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Or


Riccardo Petrella (photo M-P P. lors d’une rencontre l’an dernier et photo POUR) est politologue, économiste, fondateur du Groupe de Lisbonne et ardent militant de l’écocitoyenneté, plus particulièrement pour la protection de l’eau, combat qu’il mène depuis des décennies.
Bien connu des auditeurs et lecteurs de Fréquence Terre grâce à notre partenaire POUR, média indépendant au slogan immuable depuis les années ’80 « Pour écrire la liberté » (www.pour.press), voici quelques extraits des propos de ce scientifique face à l’échéance d’une « guerre de l’eau » qui attend maintes régions de la planète :
« Le concept de la ‘‘guerre de l’eau’’ est à l’ordre du jour depuis les années ’70 à l’agenda international du débat géopolitique, car on s’est aperçu que notre manière d’utiliser l’eau était illogique et déraisonnée. Par exemple, une famille américaine moyenne ou une famille européenne riche, avec piscines, salles de bains…, consommait 1 500 litres d’eau par jour !
C’était sans compter avec les activités industrielles, minières, textiles…, qui eurent déjà des conséquences particulièrement néfastes sur les fleuves, les lacs, au point que la Mer d’Aral, la plus grande étendue d’eau douce, a disparu.
Alors, avec une augmentation de la population mondiale, alors que les ressources d’eau sont limitées, même si elles sont renouvelables, ce qui fait sa grandeur et sa richesse par rapport au pétrole qui, utilisé, ne se renouvelle pas, on va avoir une raréfaction de notre élément vital et, il y aura la guerre ! Cette hypothèse qui se base sur ces deux facteurs pertinents que sont la démographie et l’utilisation insensée, à vrai dire, elle dépend de la manière collégiale et collective de gérer les ressources d’eau disponibles. »
La suite de cette explication sur le site de POUR sous le titre de « De l’eau et la violence » et ce constat, quand même quelque peu encourageant : grâce à tous ces lanceurs d’alerte pour la sauvegarde de notre planète et inlassables militants, des informations font état d’une possible modeste « résurrection » de la Mer d’Aral. Puissent ces infos se vérifier concrètement…
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Greta Thunberg, la jeune activiste suédoise, est traînée dans la boue, vilipendée, raillée, même par le philosophe Michel Onfray, pas gêné de s’attaquer à une adolescente, que certains des complices de la jeune fille sont menacés et maltraités par des fascistes en Belgique, je m’efface et lui donne quasiment la parole en lisant des passages de son petit livre Rejoignez-nous paru aux Éditions Kero et Calmann-Lévy pour l’édition en français, au prix plus que démocratique de 3 euros !
« Pour moi, c’est blanc ou noir : il n’y a pas de zone grise quand on parle de survie. Je vais demander aux gens du monde entier de réaliser que nos leaders politiques nous ont mis en échec.
Certains me disent que je ferais mieux d’aller à l’école. Quel est l’intérêt de suivre les enseignements du système scolaire quand les plus grands scientifiques issus du même système scolaire ne sont pas écoutés par nos politiques et nos sociétés ?
Nous ne pouvons donc pas sauver le monde en respectant les règles. Car les règles ont besoin d’être changées. Tout doit changer et cela doit démarrer aujourd’hui.
Nos grèves pour le climat n’ont rien à voir avec la politique des partis. Parce que le climat et la biosphère se fichent de nos politiques et de nos mots creux. Seuls les actes leur importent.
À vous, les politiciens qui nous ridiculisez sur les réseaux sociaux, qui me dénigrez pour que les gens puissent me traiter d’attardée mentale, de pute, de terroriste, et de bien d’autres choses encore… il n’y a pas pire que votre silence sur la crise climatique, alors que nos vies sont entre vos mains. »
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Le magazine Télérama soit quelque 2,7 millions de lecteurs pour cet hebdo du Groupe Le Monde, a consacré un reportage à Fréquence Terre en cet été caniculaire. Sous le titre « Irréductibles de Nature« , voici la présentation de la journaliste Laurence Le Saux :
« Lobbies, pollution, climat… Depuis 2003, Fréquence Terre se bat pour l’environnement grâce à l’énergie de son créateur et de bénévoles indignés. Ce n’est pas tout à fait le village gaulois d’Astérix, qui résiste encore et toujours aux Romains, mais pas loin. Créée en 2003, la webradio Fréquence Terre continue d’exister grâce à »un noyau d’irréductibles », selon son fondateur Frédéric Bénot.
(…) Des contenus plutôt hétéroclites, repris par dix-huit radios hertziennes, avec des flashs de RFI et quelques rediffusions d’émissions « vertes » venues d’ailleurs (CO2 mon amour de France Inter, C’est pas du vent sur RFI…), égrenées aussi en ligne dans un flux musical lounge et world music. »
(…) En conclusion à l’article : « Encore et toujours, il (Frédéric Bénot) espère « montrer les atlternatives, sans tomber dans le catastrophisme. »
Nombreux sont les Français (comme tant d’autres, d’ailleurs !) qui résident ou visitent les Hautes Ardennes liégeoises (le point culminant est à près de 700 m) et vont à la rencontre d’un Patrimoine local d’une rare richesse, souvent insoupçonnée.
Ici défilent l’Histoire de gens qui l’ont façonnée au fil des siècles, parfois tourmentés, telle la Bataille des Ardennes, du labeur d’un peuple d’artisans et d’ouvriers que l’on dit « têtu comme un Ardennais », alors qu’il s’agit de courage et de ténacité à la tâche, de légendes séculaires avec ses sorcières, diables, lutins, de défense et protection d’un environnement exceptionnel de forêts, de sources, de ruisseaux et de faune et flore abondantes.
À ce titre, Fréquence Terre-RFI visita quatre musées, au-delà de très longues balades dans la Nature pour encore mieux l’appréhender : le très riche – sur le plan des collections – Musée historique de Stavelot (www.abbayedestavelot.be), adjacent au Musée Apollinaire (qui vécut dans la cité et conta fleurette à une Stavelotaine) et à celui du Circuit de Spa-Francorchamps, ainsi qu’aux ruines de l’église abbatiale du XIe siècle, visite, également, de la Maison du Pays de Salm à Vielsalm (www.vielsalm-tourisme.be) et son remarquable parcours-découverte de la géologie, de l’histoire et du folklore proposé dans un décor étrange de galeries, ensuite à Salmchâteau, village où Victor Hugo dessina le vieux Pont Madeleine et les ruines d’un château (aujourd’hui restauré), le Musée du Coticule (www.vielsalm.be et rubrique ad hoc) et son vibrant hommage au monde ouvrier extrayant de la roche cette pierre à polir unique au monde et, enfin, le très touchant petit Musée de Wanne (www.facebook.com/MuseeDeWanne) plein jusqu’au grenier d’objets de ces Ardennes si laborieuses et attachantes par maints aspects.
Néanmoins, il y eut un fil conducteur à cette quadruple visite : les anciens métiers et ce « petit » peuple qui, dans des conditions de travail démentielles, donna des lettres de noblesse aux mondes ouvrier et à celui de l’artisanat.
À Stavelot, il fut question, entre autres, d’un savoir-faire moyenâgeux nous faisant découvrir l’émaillerie, le sertissage, la dorure…, mais, aussi la sculpture en stuc très symbolique du Réfectoire des Moines représentant quatre valeurs morales (la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice) et le dur métier de tanneur qui a disparu du paysage local, balayé par la « tannerie chimique », comme me le fit remarquer Louis Bronne qui étudia de près cette lente et inéluctable disparition : « Dans l’esprit des tanneurs stavelotains, ne plus avoir recours au tanin des chênes et à l’eau légèrement acide de l’Amblève, ruisseau passant quasiment au cœur de la cité, éléments naturels aux preuves séculaires, était un crime qui ne pouvait que nuire à la qualité. »
À Vielsalm, j’ai suivi Willem la Plume, colporteur et conteur qui était nourri « …de la Mémoire des Hommes, de témoignages de vies réelles ou légendaires, d’Histoire et d’histoires… » et j’ai relevé ces propos absolument scandaleux à l’encontre d’extracteurs de schiste dans les ardoisières et de travailleurs de l’ombre trimant sous terre de 10 à 11 heures par jour dans le froid, l’humidité, la poussière, d’où des lésions catarrhales et pulmonaires et un âge moyen de vie, pour ne pas dire de survie, de 51 ans, ces propos de la Commission du Travail (Belgique) en 1866, commission probablement composée de patrons et de nantis : « …l’ouvrier ardoisier de Vielsalm est bien disposé, satisfait de son lot et on trouverait difficilement de la graine d’émeute », alors qu’à Salmchâteau, on apprend qu’il fallait extraire une tonne de roche pour un kilo de coticule ou pierre à aiguiser façonnée à la main et que, je cite une explication disposée près de la reconstitution d’un atelier qui, à l’heure actuelle, serait fermé sur le champ pour insécurité et insalubrité, « malgré un travail éprouvant, il y eut très peu de grèves, alors que les ouvriers avaient les mains en sang, l’apprentissage débutant à 14 ans encore avant 1921 », on ne remerciera, donc, jamais assez toutes celles et tous ceux qui, parfois au prix de leur vie, luttèrent pour que les travailleurs manuels ne soient plus des esclaves taillables et corvéables à merci.
Et, en regardant de plus près les outils des anciens métiers ruraux exposés au Musée de Wanne, ceci ne peut que confirmer pareil remerciement et l’hommage que leur rendent implicitement les quatre musées cités.
Musées qui devraient être visités par tous les citoyens, dont les écoliers et étudiants, mais, surtout par nos « décideurs » socio-politiques.
Tous nos remerciements pour l’accueil, les explications et autorisations de reproduction de documents.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
En une semaine, la capitale de l’Europe a vécu, sous les yeux de nombreux touristes et de milliers d’eurocrates, trois événements dont l’environnement et la vie sociétale furent les thèmes majeurs.
Le dimanche, immense nouvelle manifestation citoyenne rassemblant pacifiquement quelque 20 000 personnes pour, une fois encore, clamer aux monde politique, lobbyistes et décideurs de multinationales, qu’il y a urgence à sauver la planète (voir chronique du 13 mai 2019) . Devant les immenses bureaux de la Communauté européenne, on entendit même résonner des chants révolutionnaires en italien et espagnol, ceux que vous entendez en fond sonore. Jusqu’à présent, ces multiples manifestations sont pacifiques, mais, visiblement le peuple commence à saturer face à l’indifférence, voire au mépris, affichée à son encontre.
Le jeudi, ce fut une action de désobéissance civile organisée par le « Gang des Vieux en Colère » qui, toujours près de la Communauté européenne, organisa, à la grande surprise des forces de l’ordre, un cortège d’une cinquantaine de gens sous la forme d’obsèques de la sécurité sociale et, en corollaire, de la Démocratie. Ici, aussi, l’attention a été attirée sur l’avenir plus que sombre qui se profile, également pour les futures générations ! Il fut aussi question de mobilisation pacifique puisque des fleurs furent remises aux policiers venus à la hâte en nombre. Certaines policières les acceptèrent et tout se termina bien (photo). Les eurocrates n’avaient pu louper cette action programmée, pile, à la sortie de leurs bureaux !
Puis, patatrac !, sur un marché, alors qu’ils battaient le rappel de futurs électeurs puisque la Belgique aura trois élections ce dimanche 26 mai (européennes, fédérales et régionales), des candidats écologistes du parti « Écolo » distribuèrent des tracts à but visiblement clientéliste auprès de la communauté musulmane pratiquante. Tract annonçant qu’« Écolo » était pour l’autorisation de l’abattage sans étourdissement dans le cadre de rites religieux à Bruxelles.
Balayé, donc, le respect animal au nom du racolage électoral. Assurément, les citoyens commencent à perdre patience ou, alors, ils vont davantage se détourner du politique et du sociétal, cela à la plus grande joie des politiciens et multinationales qui pourront poursuivre leur capitalisme effréné avec délectation.
Photos : Fréquence Terre-RFI.
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