pas oublié et lui éleva un buste, tout en fredonnant « Le temps des cerises », selon la petite histoire. La section du Parti socialiste de Nouzonville porte d’ailleurs son nom.

          Novion-Porcin

           

           

          Petite commune de 500 habitants, entre Signy-l’Abbaye et Rethel, Novion-Porcien fait partie des Crêtes Préardennaises.

          Ici, depuis des années, il existe une véritable saga « Guerre et Paix », du nom d’un musée du patrimoine militaire.

          Inauguré en 2003 sur 5 000 m², comptant quelque 11 500 pièces, ayant des relations avec le Musée de l’Armée de Bruxelles et d’autres musées en Allemagne, son rôle explicatif et pédagogique sur les trois conflits consécutifs vécus dans les Ardennes (guerres de 1870-1871, 1914-1918 et 1940-1945), était indéniable, mais c’était oublier que ce bâtiment fut construit sur une zone humide, d’où des infiltrations, doublées de malfaçons, selon certains spécialistes. Alors, le Musée Guerre et Paix fut fermé, des travaux furent envisagés, la réouverture fut annoncée, puis postposée (pour les « commémorations de 1914-18, par exemple)… au point qu’un Comité de vigilance Ardennes Patrimoine fut créé pour l’occasion ! Au moment de boucler le présent ouvrage, il attend la réouverture en 2014 et le label « Musée de France » dans la foulée.

           

          Omont

           

          Il reste des traces du passé médiéval d’Omont, imposante forteresse, dans ce qui est le plus petit chef-lieu de canton de l’hexagone en termes d’habitants : 93 (publication de 2012), soit 5,18 habitants/km², et en soustrayant quatre personnes occupant des résidences secondaires, la population permanente est de 89 habitants !

          Au sommet de l’entité se trouve la pierre tombale du chevalier Jacques de Villiers, gouverneur, et la vue sur les villages environnants est superbe.

           

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        8. Ardennes françaises mystérieuses (40 et 41/61) : MONTHOIS (France) : Une célèbre médaille et MOUZON (France) : L’énigmatique Mathilde dans l’Abbatiale

          Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

          Monthois, moins de 400 habitants (plus de 500 avant la Première Guerre mondiale), fait partie des « Villes décorées de la Croix de guerre 1914-1918 ». Cette distinction militaire récompensa une « conduite exceptionnelle au cours de la Première Guerre mondiale ; elle a également été attribuée aux villes martyres, aux villages détruits ou aux cités ayant résisté héroïquement et elle figure à la place d’honneur dans leurs armoiries. »

          C’est le sculpteur Paul-Albert Bartholomé qui réalisa cette distinction. C’est lui qui, aussi, sculpta différents monuments visibles aux cimetières du Père-Lachaise, de Montparnasse, de Montmartre à Paris, aux musées des Beaux-Arts de Lyon, d’Orsay et au Panthéon (monument de Jean-Jacques Rousseau) à Paris, royaux à Bruxelles, dans l’Oise, à Rome…

          Et puis, nous voici au « Pays des Trois Cantons », là, du moins au lieu-dit « Alma », où la Meuse entre dans les Ardennes.

          À Mouzon, plus précisément au Mont-de-Brune, il est question de la fin (controversée) de l’indépendance des Gaulois ardennais et de leur chef de file Indutiomar et, au site de Flavier, il s’agit de culte gaulois.

          Qui dit Mouzon, dit, aussi, le célèbre Musée du feutre et de la laine, les fortifications, l’abbaye du XVIIe siècle et ses jardins à la française, mais, principalement, l’église abbatiale Notre-Dame.

          L’imposante Abbatiale de Mouzon.

           Ici, j’ai connu l’une de mes découvertes majeures dans la quête de lieux « insolites, sacrés, merveilleux… » qui, pourtant, ne fait que cinq lignes sur une vingtaine de pages dans la plaquette officielle « L’Abbatiale de Mouzon » éditée par « Les Amis du Vieux Mouzon » !

          Joyau de l’architecture ardennaise

           Avant d’entrer dans le vif du sujet, il faut savoir que Mouzon s’appelait autrefois Mosomagum, à l’époque de la domination romaine en Gaule.

          Au fil des siècles, la seigneurie de Mouzon prit de l’importance au point que Clovis l’offrit à saint Rémi, son baptiseur.

          Il y eut plusieurs édifices religieux dans la cité, mais on ne sait pas à quelle époque remonte l’érection de l’église Notre-Dame. Au temps de saint Rémy ?

          Ce que l’on sait, en revanche, c’est que l’église est antérieure à 875. Elle connut maintes vicissitudes (incendie, reconstruction, agrandissement, incendie…) et en 1789, elle devint bien national.

          En 1801, elle devint « Temple de l’Égalité et de la Raison », écus et inscriptions nobiliaires étant martelés.

          En 1807, la foudre tomba sur elle, il fallut vingt ans de travaux pour consolider les murs et attendre 1867 pour une restauration complète.

          Hélas, lors de la Seconde Guerre mondiale, un obus endommagea la grande rose du transept sud, un deuxième creva une voûte, écrasant la chaire de vérité et abîmant les bancs et les stalles.

          Une nouvelle restauration s’imposa, et l’éclairage indirect fut installé afin de « mettre pleinement en valeur, dans une féérie de lumière, ce joyau de l’architecture ardennaise » inspiré de la magnifique cathédrale de Laon.

          Un édifice sacré inspiré de la cathédrale de Laon.

           Les deux pouvoirs

          Quelques particularités parmi tant d’autres : des sculptures, des écussons, des statues debout et agenouillées (un abbé évêque tenant une crosse et un chevalier armé d’un glaive symbolisent l’union des deux pouvoirs), une quarantaine de gargouilles aux formes étranges et figures grimaçantes, des corbeaux aux formes variées représentent des têtes d’hommes ou de femmes faisant « d’affreuses grimaces », des têtes d’animaux (renards, chiens), des animaux fantastiques, des chapiteaux décorés, une flore diversifiée (chêne, lierre, trèfle, renoncule), la statue de saint Victor de Mouzon, le cou du martyr portant la trace de son supplice tout en protégeant une colombe. Des yeux de celle-ci tombe une goutte de sang.

          « Saint Victor de Mouzon fut martyrisé pour avoir protégé la vertu de sa sœur, sainte Suzanne, pour laquelle le gouverneur païen de Mouzon éprouvait une violente passion. Victor eut la tête tranchée et Suzanne les yeux crevés. »

          Un joyau de l’architecture ardennaise.


          « Du domaine des Murmures »

           Depuis plusieurs années, j’assume aussi une chronique radiodiffusée et écrite dans l’émission et la rubrique « Littérature sans Frontières » sur Fréquence Terre. Voici celle consacrée à un ouvrage « marquant » : « Du domaine des murmures ». Le lien avec Mouzon sera directement établi ci-après…

          « Du domaine des Murmures », couronné par le Prix Goncourt des Lycéens, est un étrange, violent et troublant roman, mais écrit de manière raffinée par Caroline Martinez chez Gallimard. C’est, à la fois, l’histoire terrifiante et tellement humaine d’Esclarmonde, une adolescente vivant à la fin du XIIe siècle et qui désire ardemment se consacrer à Dieu.

          Néanmoins, son père, châtelain, veuf et ayant perdu plusieurs de ses enfants, décide de la marier à Lothaire, un chevalier sans foi ni loi, fils du seigneur de Montfaucon.

          Le jour de ses noces, au lieu de clamer le traditionnel et obligatoire « oui », la jeune fille se tranche une oreille en pleine cérémonie nuptiale sous les yeux ébahis des invités et, même, de l’archevêque venu bénir cette union. Alors que le sang se répand sur le dallage de l’édifice sacré, un agneau fait son apparition : « C’est un miracle ! » conclut l’ecclésiastique en voyant l’animal se diriger vers Esclarmonde. Une attitude prise comme une sorte d’accord céleste à la volonté de ne s’unir qu’au Christ. Une Esclarmonde qui va jusqu’à réclamer d’être recluse et, ainsi, terminer son existence en communion avec Dieu, quand bien même elle a été violée avant de rejoindre son « reclusoir » où une tombe a été creusée à ses dimensions.

          Mais, dans sa retraite située près du chœur d’une chapelle, elle n’est pas seule. Elle suit les offices par un petit orifice donnant dans la nef et elle reçoit beaucoup de confidences de gens qui l’implorent de prier pour leur salut, entre autres des pèlerins en route vers Compostelle. Elle est là, posée comme une borne à la croisée des mondes, explique l’auteure. Et puis, cela bouge dans le ventre d’Esclarmonde et, croyez-moi, on sort sérieusement « secoué » par la lecture de pareil ouvrage ! Mais, tout le monde arrivera-t-il au bout de ce récit dantesque ? »

          Mathilde, la recluse de Monzon

           « Ainsi, à gauche de l’autel, dans le mur nord on remarque une petite salle avec une porte basse et une fenestrelle. Ce logement accueillait au Moyen Âge une « recluse » qui volontairement se faisait enfermer afin de prier et d’être ainsi l’intermédiaire entre Dieu et les hommes. Il reste très peu de « reclusoirs » en France et en Europe. », selon « L’Abbatiale de Mouzon ».

          C’est la raison pour laquelle j’ai évoqué mon émotion à cette « découverte majeure » effectuée parmi mes nombreux périples et pérégrinations.

          De la bouche d’une paroissienne de Mouzon, j’ai appris que la recluse s’appelait Mathilde et qu’elle possédait un « château » dans les environs de la cité, à dire vrai c’était une imposante demeure.

          Le reclusoir de Mouzon.

           

           « On a découvert son « reclusoir » il y a trente-cinq ans. Il y avait peut-être une pièce adjacente. Était-elle aussi murée ?On a trouvé une pierre tombale dans la chapelle Saint-Joseph adjacente, celle d’une femme ayant vécu au XIIe siècle. Il pourrait bien s’agir de Mathilde ».

          S’agit-il de la pierre tombale de la recluse Mathilde ?

           Une curiosité de Mouzon

           À l’entrée du « reclusoir », j’ai glané quelques explications « officielles » sous ce titre : « Une curiosité de Mouzon » :

          « Dans l’esprit de nos contemporains, la récluserie est synonyme d’emprisonnement, d’enfermement pour une faute commise, une certaine forme d’expiation…

          Dès le 1er siècle, de notre ère chrétienne, des hommes ou des femmes, après avoir vécu une vie maritale décidaient librement et sans contrainte de terminer leur existence, ici-bas, dans la prière, la méditation, le silence et la pénitence.

          Leurs vies d’ermites n’avaient qu’un seul but :

          La recherche de l’Essentiel, le face-à-face avec Dieu.

          Nous voyons, ici, une partie de la cellule, il faut imaginer une pièce plus grande, avec une fenêtre donnant sur le cloître qui permettait au moine portier d’apporter à la recluse le nécessaire pour vivre.

          La fenestrelle, l’hagioscope, qui se trouve à côté de la porte, donnait la possibilité à la recluse de recevoir les intentions de prière des gens et surtout de suivre les offices religieux célébrés dans l’Abbatiale.

          Nous connaissons deux personnes qui ont habité cette cellule : Messamilla, fille d’Hugues le Loup et Mathilde de Villemontry au XIIe siècle (1197). Nous savons aussi que le fils de Mathilde était moine bénédictin à l’Abbaye de Mouzon.

          Cette forme de vie érémitique n’était pas rare, jusqu’au Moyen Âge, on pouvait compter trente cellules de recluse dans la seule ville de Lyon. »

          Reclusoir.

           

           

          5 min

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