On a déjà parlé de la molasse de la façade du Palais Fédéral. Au pied de la façade, on trouve un calcaire qui vient de Suisse Romande. Sa couleur patinée est gris foncé, à l’origine noire, c’est un calcaire de Saint-Triphon. C’est une roche dure et non gélive, car peu poreuse. Ce calcaire ne se trouve qu’au pied de la façade nord du bâtiment. Au sud, on trouve un autre calcaire, un calcaire du Jura, la pierre de Soleure. Sous nos pieds, on trouve de grandes dalles de gneiss du Tessin. En résumé, c’était d’ailleurs une volonté délibérée de l’architecte de l’époque, M. Auer, que les matériaux suisses utilisés dans ce bâtiment représentent et symbolisent la diversité et la richesse de notre pays. Mais ce n’est pas tout, le Saint-gallois Hans Wilhelm Auer a aussi réussi à symboliser, probablement sans s’en rendre compte, la structure géologique de notre pays, par la manière dont il a disposé les roches dans le Palais Fédéral. Au sol des gneiss de l’ère primaire de plus de 250 Ma, à la base des façades des calcaires de l’ère secondaire et en façade, la molasse de l’ère tertiaire. C’est exactement ce qu’on a sous nos pieds à quelques kilomètres de profondeur, ce qu’on appelle le socle, des gneiss et des granites de l’ère primaire, très vieux, au-dessus il y a des calcaires de l’ère secondaire, et encore au-dessus on a la molasse.