En Italie, dans le cadre d'un vote en ligne, les membres du parti contestataire M5S se sont prononcés en faveur d'une coalition avec les sociaux-démocrates du PD.
Le Premier ministre désigné, Giuseppe Conte, pourra ainsi former son cabinet, avec l'aval du président Mattarella.
L'alliance entre le M5S et le parti d'extrême droite Ligue s'était effondrée en août.
La presse reste sceptique quant à la cohésion future de cette coalition.
Pour le quotidien suisse allemand Tages-Anzeiger par exemple, la politique italienne est entre les mains du M5S et de son système de vote interne, appelé "Rousseau", ce qu’ils expliquent ainsi :
“Le serveur de Rousseau compte cent quinze mille inscrits.
A l'exception du parti et de l'entreprise éponyme, personne ne sait qui ils sont.
Or pendant toute une journée, ils ont tenu en haleine l'ensemble du pays, avant de finir par approuver, à 79 pour cent, la coalition entre le Mouvement 5 Etoiles et le Parti Démocrate.
Ce procédé douteux coïncide ainsi avec le processus de ces dernières semaines, le déroulement constitutionnel de négociations de coalition au sein d'une démocratie parlementaire.
Giuseppe Conte devrait donc pouvoir former son cabinet.
Mais si le système Rousseau - défectueux, opaque et souvent piraté - l'en avait empêché, cela aurait été une catastrophe - un véritable affront au Parlement, à la République, à la démocratie.”
Au Pays-bas, le journal De Volkskrant craint que de nombreux projets de la nouvelle coalition ne restent lettre morte, on lit ainsi dans leurs colonnes :
“La plupart des plans du gouvernement Conte I n'ont pas été mis à exécution, car la coalition a implosé au bout de 14 mois.
Or on peut douter aussi de la stabilité du gouvernement Conte II.
Si les membres du M5S et du PD étaient des ennemis jurés il y a peu de temps encore, les négociations de coalition n'ont pas été une partie de plaisir non plus.
La semaine dernière, Di Maio menaçait de tout faire capoter si le titre de vice-Premier ministre lui était refusé.
Il aura fallu que le fondateur du parti, Beppe Grillo, le recadre publiquement pour qu'il consente à retirer sa menace.”
Enfin en Pologne, l’hebdomadaire Polityka prédit qu’il sera difficile pour la nouvelle coalition d'élaborer un programme gouvernemental en ces termes :
“Conte veut stopper la hausse des impôts sur les revenus, le PD réclame une politique extérieure pro-européenne.
Les deux partis sont d'accord sur le fait que le système de sécurité intérieure du pays doit être réformé, bien que Di Maio et Zingaretti veuillent le mettre en œuvre de façon totalement différente.
Le projet de TGV Lyon-Turin, récente pomme de discorde entre la Ligue et le M5S, fait aussi l'objet de discussions.
La nouvelle coalition se construira probablement en 'cours de route' - leurs cadres ne veulent pas tout coucher par écrit au préalable.”