Et oui nouvelle épisode cette semaine, avec au centre, une promesse tenue.
Ce qui est, vous l'avouerai Eugène, rarissime quand il s’agit du Brexit.
Cet engagement, c’est celui de John Bercow envers sa femme et ses enfants.
Comme l’indique The Daily Star, ce dernier ne sera plus speaker - c’est à dire président de la Chambre des communes - à compter du 31 octobre.
Une décision motivée par son refus de prendre part à de possibles nouvelles élections générales.
Néanmoins, comme le suggère The Times, cette annonce, plus que le respect d’une promesse envers ses proches, est la conséquence directe d’une décision du parti conservateur prise ce lundi.
Les Tories avaient décidé de lui opposer un candidat dans sa circonscription en cas de scrutin. Une première pour lui depuis sa prise de fonction. Puisqu’il à l’origine, John Bercow est un membre du parti conservateur. Ce désaveu aurait donc précipité sa décision.
Car oui, si le speaker a souvent fait le buzz de ce côté-ci de la Manche, il n’en reste pas moins très critiqué au Royaume-Uni.
En témoigne les réactions suite à l’annonce de son futur départ.
Et comme souvent, c’est The Sun qui dégaine le premier.
Le tabloïd conservateur y va de son hommage à «un petit homme à l’égo immense, accompagné d’une femme en recherche d’attention, qui a discrédité la chambre des Communes pendant une décennie.»
L’éditorialiste du journal, Leo McKinstry nous décrit un speaker qui, plutôt que d’être un arbitre, à «agit comme un joueur supplémentaire pour son camp favori et a toujours cherché à se mettre en avant».
Autre tabloïd conservateur reconnu pour sa mesure, The Daily Mail fait tout simplement de John Bercow «un des pires présidents de la Chambre des communes de l’histoire britannique».
«Biaisé, vindicatif et hypocrite, aucun speaker de l’époque contemporaine n’a à ce point manipulé les règles parlementaires pour les accorder avec ses positions», écrit le journal.
Enfin, The Telegraph délivre le coup de grâce. Il accuse John Bercow d’avoir rabaisser la fonction de speaker.
Alors, l’homme connu pour son «order» transperçant était-il réellement un ami des remaineers comme le suggère The Spectator ?
Difficle, à la lecture de la presse, de répondre à cette question.
En effet, étonnamment, les quotidiens travaillistes n’ont pas fait l’éloge du speaker là où les conservateurs l’ont, comme on l’a vu, abondamment critiqué.
Frances Perraudin du Guardian note seulement le parcours atypique de John Bercow. Parti de la droite du parti conservateur, il est devenu, au fil du temps, la coqueluche des travaillistes.
Jusqu'à ce jour, celui de l’annonce de sa sortie où les parlementaires de gauche l’applaudissent pendant que certains conservateurs, eux, s'abstiennent.
Star du Brexit sur les réseaux sociaux, John Bercow a donc fini par être renié par sa propre famille politique.
C’est un peu, en soit, le symbole du Royaume-Uni dans cette série Brexit.
Un pays qui se déchire et où les amis d’hier, deviennent les ennemis d’aujourd’hui.