La question de l’élection et de la prédestination demeure l’une des plus troublantes pour les chrétiens. À première vue, elle semble présenter Dieu comme un être intraitable et rigide. Soucieux de ne pas être associés à un Dieu perçu comme injuste, de nombreux croyants s’efforcent d’élaborer des arguments visant à préserver la réputation de Dieu. Ainsi, ils mettent souvent en avant son amour afin d’éviter le débat autour de sa justice.
Pourtant, ceux qui reprochent à Dieu son injustice omettent la nécessité de son juste jugement face au mal. Accuser Dieu d’injustice sous prétexte qu’il ne manifeste pas son amour à tous revient à lui retirer le droit d’être juste, en supposant que son amour devrait supplanter sa justice.
Les Écritures ne présentent jamais l’amour et la justice de Dieu comme des forces opposées ou concurrentes, comme s’il oscillait entre douceur et sévérité. Au contraire, la Bible affirme que Dieu est amour (1 Jn 4:8) et que Dieu est juste (Deut 32:4), non pas successivement, mais simultanément, parfaitement et éternellement.
L’amour de Dieu n’annule pas sa justice, et sa justice n’annule pas son amour : ces deux aspects se complètent, s’expliquent et se magnifient mutuellement.