Chers frères et sœurs, ce qui est important ce n’est pas ce que je vais vous dire sur Marie car vous le savez déjà, mais ce que je veux vous dire c’est ce que Montesquieu appelait l’esprit car l’esprit est plus fort que le mental.
Deuil, rupture, chômage, solitude, maladie, pandémie... Les épreuves sont indissociables de l’existence humaine. Mais, chaque fois, leur survenue résonne comme une sorte de trahison de la vie, un arrachement subit à notre bulle paisible, avec l’impression de voir s’écrouler ce qu’on avait édifié et vaciller l’image qu’on avait de soi.
À cela s’ajoute pour le croyant l’épreuve de la foi : « Il peut avoir le sentiment que Dieu est absent et ne le soutient pas », note Nathalie Sarthou-Lajus, co-auteur de Cinq éloges de l’épreuve (éd. Albin Michel, voir p. 78), regards croisés sur ces maux qui creusent en nous la relève de la grâce. « Mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Le cri de Jésus résonne dans toute tragédie humaine : « Je pensais avoir une complicité, une proximité avec Dieu et tout à coup, c’est le silence, l’abandon », relève Olivier Belleil, membre de la communauté du Verbe de Vie, prédicateur et auteur de Rester confiant dans les épreuves, huit figures bibliques (Éditions des Béatitudes).
Marie est la Mère vers qui se tournent spontanément les fidèles du Christ lorsqu’ils se sentent en danger, parce que Jésus, sur la croix, leur a recommandé de la prendre chez eux, dans leur vie. De nombreux sanctuaires dédiés à Marie dont le votre illustrent non seulement cette confiance immémoriale envers la Mère du Sauveur, mais aussi leur certitude d’avoir été exaucés, comme en témoignent d’innombrables ex voto, c’est le rôle du mur de compassion que vous êtes en train de construire sur votre colline.