Lorsqu'une personne est atteinte de maladies chroniques ou cardiaques, faire des analyses de sang fait rapidement partie de son quotidien afin de s'assurer que tout va bien. Toutefois, cela exige souvent de devoir se rendre dans un hôpital ou dans un établissement médical capable de faire les prélèvements, puis attendre que les résultats soient envoyés à son médecin afin que ce dernier puisse établir un diagnostic.
Une solution à ce processus fastidieux serait de permettre aux patients de faire eux-mêmes leurs prises de sang à domicile et d'envoyer les résultats directement à leur médecin traitant.
C'est une piste que le Laboratoire de biocapteurs et de nanomachines de l'Université de Montréal, en partenariat avec la société montréalaise Nanogenecs Diagnostics, explore depuis quelques années maintenant.
L’équipe gérée par Alexis Vallée-Bélisle, directeur du laboratoire à la Chaire de recherche du Canada en Bio-ingénierie & Bio-nanotechnologie, vient même de recevoir une bourse de 700 000 $ US du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) afin de mettre au point un appareil d'analyse sanguine à domicile pour les personnes atteintes de maladies chroniques.
Écoutez l’entrevue avec Alexis Vallée-Bélisle (10 minutes) :
Faire ses tests sanguins à domicile. Entrevue avec Alexis Vallée-BélisleFR_Entrevue_1-20190528-WIF10
Comme point de départ, Alexis Vallée-Bélisle nous a expliqué que son équipe s'est basée sur un outil vieux de 40 ans : le glucomètre.
Cet appareil-là [le glucomètre] existe depuis 40 ans. Et depuis 40 ans, il y a plein d'autres maladies qu'on aimerait suivre à la maison, mais les appareils ne sont pas encore disponibles. La technologie n'est pas encore là pour permettre aux patients à la maison de faire son suivi. Donc vraiment les recherches de mon laboratoire se sont intéressées à développer des méthodes de détection moléculaires dans une goutte de sang pour plein d'autres molécules qui nous permettent de suivre d'autres maladies chroniques."
Son invention ressemble beaucoup au glucomètre en aspect. À la différence de ce dernier, l'appareil va chercher à analyser pas une, mais plusieurs molécules.
Pour détecter des maladies chroniques rénales par exemple, M. Vallée-Bélisle explique qu'il faut " en détecter trois : l’urée, le potassium et la créatine ".
Et c'est là que réside tout le défi, " créer un appareil portatif, peu coûteux qui permet la détection de plusieurs molécules ".
https://www.facebook.com/umontreal/videos/880322638971443/
Dans cette vidéo, Alexis Vallée-Bélisle explique succinctement son innovation (Crédit : Bruno Girard, Université de Montréal).
Le but de cet appareil est de " donner un instrument qui va permettre au patient de connaître son niveau de santé, de connaître son niveau de fonction rénale ". Les résultats sont ensuite envoyés au médecin, puis le patient peut améliorer son état de santé en modifiant son alimentation ou ses médicaments, soit des facteurs qu'il peut lui-même contrôler.
Alexis Vallée-Bélisle souligne notamment le fait que le médecin, grâce à ces résultats journaliers, peut " voir des signes avant-coureurs de la condition du patient et prendre les actions de manière à éviter que la santé du patient ne se dégrade. "
C'est un outil qui permet au patient de prendre en charge sa maladie puis au médecin d'assurer un suivi journalier de son patient à la maison.Alexis Vallée-Bélisle, directeur du laboratoire de biocapteurs et de nanomachines de l'UdeM
Utilisation d'un glucomètre traditionnel (Crédit : NOAH SEELAM/AFP/Getty Images)
Afin d'illustrer l’utilité de cet outil, le chercheur prend l'exemple d'une personne faisant un infarctus.
" Dans les six prochains mois, ils ont 50 % de chances d'en faire un deuxième. Donc les gens à la maison,