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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Le Petit Livre des Départements (Éd… du Chêne)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Les anciens écoliers français se souviennent certainement de ces interminables heures à mémoriser les dizaines de départements de l’Hexagone, les préfectures, les matricules… Avec le « Petit Livre des Départements » de Dominique Foufelle publié aux Éditions du Chêne, il s’agit, en quelques touches, d’en déterminer l’historique, la situation géographique, des particularismes, le tout illustré de chromolithographies datant des années 1930.
    Cela permet de répondre à quelques questions qui, parfois, sortent de l’ordinaire. Jugez-en.
    . Pourquoi appelle-t-on un département « Côte-d’Or » ? Pour la couleur prise par ses vignes en automne.
    . Où se situe la plus haute mairie de France ? À Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes. Elle est située à 2 042 m d’altitude.
    . Et la plus haute gare ? Elle se trouve à Bolquère-Eyne dans les Pyrénées-Orientales et culmine à 1 592 mètres pour accueillir le Train Jaune, un tortillard qui grimpe sur 62,5 km.
    . Et quel est donc ce vin appelé « Liqueur de feu » que les popes russes adoptèrent comme vin de messe ? C’est le vin de Cahors, cité du Lot.
    . Le département le moins peuplé ? La Lozère.
    . Le plus vaste site de France inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des paysages culturels vivants ? Il s’agit du Val de Loire en Indre-et-Loire.
    . Et quelle est la cité classée en tête des villes de France pour la qualité de vie ? Nantes, étrangement placée en Loire-Atlantique, car le pays nantais fait partie des neuf pays historiques bretons.
    . Et, pour terminer, d’où proviennent les Buttes de Moncoué, situées dans les Deux-Sèvres ? Elles furent formées lorsque Gargantua secoua ses bottes, selon la légende.
    3 min
  • 100 000 clics !
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    La présente chronique est née à la fin du mois de novembre 2010 et en est à quelque 130 numéros. Outre des centaines de milliers d’auditeurs de « Fréquence Terre » et des radios partenaires, on peut exactement quantifier – grâce à un compteur spécifique ! – le nombre de personnes qui, en plus de l’audio, ou à part, lisent le texte de ladite chronique.
    C’est, bien entendu, un indicateur fiable sur leurs goûts et leurs intérêts.
    A fortiori, quand quelque 100 000 lectures ont été effectuées et que ce nombre s’agrandit de jour en jour.
    Ainsi, quelques indications sont apparues en désignant trois grands genres littéraires sortant du lot : le roman historique, le « Terroir » et le symbolisme.
    Des auteurs comme Monaldi et Sorti et leur « Secretum » (Pocket), Paul Couturiau pour « L’Abbaye aux Loups » (Presses de la Cité), « L’Enfant de Bruges » de Gilbert Sinoué (Folio) et « Le printemps des cathédrales » de Jean Diwo (J’ai lu), ont récolté, chacun, quelque 2 300 visites dans la catégorie du roman historique.
    Ensuite, avec des chiffres comparables, le « Terroir » est également assez prisé, surtout Jean Anglade dont « Une pomme oubliée » (Pocket) est le n°1 du genre.
    Enfin, le symbolisme arrive avec une moyenne de 2 000 visites pour certains titres édités, principalement à la « Maison de Vie » (« Le Serpent vert », « Symbolique des couleurs »…).
    Pour terminer ce bilan, il nous reste un seul message : merci pour votre fidélité et bonnes lectures !
    3 min
  • Rendez-vous au Sourire d’avril de Jacques Béal (Presses de la Cité)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Rendez-vous au Sourire d’avril » est le titre du roman de Jacques Béal récemment publié aux Presses de la Cité.
    À première vue, un titre surprenant pour cet ouvrage qui, cependant, s’inscrit parfaitement dans la collection « Terres de France », celle de sagas qui, comme le décrit de manière remarquable l’auteur, évoquent aussi « des lieux qui ressourcent, qui donnent une seconde chance dans la vie. »
    Car « Au Sourire d’avril », dans les années 1950, c’est le nom d’un bistrot situé au cœur du quartier populaire Saint-Leu à l’ombre de la magnifique cathédrale d’Amiens et du premier building (trente étages !) d’Europe, non loin des célèbres hortillonnages, ces fameux « jardins sur l’eau ».
    Mais, pourquoi, donc, appeler l’ancien Café Arthur par « Au Sourire d’avril » demanda une gamine à la nouvelle patronne, Louise ?
    « Les bonnes questions viennent toujours des enfants », pensa-t-elle, et elle répondit aussitôt à la petite fille :
    – En avril, c’est le retour des beaux jours comme un sourire printanier et je veux aussi redonner du sourire toute l’année à ce quartier.
    Petit à petit, d’année en année, durant trois décennies, le lecteur va suivre l’évolution de ce café, de ce quartier, de ses habitants, de ceux qui y reviennent, de ceux qui y élisent domicile, du travail d’artisans, tantôt à la cathédrale, tantôt dans des bordels, de la lutte contre le « tout-béton » pour sauvegarder quelques jardinets, de la naissance du yé-yé et de la renaissance d’un cortège folklorique d’enfants grâce à un instituteur adepte de la méthode Freinet, du dur labeur de maraîchers, teinturiers, fromagers, laitiers, livreurs…
    Au bout de cette touchante évocation à travers le temps, un cinéaste parisien, tombé amoureux de Saint-Leu, décide même de tourner un film avec un acteur célèbre et, bien entendu, avec maints habitants du quartier en tant que figurants, certains particulièrement truculents et actifs !, un film « de transmission envisageant le futur ».
    Et, c’est ainsi qu’on arrive aux années 1980 et à des bouleversements notoires.
    Lorsque mes pas me mèneront à nouveau à Amiens, ma visite à Saint-Leu, où l’on déguste dans un restaurant sympa des pommes de terre à toutes les sauces, le souvenir ému de Louise et des habitants de ce quartier atypique – dans le bon sens du terme, bien entendu – m’accompagnera avec une émotion certaine, preuve indéniable que ce roman m’aura touché de plein fouet !
    3 min
  • À demain sous l’arc-en-ciel de Bruno Riondet (Soc… des Écrivains)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Quand, en service de presse, j’ai reçu « À demain sous l’arc-en-ciel » de Bruno Riondet, professeur de biologie, publié à la Société des Écrivains, entreprise qui édite des ouvrages à comptes d’auteurs, et que j’ai lu le texte de couverture, une question fondamentale m’est apparue : comment agir de manière la plus objective possible pour présenter ce roman ?
    Car, effectivement, raconter une histoire qui tourne autour de pesticides, de gamètes perdus, de molécules chimiques, d’hormones et de perturbateurs endocriniens, relève, pour moi, qui suis amoureux des livres de Terroir et d’Histoire, d’un grand défi.
    Alors, tout simplement, et une fois n’est pas coutume, je livre aux auditeurs et lecteurs de « Fréquence Terre », quelques extraits de cette quatrième de couverture, comme on dit dans notre jargon, car c’est le meilleur moyen de ne pas trahir la pensée de l’auteur, tout en soulignant qu’une de ses approches a plus particulièrement attiré mon attention car s’il décrypte « un monde malade, il privilégie une galerie de portraits touchants d’humanité ».
    « Tandis que Khaled, ouvrier agricole, tente de faire le deuil de sa femme et de son fils – lui qui avait eu tant de mal à avoir un enfant -, les pouvoirs locaux doivent décider de la réouverture d’une usine fermée depuis deux mois (à dire vrai, à part un petit coup de pinceau, rien n’a été fait pour assainir l’endroit). Deux journalistes, Bob et Julien, se penchent sur l’affaire… (…)
    Nous rappelant que la France est aujourd’hui le premier utilisateur européen de pesticides, Bruno Riondet signe un roman éco-citoyen qui vient dénoncer les dérives d’une mondialisation en roue libre. »
    3 min
  • Des fleurs à l’encre violette de Gilles Laporte (Presses de la Cité)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    En tournant la dernière page de l’ouvrage « Des fleurs à l’encre violette », magistralement écrit par Gilles Laporte et publié aux « Presses de la Cité », il y avait longtemps, très longtemps même, que je n’avais ressenti une aussi vive émotion. D’ailleurs, ce livre restera gravé dans ma mémoire comme l’un des moments les plus touchants et poignants, révoltants et attachants parmi les multiples lectures qui ont déjà émaillé près de sept décennies de mon existence.
    Et, que je parle d’existence, les principaux acteurs de cette saga lorraine qui se déroule à cheval sur les XIXe et XXe siècles, forment les différentes facettes de l’évolution, voire de la révolution, d’une société dominée par l’omnipotente Église catholique aux prises avec les généreux préceptes de la laïcité.
    Ainsi, dans cette saga, on assiste à des déchirements profonds, à des réconciliations et des rencontres inattendues, à des prises de conscience, à des diktats féroces, à l’élaboration des notions de fraternité et d’égalité, à la démonstration – si besoin est encore ! – de la boucherie que fut la guerre 1914-18 et, bien entendu, à tous ces moments du quotidien des principaux acteurs de ce livre de terroir.
    À savoir, de modestes ouvriers, tels Aimé, personnage principal, qui est cantonnier, de son épouse, Rose-Victoire, éclusière, de serviteurs de la République, Clément, leur fils aîné, marié à Mathilde, tous deux instituteurs dans des écoles « de tous pour tous », de bourgeois, comme Victor, leur deuxième fils, agent voyer en chef, qui a épousé une aristocrate, d’artisans, tel Paul, luthier et « vrai » franc-maçon, pas un affairiste, donc…
    Si Victor se mit à mépriser les siens, du moins les idées progressistes de ses parents et de son frère Clément, la fin du livre propose au lecteur, médusé, une double situation familiale qui fait que ce récit prend alors une dimension supérieure. Celle d’un chef-d’œuvre, notion chère aux amoureux de la belle ouvrage.
    3 min
  • La Désobéissance d’Andreas Kuppler de M… Goujon (Éd… H… d’Ormesson)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    À l’heure des noces d’or de la réconciliation franco-allemande, alors, que ci et là, certains célèbrent le 80e anniversaire de l’accession d’Hitler au poste de chancelier et qu’on assiste à la résurgence de groupements nazis et fascistes de par le monde, il n’est pas vain de revenir sur quelques pans – parfois trop méconnus – de l’histoire du Troisième Reich.
    « La Désobéissance d’Andreas Kuppler » de Michel Goujon, roman publié aux Éditions Héloïse d’Ormesson, raconte le drame vécu à Berlin, en 1936, par Andreas Kuppler, journaliste sportif de renom, complètement abasourdi face au dessein sanguinaire de l’hystérique Hitler, alors que son épouse, Magdalena, dite Magda, est tombée dans les filets tendus par le Führer et ses sbires, les Hess, Goebels, Himmler et autres gestapistes.
    Comment le jeune couple, passablement fragilisé par la « stérilité de leur union », comme l’indique avec délicatesse l’auteur, comment, donc, pourra-t-il gérer cette situation aussi dangereuse qu’intimement perturbante ?
    Andreas Kuppler fera-t-il encore longtemps une fixation, quasi obsessionnelle, sur les discours militants et enragés évoquant les Aryens, les Juifs, la musique nègre dégénérée ? Pourra-t-il oublier tous ces étendards à croix gammée flottant sur le site olympique, tous ces spectateurs allemands se dressant comme un seul homme pour faire le salut nazi, tous ces panneaux « Entrée interdite aux chiens et aux Juifs » à peine dissimulés devant les hôtels de Garmisch-Partenkirchen ?
    « Acceptera-t-il de devenir lui aussi un pantin, un clown déguisé en journaliste ? » Un nazi ordinaire et suiviste, en somme, sachant très bien que les suivistes étaient des nazis de la pire espèce, alors que Magda ne cessait de lui seriner que « le nazisme était une chance pour tous et que les Juifs devraient définitivement partir en Palestine ».
    Andreas Kuppler restera-t-il insensible aux approches (ou au piège, allez savoir !) de démocrates et de la belle Susanna ?
    Magda résistera-t-elle aux avances (ou, aussi, un éventuel piège ?) d’un beau géant blond taillé comme un athlète ?
    Bien entendu, il n’est pas question de dévoiler la suite de cette intrigue qui s’articule entre les tourments d’un couple au bord de l’implosion et ceux de l’Histoire, coincée entre propagande et terreur, mais on peut saluer dans ce roman, outre une écriture fluide et agréable, un travail de recherche exceptionnel sur l’adhésion individuelle ou non au « système dictatorial nazi ». Assurément, un livre qui marque les esprits et les consciences.
    3 min
  • L’Art Royal de Jean Onofrio (MdV)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    C’est à un rythme soutenu que les éditions MdV, comme Maison de Vie, publient leurs ouvrages avec comme thème principal le symbolisme.
    Dans « L’Art Royal » de Jean Onofrio, il est question d’un parcours initiatique qui va « de la royauté en esprit à la construction du temple » et l’auteur de préciser : « La Maçonnerie est un art si elle est initiatique », ce dernier terme signifiant la célébration des mystères, alors que l’art est une expression du mystère de la vie, selon lui, tout en sachant que la mort est intégrée à la démarche initiatique.
    Alors, pour devenir un homme de l’Art, être confronté au sacré, il faut acquérir un savoir-faire. Lequel ? C’est justement ce que Jean Onofrio expose de manière lumineuse, le terme est choisi, dans son ouvrage qui peut s’adresser comme une sorte de « rappel » aux initiés ou une source de multiples réflexions aux profanes.
    2 min
  • Légendaire Chartreuse d’André Douzet (Septera Éditions)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Légendaire Chartreuse » ou « De quelques éléments merveilleux – De Sainte Croix en Jarez » d’André Douzet (photo) publié à Septera Éditions, est un ouvrage surprenant à maints égards. Tout d’abord, dans sa forme : il compte une quarantaine de pages complètement écrites et dessinées, fort bien d’ailleurs, à la main et sa réimpression informatique permet à davantage de gens de prendre connaissance « d’éléments introuvables sur ce lieu sacré », selon l’auteur. Celui-ci est bien connu dans le monde de l’ésotérisme, ce terme étant à prendre dans son sens le plus noble.
    Ensuite, cet ouvrage est surprenant dans son contenu, fidèle à l’œuvre d’André Douzet qui chemine avec aisance « sur les sentiers de la Tradition ».
    On le suit, pas à pas, dans cet ancien monastère : dans le cloître, au pilier de l’entrée de l’auberge, dans un souterrain ou, plutôt, dans la ferme du diable, près de la cheminée de la cuisine, dans la seconde cour et l’enceinte, près d’une fenêtre, là, celle de gauche, au portail d’entrée… et alors, grâce à ses recherches, on perçoit certaines « révélations ». À dire vrai, elles sont le but du livre puisque « en ces murs est le secret de tout ! Du début à la fin. »
    Ce voyage plonge le lecteur dans une quête intérieure où se croisent et se recroisent le feu vite éteint, un cube étrange, la mort, des diables, Templiers, jacquaires, Cathares, maîtres de forges, Alchimistes et autres initiés…
    En d’autres mots, un petit ouvrage pour une grande énigme avec, encore, cette interrogation finale au sujet de la clef ou du chiffrage de Sainte Croix en Jarez…
    3 min
  • Le sermon sur la chute de Rome par Jérôme Ferrari (Actes Sud)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    L’auteur du « Sermon sur la chute de Rome » (Actes Sud), Jérôme Ferrari, Prix Goncourt 2012, a été enseignant en Algérie puis en Corse. Quasiment toute la trame de son roman se déroule sur l’Île de Beauté avec quelques incursions en Afrique du Nord et, toute l’ambiance de cet ouvrage m’a fait penser à celle décrite par Albert Camus dans « L’Étranger ».
    Et puis, outre une histoire captivante, pesante, attachante, il y a ce style d’écriture qui fait que, dans une même phrase, on trouve des questions, des réponses, des comparaisons, des descriptions, des dialogues, le passé, le présent, l’avenir…
    Ensuite, je crois avoir lu la plus longue phrase qu’il m’ait été donné de lire dans mon existence ! Je vous la livre : elle fait deux pages !
    La voici, d’une traite :
    « Mathieu fit remarquer qu’il n’y avait plus d’urgence et qu’il était très occupé par les préparatifs de la saison et puis s’il débarquait comme ça, brutalement, ça risquait d’inquiéter son père, pour rien, il croirait peut-être à une visite d’adieu, il fallait ménager son moral et Aurélie fut incapable de se contrôler plus longtemps, elle lui dit qu’il n’était qu’un petit con répugnant d’égoïsme, un petit con aveugle qui espérait au fond de lui que son aveuglement finirait par lui valoir l’absolution, mais jamais il ne serait absous de ce qu’il était en train de faire, et s’il devait l’être, ce ne serait pas par elle, elle n’était pas leur mère qui persistait à voir en lui un chérubin qu’il fallait préserver coûte que coûte d’une douloureuse confrontation avec les horreurs de l’existence, comme si c’était lui qui était au fond le plus à plaindre, comme si sa sensibilité à fleur de peau, l’exquise sensibilité qui était apparemment son privilège exclusif, le dispensait d’accomplir ses devoirs les plus fondamentaux, les plus sacrés, elle ne voulait même pas lui parler d’amour et de compassion, c’étaient des mots qu’il était incapable de comprendre, mais comprenait-il au moins en quoi consistaient ses devoirs, comprenait-il que s’il s’entêtait à vouloir lui échapper, il demeurerait pour toujours la petite merde en laquelle il s’était métamorphosé en un temps record, avec un talent qui forçait l’admiration, elle était prête à le reconnaître, et personne ne pourrait plus l’aider car il serait trop tard, et les jérémiades lui seraient interdites, comme le confort des regrets, elle y veillerait, à moins qu’il ne soit devenu si pourri de bonne conscience qu’il n’éprouve même pas la tentation confortable des regrets, mais s’il demeurait encore en lui quelque chose du frère qu’elle aimait, il allait se forcer à extraire la tête de son nombril et à ouvrir les yeux, et elle ne voulait entendre parler ni d’inconscience, ni d’aveuglement, ni de sensibilité, fût-elle exquise et à fleur de peau, il y a des choses terribles, et il faut y faire face parce que c’est ce que font les hommes, c’est dans cette confrontation qu’ils éprouvent leur humanité, et s’en rendent dignes, et il allait se rendre compte qu’il lui était impossible, absolument impossible, d’une impossibilité radicale et définitive, de laisser mourir son père sans lui faire l’aumône d’une seule visite, même si cette visite devait être infiniment moins agréable que ce qui faisait le quotidien de sa vie de con, la bringue, et le cul, et la bêtise crasse dans laquelle il se vautrait comme un porc dans son fumier, et quand il s’en serait rendu compte, il prendrait l’avion sans attendre une minute et elle avait si peur de devoir le bannir de sa vie si elle entendait la réponse qu’il allait l...
    5 min
  • Parfum et accent ardennais
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Lire ou relire Arthur Masson, c’est se plonger dans un bain de jouvence, de bonne humeur et de sagesse terrienne », selon les Éditions Racine qui ont à nouveau publié plusieurs ouvrages de cet auteur ardennais, né au XIXe siècle et décédé il y a un peu plus de quatre décennies.
    Dans « Toine Culot, obèse ardennais », on est au tout début d’une saga qui s’étire sur une trentaine d’ouvrages.
    Il s’agit principalement de la naissance, de l’enfance et de l’adolescence de Toine, diminutif d’Antoine, né de Narcisse, cordonnier, et de Phanie, femme au foyer, et de la vie d’un village où les habitants, hauts en couleurs, vont et viennent dans des situations souvent cocasses, parfois franchement émouvantes.
    « Un village bien tranquille en sa corolle de forêts », et avec ses maisons typiques « où la chaleur d’un feu sans lésine va sécher aux solives quatre jambons à teint de maure, de belles andouilles lourdes et noueuses comme des massues, et des rectangles de lard larges comme des dalles ».
    C’est le pays de la Pomone ardennaise, du nom de la divinité des fruits, composée de « bigarreaux à chair massive, poires fauves, pommes à figures de jeunes filles, trésors vermeils et acidulés qu’il serait criminel de manger cuits » et de son instituteur typé de la manière suivante : « Ses cheveux, qu’il relève en brosse, sont argentés comme l’écorce du bouleau et sa figure a les tons de chaude sanguine des feuilles de chêne en octobre. C’est un homme intelligent, fort d’une belle indépendance à l’égard de tout ce qui ressemble au formalisme. »
    Arthur Masson, considéré comme le Pagnol ardennais, fit dire à son héros Toine, devenu adulte et père de quatre filles : « Que ce pays est beau, qu’il est bon et qu’il sent bon ! »
    Ce parfum des Ardennes, c’est le fumet du sol, c’est celui d’un grand feu de bûcherons avec ses nuances complexes de résine fondue et de sève bouillie toute vive par la flamme.
    « Tout cela, c’est l’accent de la spiritualité ardennaise. »
    3 min

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