Connexion Nature

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Connexion Nature episodes

  • Photopériode : comment la durée du jour influence les plantes et les animaux
    Dans notre « connexion nature » du jour, nous allons nous intéresser à la photopériode (à savoir la durée du jour comparée à la nuit, variable selon les saisons) et à ses impacts sur les processus biologiques des organismes vivants. Bonjour Socha. Dans la nature, la photopériode joue un rôle crucial en synchronisant les activités biologiques des êtres vivants, plantes et animaux notamment, avec les cycles du jour et des saisons.

    • Elle permet aux plantes de réguler leur croissance végétative et leur floraison en fonction des saisons, ce qui assure l’efficacité de leur reproduction et une bonne dispersion de leurs graines.


    Chez les animaux, la photopériode influence :

    • le comportement
    • la reproduction (qui s’accompagne souvent d’un redimensionnement des organes sexuels)
    • et l’hibernation (j’avais déjà évoqué cet aspect dans une chronique précédente l’hiver dernier). Elle permet aussi de réguler les cycles de sommeil et de veille.


    Concrètement, comment cela se traduit-il chez les plantes ? On sait que les plantes s’adaptent à l’intensité et à la durée d’éclairement. Pour faire pousser leurs feuilles mais aussi pour se reproduire. Les plantes utilisent des photorécepteurs pour déterminer la durée du jour. Concrètement, lorsque la lumière est détectée par les plantes, des voies de signalisation sont activées, ce qui entraîne des modifications dans l'expression des gènes. Des signaux hormonaux régulent la production de certaines protéines qui vont donner lieu à la formation des fleurs.

    Et chez les animaux ? La photopériode joue un rôle-clé dans les rythmes des animaux.

    • D’abord au niveau du rythme biologique quotidien, qu’on appelle aussi rythme « circadien » (rythme d’activités jour/nuit sur 24h). Cela se passe via la production d’une hormone, la mélatonine.


    Et au niveau des rythmes saisonniers :

    • Rythme de reproduction chez les vertébrés : faire coïncider la période de reproduction avec la saison favorable.
    • Diapause (ou ralentissement du biorythme) : la photopériode est le facteur essentiel qui déclenche chez l’animal l’entrée en diapause avant que ne survienne la saison défavorable.


    C’est fréquent chez les mustélidés (la famille des hermines et des blaireaux), mais c’est aussi le cas chez la chevrette, la femelle du brocard chez les chevreuils. C’est ce qui permet que les jeunes de ces espèces naissent au printemps, qui est une saison favorable au niveau des ressources alimentaires.

    À noter que d’autres espèces animales (notamment beaucoup d’oiseaux) ne font pas de diapause pour s’adapter aux mauvaises conditions environnementales à une certaine saison, elles adoptent une autre stratégie : la migration.
    4 min
  • Que planter au potager en avril ? Légumes, associations et conseils pratiques
    Dans ta dernière chronique, tu nous parlais des bienfaits des Fabacées notamment à utiliser comme engrais verts sur des parcelles où le sol a été quelque peu épuisé par des cultures précédentes. Justement, en parlant de légumes à cultiver, que peut-on planter en avril dans son potager ?

    Au niveau des Fabacées, le mois d’avril est idéal pour la culture des pois, de bonnes légumineuses et source de protéine végétale. Avril est aussi la bonne période pour planter oignons, carottes, radis, choux, épinards, …

    Des petits conseils d’associations de cultures ?

    Oui, carottes et radis par exemple. Semez des graines de ces deux légumes en pleine terre sur une même ligne. Ce qui est intéressant avec les radis, c’est qu’ils poussent vite. Ils vont donc faire de l‘ombre sur la terre, ce qui favorisera la conservation d’humidité dont les carottes ont besoin.

    L’association carottes/poireaux fonctionne bien aussi. Car elle permet de limiter l’attaque de leurs ravageurs respectifs, c’est une protection réciproque (l’odeur de la carotte repousse la teigne du poireau et l’odeur du poireau repousse la mouche de la carotte), c’est du win-win.

    As-tu des infos utiles concernant les épinards ?

    • Ce sont des légumes feuilles riches en vitamines A et C et avec une belle teneur en minéraux : fer et magnésium notamment. Et aussi en calcium, ce qui intéressant pour la bonne santé de nos os.
    • Mais à ne pas consommer en excès car les épinards contiennent des oxalates, ce qui peut être problématique pour les personnes sensibles au niveau rénal (formation de calculs !).
    • Arrosez régulièrement les épinards et récoltez-en les feuilles au fur et à mesure de leur croissance, cela stimule la production de nouvelles pousses.
    D’autres associations de légumes sont-elles envisageables ?

    Oui les radis peuvent être associés à d’autres plantes, comme les épinards, les laitues ou les fraisiers.

    En parlant des fraisiers, n’est-il pas trop tard de les planter à cette période de l’année ?

    On recommande normalement de mettre en terre les fraisiers au cours de l’été précédent (août-septembre). Ainsi les plants ont le temps de bien s’enraciner et de préparer des boutons floraux avant l’hiver.

    Cela dit, il est encore temps d’effectuer ces plantations en début de printemps. Si tout va bien, vous pourrez avoir une petite récolte de ces bons fruits au cours de l’été, même si elle sera sans doute moins abondante.

    En avril, l’activité redevient assez intense au niveau du potager, alors hop on se retrousse les manches et on s’y met.
    4 min
  • Fabacées : ces plantes aux multiples bienfaits pour l’alimentation et les cultures
    Dans la chronique nature du jour, tu vas nous parler spécifiquement d’une famille de plantes, les Fabacées.

    La terminologie « Fabacées » de nos jours correspond en fait à ce qu’on appelait auparavant les légumineuses. Cette famille botanique est très vaste (elle comprend plus de 19.000 espèces différentes à travers le monde). Quelques exemples de plantes appartenant à cette famille : les pois, les fèves, les haricots, les lupins.

    Leurs fruits sont des gousses, qui contiennent souvent plusieurs graines.

    Chez la toute grande majorité des Fabacées, les fleurs sont caractérisées par 1 pétale dorsal dressé (« l’étendard »), 2 pétales sur les côtés (les « ailes ») et 2 pétales inférieurs soudés. Songez aux jolies fleurs des pois de senteur par exemple.

    À noter que parmi les Fabacées, il n’y a pas que des plantes herbacées. Il y a aussi des arbrisseaux comme le genêt à balais ou carrément des arbres comme le Robinier faux acacia.

    Les Fabacées constituent une ressource très importante au niveau alimentaire.

    Exact. Ces plantes sont cultivées depuis très longtemps ! Et de nos jours, elles ont une grande importance économique. Au niveau des cultures, on peut songer à l’arachide, au soja, aux lentilles, pois chiches, haricots, etc.

    Il y a d’autres utilisations aussi…

    Des usages cutanés par exemple : le baume du Pérou. Cette résine épaisse, qui se récolte sur un arbre originaire d’Amérique, a des vertus antiseptiques. Les Indiens l’utilisaient déjà pour ses propriétés cicatrisantes.

    Et puis, les légumineuses ont une capacité très intéressante pour les cultures.

    Oui, celle de fixer l’azote atmosphérique dans le sol. Il faut savoir que l’azote est un élément indispensable à la fabrication de la matière vivante.

    C’est la présence de symbioses racinaires avec des bactéries du genre Rhizobium. Qui donnent aux plantes de la famille des Fabacées ce super-pouvoir. Car fixer l’azote de l’air dans le sol est très intéressant pour les cultures et la croissance des autres plantes. C’est pourquoi des plantes comme la luzerne, le trèfle ou la phacélie sont utilisés comme engrais verts pour enrichir le sol. À planter dans des parcelles potagères où le sol a été un peu épuisé par des cultures précédentes (par exemple là où des salades ont poussé l’année d’avant).

    C’est le principe de l’alternance des cultures.

    Tout à fait, il est important de le respecter pour le bien de son sol et donc la qualité de ses légumes.
    4 min
  • Sève de bouleau : bienfaits, récolte et précautions à connaître
    Retour des chroniques nature en ta compagnie. Aujourd’hui, nous nous intéressons avec toi à la sève de bouleau, à ses bienfaits et à des conseils pratiques pour la récolter de manière responsable.

    Tout à fait Socha. Bonjour, ravi de vous retrouver ainsi que les auditeurs bien entendu 😉.

    Pour démarrer, parle-nous un peu des bienfaits que l’on attribue à la sève fraîche de bouleau.

    Riche en minéraux (fer, calcium, potassium…), oligo-éléments, vitamines et acides aminés, la sève de bouleau est consommée au printemps pour nettoyer son foie, éliminer les toxines accumulées en hiver --- c’est vraiment de saison --- et donner un bon coup de boost à son organisme.

    Quand peut-on récolter la sève de bouleau et sur quel type d’arbre ?

    La récolte a lieu au cours du mois de mars et jusque début avril.

    Il est important d’être très respectueux de l’arbre sur lequel on compte prélever un peu de sève. Choisissez un arbre d’au moins 10 ans (on ne prélève jamais sur de jeunes arbres), avec un diamètre du tronc d’au moins 20 cm et sans signe de maladie bien entendu.

    Comment s’y prendre concrètement si on a des bouleaux dans son jardin ?

    Avec une mèche (diamètre de 5 mm maximum), vous creusez un petit trou peu profond (2 cm environ). Puis vous placez un petit tuyau du type silicone alimentaire pour canaliser l’écoulement et vous réceptionnez le précieux nectar dans un récipient propre bien à l’abri de la lumière (donc surtout pas transparent !).

    Et après la récolte, bien colmater

    Et au niveau de la consommation ?

    Une fois récoltée, la sève doit être conservée au frigo et consommée rapidement, idéalement endéans 3 semaines. La dose conseillée est 15 à 25 cl, à consommer le matin à jeun. En termes de durée, il est conseillé de faire une cure de 10 à 20 jours.

    Quelles sont les contre-indications à ce type de cure ?

    Le bouleau est un arbre assez allergisant, ce qui peut se marquer au niveau respiratoire et cutané. Les personnes allergiques au pollen doivent donc éviter de boire sa sève.

    Les femmes enceintes ou allaitantes ne doivent pas faire de drainage, ni les enfants.

    Déconseillé aux personnes ayant des traitements spécifiques (chimio) ou souffrant de grosses pathologies rénales. Parce que la sève de bouleau nettoie fortement et risque d’enlever les principes actifs des médicaments et impliquer un travail trop important au niveau des reins. Toujours demander un avis médical dans ce genre de cas.

    Concrètement, quel goût cela-t-il ?

    Au début, le goût de la sève est neutre mais au fil des jours, il y a une fermentation qui s’opère et le goût devient progressivement plus prononcé.
    4 min
  • Déclin des amphibiens : causes, dangers et actions pour les protéger" Résumé :
    Les amphibiens connaissent un déclin très marqué à l’échelle de la planète. Avec 41% d’espèces menacées, les amphibiens sont la classe d’animaux vertébrés à l’avenir le plus incertain. Pour donner une idée, les chiffres correspondants pour les mammifères et les oiseaux sont respectivement de 26% et 12%.

    Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur ces animaux ?

    Il y en a plusieurs : fragmentation de leurs habitats, voûtement de cours d’eau, raréfaction de leurs biotopes aquatiques.

    En raison de l’urbanisation croissante et du développement des activités humaines , les amphibiens ont connu des régressions importantes.

    C’est pourquoi, depuis, plusieurs années, les efforts de préservation de ces espèces portent sur la restauration de leurs milieux.

    Aménagement de mares, reconnexion de zones humides entre elles, remise à ciel ouvert de cours d’eau là où c'est possible.

    Et puis, il y a des efforts spécifiques sur des espèces assez rares, comme la rainette verte. Cette espèce a été réintroduite en Wallonie en 2022 et 2023 … et l’espèce a commencé à se reproduire en 2024, une première en 40 ans !

    Cela dit, la principale inquiétude de nos jours concerne des espèces communes : la grenouille rousse et le crapaud commun.

    Les propriétaires ruraux ont constaté une évolution radicale depuis quelques années. Dans certains points d’eau où ça coassait abondamment il y a 6 ou 7 ans, aujourd’hui, quasi plus rien. Inquiétant !

    Les causes sont multifactorielles.

    La grenouille rousse est bien adaptée à un climat assez frais, le réchauffement global lui pose des problèmes. Il y a aussi la prédation par des espèces exotiques envahissantes comme le raton-laveur. En période de reproduction lors des rassemblements de grenouilles adultes, ce peut être un carnage à certains endroits !

    Enfin, il y a des pathogènes. Par exemple, un champignon (au terme scientifique quasi imprononçable 😉) décime les populations de salamandres en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Lorsqu’une population est infectée par ce champignon, presque tous les adultes meurent en quelques semaines.

    Face à ces constats assez effrayants, que peut-on faire à notre niveau pour endiguer ce phénomène ?

    Les auditeurs qui le désirent peuvent prêter main forte aux groupes de volontaires qui viennent en aide chaque année aux amphibiens : à la période de reproduction, ils les aident à traverser les  routes, ce qui permet aux amphibiens d’aller rejoindre leur zone de ponte (mare, étang, …) en sécurité.

    La reproduction s’étale de mi-février à début avril, en fonction des conditions météo. À cette période, lorsqu’il fait humide et que les températures en soirée tournent autour de 8°, des mouvements peuvent démarrer. Plein d’infos utiles se trouvent sur le site de NATAGORA

    On peut aussi aménager une petite mare dans son jardin ou au sein d’un jardin partagé, on trouve des conseils sur le net.
    4 min
  • Comment reconnaître et protéger les amphibiens ?
    Les amphibiens constituent un maillon important de l’évolution de la vie sur terre. Apparus il y a environ 385 millions d’années, ce sont les premiers vertébrés qui ont assuré le passage de la vie dans les mers à celle sur terre.

    Par la suite, les amphibiens se sont différenciés en plusieurs lignées : reptiles, oiseaux et mammifères. Voilà l’explication de ce tronc commun.

    Comment caractériser ces animaux en quelques mots ?

    Les amphibiens sont des animaux vertébrés avec une peau humide et glandulaire. Ils ont 2 milieux de vie : aquatique (pour la reproduction) et terrestre. Les adultes respirent grâce à des poumons mais aussi par leur peau, qui permet des échanges gazeux.

     Parle-nous un peu des pontes d’amphibiens.

    Leur stratégie c’est la quantité. Les œufs sont pondus par centaines, voire par milliers ! Dépourvus de coquilles, les œufs se trouvent le plus souvent dans une enveloppe gélatineuse. L’eau les fait gonfler, ce qui leur donne un aspect impressionnant par rapport à la taille de l’animal qui les a produits 😉.

    Comment différencier une ponte de grenouille d’une ponte de crapaud ? Par sa forme. Une grenouille va pondre des œufs rassemblés en amas circulaires, en « boules », alors que les pontes de crapauds forment de longs chapelets.

    Au niveau des différents stades de développement : on a donc un œuf dans son enveloppe, puis les jeunes larves qui en sortent se développent exclusivement dans l’eau. Les têtards respirent au moyen de branchies. Les amphibiens se métamorphosent, passant par un ou plusieurs stades larvaires (où ils ont tous une queue), avant d’atteindre leur forme adulte.

    C’est lors de cette ultime métamorphose que certains amphibiens perdent leur queue, d’autres pas.

    Grenouilles et crapauds perdent leur queue au stade adulte.

    Par contre, tritons et salamandres conservent une queue tout au long de leur vie.

    Une fois adultes, leur régime alimentaire est à la fois insectivore et carnivore.

    Ils contribuent à prévenir les surpopulations de certaines espèces d’insectes et d’invertébrés. Ce qui illustre une fois de plus le fragile équilibre des écosystèmes. Si un maillon est déséquilibré, c’est toute la chaîne qui va en subir des conséquences !

    Alors : que faire si on trouve un amphibien dans sa cave ?

    Tant que les températures de nuit sont positives, vous pouvez relâcher la grenouille ou le crapaud à l’extérieur en début de nuit, de préférence sous un buisson ou à l’abri d’un tas de bois. 

    Par contre si on est en hiver, mieux vaut attendre avant de le relâcher. Le signal sera annoncé par les migrations d’amphibiens (qui débutent généralement fin février). Et, si vous acceptez que votre cave serve d'abri aux amphibiens, pensez à installer une planche pour qu'ils puissent sortir au printemps.
    4 min
  • L'impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité
    Quels sont les impacts négatifs de la lumière artificielle nocturne sur les animaux?

    Pour les oiseaux par exemple, des études montrent que cela induit des modifications de comportement avec un impact sur la reproduction. Les oiseaux commencent à chanter alors qu’il fait encore nuit car ils confondent la lumière artificielle avec l’aube du jour.

    Pour les insectes, c’est problématique car beaucoup d’entre eux restent prisonniers de lumières artificielles comme les veilleuses de nuit à l’extérieur. Ils sont attirés par ces lumières, tournent autour et peuvent finir par mourir. Ce sont autant de ressources alimentaires en moins pour les animaux insectivores qui s’en nourrissent (pensons aux chauves-souris ou aux amphibiens par exemple), cela a donc un impact écosystémique.

    Globalement, on peut dire que cela induit un dérèglement dans le comportement de la faune.

    Dérèglement dans les cycles biologiques des animaux, en effet, mais aussi un déséquilibre dans les relations proies/prédateurs. Je m’explique…

    Certains animaux vont déserter leur habitat naturel, soit parce qu’ils fuient ces lumières soit au contraire parce qu’ils sont inexorablement attirés par elles !

    Par ailleurs, beaucoup d’animaux sont actifs de nuit pour chasser et trouver leur nourriture. D’ordinaire, les ténèbres sont un atout pour eux. Avec un trop grand nombre de zones inutilement éclairées, cela compromet la discrétion de leurs déplacements. Ils sont davantage susceptibles d’être eux-mêmes la proie d’un autre prédateur.

    Cette réflexion vaut à la fois pour des particuliers dans leur propriété privée mais aussi dans le domaine public bien entendu.

    Oui. Un bon exemple est l’éclairage LED orangé qui est installé dans certains quartiers en milieu urbain. Comme à Jette depuis quelques années ou encore au Rouge-Cloître à Auderghem, pour protéger notamment chauves-souris qui sont lucifuges (= craignent la lumière). Encore une fois, un éclairage classique avec de la lumière blanche rend ces animaux beaucoup trop visibles pour des prédateurs comme des rapaces. Et puis, la clarté nocturne raccourcit aussi les périodes de chasse pour ces animaux.

    En conclusion, on se rend compte que cela provoque pas mal de dérèglements ! Pour nous, êtres humains, il ne s’agit pas forcément de tout éteindre mais d’éviter de suréclairer.

    Tout à fait, c’est une question de bon sens. Il est important que chacun réfléchisse à ce qui est réellement utile d’éclairer la nuit. Quel est le réel besoin ? À quelle heure est-il pertinent de couper son éclairage ?
    4 min
  • Découvrez les effets bénéfiques et néfastes du froid hivernal
    L’an dernier on avait évoqué avec toi l’utilité du froid pour la germination des plantes.

    Une « dose minimale » de froid doit être accumulée par les arbres pendant l’hiver pour leur permettre de lever la période de dormance et de redémarrer leur métabolisme en fin d’hiver / début de printemps, au moment où les conditions de l’environnement redeviennent favorables. Les bourgeons avec leur structure écailleuse sont très résistants au froid et protègent bien les tissus végétaux.

    Là on parle surtout des arbres. Un mécanisme différent mais cependant comparable existe au niveau des plantes à bulbe, comme l’ail, l’oignon ou la tulipe par exemple.

    Le bulbe reste enfoui dans le sol et fait en sorte que les plantes vivaces survivent à l’hiver : c’est un organe chargé en réserves d’énergie, qui permet à la plante de repousser lorsque les conditions climatiques sont à nouveau plus favorables.

    Jusqu’à présent on a parlé des bienfaits du froid. À l’inverse, en quoi le froid peut-il causer des dégâts aux organismes vivants ?

    Le gel peut avoir des effets néfastes directs et indirects.

    • Effet indirect : le gel provoque la cristallisation de l’eau en glace, ce qui réduit l’absorption d’eau par les racines des plantes ; les végétaux meurent de « déshydratation » avant de mourir de « froid ».
    • Les effets directs du gel, liés à la formation de cristaux de glace dans les tissus, provoquent la mort de cellules, la nécrose de bourgeons, la perforation ou la déformation de feuilles ou encore l’éclatement de tiges.
    Cela dit, les cristaux de glace ne sont dangereux que s’ils se forment DANS les cellules et cela va dépendre de la vitesse de refroidissement.

    Lors d’un refroidissement lent (quelques degrés par heure), la glace se forme à l’extérieur des cellules , provoque une sortie d’eau qui permet une augmentation de la concentration des solutés dans la cellule, ce qui abaisse le point de congélation et évite la formation de glace à l’intérieur de la cellule.

    Au contraire, si la baisse de température est rapide, les cristaux de glace se forment DANS  les cellules, ce qui provoque l’arrêt des fonctions biologiques et donc leur mort.

    On termine sur une note positive, parce que l’impact bénéfique du froid sur le corps humain existe bel et bien !

    • Le froid pousse notre cerveau à libérer des endorphines, les « hormones du bonheur », dont les effets durent quelques heures. Le froid soulage tous types de douleurs (musculaires, articulaires, mais aussi maux de tête).
    • Le froid active la microcirculation du sang dans notre organisme, ce qui améliore le transport d’oxygène vers les organes et les muscles, qui fonctionnent mieux dans de telles conditions.


    Merci Amir pour cette chronique hivernale.
    4 min
  • Tout savoir sur les chauves-souris en hiver : hibernation, habitats et suivi en Wallonie
    Lors de balades en hiver, il peut arriver de passer devant d’anciennes grottes ou carrières où l’on voit parfois des panneaux explicatifs sur l’habitat des chauves-souris. C’est de ces animaux dont on va parler avec toi aujourd’hui. Mon objectif est que cela permette aux auditeurs d’être mieux informés sur ces animaux dont on parle peu, je trouve. Et pourtant, parmi les mammifères, 1 espèce sur 4, à l’échelle mondiale, est une chauve-souris !

    Un petit rappel avant d’entrer dans le vif du sujet : toutes les espèces de chauves-souris présentes en Belgique sont insectivores.

    Comment les chauves-souris se préparent-elle à passer l’hiver ?

    En automne, ces mammifères volants constituent des réserves de graisse en vue de la saison froide. La période d’hibernation proprement dite a lieu de novembre/décembre à février/mars (on est donc en plein dedans). 

    À cette période, les chauves-souris vivent sur leurs réserves et réduisent très fortement leur métabolisme (température corporelle, rythme cardiaque, fréquence respiratoire).

    Quelles sont les caractéristiques d’un gîte hivernal accueillant pour des chauves-souris ?

    Le site doit être à la fois calme (afin qu’elles ne soient pas dérangées ni réveillées), très humide (pour limiter les pertes en eau et éviter la déshydratation) et frais, à une température stable (sinon réveils trop fréquents) comprise entre 3 et 12 °C, en fonction des espèces.

    Le gîte peut être une grotte naturelle, une ancienne glacière, un arbre, un tunnel, une cave voire un bardage de maison. Au printemps, les chauves-souris sortiront de leur torpeur, quitteront les sites d’hibernation et se remettront à chasser les insectes qui seront de retour.

    On peut dire que les chauves-souris sont particulièrement bien suivies en Wallonie...

    • En été, des spécialistes effectuent des suivis de colonies de reproduction et des inventaires sur leurs zones de chasse.
    • En hiver, des recensements sont effectués sur plusieurs centaines de sites d'hibernation.
    • Cela doit se faire avec les compétences requises pour dénombrer et surtout identifier les espèces et, bien entendu, avec énormément de discrétion pour ne pas déranger les chauves-souris lors de leur hibernation. Il faut savoir que l'essentiel des actions de surveillance actuellement menées en Wallonie est coordonné par Plecotus, le groupe de travail chauves-souris de Natagora.


    Le but de ce travail est d’avoir une vue sur l’évolution des populations de chauves-souris au fil des ans.

    Exact, à la fois au niveau des aires de répartition des espèces et au niveau des effectifs (nombre d’individus présents dans les colonies).
    4 min
  • Découvrez le houx commun : un arbuste aux multiples secrets
    Aujourd’hui on va en effet apprendre à mieux connaître Ilex aquifolium, le houx commun. Cette plante a souvent un aspect buissonnant lorsqu’on la rencontre en forêt mais le houx peut devenir un véritable arbre si l’environnement lui est favorable (dans des zones campagnardes par exemple).

    Quelles sont les principales caractéristiques du HOUX ?

    • Tout d’abord, il a cette capacité à colorer la forêt de rouge vif, avec ses baies mûres en automne et qui persistent une bonne partie de l’hiver (attention, ces baies sont toxiques pour l’être humain).
    • Ensuite, ses feuilles coriaces ne tombent pas en hiver. Une couche de cire isolante les protège.
    • Il est un champion de l’adaptation : Adaptation de forme avec des feuilles présentant des piquants au bas de l’arbuste (protection contre l’abroutissement excessif des mammifères herbivores) mais aussi des feuilles nettement moins épineuses voire carrément lisses à 2 ou 3 m de hauteur.
    • Capacité à se cloner : le houx est capable de produire des branches qui poussent au ras du sol. Ces branches horizontales vont former un autre individu clone en prenant racine un peu plus loin.


    Plusieurs oiseaux peuvent même trouver refuge et nourriture dans le feuillage du houx :

    • Les roitelets, les troglodytes mignons ou les rouges-gorges viennent notamment y chasser des insectes à la belle saison ou y prélever des baies en hiver.
    • Les insectes, on vient de les évoquer en tant que nourriture pour les oiseaux.


    Mais il y a aussi un lien entre eux et le houx au niveau de la reproduction…

    Exact. Le houx compte sur les insectes pour se reproduire. La plante fleurit en mai / juin. Les grains de pollen sont transportés des individus mâles vers les individus femelles (le houx est ce qu’on appelle une espèce « dioïque ») par des bourdons, des abeilles, des mouches. Cela permettra de donner les fruits que l’on connaît, qui arrivent à maturité en automne.

    Et tu as une anecdote sympa pour clôturer cette chronique, puisqu’on pourrait parler de célébrité du houx !

    Le nom du houx se retrouve dans différents lieux comme la Houssière par exemple. Le village de Houx existe en région wallonne (fait partie de la commune d’Yvoir), et puis le plus célèbre reste très certainement … Hollywood, qui signifie littéralement « forêt de houx ».
    4 min

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Chaque semaine, Amir Bouyahi de « Connexion Nature » nous parle du monde vivant qui nous entoure. Découvrez comment la nature évolue, comment la préserver et l'observer.