On commémorait hier aux Etats-Unis le 18e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001.
Ces attaques dévastatrices ont coûté la vie à près de 3 000 personnes, et aujourd'hui encore, des secouristes et des New-yorkais continuent de souffrir des séquelles du drame.
Les éditorialistes s'interrogent sur la position actuelle de l'Occident face au terrorisme djihadiste.
Au Danemark par exemple, le quotidien Politiken estime que depuis les attentats, le monde occidental a été à la hauteur :
“Malgré les craintes que la surveillance ne devienne omniprésente, l'Occident a réussi à préserver une société ouverte et confiante.
Il est certes devenu plus pénible de prendre l'avion, mais d'une manière générale, notre quotidien reste inchangé.
La lutte antiterroriste ne finira probablement jamais, mais elle n'est pas devenue la grande priorité qui domine tout, comme on le croyait aux lendemains du 11-Septembre. Al-Qaida a perdu, Oussama ben Laden a été abattu.
Et son successeur, l'Etat islamique, est en déroute.
Il est important d'en prendre conscience dans notre approche des autres problèmes auxquels nous sommes confrontés : la Chine, le climat et le populisme.
Notre société est résiliente et peut remporter de grands défis.”
En Italie, dans la Stampa en revanche, le spécialiste de l'islamisme Lorenzo Vidino estime que la menace djihadiste n'a rien perdu de sa férocité :
“Le problème est que Al-Qaida, Daech et la myriade de groupes qui gravitent autour d'eux, ne sont que des émanations temporaires d'un même phénomène idéologique.
Les réussites tactiques (opérations militaires contre des groupes djihadistes, arrestations, attentats déjoués) sont fondamentales.
Mais tant que l'on n'aura pas remporté le combat, tant que l'on n'aura pas réussi à affaiblir l'attrait idéologique du djihadisme et à résoudre les problèmes politiques, sociaux, éducatifs et théologiques complexes qu'il présente et qui séduisent tant de ses adeptes, ces réussites ne seront qu'une victoire à la Pyrrhus.”
Enfin, en Pologne, Gazeta Wyborcza s'interroge sur les causes structurelles à l'origine de l'échec des services secrets américains :
“Comment se fait-il que la CIA, qui dispose d'un budget de plusieurs milliards de dollars, bénéficie des technologies les plus modernes et emploie des milliers de spécialistes, n'a pas pu identifier la plus grande menace pour le pays depuis la Seconde Guerre mondiale ?
La politique de recrutement de la CIA est-elle en cause ?
Il est intéressant de constater que peu de femmes et de membres des minorités réussissent aux examens d'entrée.
Face à un problème complexe, un groupe homogène de personnes fait la même analyse.
C'est ainsi que sont occultées des erreurs qu'un regard extérieur à cette bulle aurait détectées.”