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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Un palais dans les dunes d’Annie Degroote aux Editions Pocket
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Comédienne et metteur en scène, auteur dramatique et créatrice de dizaines de fictions télévisuelles et cinématographiques, l’écrivaine « de terroir », Annie Degroote, a donc du métier.
    En résumé, elle allie la rigueur historique à l’imaginaire d’une véritable romancière.
    Et, justement, en bonne écrivaine de terroir, la plupart de ses ouvrages sont des hommages littéraires à sa terre natale (Flandres françaises) et se situent « entre attachement aux racines et ouverture à la différence ».
    Des mondes différents
    Dans « Un palais dans les dunes » (Editions Pocket), George Walter Aston, écrivain anglais, fortuné et tellement charmant, voire attirant, fréquente assidûment Le Touquet et plus particulièrement le plus beau et le plus huppé palace du monde : le Royal Picardy.
    Nous sommes entre les deux guerres mondiales et la « haute » société se retrouve dans ce Paris-Plage à la mode.
    Non loin de là, au village d’Etaples, les familles de pêcheurs se débattent avec les aléas de la mer et de l’existence.
    Un jour, George Walter Aston sauve de la noyade l’une des jeunes villageoises, Laurette, à peine adolescente et qui ne rêve que des fééries et des gens chics du Touquet.
    Sœur – en principe – d’Adeline, couturière qui attend son prince charmant oriental depuis plusieurs années, la modeste famille de gens de la mer se trouve soudain confrontée avec cette haute société internationale dont elle dépend tant (employées de villas, grooms dans les palaces, bonnes à tout faire, serviteurs…).
    Mais, George Walter Aston, qui côtoie aussi bien le Prince de Galles que Somerset Maughan, chaperonne Laurette, la jeune fille guère gâtée par la nature sur le plan physique. Elle tombe éperdument amoureuse de son sauveur…
    Il lui trouve un emploi de femme de chambre chez les richissimes Foster, dont la femme est un véritable poison. Elle finit pas accuser Laurette du vol d’un somptueux collier qu’elle a pourtant revendu pour payer une dette au casino.
    Mais, chez Laurette on ne vole pas et on ne va pas en prison. Pauvres mais honnêtes !
    La suite relève de prises de conscience, de drames irréparables et de joies profondes, d’intrigues, de règlements de comptes, dans une période de ces Années folles où le krach américain commence à faite tache d’huile et qu’un certain Hitler pointe le bout de ses bottes.
    Pêcheuses et papillons
    Voici trois citations pour mieux illustrer cet ouvrage attachant :
    . « Si tu ne peux être riche toi-même, travaille au milieu des riches. Chez nous, c’est pêcheuse de crevettes ou pêcheuse de crevettes. »
    . « Quand quelqu’un a de la bonté dans l’âme, il est difficile de transformer son cœur. »
    . « Ce n’est pas aux fleurs de courtiser les papillons. »
    Pierre Guelff.
    4 min
  • Rester à Paris comme un défi par Mélèze – The Book Edition
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Est-ce qu’on peut approcher la vérité mieux par le roman que par l’histoire ? C’est le propos de ce livre. Par ces quelques lettres et documents il espère bousculer certaines idées reçues sur l’école de la sociologie française », annonce l’auteur Mélèze dans son ouvrage « Marcel Mauss et son frère Henri » ( The Book Edition).
    Et, de raconter :
    « Je m’appelle Henri Mauss et je suis le frère de Marcel Mauss fondateur de l’ethnologie » ; l’ethnologie étant, entre autres, l’étude scientifique des sociétés dans leurs us et coutumes, dans leur histoire…
    La trame de cet ouvrage est celle d’une sorte d’exorcisme de moments délicats, pour ne pas dire dramatiques, alors que les forces nazies envahissaient l’Europe et que le fait d’être juif était un danger permanent. Exode ? Exil ? Se cacher ? Pourquoi ? Comment ?
    Au fil des pages, on découvre la vie au quotidien de ce frère :
    « Est-ce qu’il n’aurait pas mieux valu un déménagement volontaire qu’une expulsion administrative qui nous a fait trembler à chaque pas non seulement pour les livres et autres précieux manuscrits inédits, mais par-dessus tout à cause de sa sécurité ? Imaginez ce professeur juif, visité par les autorités de collaboration contraintes de trouver un appartement pour un des officiers d’occupation : qui n’aurait songé à la solution la plus simple de l’arrestation ou de la déportation, il y en avait des sujets dont nous ne parlions pas dans nos lettres ? »
    Ce frère n’a donc pas voulu quitter Paris…
    « Je pense qu’il s’est enfermé volontairement. Il a voulu rester à Paris comme un défi. Il voulait porter l’étoile jaune et dire à tous les occupants qu’il croisait dans les lieux publics de l’arrêter. Je pense que d’un seul coup il s’est déréglé. »
    Sociologie française et nationalisme allemand
    Les mois passent. « Le grand froid (de l’hiver 1941-42) était notre unique façon de désigner ce froid encore plus glaçant qu’était la haine. Nous pouvions tous la rencontrer n’importe quand au détour de la rue. (…) Sa pensée s’était arrêtée et avec elle la sociologie française confrontée au nationalisme allemand. (…) Qu’était-ce donc que le froid ressenti par Marcel Mauss à côté du froid subi par les défenseurs de Leningrad ? »
    A dire vrai, ce frère n’était pas resté à Paris pour « rien »…
    « Il n’était pas engagé dans la Résistance mais… »
    Mais, il était « seulement » au contact du premier vrai réseau de résistance qui a été reconnu par l’histoire ultérieure de la Deuxième guerre mondiale et qui s’était formé au Musée de l’Homme.
    Assurément, par les temps où la peste brune revient au grand galop, voici un témoignage, sobre, mais tellement éclairant sur ce membre du Collège de France exceptionnel.
    Pierre Guelff.
    4 min
  • Suis ta route de Bernard Degavre (Mélimélo)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Cette semaine, pour sortir de l’ordinaire, j’ai choisi de vous évoquer un CD de musique française car, selon moi, le texte d’une chanson est une œuvre littéraire en soi.
    Si, « une chanson est une œuvre composée d’un texte et d’une musique indissociables l’un de l’autre », selon la définition consacrée, on sait aussi que l’air ne fait pas la chanson.
    Dès lors, le compositeur, le parolier et l’interprète ne forment qu’un, si pas physiquement, du moins en esprit. Incontestablement, on trouve ce label dans « Suis ta route » de Bernard Degavre (photo Marianne Pot), qui explique : « Mes chansons ont une coloration rock-folk et sont des tranches de vie, comme de petits clips sur la difficulté de vivre ou d’aimer, les rencontres et les ruptures, les vies qui se loupent ou qui chaloupent, les amis, la fête, la musique, tout en jetant avec autodérision un regard amusé sur « la course aux honneurs », au pouvoir et… aux gesticulations de couloirs. »
    « Et quel rapport tout cela a-t-il avec l’écologie ? », me direz-vous avec raison. Elle y est bien présente avec « Elle est belle la planète ».
    En voici le refrain :
    « Elle est belle la planète
    Il faudrait qu’on arrête
    De la prendre pour la plus
    Moche des starlettes. »
    Il est aussi question de « nos maladresses qui la blesse », de lacs, de forêts et de montagnes abîmés par la main de l’homme, de glaciers qui fondent et de « pétroliers kamikazes ».
    Où, quand une chanson devient une sorte d’hymne militant !
    Pierre Guelff.
    3 min
  • Le Serpent vert, le Tao et les Maîtres (MdV)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Alors que, pour des raisons économiques, de nombreux éditeurs freinent des quatre fers pour publier des ouvrages au compte-gouttes, MdV Editeur sort quasiment plusieurs titres chaque mois.
    Bien que (ou à cause de) son catalogue soit limité avec ses thèmes abordant la Tradition initiatique et l’Egypte pharaonique, que vaut donc cet afflux de livres ?
    Les sujets « mystérieux et initiatiques » abordés, les très attractifs formats et présentations des ouvrages, le nombre de pages tournant généralement autour des 120, quelques auteurs avérés, dont le très contesté – dans certains milieux – Christian Jacq aux millions d’exemplaires vendus à travers le monde, font-ils la recette de cet éditeur ?
    Quoi qu’il en soit, voici un aperçu des trois récentes parutions de la maison d’édition du boulevard Saint-Germain à Paris :
    . Le Serpent vert de Goethe : Jean-Patrick Dubrun a traduit, présenté et commenté ce conte initiatique. Assurément, un fameux défi et, n’en doutons pas, une somme imposante de travail de recherche et de synthèse, a fortiori lorsqu’on aborde un sujet aussi délicat que l’initiation à une tradition ésotérique.
    Symbolisme, tradition hermétique, spiritualité tissent la trame de cet ouvrage dont, bien sûr, le point d’orgue est, sans conteste, le conte lui-même. Mais, aux trois concepts cités ci-avant, il y a aussi lieu d’ajouter une touche de fantaisie, ce qui n’est pas pour déplaire avec ce chef de file du très sérieux mouvement littéraire créé au XVIIIe siècle en réaction au rationalisme et au classicisme.
    . Le Tao de José Nogueira, où « Comment gouverner votre vie ? ». En réalité, cette interrogation est déjà un fameux programme en soi. Qui, en effet, n’a pas rêvé de pouvoir être maître de son destin ?
    A dire vrai, cet ouvrage est le reflet du message laissé par un Français initié aux mystères du taoïsme sous le nom de « Matgioï », ce qui veut dire « Œil du jour ».
    Et que nous propose « Œil du jour » ? Que le rôle de l’homme sage est tout entier fait de solidarité, ce qui est toujours bon à rappeler en ces temps d’égoïsme et de matérialisme élevé comme un dogme.
    Le sage sait, aussi, que l’arbre qui est très lourd a une petite racine légère invisible qui le nourrit et que, sans elle, il ne saurait exister.
    . Les cinq points parfaits de la maîtrise de Percy John Harvey. Ce livre s’adresse avant tout à l’initié, voire au cherchant en quête de savoir et non de sensationnalisme, tant son contenu relève d’un enseignement particulier. Celui de l’élévation au grade de Maître. Il y est question de « résurrection symbolique » et d’une légende fameuse, celle d’Hiram, considéré comme le Maître des Maîtres.
    Pierre Guelff.
    4 min
  • Editions Maison de Vie – quelle lumineuse vivacité
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Depuis bientôt vingt ans, « Maison de Vie » est une maison d’édition française dont les ouvrages sont principalement basés sur la tradition initiatique, la Franc-Maçonnerie, le message des cathédrales et l’Egypte pharaonique.
    En quelques semaines à peine, c’est dire la vitalité de cet éditeur !, trois livres ont été publiés :
    . La Légende d’Isis et d’Osiris (ou la victoire de l’Amour sur la mort) par Christian Jacq.
    Qui ne connait pas la célèbre légende d’Isis et d’Osiris ? Eh bien, par les temps qui courent, pas mal de gens ne savent pas – ou plus tellement – de quoi il ressort, paraît-il.
    Alors, en un peu plus de soixante-dix pages, Christian Jacq, égyptologue et romancier lu sur toute la planète, (re)trace cette histoire fondamentale « de la pensée et de la civilisation de l’Egypte pharaonique. »
    On y apprend, entre autres, que le célèbre « Livre des Morts » a pour titre véritable « Livre de sortir au jour » et qu’il contient des « formules de transfiguration en lumière. »
    Il s’agit donc bien du mythe osirien qui nous révèle que la lumière peut être victorieuse de la mort.
    Ainsi, après l’assassinat d’Osiris, son épouse Isis reconstitua ce qui était épars (principe maçonnique) et redonna vie à ce qui paraissait inerte.
    Initiation, amour, mort… tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette légende un mythe immortel.
    Christian Jacq, avec le talent littéraire qui est le sien, nous le conte de manière… « merveilleuse ».
    . Le secret maçonnique, mythe ou réalité ? par Michel Lapidus.
    Ah ! Que n’a-t-on déjà écrit et fantasmé sur ce « secret maçonnique », mais, avec sagesse, l’auteur va à l’essentiel : il établit distinctement les secrets dits de convention (ne pas dévoiler le nom de ses Sœurs et Frères, par exemple, à l’instar du secret professionnel propre au médecin, au prêtre en confession…), du secret de l’initiation.
    Dans ce petit livre (format 17×12) d’une centaine de pages, j’ai retrouvé avec plaisir (page 81) le médaillon alchimique de la façade de Notre-Dame de Paris (photo ci-contre), dont il fut aussi question dans mon ouvrage « France Mystérieuse » (Editions Jourdan). Néanmoins, Michel Lapidus y voit des références à la « ternarité », celle qui précède la dualité et est l’unité qui se manifeste sous une forme ternaire : Sagesse, Force et Beauté.
    Pour ma part, concernant le secret maçonnique, j’aime citer le pasteur Tydeman : « Le secret maçonnique ? C’est comme vouloir expliquer les joies de la maternité à une vieille fille. La Franc-Maçonnerie est donc comme une maternité : elle doit être vécue pour être comprise. »
    Et, justement, au niveau de la compréhension, Michel Lapidus pose une question essentielle : « Comment transmettre le secret sans trahir ? ».
    La réponse nous est suggérée sur fond de Flûte enchanteresse chère à Mozart…
    . Qu’est-ce que l’initiation ? par François Ariès et Anne Ménestier.
    Avec beaucoup d’humilité, les auteurs nous avertissent que ce livre ne prétend pas répondre de manière définitive à la question. Je partage leur réponse : « Si un tel livre existait, il dénaturerait le sujet, car l’initiation, éternelle, consubstantielle à la vie, est de la nature du mystère et échappe à toute définition. »
    Alors, également en une centaine de pages, ils abordent surtout un long voyage à travers des rituels, des pensées, des enseignements… et, ô surprise ( ?), on retrouve le même médaillon alchimique de la façade de la cathédrale de Paris (page 55) où il est question de sagesse, d’élévation, de Lumière…
    Est-ce le hasard ou une véritable symbiose entre les sujets abordés dans «Le secret maçonnique » et « Qu’est-ce que l’initiation ?
    5 min
  • Une BD initiatique tant attendue ! chez P&T Production
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Des années que l’on attendait la suite, voire la réédition des incontournables BD de Willy Vassaux consacrées à Hiram (qui se vendent à prix d’or sur internet !), le bâtisseur du Temple de Salomon.
    Outre un graphisme d’une rare beauté et d’une extrême finesse, les dialogues et précisions relèvent de la Tradition et sont un véritable label en leur genre.
    Hiram mène à bien l’érection dudit temple et au terme de cette construction merveilleuse, il succombe sous les coups conjugués de trois compagnons voulant lui extorquer des « secrets de métier ».
    Légendes, faits historiques, mystères ésotériques… se suivent dans « Les Colonnes de Salomon » (P&T Production), soit les deux anciens tomes d’Hiram augmentés de cahiers particulièrement bien documentés.
    A l’occasion de la sortie de son nouvel album, il m’a été donné de rencontrer Willy Vassaux (qui, il y a plus d’une quinzaine d’années, dessina la couverture de mon ouvrage « La mystérieuse saga des Templiers ») :
    – « Les Colonnes de Salomon » est une BD, particulièrement léchée, de plus de 120 pages : quelle somme de travail !
    – Il faut compter de 20 à 30 heures de travail par page, sans omettre la recherche de documentation et tout en sachant que la mise en page est effectuée d’après des règles bien précises, celle du Nombre d’or, par exemple.
    – D’où vous vient cette passion pour raconter l’histoire des Bâtisseurs, des sociétés initiatiques, des Templiers ?
    – Avant d’être professeur de dessin, j’étais sculpteur et tailleur de pierre, je me suis intéressé au mythe d’Hiram, qui est une véritable aventure initiatique, puis aux rites égyptiens…
    – Peut-on espérer une suite à ce nouvel album ?
    – Celui-ci a déjà demandé un important travail d’adaptation : planches « recoloriées », retouches de plusieurs vignettes, trois nouveaux cahiers…, mais, il est vrai que j’envisage « Les fils d’Hiram ».
    – Sur le site web « Blog Maçonnique », un internaute se demandait pourquoi le roi Salomon (le commanditaire du temple) et Hiram avaient les cheveux roux…
    – Parce que c’était la couleur royale !
    – On remarque une très grande précision dans vos dessins représentant des sites, des symboles…
    – Le Sacré est aussi un lieu où tout est en harmonie.
    Pierre Guelff.
    3 min
  • L’étonnant Enfant de Bruges de Gilbert Sinoué-Folio
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Quelle étrange et surprenante histoire que celle de Jan (« L’Enfant de Bruges » aux Editions Folio) racontée par Gilbert Sinoué.
    Jan, recueilli par Jan Van Eyck, l’illustre peintre flamand, alors qu’il avait été abandonné, devient adolescent et s’écrie, avec amertume : « Même les bêtes n’abandonnent pas leurs petits. »
    L’artiste veut faire de lui le plus grand des peintres mais, étrangement, à Tournai, à Anvers, à Bruges…, des apprentis ou compagnons qui ont fréquenté l’atelier de Van Eyck sont assassinés.
    Un jour, le maître est retrouvé mort chez lui…
    Une mort qui rôde aussi autour de son fils adoptif, ainsi que dans le milieu artistique à Florence.
    Que d’artistes tués ou menacés ! Et puis, il y a cette révélation inouïe : le grand Jan Van Eyck est un vulgaire espion à la solde du duc de Bourgogne !
    On l’a compris, ce roman ne fait pas dans la dentelle ( !) et les morts violentes se succèdent à un rythme endiablé.
    Jan-le-jeune échappera-t-il aux meurtriers « invisibles » ?
    Maître et esclave
    Et, pour illustrer ce roman, en voici quelques citations :
    – « Il faut savoir se taire, surtout si l’on sait. »
    – « Je reste convaincu que nous autres Flamands avons d’autres priorités : survivre dans un monde instable, croître et entretenir notre puissance. »
    – « Pour un artiste comblé, dix connaissent le dénuement. »
    – « Faut-il comprendre pour aimer ? Non, mais on aime peut-être mieux… »
    – « Du mot retenu tu es le maître ; du mot prononcé tu es l’esclave. »
    – « Privé du cœur, le corps est voué à la putréfaction. »
    – « L’amour n’a que faire de la honte. »
    – « La vérité, fût-elle la plus cruelle, l’est toujours moins que l’ignorance. »
    – « Au fond, qu’est-ce que la vie sinon la mort en devenir ? »
    Pierre Guelff.
    3 min
  • Les Enfants de l’école du diable de Sylvette Desmeuzes-Balland (Presses de la Cité)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Le curé refusait de baptiser le nouveau-né de l’instituteur de « l’école du diable », car valet de Satan et promoteur de la dissolution des familles et des mœurs. Au catéchisme, des prêtres et des religieuses vouaient aux flammes éternelles les adultes qui fréquentaient des laïcs. Les curés refusaient aussi l’absolution aux jeunes qui dansaient un soir de fête religieuse.
    Nous étions pourtant en 1953, en Bretagne, loin de l’Inquisition moyenâgeuse. Bien que…
    D’autres exemples de cette tension ? Les métayers qui inscrivaient leurs enfants dans l’école dite du diable, risquaient leur bail, les petits artisans la saisie, les commerçants le boycott…
    Ce fut dans ce contexte que Julia et Simon, un couple d’enseignants parisiens, débarqua dans un village où le maire, vicomte de son état, leur était franchement hostile.
    Elle était institutrice au bourg en concurrence, donc, avec l’école des sœurs, lui donnait et suivait des cours à Rennes, à quelques dizaines de kilomètres de là, leur cinq enfants s’en accommodant vaille que vaille, comme le raconte avec beaucoup d’humanité Sylvette Desmeuzes-Balland dans « Les Enfants de l’école du diable » paru aux Presses de la Cité dans cette belle collection de terroir intitulée « Terres de France ».
    Et de conter, également, cette étrange situation de l’institutrice née dans une famille athée, convertie par choix au catholicisme à l’âge de 20 ans et qui, malgré le fanatisme de certains, entendait pratiquer sa religion d’élection.
    Sans dévoiler davantage la trame de cette histoire touchante, on devine le climat tendu qui pouvait exister dans ce village breton, mais surtout la tâche pédagogique à mener avec des enfants principalement issus de l’assistance publique :
    « Comment faire appliquer des règles de grammaire ou de mathématiques à des élèves qui n’en comprennent pas les mots ? En tant que pédagogue laïque croyante et pratiquante, ma vocation est de former des êtres épanouis à défaut de les mener au certificat d’études. Le travail est immense, l’enjeu passionnant », confia l’institutrice à une amie.
    A fortiori, quand un potache évoquait un chien poilu pour un mouton, qu’un autre se faisait sévèrement cogner parce qu’il était traité de fainéant par son entourage alors qu’il avait un sérieux retard, disons, intellectuel, « les enfants qui grandissent sans caresses ne sentent pas les coups de bâton », disait-on.
    Eh bien ! Dans cette école du diable, l’institutrice fit, si j’ose dire, des miracles. Elle fut même considérée comme une « héroïne des temps modernes » donnant toutes ses lettres de noblesse à l’école laïque, à l’école pour tous, républicaine, gratuite et mixte.
    4 min
  • Méditer par Christophe André (France Loisirs et Éd… de l’Iconoclaste)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Méditer » par Christophe André, ouvrage édité chez France Loisirs ou aux Éditions de L’Iconoclaste, comprend vingt-cinq leçons pour vivre en pleine conscience, un concept qui a récemment eu l’honneur d’être présenté au Journal Télévisé de 20 heures de France 2.
    Christophe André est psychiatre et un maître du sujet puisqu’il enseigne à l’université et pratique dans un hôpital, plus particulièrement au sein d’une unité spécialisée dans le traitement des troubles émotionnels, anxieux et dépressifs.
    Il a eu la lumineuse idée de développer ses vingt-cinq leçons et sa psychologie des émotions sur base d’œuvres célèbres, dont la « Chute d’Icare » de Breughel l’Ancien et l’étrange « Principe du plaisir » de René Magritte, par exemple.
    Voici un aperçu d’une leçon de conscience : le souffle est invisible, nous oublions sans cesse sa présence. Mais son rôle est vital, nous avons un besoin absolu de respirer. Et il y a comme cela dans nos vies tant de choses qui nous soutiennent et dont nous n’avons pas conscience.
    Il y a, aussi, l’approche d’un duo indissociable : le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel.
    « Ils ne se lâchent jamais. Les apaisements de l’un jouent sur l’autre, les emballements aussi. »
    Et puis, « quand on fait du bien à son corps, on fait du bien à son esprit. »
    Quant aux émotions, « elles sont les moteurs des pensées négatives, ce sont elles qui leur donnent toute leur force, les solidifient. »
    Ensuite, il y a cette double interrogation pleine de bon sens : « Pourquoi vouloir commencer par changer le problème ? Et si parfois nous commencions par changer notre réaction au problème ? »
    Et, ce constat trop souvent oublié : « Le malheur n’annule pas les bonheurs passés, ni ne nous les retire » ou celui par trop occulté : « Sans nourritures affectives, on est en danger, on ne grandit pas, on ne s’épanouit pas. »
    3 min
  • Le nombre trois et ses mystères par Pierre Audureau (MdV)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    C’est un mathématicien de haut vol qui le déclare : « Le nombre trois est paré de toutes les vertus et de toutes les puissances. »
    Ainsi, dans son livre « Le nombre trois et ses mystères » paru à « Maison de Vie », Pierre Audureau n’hésite pas à rappeler cette phrase de Balzac : « Le ternaire domine les religions, les sciences et les lois. »
    Loin d’un ouvrage pontifiant, cet essai se penche tout d’abord sur l’origine et la représentation des nombres en évoquant, entre autres, le fameux Os d’Ishango datant de 20 000 ans, représentation d’un dénombrement pour les uns, de calculs évolués pour les autres, voire une signification astronomique.
    Ensuite, triangles et triades font l’objet de développements plus conséquents, sans oublier, bien entendu, le « Trois fois très grand », c’est-à-dire Hermès Trismégiste, auteur de la célèbre « Table d’Émeraude » et de la fameuse citation : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut comme ce qui est en bas : pour les merveilles de la chose unique. »
    Chose unique comme l’harmonie cosmique dont le nombre trois est bien le symbole, conclut l’auteur.
    2 min

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