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ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Décryptage.
Annette Levy-Willard reçoit Pascal Bruckner qui vient de sortir un livre courageux contre la victimisation « Je souffre donc je suis. Portrait de la victime en héros » aux éditions Grasset, contre « l'état de victime » qui permettrait tous les droits.
A l’humanité conquérante de la modernité succède aujourd’hui une humanité victimaire. La promesse des Lumières et de la Révolution, un monde meilleur débarrassé du fatalisme et du fanatisme, accouche d’une société du sanglot.
Le souci des humiliés, telle est la grandeur de la civilisation. La victimisation comme chantage sur autrui et pathologie de la reconnaissance, tel est l’envers de ce progrès.
La souffrance est devenue paradoxalement, dans l’Occident hédoniste, un nouveau sacré qui méduse. Chacun, riche ou pauvre, homme ou femme, brandit son brevet de malédiction, qui l’élève au-dessus de ses semblables. Ce dolorisme mâtiné d’aigreur valorise la figure du martyr et alimente ces deux grandes passions que sont le ressentiment et la vengeance.
Les heureux et les puissants veulent eux aussi appartenir à l’aristocratie de la marge et former de nouvelles castes de déchus, au détriment des vrais malheureux. Partout fleurit la posture du paria, le narcissisme de la sécession et la concurrence victimaire.
Cajolées, élevées dans la peur et la susceptibilité, les jeunes générations seront-elles capables d’affronter le monde chaotique qui est le nôtre, marqué par le retour de la guerre, l’hyper violence, le terrorisme islamiste et les catastrophes naturelles ?
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Décryptage.
Annette Levy-Willard reçoit Bernard-Henri Levy pour son livre « Solitude d’Israël » paru aux éditions Grasset.
Que s’est-il passé le 7 octobre 2023 ?
Un choc dans l’âme juive ? un pogrom sans précédent depuis la Shoah ? un ébranlement de la conscience universelle ? une étape dans la guerre mondiale menée contre les démocraties ?
Quel lien avec l’invasion de l’Ukraine ?
Quel sens donner à l’alliance, autour des terroristes du Hamas, de l’Iran, de la Turquie, de la Russie impérialiste, de la Chine, de l’islamisme sunnite ?
La riposte de Tsahal fut-elle « proportionnée »?
Que voulait dire Emmanuel Levinas quand il parlait de l’« exception juive » ? Et Romain Gary et Albert Cohen quand ils annonçaient à l’auteur le retour de « la plus vieille des haines » ?
La solitude d’Israël est-elle irrémédiable ?
Telles sont quelques-unes des questions posées dans cet essai de colère et de combat que nourrit un demi-siècle d’amour pour l’Etat des Juifs et de méditation sur son destin.
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Décryptage.
Annette Levy-Willard
Fracassée comme tant d’autres après le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l’auteur voit son monde s’effondrer. Elle, dont la mission consiste à porter la souffrance des autres sur ses épaules et à la soulager par ses mots, se trouve soudain en état de sidération, impuissante et aphasique.
Dans la fièvre, elle écrit alors ce petit traité de survie, comme une tranche d’auto-analyse qui la fait revenir sur ses fondements existentiels.
Le texte est composé de dix conversations réelles ou imaginaires : conversation avec ma douleur, conversation avec mes grands-parents, conversation avec la paranoïa juive, conversation avec Claude François, conversation avec les antiracistes, conversation avec Rose, conversation avec mes enfants, conversation avec ceux qui me font du bien, conversation avec Israël, conversation avec le Messie.
Ce livre entre en résonnance avec Vivre avec nos morts (puisqu’il s’agit ici, a contrario, de l’angoisse de mourir avec les vivants), avec Réflexions sur la question antisémite (puisque c’est le pendant personnel, intime et douloureux à l’essai plus intellectuel et réflexif) et à Il n’y a pas de Ajar (puisque la musique, le ton, la manière des dialogues oraux font écho à ceux du monologue théâtral).
Comme toujours avec l’auteur, le va-et-vient entre l’intime et l’universel, entre l’exégèse des textes sacrés et l’analyse de la société actuelle, entre la gravité du propos et l’humour comme politesse du désespoir, parvient à transformer le déchirement en réparation, l’inconfort en force, l’inquiétude en réassurance et le doute en savoir.
Annette Lévy-Willard reçoit le philosophe Raphaël Enthoven qui nous parle de son dernier livre - l’intelligence artificielle qui a toujours un coup de retard sur l’esprit.
De la science au droit, de la médecine aux questions militaires, l'intelligence artificielle bouleverse tous nos champs de compétence. Tous ? Non !
En philosophie, l'IA ne sert à rien. Le prototype d'agent conversationnel ChatGPT, qui peut répondre à toute question, trouver une recette de cuisine à partir du contenu d'un réfrigérateur, rédiger un article ou composer un poème sur le sujet de notre choix, qui puise dans l'intégralité du savoir disponible pour en livrer une synthèse en quelques secondes... se trouve comme une poule devant un couteau quand on lui demande de réfléchir.
Quelle énigme ! Pourquoi le geste tout simple qui consiste à trouver une problématique, c'est-à-dire à transformer une question en problème pour en faire la colonne vertébrale d'une réflexion, demeure-t-il hors de sa portée ? À quoi tient cette singularité, ce je-ne-sais-quoi ? Pourquoi la pratique de la philosophie est-elle inaccessible à l'intelligence artificielle ? Et pourquoi l'humanité demeure-t-elle un casse-tête pour la machine ? C'est la même question.
"De Babi Yar à Pierre Goldman".
Conversation avec Michaël Prazan, auteur du livre « Pierre Goldman, le frère de l'ombre » et du film Einsatzgruppen sur la Shoah par balles.
Révolutionnaire au Quartier latin des années soixante, guérillero à Cuba, puis au Venezuela, joueur frénétique de salsa, gangster, taulard, écrivain, Pierre Goldman est surtout connu pour avoir été le principal accusé dans la sordide affaire du meurtre de deux pharmaciennes, au cours du hold-up raté d'une officine, le 19 décembre 1969. Condamné à perpétuité par la cour d'assises de Paris en 1974, il sera rejugé, puis acquitté, avant d'être assassiné en pleine rue, quatre ans après sa libération.
Qui était vraiement Pierre Goldman ? Un personnage aux multiples vies, qui a suscité rumeurs et légendes. Vingt-cinq ans après son mystérieux assassinat, ce livre éclaire les jeux d'ombre d'une existence marquée par la tragédie : Pierre Goldman était-il bien coupable du double meurtre dont il a été accusé ? Qui a commandité son assassinat ?
Au-delà des faits et des anecdotes, l'auteur tente de restituer la trajectoire paroxystique de ce Juif polonais né sous l'Occupation de parents résistants et tué à 35 ans. Par une enquête qui revient sur les lieux (Caraïbes, Pologne, Venezuela) et grâce aux témoignages de ceux qui l'ont connu, Michaël Prazan trace le portrait sensible et contrasté de celui qu'il considère comme un frère de l'ombre, un homme hors normes, tiraillé entre désir de mourir et soif de vivre.
Couverture : photo Copyright Elie Kagan
Michaël Prazan, enseignant et documentariste, est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Les Fanatiques, histoire de l'Armée rouge japonaise (Seuil, 2002). Il a collaboré à différents journaux et magazines (Le Figaro, Le Monde, Marianne, Ça m'intéresse).
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Annette Lévy-Willard, journaliste et romancière, reçoit chaque mois une personnalité du monde intellectuel qui fait l’actualité pour un dialogue croisé.
Grand reporter à Libération, elle s’est spécialisée dans les grands faits de société, les tendances d’époque… Elle produit un billet d’humeur tous les quinze jours, et présente la mensuelle « Décryptage » Le 1 er jeudi du mois de 11h00 à 12h00

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