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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Quais à Lyon, Escale à Bordeaux
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    C’est un magnifique navire baptisé « Littérature » qui, le temps d’un week-end, c’est-à-dire du 30 mars au 1er avril, va lancer ses amarres à Lyon et à Bordeaux.
    Il y a, d’abord, « Quais du Polar » à Lyon, où les États-Unis seront les invités d’honneur de cette huitième édition consacrée au policier. Plusieurs spécialistes du genre ont promis le déplacement le long du Rhône, tels Michael Connelly, Thomas H. Cook, Patricia Mac Donald. Place sera aussi consacrée au cinéma, au polar dans la BD, aux mots pour écrire le suspense…
    Puis, voici la dixième édition d’« Escale Livre » à Bordeaux avec, toujours pour principe, de mettre en valeur la création contemporaine et les nouveautés de la rentrée éditoriale, le tout dans une ambiance de dialogue entre les arts musicaux et théâtraux, la danse et, bien sûr, la littérature.
    Avec Paris, Nancy, Brive-la-Gaillarde, Montreuil, Tournus et tant d’autres salons et foires du Livre, ceci démontre la belle vitalité de la littérature, sous toutes ses formes, qui reste, quoi qu’on en dise, une pièce majeure dans les loisirs des gens.

    2 min
  • Indécence de Willy Deweert (DdB-Mols)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Willy Deweert (photo), auteur aux Éditions Desclée de Brouwer-Mols, est principalement connu pour être « l’inventeur du thriller mystique » avec, pour ma part, deux extraordinaires romans dont il a été question dans la présente chronique : « Le Manuscrit de Sainte-Catherine » et « Le Maître de la vigne ».
    Willy Deweert nous revient avec un essai au titre en forme de cri de rage : « Indécence ». Rage face à l’homme contemporain qui salit et détruit la belle évolution du passé pour s’enfoncer dans de terrifiants dysfonctionnements mettant en péril la société : « La postmodernité, écrit-il, a facilité l’emprise sur les cœurs et les cerveaux (…), déstabilisé une collectivité qui ne tient plus que sur des pilotis vermoulus ».
    Des sociétés pharmaceutiques ne vont-elles pas jusqu’à inventer des maladies « pour écouler leurs saloperies » ?
    L’homme contre l’homme, en somme.
    Ce constat étant établi, y a-t-il des solutions ? Un espoir de survie ?
    L’auteur donne des pistes, veut provoquer une sorte de thérapie et une réelle prise en main du « destin » en faveur des générations futures.
    Bien sûr, tout le monde ne sera pas d’accord avec ce qu’il dénonce et, par corollaire, avec les solutions préconisées, néanmoins, le lecteur averti devrait quand même y retrouver pas mal de situations qui le troublent, l’agacent, voire le révoltent.
    « Lorsque l’Indécence atteindra son paroxysme, constate Willy Deweert, un changement en profondeur s’opérera en particulier chez les jeunes. En ce sens, les calamités futures seront un puissant stimulant puisque toutes les forces vives seront nécessaires dans la lutte pour la survie de la planète ».
    Pour Willy Deweert, il n’y a qu’une seule certitude : « le monde va changer » ! Vers le « Grand silence » ?
    Plusieurs chapitres nous expliquent que l’on assiste aux premières timides prises de conscience au fur et à mesure que les dysfonctionnements de la nature se produisent à intervalles de plus en plus rapprochées, que les jeunes sont les témoins d’une économie à l’agonie, d’un monde politique en pleine débandade, d’une religion en charpie, alors que « l’indécence de l’enseignement à courte vue est flagrante ».
    Tout au long de cet essai, on va d’étonnements en indignations, de pures informations journalistiques en analyses pointues ou surprenantes. Ainsi, le chapitre intitulé « Les jeux du cirque » est dédié à Tom Simpson, « première victime du dopage », un autre, à l’abbé Pierre, « ce vrai saint qui ne sera jamais canonisé » dit-il !
    Bref, cet ouvrage sort vraiment des sentiers battus en emboîtant le pas de son auteur qui, en conclusion, clame : « La Terre ne sera pas détruite. Elle ressuscitera pour une nouvelle chance » ! Puisse-t-il avoir raison !
    4 min
  • Lire et penser
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Du 16 au 19 mars, se tiendra à la Porte de Versailles, le traditionnel et tant attendu Salon du Livre de Paris. Ce sera sa trente-deuxième édition.
    Cette année, il y aura cinq axes thématiques majeurs : la littérature japonaise, la Ville de Moscou en invitée principale, le « Livre dans la Cité », « Du livre au film » et la « Culture manga ».
    Il sera, donc, question « d’exprimer, publier, écrire, lire et penser », selon les organisateurs de ce lieu de rencontres et d’échanges regroupant quelque quarante pays.
    Il y aura, aussi, ces « Trésors de Livres » avec les livres anciens et modernes de collection et, bien sûr, des centaines et des centaines d’heures de dédicaces d’auteurs, parmi lesquels Éliette Abécassis, Christian Signol, Janine Boissard, Françoise Bourdin, Richard Bohringer, Jean d’Ormesson, Pierre Pelot, Philippe Delerm, Jean Teulé et, même, Nicolas Canteloup (Photo Europe1) avec « Iznogoud Président ».

    2 min
  • Sex, Books & Rock’n’Roll
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Sex, Books & Rock’n’Roll » est le thème générique de la Foire du Livre de Bruxelles qui se déroule encore ce premier week-end de mars et lundi.
    Au programme : des concerts, des rencontres, des performances… en compagnie de Marianne Faithfull, Stephan Echer, BJ Scott, entre autres.
    Mais, bien entendu, le magnifique bâtiment « Tour & Taxis », situé au cœur de la capitale de l’Europe, accueille un grand nombre d’auteurs et quelques pointures de l’édition : Régine Deforges, Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt, Jean-Pierre Coffe, François Weyergans, enfin, on l’espère.
    Tiens ! Que j’ai salué la présence d’Amélie Nothomb qui, en général, cartonne à pareille manifestation, j’ai retrouvé une phrase dans l’un de ses ouvrages, quelques mots qui caractérisent bien son œuvre : « La vérité, c’est qu’elle est morte sans mourir, puisqu’elle n’était déjà plus vivante. »
    2 min
  • La Ville éphémère d’Alexandre Suval
    Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.
    La « Fête à Neuilly », au XIXe siècle, était l’impératrice des fêtes foraines, celle qui attirait de concert le populaire et les élégants des beaux quartiers. Les riches maîtres y frottaient leurs habits de gala aux blouses des travailleurs et aux jupettes des cousettes.
    Et, c’est là, principalement, au cœur de cette fête créée sous le Premier Empire que l’auteur Alexandre Suval emmène le lecteur pour son étonnant roman « La Ville éphémère », paru aux Presses de la Cité dans la collection « Terres de France ».
    C’est l’histoire d’un personnage aussi curieux qu’attachant, vicomte et saltimbanque à la fois, un homme que les femmes dévorent des yeux alors que lui se laisse faire avec une délectation évidente, selon l’auteur.
    Mais, le « Prince des forains », comme il l’appelle, se trouve embarqué dans une dramatique aventure, bien que son protégé, Ficelle – un homme-momie – le mette en garde.
    Sera-t-il trop tard pour faire marche arrière en cette période où l’on passe du célèbre « bertillonnage » – ou anthropométrie judiciaire – à la technique des empreintes digitales ?
    Ce roman est, donc, un polar, avec son lot de crimes – nombreux ! -, d’enquêtes mystérieuses et de rebondissements, qui se déroule dans le milieu des forains mais, c’est, obligatoirement, plusieurs facettes de son auteur qui ressortent de cet ouvrage avec un brin d’humour (« Le maître boulanger, bonne pâte… »), une pincée de sarcasme (« Il est mort pour la patrie, ou pour rien, selon les convictions »), beaucoup de réalisme (« Le savoir rend l’esprit rebelle à la soumission ») et un incontestable talent dans la gymnastique des mots et des idées (« Entre gens dénués de scrupules, on a tôt fait de se reconnaître… ».
    3 min
  • Apprendre à s’aimer de Pierre Pradervand (Éditions Jouvence)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Comment voulez-vous aimer les autres si vous ne vous aimez pas vous-même ? Comment donner aux autres ce que l’on se refuse à soi-même ?
    Bien entendu, certains esprits chagrins, ou mal informés, pourraient avancer une propension à l’égoïsme que de s’aimer soi-même, voire du narcissisme, en répondant à ce qui, pour Pierre Pradervand, auteur de l’ouvrage « Apprendre à s’aimer » édité chez Jouvence, s’apparente au problème psychologique numéro un de notre société.
    Durant moins d’une centaine de pages, ce sociologue, écrivain, consultant et formateur, pose de simples questions et y apporte de simples – pas simplistes ! – réponses qui, selon lui, donnent la « clé d’une vie épanouie ».
    Certes, il y a quelques développements dans ses réponses et, même, une bonne nouvelle : « Chacun de nous possède déjà en lui-même une capacité illimitée à aimer et à s’aimer ! »
    Question fondamentale : « Qu’est-ce que l’amour ? »
    Aimer, c’est vouloir le vrai bien de l’autre et de soi-même. Par autre, ce n’est pas seulement un proche, mon prochain, mais tout être animé et même inanimé, y compris notre planète Terre sans laquelle nous aurions quelque peine à survivre, clame l’auteur.
    Sur ce dernier point, parmi d’autres, « Fréquence Terre » ne peut que marquer son accord !
    2 min
  • L’homme à la carrure d’ours de Franck Pavloff (Albin Michel)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    C’est un roman de « terroir » particulier que « L’homme à la carrure d’ours » de Franck Pavloff édité chez Albin Michel.
    Ici, pas question de vignes, de fermes dans la montagne, de grillons, de mistral, de lavande, ou, de sagas et de légendes auvergnates, ardennaises ou bretonnes, mais de « trous dans la banquise par où les phoques respirent. »
    On est dans le Grand Nord, où des puits de mines ont été brutalement murés il y a plusieurs décennies, où sévissent des tempêtes polaires dévastatrices, où des fjords avaient été transformés en poubelles et des galeries souterraines bourrées de déchets d’origine inconnue…
    Un véritable territoire maudit, en somme. « Une région à haut risque », avaient décrété les autorités qui, à l’heure actuelle, c’est-à-dire à celle décrite par l’auteur pour camper son récit, maintiennent leur décision en bouclant encore, sous haute surveillance, cet espace de Laponie, autrement appelé la « Zone », ancien lieu d’une activité industrielle intense. Il y a même été strictement interdit de pêcher et les anciens travailleurs tentent de survivre dans cet univers en ruine et d’irradiations assassines !
    Certaines personnes perdirent du sang noir, crachèrent des glaires sanguinolentes, exhalèrent une sueur acide, beaucoup furent emportées par un mal foudroyant, d’autres subsistent vaille que vaille dans la terreur, recluses comme des parias, entourées de gardes armés jusqu’aux dents, de miradors et de barbelés.
    Parmi elles, Kolya, un vieux sculpteur, et Lyouba, une jeune femme, qui ont osé franchir les limites de la « Zone » car, « qui craint les gardiens leur donne vie » et « qui piétine la terre sans avancer creuse les fondations de sa prison ».
    Elle rêve de galeries commerçantes fleuries, de rires d’enfants… Quels enfants, au juste ? N’est-elle pas la dernière personne née, il y a vingt ans, dans cet endroit sordide ?
    Lui, il vit ses derniers instants, frappé par la maladie.
    Et puis, venu de nulle part, voici l’« étranger » qui débarque dans l’histoire, alors que Lyouba doit donner une descendance aux reclus qui ne cessent de la violer…
    3 min
  • La jauge par Xavier Tacchella (Editions MdV)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    « Il faudrait mieux jauger ses efforts » est une expression bien connue dans la société mais, dans certains milieux dits initiatiques, elle prend une valeur de premier plan quand on y accole symboliquement l’outil ad hoc, c’est-à-dire la jauge.
    Une jauge considérée comme la clef du chantier par les Compagnons et les Bâtisseurs qui érigèrent de splendides édifices telles les cathédrales de Chartres, de Rouen, de Strasbourg, de Paris, etc.
    À l’époque, il n’existait pas d’ordinateurs et, pourtant, il nous reste des chefs-d’œuvre fabuleux dont les dimensions reflètent une Connaissance et une Sagesse hors pair.
    Pour ce faire, des outils dits anciens furent utilisés avec, parmi eux, la jauge, cette règle crantée permettant de reporter une dimension donnée.
    Généralement, il y avait cinq dimensions : paume, palme, empan, pied et coudée.
    Et, l’on s’en doute, il y a beaucoup de symbolisme à découvrir derrière ces notions et ce nouvel ouvrage qui ne dépare pas du tout dans une collection riche en symboles universels qui, parfois, nous viennent de la nuit des temps et ont encore cours en notre siècle d’un rationalisme parfois exacerbé.
    Ainsi, l’auteur de « La Jauge », Xavier Tacchella, livre paru aux Éditions Maison de Vie, insiste avec justesse sur le fait que la jauge fait partie des outils jugés essentiels pour la pratique du métier et, n’en doutons pas, pour mieux apprécier certains pans de l’existence.
    2 min
  • La fille du goémonier de Colette Vlérick (Pocket)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Un village breton le long de la côte au XIXe siècle et, parmi les pauvres habitants, Madeleine, orpheline de mère.
    Subitement, elle perdit son père et son grand-père paternel, noyés en mer, quasiment sous ses yeux.
    Anna, sa féroce marâtre, la plaça comme servante chez de riches fermiers.
    Madeleine avait à peine 12 ans et elle rêvait d’une autre destinée.
    Humiliée et bafouée, elle chercha à comprendre ce qui lui arrivait, car elle était intelligente, serviable et gentille.
    Elle reçut une explication d’une amie : « Les riches pensent être meilleurs que les pauvres parce qu’ils ont des biens », mais, on le devine aisément, cette justification ne suffit pas à calmer sa tristesse et sa révolte intérieure.
    Heureusement, il y avait un cousin attentionné et, surtout, Yves, son ami depuis toujours : « C’est mon homme ! » clamait-elle amoureusement.
    Ils mirent très longtemps à se déclarer une attirance réciproque. Ils trimèrent ensemble comme le faisaient leurs parents et grands-parents. Ils eurent des enfants à leur tour.
    Arrivèrent-ils à les aider à conquérir le bonheur ?
    « La fille du goémonier » de Colette Vlérick est un roman de terroir breton paru chez Pocket, mais, aussi, une longue description de ce métier qui, ici également, fit principalement le bonheur des patrons et de bourgeois nantis laissant dans la misère ceux qui, pourtant, leur apportaient l’opulence au péril de leur vie.
    Des goémoniers pauvres, certes, mais fiers de leur travail qui, à l’instar de Madeleine, étaient habités par une immense solidarité.
    Le temps passa, jusqu’à ce funeste mois d’août 1914, lorsque le tocsin sonna la mobilisation générale pour tous les hommes valides de 19 à 50 ans…
    3 min
  • Au coeur des forêts de Christian Signol (Albin Michel)
    « Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
    Un homme (de Corrèze, du Quercy…) qui parle aux arbres et qui, petit à petit, transmet ce langage à son fils, une moisson de seigle, une récolte de châtaignes, des crêpes de blé noir, des pins sylvestres, un parfum de résine, des combes et des sentes, des veillées, la cheminée ouverte…, tous les ingrédients du livre de « terroir » sont présents dans le dernier roman de Christian Signol « Au cœur des forêts » publié chez Albin Michel.
    Certes, l’auteur préfère évoquer la « Grande Histoire », avec G et H majuscules, plutôt que le terme « terroir », quoi qu’il en soit, le lecteur est touché de plein fouet par l’histoire du jeune Bastien, que son père initie aux mystères de la forêt : « Regarde bien les arbres. Ils savent, comme nous, qu’ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu’à une chose : grandir, monter le plus haut possible, bien plus haut que nous ne grandirons jamais. »
    Et puis, Bastien, septuagénaire, accueille sa petite-fille, Charlotte, gravement malade. Va-t-il pouvoir l’aider à guérir ? Va-t-il l’initier à son tour à la magie forestière ? À deux, résoudront-ils la disparition énigmatique de Justine, la sœur de Bastien, il y a une cinquantaine d’années ?
    J’ai compté ! J’en étais à dix-sept ouvrages lus de Christian Signol et, sans grand risque de me tromper, je peux avancer qu’« Au cœur des forêts » me paraît l’un des plus sensibles, voire des plus puissants, par les messages symboliques qu’il distille avec tant d’humanité et de respect de la Nature.
    Une Nature tellement malmenée par les hommes et les éléments ces derniers temps.

    3 min

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