Voici la proposition d'Arsinée ANDRE : "Le grand bal trad de l’été, quelque part au centre de l’Allier. Ses lumières et ses couleurs. On s’y retrouve pour danser. On s’assoit entre deux bourrées sur le parquet poussiéreux ou à l’ombre d’un arbre. La musique semble ne jamais s’arrêter. On balance et dérive d’un groupe à l’autre, au son du folk.J’enregistre les coups de talons sur le bois souple, les rires, les accords sous le chapiteau, et les histoires que l’on me raconte. J’essaie de capter ce que l’on ne peut pas enregistrer – car l’outil n’a pas encore été inventé. Les odeurs. On n’en parle pas. Ou du moins rarement. On fronce le nez discrètement. On détourne les yeux et on se concentre sur les pieds qui tournent sur le parquet de danse. On se tient du bout des doigts qui glissent sur le tissu mouillé, et on attend la fin de la danse. D’autres n’y font pas attention. Ils sont dans la danse. Ils la vivent par leur corps et celui de l’autre, fondus dans les basses de l’accordéon. L’odeur importe peu. Elle reste passagère, file entre deux sinus. Et pour la radio, l’oreille interprète, solidaire de son infortu-nez voisin. Et ce sont des mots, mis en histoires, qui nous font sentir la danse."