L’activité mathématique scolaire se réalise bien souvent par et avec le langage. Les discours sont construits avec un usage de la langue qui combine trois principaux paramètres : les « pratiques langagières » liées à la discipline, mais aussi sa façon usuelle de s’exprimer et l’interdiscursivité avec les discours des élèves (les reprises de la parole des élèves, par exemple). Dans ces discours, certaines expressions ou termes sont spécialisés, sorte de « mathématicismes ». Les élèves allophones, pour lesquels la langue scolaire est une langue seconde, récente, dont l’apprentissage est en cours, apportent un effet de zoom sur les obstacles et leviers langagiers dans l’activité mathématique. Ces élèves migrants conduisent les enseignants à repenser leurs stratégies pédagogiques, autant de voies alternatives qui peuvent être autant de réponses potentielles à l’ensemble des élèves du groupe classe. Dans cette communication, nous étudierons plus particulièrement des difficultés ou facilités dans la pratique des mathématiques par les élèves allophones, récemment arrivés dans le système scolaire français, pour questionner les gestes professionnels à expérimenter ou expérimentés par des enseignants. Après avoir illustré quelques phénomènes d’interaction verbale, nous aborderons des médiations pour l’apprentissage, notamment les ressources du plurilinguisme.
Discussion : Camille Rasetto, DDL, Caroline Poisard, DDM.