DeepTechs
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DeepTechs episodes

  • Remettre les sciences au cœur des choix de société

    Françoise Combes est inquiète : la défiance va croissante envers la science, accentuée selon elle par la pandémie de Covid-19 et la circulation massive de fausses informations. Le débat scientifique, par nature contradictoire, est souvent perçu comme un signe d’incertitude ou d’incompétence, alors qu’il constitue le cœur même de la démarche scientifique.

    Astrophysicienne de renom, la présidente de l’Académie des sciences alerte aussi sur les attaques politiques contre la recherche, notamment aux États-Unis, où certaines administrations ont remis en cause des disciplines entières comme la climatologie. Des instituts ont été démantelés, des bases de données supprimées, au détriment de la recherche mondiale. Face à ces reculs, l’Europe apparaît à la fois comme un refuge possible et comme un acteur encore sous-doté.

    Malgré ces tensions, Françoise Combes veut croire au temps long de la science et encourage les coopérations internationales qui illustrent ce que la recherche peut produire de meilleur lorsqu’elle s’inscrit dans une vision collective. Pour elle, la science reste un outil irremplaçable pour comprendre le monde et affronter les défis contemporains. À condition de la défendre, de l’expliquer et de lui donner les moyens de se projeter au-delà de l’urgence politique.

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    43 min
  • Dans la tête du consommateur

    À 37 ans, il est cofondateur et co-CEO d’Actionable, une start-up deeptech qui développe une technologie d’IA capable de prédire la satisfaction de l’ensemble des clients d’une entreprise, et non plus seulement celle des rares répondants aux enquêtes traditionnelles. Avant de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, Nicolas Rieul a passé plus de dix ans au cœur de l’écosystème publicitaire numérique. Il a notamment dirigé Criteo en France et en Europe, où il a acquis une expertise fine des algorithmes, de la donnée à grande échelle et des modèles économiques fondés sur la performance. Une trajectoire qui l’a conduit à observer un paradoxe : alors que les entreprises investissent massivement pour acquérir de nouveaux clients, elles sous-outillent encore la compréhension et la fidélisation de ceux qu’elles ont déjà.

    Engagé de longue date dans la structuration de la filière, Nicolas Rieul est également président de l’Alliance Digitale, organisation professionnelle qui fédère près de 300 acteurs du marketing numérique. À ce titre, il a pris part à plusieurs combats emblématiques en matière de concurrence et de régulation des géants de la tech.

    Avec Actionable, qu’il a fondée avec Nans Thomas, il veut faire de la donnée client un levier stratégique de décision, en combinant intelligence artificielle et analyse prédictive à très grande échelle.

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    38 min
  • Le BTP à l'heure des innovations de rupture

    Depuis près de dix ans, Julien Villalongue dirige Leonard, la plateforme d’innovation et de prospective de Vinci, qu’il a contribué à créer en 2016. Rattaché directement à la direction générale du groupe, Leonard a été pensé comme un dispositif hybride, associant prospective de long terme et innovation opérationnelle. Sa mission : capter les grandes tendances technologiques et sociétales, accompagner leur traduction concrète dans les métiers du BTP, de l’énergie et des concessions, et organiser la rencontre entre intrapreneurs, start-up et opérationnels de terrain.

    Ingénieur de formation, diplômé de Centrale Nantes et passé par Sciences Po Paris, Julien Villalongue est entré chez Vinci il y a une quinzaine d’années. Il a débuté sa carrière sur des projets d’infrastructures, notamment au Vietnam, dans les télécommunications, avant de se spécialiser dans des fonctions plus transversales au sein du groupe.

    Sous son impulsion, Leonard déploie quatre grands programmes couvrant l’intrapreneuriat, l’intelligence artificielle, l’incubation de jeunes start-up et la collaboration avec des entreprises technologiques plus matures. Près d’une centaine de projets internes, des centaines de collaborateurs formés et plusieurs centaines de contrats signés entre start-up et entités de Vinci témoignent de cette dynamique. Pour lui, l’innovation passe autant par les technologies que par les cultures et les usages.

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    40 min
  • L'assureur du chaos

    Fondateur et directeur général de Descartes Underwriting, Tanguy Touffut incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs de l’assurance, à la croisée de la finance, de la science et de la tech. Âgé de 45 ans, ce diplômé d’HEC a construit son parcours entre la France, la Suisse et la Chine – à Tsinghua, l’une des universités les plus prestigieuses du pays – avant de faire ses armes dans le conseil chez Oliver Wyman, puis pendant huit ans chez Axa.

    En 2018, il quitte le confort des grands groupes pour créer Descartes Underwriting, avec une ambition claire : affronter les risques que l’assurance traditionnelle préfère éviter. Changement climatique, catastrophes naturelles, cyber ou risques politiques : l’entreprise développe des couvertures dites « paramétriques », fondées sur des données physiques (satellites, capteurs, modélisation scientifique) plutôt que sur des statistiques passées. Installé à Paris mais très présent aux États-Unis, Descartes compte aujourd’hui environ 250 collaborateurs, majoritairement scientifiques et ingénieurs, et a déjà mobilisé plus de 15 milliards de dollars de capacités auprès de grands assureurs et investisseurs. Pour Tanguy Touffut, l’assurance n’est plus seulement un métier de prudence : c’est désormais un outil stratégique pour absorber les chocs d’un monde devenu radicalement plus instable.

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    37 min
  • "L'intelligence artificielle ne connait ni la vie, ni la mort, ni l'amour"
    Nommé en 2017, Antoine de Romanet est évêque aux armées françaises, fonction singulière à la croisée de l’Église et de l’État. Désigné par le pape et agréé par le ministre des Armées, il est responsable du culte catholique au sein des forces armées, de la gendarmerie, des services de renseignement et des sapeurs-pompiers de Paris et de Marseille. Son parcours est marqué par une solide formation académique — Sciences Po Paris, doctorat d’économie — et par dix-sept années passées à l’étranger. Il a vécu successivement au Caire, à Bruxelles, à Rome puis à Washington, une expérience qu’il décrit comme décisive pour penser le monde au-delà des prismes nationaux, notamment au contact des institutions internationales. À la tête d’un réseau de 210 aumôniers militaires, épaulé par une quinzaine de collaborateurs à Paris, Antoine de Romanet sillonne en permanence la France et l’étranger au contact des militaires. Observateur attentif des mutations technologiques, il s’exprime régulièrement sur les enjeux éthiques liés à l’intelligence artificielle, rappelant que, par construction, celle-ci « ne connaît ni la vie, ni la mort, ni l’amour », et plaide pour le maintien de la responsabilité humaine au cœur du commandement.

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    37 min
  • Une alternative française à Neuralink

    Olivier Locufier évolue depuis les années 1990 dans l’univers de la tech, entre grands groupes américains et créations d’entreprises. Avant de co-fonder Human Augmented Brain Systems (HABS) en 2023, il a développé plusieurs sociétés dans la cybersécurité, la biométrie et le chiffrement, revendues après avoir introduit des technologies d’authentification par empreinte, reconnaissance faciale ou analyse de l’iris.

    L’idée d’HABS naît d’une expérience personnelle : la difficulté des médecins à mesurer la douleur ressentie par sa fille, hospitalisée très jeune. Spécialiste du traitement du signal, Locufier s’interroge alors sur la possibilité de décrypter les ondes cérébrales comme une données biométrique. Il constitue des bases électroencéphalographique, publiques et privées, et s’entoure de chercheurs, notamment à Saclay, pour développer trois algorithmes clés : l’unicité, la continuité et un outil de « décryptage » permettant d’isoler des neuromarqueurs.

    Ces avancées conduisent HABS à classifier émotions, douleur, fatigue, alcool, drogue, burn-out ou dépression, et à explorer l’authentification par la pensée. L’entreprise cible aujourd’hui plusieurs marchés — neuromarketing, santé, sécurité routière, cybersécurité — tout en développant des capteurs miniaturisés capables de traiter les signaux directement sur l’appareil pour garantir la confidentialité. HABS prépare une levée de fonds d’environ 200 millions d’euros pour accélérer la collecte de données cérébrales et renforcer sa puissance de calcul.

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    37 min
  • Small data is beautiful !

    Grégory Herbert est le CEO de Frisbii, une société qui accompagne les entreprises par abonnement dans la gestion de leurs revenus, de la facturation aux paiements en passant par la prévision financière. Arrivé il y a un an et demi à la tête de cette entreprise soutenue par le fonds américain PSG Equity, il pilote une plateforme récemment unifiée sous la marque Frisbii, présente en France, en Allemagne, au Danemark, en Pologne et en Serbie.

    Avant de prendre les rênes de Frisbii, Grégory Herbert a passé près de sept ans chez Dataiku, où il a rejoint l’équipe en 2017, alors que la pépite française ne comptait qu’une soixantaine d’employés. Il y a contribué à la montée en puissance spectaculaire de l’entreprise, devenue un acteur mondial majeur de la data science et de l’IA, jusqu’à occuper le poste de SVP et General Manager Europe. Une trajectoire qui s’appuie sur une expertise forgée plus tôt chez LexisNexis, où il participait déjà à l’émergence de l’IA appliquée au droit prédictif.

    Au fil de ces années, il a été témoin de l’évolution rapide — et parfois chaotique — de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les entreprises. De la frénésie des preuves de concept sans retour sur investissement, à l’explosion des modèles génératifs, il plaide aujourd’hui pour une approche pragmatique et frugale, centrée sur la small data et sur des cas d’usage ciblés. 

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    34 min
  • Les bienfaits d'une machine inutile

    Olivier Mével découvre le web au début des années 1990 lors d’une coopération à New York, aux débuts de l’Internet grand public. À son retour en France, il cofonde l’une des premières agences de création de sites, avant de s’engager dans une aventure qui marquera l’histoire des objets connectés. En 2005, avec Rafi Haladjian, ils lancent l'étonnant Nabaztag, lapin Wi-Fi considéré comme le premier objet connecté au monde, vendu à 200 000 exemplaires.

    Pionnier de l’IoT, Olivier Mével multiplie ensuite les projets — parfois très ludiques, parfois plus industriels — et fonde un bureau d’études travaillant pour EDF, AXA ou La Poste. En 2022, il change de trajectoire et crée Multiplié, une « maison d’édition d’objets » technologiques et poétiques. Son premier produit, la machine, réinvention d’un gadget imaginé en 1952 par Marvin Minsky, refuse obstinément de fonctionner lorsqu’on appuie sur son interrupteur : un bras surgit pour l’éteindre immédiatement.

    Objet inutile, mais volontairement joyeux, la machine redonne du charme à une technologie devenue anxiogène. Fabriquée en France, précommandée à plus de 2 000 exemplaires, elle revendique un autre rapport au numérique — plus physique, plus libre. Une tech alternative, ludique et créative, héritière des pionniers qui ont façonné l’informatique contemporaine.

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    35 min
  • La vision augmentée du combattant

    Ingénieure en optique formée à SupOptique, Claire Valentin construit depuis vingt ans un parcours autour des technologies les plus sensibles : photonique, optronique, imagerie, détection nucléaire. Avant de devenir directrice de la stratégie d’Exosens, leader mondial des technologies d'amplification, de détection et d'imagerie, elle a passé dix ans à la Délégation générale pour l’armement, finançant des projets de R&D pour l'armée française. Suivront des postes chez Alcatel, en plein boom des télécoms optiques, puis chez Thales dans l’imagerie rayon X, chez Essilor dans les verres ophtalmiques et chez Sofradir (devenu Lynred), spécialiste des détecteurs infrarouges.

    Elle rejoint Exosens il y a quatre ans, alors que l’entreprise entame une transformation majeure : sortie d’une tentative de rachat par l’américain Teledyne, reprise par le fonds européen HLD, diversification vers les marchés civils et offensive mondiale. L’entreprise est devenue l’un des trois acteurs stratégiques capables de concevoir des tubes intensificateurs d’image pour la vision nocturne — technologie critique utilisée par les forces armées, notamment depuis la guerre en Ukraine qui a replacé le combat d’infanterie au centre des doctrines militaires.

    Exosens renforce aussi ses positions dans la détection nucléaire — capteurs de neutrons et de gammas pour réacteurs et futurs SMR — et dans l’imagerie scientifique, tout en portant un effort massif de R&D : plus de 60 % du chiffre d’affaires provient de produits lancés depuis 2016.

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    35 min
  • L'orfèvre en cybersécurité

    Depuis trente-cinq ans, Michel Van Den Berghe avance sur le front de la cybersécurité. Passé par les géants américains IBM et Computer Associates, il fonde en 2002 sa propre société dédiée à la gestion des identités et introduit en France le concept de « hacking éthique ». En 2014, il cède son entreprise à Orange, qui en fera le noyau d’Orange Cyberdéfense, aujourd’hui leader européen du secteur.

    En 2020, à la demande de l’exécutif, il imagine un « Beer Sheva à la française » sur le modèle du pôle d'excellence en Israël : installé à la Défense, le Campus Cyber, réunit sur 26 000 m² plus de 120 entreprises publiques et privées. Un lieu unique, conçu comme une ruche d’expertise et d’échanges entre industriels, start-up et institutions, pour élever le niveau de protection national.

    Parti en 2024, il consacre désormais son énergie à Seclab, une deeptech née chez EDF. La société a mis au point un dispositif électronique capable d’isoler totalement les réseaux critiques sans recourir à une ligne de code : une sorte d’« air gap » électronique qui protège centrales nucléaires, usines ou hôpitaux contre les intrusions.

    Convaincu que la cybersécurité ne doit plus reposer sur la vigilance humaine mais sur des systèmes infaillibles, Michel Van Den Berghe résume d'une phrase son approche : « Se protéger malgré soi ».

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    42 min

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