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ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Grégoire Kauffmann pour son livre « La recluse de Saint-Flour » paru aux éditions Flammarion
À l'heure des règlements de comptes de la Libération, Esther Albouy, jeune employée des Postes, est tondue en place publique, emprisonnée puis bannie de sa propre ville.
Quel crime a-t-elle pu commettre pour subir un tel sort ? Revenue en secret dans la maison familiale de Saint-Flour, elle va s'y enfermer et vivre recluse pendant près de quarante ans.
En octobre 1983, sous les yeux d'une France incrédule, les hommes du GIGN donnent l'assaut. Ils vont découvrir l'horreur. Soudain, les fantômes de l'Occupation refont surface.
Grégoire Kauffmann exhume les pièces de ce drame marqué par les non-dits, l'indifférence et les distorsions de la mémoire. Il brosse le portrait d'un pays animé par l'esprit de vengeance, les rumeurs et les passions de l'épuration.
Dans cette ville du Cantal marquée par une vieille tradition d'enfermement des femmes héritée du Moyen Âge, la séquestration d'Esther va réveiller un monde disparu.
Un récit captivant qui lève le voile sur l'une des plus fascinantes énigmes de l'après-guerre.
Grégoire Kauffmann est historien, spécialiste de l'extrême-droite. Sa biographie de Drumont chez Perrin (2009) a été récompensée par le prix Guizot et le prix du livre d'histoire du Sénat.
ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Claire Buchbinder traductrice du livre de Kadya Molodowsky « De Lublin à New York. Journal de Rivke Zilberg » aux éditions du Canoë.
Les catalogues de prestigieuses maisons d’édition s’étoffent régulièrement d’inédits ou de rééditions d’écrivains célèbres mais compromis avec le régime de Vichy ou l’occupant nazi. Publier Céline, Drieu la Rochelle, Maurras ou encore Rebatet provoque des débats autour d’un retour de ces intellectuels maudits. La plupart de ces écrivains collaborateurs n’ont pourtant jamais quitté les étals des libraires.
Pour comprendre leur apparente résurrection, ce livre s’intéresse aux trajectoires sur le long terme de plus de deux cents d’entre eux. Loin d’être uniforme, le devenir de ces auteurs varie en fonction des condamnations prononcées à leur encontre, de leur âge, du genre littéraire qu’ils épousent. L’enquête de Tristan Rouquet met en avant l’ambivalence du stigmate de la collaboration, qui peut s’avérer être une contrainte (empêchement, rappel à l’ordre) ou une ressource (entre-soi, distinction subversive).
Elle souligne des réactualisations qui assurent, matériellement et symboliquement, la sourde présence de ces auteurs. Ainsi, des logiques commerciales, intellectuelles et littéraires viennent concurrencer les seules considérations d’ordre politique. De sorte que, plus encore que le devenir de la collaboration intellectuelle, cet ouvrage éclaire les conditions d’accès à la postérité.
ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Marianne Amar, Historienne, spécialiste d’histoire visuelle pour parler de « Lee Miller. Femme libre et photographe » Hors-série Télérama.
Il en a fallu du temps pour que l’Américaine Lee Miller (1907-1977) soit considérée pour ce qu’elle est. Pas seulement un superbe mannequin, une femme fatale, la muse de Man Ray, mais d’abord et avant tout une immense photographe, surréaliste jusqu’au bout des ongles.
Portraitiste de studio racée, avant-gardiste affirmée, elle sut comme nulle autre régénérer la photo de mode alors que l’Angleterre se refusait à ployer sous les bombes allemandes, marier le surréalisme au photoreportage de guerre, témoigner de l’horreur des camps de concentration.
Pour cela, elle n’a cessé de se battre avec les armes qu’elle avait à sa disposition : son talent bien sûr, mais aussi un art consommé de la rupture, avec une capacité à tout plaquer pour mieux se réinventer.
C’est cette artiste en avance sur son temps, cette femme d’une liberté inouïe pour l’époque – à laquelle le Musée d’art moderne de Paris consacre une rétrospective —, que nous vous invitons à découvrir à travers ce hors-série.
À mille lieues des clichés qui lui ont trop longtemps été accolés.
ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Tristan Rouquet pour le livre « Les écrivains collaborateurs. Engagement, stigmate, postérité » CNRS éditions
Engagement, stigmate et postérité
Les catalogues de prestigieuses maisons d'édition s'étoffent régulièrement d'inédits ou de rééditions d'écrivains célèbres mais compromis avec le régime de Vichy ou l'occupant nazi.
Publier Céline, Drieu la Rochelle, Maurras ou encore Rebatet provoque des débats autour d'un retour de ces intellectuels maudits. La plupart de ces écrivains collaborateurs n'ont pourtant jamais quitté les étals des libraires.
Pour comprendre leur apparente résurrection, ce livre s'intéresse aux trajectoires sur le long terme de plus de deux cents d'entre eux. Loin d'être uniforme, le devenir de ces auteurs varie en fonction des condamnations prononcées à leur encontre, de leur âge, du genre littéraire qu'ils épousent.
L'enquête de Tristan Rouquet met en avant l'ambivalence du stigmate de la collaboration, qui peut s'avérer être une contrainte (empêchement, rappel à l'ordre) ou une ressource (entre-soi, distinction subversive). Elle souligne des réactualisations qui assurent, matériellement et symboliquement, la sourde présence de ces auteurs.
Ainsi, des logiques commerciales, intellectuelles et littéraires viennent concurrencer les seules considérations d'ordre politique. De sorte que, plus encore que le devenir de la collaboration intellectuelle, cet ouvrage éclaire les conditions d'accès à la postérité.
ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Déborah Pasmantier pour son livre « Heureux comme Dieu en France. Ashkénazes et Séfarade : vie et exil » aux éditions l’Harmattan
Quand les Pasmantier Bronstein fuient les pogroms de Pologne, c’est à Paris qu’ils choisissent d’émigrer pour refaire leur vie. Parce que « Heureux comme Dieu en France ».
La rencontre entre Henri, le fils d’immigrés ashkénaze qui s’assimile, et Jacqueline, la fille de rabbin séfarade qui s’émancipe, entre les deux familles, entre les deux communautés, sera un choc.
Entre politique et religion, Shoah et guerre d’Algérie, intégration et désintégration, c’est le récit reconstitué de deux exils juifs réunis par la France.
ESSENTIEL – HISTOIRE – Emission présentée par Annette Wieviorka qui reçoit Johanna Lehr pour son ouvrage « Au nom de la loi. La persécution quotidienne des Juifs à Paris sous l’Occupation » paru aux éditions Gallimard.
C'est dans Paris et sa banlieue, point névralgique de leur persécution, que furent rafl és près de 29000 Juifs pendant l'Occupation.
Si elle s'est imposée dans la mémoire collective comme le symbole de la répression antijuive, la rafl e du Vél' d'Hiv a éclipsé une autre forme de violence, plus discrète et quotidienne, qui s'est abattue sur des milliers de Juifs dans la capitale et a abouti à leur déportation : les arrestations individuelles.
C'est alors "au nom de la loi", du règlement ou de l'ordonnance qu'on arrêtait chaque jour ces Juifs à Paris pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans son enquête, Johanna Lehr identifie des lieux de la capitale qui, du 1ᵉʳ au 20ᵉ arrondissement et jusqu'à Drancy, en petite couronne, dessinent la géographie de cette persécution.
Grâce à des archives inédites, elle dévoile le rôle d'administrations françaises restées invisibles : le Palais de justice, les prisons, la préfecture de Police, les hôpitaux, les gares... autant d'institutions qui, obéissant à un fonctionnement ordinaire dans un moment extraordinaire, ont pris une part active au processus de destruction des Juifs de France.
Historienne, docteure en sciences politiques (Paris-i Panthéon-Sorbonne) et psychologue clinicienne, Johanna Lehr est chercheuse indépendante.
ESSENTIEL – HISTOIRE
Annette Wieviorka reçoit l’historien et sociologue Pierre Birnbaum pour son roman « Le roman du malheur. De Vienne à New York, les écrivains juifs au tournant du XXe siècle » aux éditions Gallimard.
Au tournant du XXᵉ siècle, de l’Empire austro-hongrois aux États-Unis, des écrivains juifs s’imposent pour la première fois comme des figures majeures de la littérature mondiale : Stefan Zweig, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, Jacob Wassermann, Italo Svevo, Israël Zangwill, Marcel Proust, Albert Cohen, Irène Némirovsky, Henry Roth et bien d’autres prennent la parole pour dire, tout comme leurs confrères non juifs, les rêves de l’enfance, la recherche de l’amour et de l’amitié, mais aussi les affres de la vie, la jalousie, la stupeur de la trahison, le choc de la violence et de la guerre, la peur de l’exil.
Eux seuls pourtant savent, en dépit de leur reconnaissance, l’ambiguïté de leur statut, la précarité de leurs succès : ces écrivains demeurent des intrus au sein des sociétés chrétiennes ; leur judéité les met en porte à faux, leur confère un destin incertain.
Aucun d’entre eux ne semble non plus se reconnaître dans les idéologies du moment — du sionisme au marxisme. Dans leurs romans comme dans leur vie, leur désir d’assimilation cohabite avec la nostalgie d’un passé, l’attachement à un monde en voie de disparition, laminé par la modernité. Dès lors, comment échapper à ce malheur qui semble coller à leur peau ?
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi
Annette Wieviorka reçoit Ilsen About pour son livre « Sonia Steinsapir. Une vie intranquille » aux éditions Beau-Arts de Paris éditions
Sonia Steinsapir (1912-1980), née en Russie à l’époque des Tsars, vit en Crimée, à Berlin et à Moscou avant d’émigrer à Paris en 1936. Elle devient étudiante à l’École des Beaux-Arts de Paris et se destine à une carrière d’artiste. Victime de l’antisémitisme sous l’Occupation, elle est déportée dans les camps de Mérignac et Poitiers, où elle rencontre des internés dits Nomades, Manouches, Gitans, Rom et Voyageurs et réalise l’un des rares témoignages graphiques des persécutions antitsiganes en France pendant la Seconde Guerre Mondiale. Elle parvient à résister, s’évade et vit cachée à Paris en 1942 et 1944.
Reprenant ensuite le cours de sa vie, elle est tour à tour illustratrice, dessinatrice puis archiviste au Musée des arts et traditions populaires. Elle poursuit une œuvre inclassable qui témoigne d’une vie traversée par les soubresauts du XXe siècle.
Cette enquête, menée par Ilsen About à partir de nombreuses archives, a permis de reconstituer le destin singulier et les chemins d’une vie bouleversante et intranquille.Les œuvres de Sonia Steinsapir sont présentes dans les collections Musée d’art et d’histoire du judaïsme (mahJ) et du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem).
ESSENTIEL – HISTOIRE
Annette Wieviorka reçoit Stéphane Füzesséry pour son ouvrage « La destruction de Berlin. De l’explosion urbaine à Germania. 1860-1945 » aux éditions La découverte.
La croissance explosive de Berlin entre 1860 et 1910 a-t-elle favorisé la réception du nazisme ? La " décivilisation " qu'a connue l'Allemagne après 1933 est-elle née en réaction à la nouvelle civilisation urbaine apparue en plein cœur du Brandebourg au début du XXe siècle ? Pourquoi les nazis, qui n'ont pourtant cessé de clamer leur haine de la très grande ville, ont-ils voulu transformer leur capitale en une mégalopole de dix millions d'habitants ? Et dans quelle mesure la mise en œuvre de ce projet à partir de 1938 a-t-elle préfiguré la destruction de Berlin par les bombes alliées ?
Le livre tente de répondre à ces questions. Envisageant à nouveaux frais l'histoire convulsive de Berlin entre 1860 et 1945, il observe comment deux générations d'Allemands, confrontés au brutal changement d'échelle de leur capitale et aux formes inédites empruntées par la vie métropolitaine, sont parvenus à en surmonter les effets les plus déstabilisants tout en nourrissant de profonds doutes sur la viabilité à long terme de la très grande ville – une forme de peuplement en rupture complète avec la tradition urbaine allemande.
Il apporte ainsi un éclairage neuf sur la détestation nazie de Berlin et sur la manière dont, une fois au pouvoir, les dirigeants du IIIe Reich ont voulu reconstruire leur capitale.
Revenant sur la genèse et la mise en œuvre de ce projet connu sous le nom de Germania, il montre que la destruction de Berlin a commencé avant les bombardements alliés et que le chantier de la mégalopole nazie – par ses besoins en main-d'œuvre et en matériaux – a participé à la fuite en avant du régime vers la guerre, entraînant en retour l'une des plus vastes campagnes de dévastation jamais entreprises contre une ville.
ESSENTIEL, les rendez-vous du jeudi – Annette Wieviorka
Elle reçoit Valérie Villieu pour son livre « La Muette » aux éditions La boîte à bulle.
À travers différents destins croisés, le camp d'internement de la Muette, à Drancy, raconté pour la première fois en bande dessinée.
20 août 1941, la police française se prépare à arrêter 5000 habitants du 11e arrondissement de Paris, tous de confession juive… Quelques jours plus tard, ils seront 4230 hommes à être emprisonnés dans la cité de La Muette à Drancy.
Durant trois années, la cité verra ainsi passer 67 000 hommes, femmes et enfants en partance pour les camps de la mort… Parmi eux, Béno, Nissim, Jean, Chil, Chana et bien d’autres. Des noms qui sont autant de victimes de la logique d’extermination nazie – et de ses complicités françaises.
Des destins qui se croiseront dans un quotidien rythmé par les rafles et déportations qui emplissent et vident alternativement le camp…
À travers ces histoires, Valérie Villieu et Simon Géliot donnent pour la première fois à voir la vie du camp de La Muette : son organisation, son évolution et le quotidien des interné.e.s qui y sont passés. Un quotidien marqué par la souffrance, la lutte pour survivre mais aussi la solidarité et la foi en un avenir meilleur.
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Une émission mensuelle préparée et présentée par Annette Wieviorka, tous les 3 e jeudis du mois de 11h00 à 12h00
Annette Wieviorka, est historienne, spécialiste de la Shoah et de l’histoire des Juifs au XXe siècle. Directrice de recherche au CNRS, elle a été membre de la Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, dite mission Mattéoli.

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