Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants

Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants

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Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants episodes

  • Le baptême de Jésus : Tu es mon fils bien-aimé (avec notes)
    10 janvier 2021 : Marc 1.7-11 – Baptême de JésusLe baptême de Jésus : Tu es mon fils bien-aiméIntroduction

    Le baptême de Jésus a créé un embarras dans la première Église. Il suffit de remarquer que l’évangile de Luc n’en parle pas (il dit que Luc et a été présenté au temple et circoncis, mais pas qu’il a été baptisé) et dans le quatrième évangile, Jean dit que Jésus a été baptisé, mais il ne dit pas que c’est par lui.

    Seuls les évangiles de Matthieu et de Marc en parlent ouvertement. La raison en est que dans la première Église, les disciples de Jésus étaient en concurrence avec ceux de Jean (Ac 18.25), il était donc gênant pour eux de reconnaître que Jésus a été baptisé par Jean. Cette gêne prêche en faveur de l’historicité de ce passage, on ne voit pas dans quel but la tradition l’aurait inventé.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    La déchirure des cieux

    Au verset 10, lorsque Jésus sort de l’eau, il vit les cieux se déchirer. La déchirure des cieux au commencement de l’évangile fait écho à la déchirure du rideau du temple lorsque Jésus meurt sur la croix (15.38). Les cieux qui se déchirent, c’est le signe d’un Dieu qui quitte son ciel pour se révéler au fils dans le baptême, de même que la déchirure du rideau met à nu le lieu très saint ou symboliquement Dieu se tient. Il n’est plus à chercher ailleurs que dans son fils qui meurt sur une croix. Le baptême par immersion est un signe de mort, mourir à sa propre personne, pour renaître à l’amour et à la grâce.

    Tu es mon fils bien-aimé

    Dans la même veine, lorsque les cieux se déchirent, une voix a déclaré : Tu es mon Fils bien-aimé. La même voix est survenue de la nuée pour dire la même chose au moment de la Transfiguration (Mc 9.7). Or le récit de la Transfiguration se situe dans les trois évangiles synoptiques après la première annonce de la croix. La voix confirme la filialité de Jésus quand il descend dans les eaux du baptême et lorsqu’il annonce sa passion. C’est deux récits sont une illustration de ce qui a été dit dans l’hymne de l’épître aux Philippiens qui dit à propos du Christ : « lui qui était vraiment divin… il s’est vidé de lui-même… il s’est abaissé lui-même… C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a accordé le nom qui est au-dessus de tout nom. » (Ph 2.6-9). Nous retrouvons le message de l’évangile qui dit que les vrais grands sont les petits, les plus fidèles sont les plus serviteurs.

    Pistes d’actualisation

    1er thème : Jésus se fait baptiser pour le pardon des péchés

    Jean baptisait pour le pardon des péchés (1.4) et on imagine Jésus faisant la queue avec les habitants de Jérusalem pour être baptisé. Si la théologie dit que Jésus était sans péché (2 Co 5.21, 1 Pi 2.22…), pourquoi a-t-il besoin d’être baptisé ?

    Pour répondre à cette question, il faut entendre que le péché n’est pas une catégorie morale, mais existentielle, le péché est ce qui nous sépare de Dieu. Dans son humanité, Jésus aussi a besoin de s’inscrire en Dieu, c’est pourquoi il prie. Jésus est entré dans les eaux du baptême comme Jésus a prié, pour être totalement dans sa vocation.

    2e thème : Le baptême dans l’Esprit

    Dans sa prédication, le baptiseur disait que lui baptisait d’eau, mais que celui qu’il annonce baptisera dans l’Esprit saint. Et quand Jésus est baptisé, l’Esprit est descendu vers lui.

    Le baptême par l’Esprit est annoncé par le prophète Ézéchiel qui met cette promesse dans la bouche du Seigneur : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un souffle nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon souffle en vous et je ferai en sorte que vous suiviez mes prescriptions, que vous observiez mes règles et les mettiez en pratique. » (Ez 36.26-27). L’Esprit et le souffle sont le même mot, et le mot cœur représente dans l’anthropologie biblique le siège de la pensée et de l’intelligence. La promesse du prophète réalisée dans le baptême de l’Esprit évoque une relation au Seigneur qui ne passe plus par le truchement de la loi, mais de l’écoute, de l’amour et de la liberté.

    Pierre reprendra ce thème pour justifier le baptême d’un non-juif devant les chrétiens de Jérusalem qui lui en faisaient le reproche. (Ac 11.15-16)

    3e thème : Le baptême, le signifiant et le signifié

    La tension entre le baptême d’eau et le baptême dans l’Esprit peut nous aider à relativiser les débats sur le baptême au sein des Églises protestantes. Les Églises se sont divisées pour savoir s’il fallait baptiser enfant ou adulte, par immersion ou par aspersion. Mais dans les évangiles, le baptême d’eau est le signe qui renvoie au baptême dans l’Esprit. Donc la vraie question n’est pas de savoir à quel âge et sous quelle forme j’ai été baptisé, mais comment aujourd’hui je vis de, et dans l’Esprit de Dieu. Un jour j’ai été baptisé, mais le plus important est de savoir comment aujourd’hui je vis le signe de mon baptême.

    Une illustration : Être baptisé

    À propos du baptême, Péguy a dit qu’il n’y avait pas trop de toute une vie pour que l’eau qui a été versée sur notre tête (nous pourrions ajouter, l’eau dans laquelle nous avons été immergés) arrive jusqu’à nos pieds. Il n’y a pas trop de toute une vie pour que le signe du baptême – qui est en théologie la marque de l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous – vienne habiter la totalité de notre existence.

    Le jour de notre baptême, le Seigneur a déclaré : Tu es mon enfant bien-aimé. Comment aujourd’hui je vis cette filiation ? Comme le dit une liturgie de baptême : Nous avons été baptisés une fois, mais nous devons être continuellement baptisés par la foi, de telle sorte que la vie chrétienne ne soit jamais autre chose qu’un baptême quotidien.

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Amos-Raphaël Ngoua Mouri commentent le texte biblique de Jean 1, 29-34 : https://campusprotestant.com/video/le-bapteme-de-jesus-annonce-par-jean/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    11 min
  • En quoi les mages apportent une dimension universelle au récit de la Nativité ? (avec notes)

    L’évangile de Matthieu a ceci de particulier qu’il dit ne dit rien des conditions de la naissance de Jésus. En revanche il raconte la visite des mages qui apportent une dimension universelle à l’événement.

    3 janvier 2021 : Matthieu 2.1-12 – Visite des magesLes magesIntroduction

    L’évangile de Matthieu a ceci de particulier qu’il dit que Jésus est né, mais il ne dit rien des conditions de sa naissance. En revanche il raconte la visite des mages qui apportent une dimension universelle à l’événement.

    Dimanche dernier, nous avons lu dans l’évangile de Luc la rencontre avec le sage Syméon qui a dit de Jésus qu’il représentait le salut pour tous les peuples et la lumière pour la révélation aux nations (2.31-32). Ce même message est proclamé ici par le récit de la visite des mages.

    Avant d’entrer dans le texte, il convient de déconstruire l’image d’Épinal de trois rois qui suivent une étoile pour aller à la crèche. Le texte ne dit pas qu’ils sont trois, il ne dit pas qu’ils sont rois, et l’étoile ne leur a pas montré le chemin depuis l’orient, mais que de Jérusalem à Bethléem.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    Le massacre des enfants de Bethléem

    Parmi les nombreuses anomalies du lectionnaire, le fait qu’il ne propose jamais à notre méditation le récit du massacre des enfants de Bethléem qui est pourtant intimement lié à notre texte.

    Il souligne pourtant le tragique de l’histoire qui se révèle dès le récit de Noël. La liberté des mages par rapport au tyran a été payée au prix du sang des enfants.

    La naissance Jésus qui a apporté un message d’amour est liée à l’acte le plus cruel qui soit : la mise à mort d’enfants.

    La citation du Premier Testament

    Pour savoir où devait naître le messie, les scribes convoqués par Hérode associent deux textes du Premier Testament. Le premier issu du livre du prophète Michée, joue sur l’opposition entre la petitesse de la ville de Bethléem et sa grandeur car c’est la ville de David (Mi 5.1) et le second, issu du deuxième livre de Samuel, dit que David est appelé à faire paître son peuple.

    L’association de deux versets très différents pour faire apparaître un sens nouveau est déroutante pour nous, mais ce procédé est classique dans la pensée rabbinique pour qui la fécondité d’une interprétation est plus importante que la rigueur exégétique.

    Pistes d’actualisation

    1er thème : De l’astrologie à la parole­­­

    Les mages ont vu l’étoile du roi des Juifs en Orient. Une idée courante dans l’antiquité voulait que la naissance de grands personnages soit signalée par l’apparition de nouvelles étoiles. L’étoile a conduit les mages à Jérusalem, car ce n’est que dans une capitale que pouvait naître un roi, mais c’est la parole qui les a conduits à Bethléem. La foi dans les astres est universelle, mais c’est la parole qui conduit au Christ.

    Un adage du Talmud dit qu’il n’y a pas d’astre pour Israël, il voulait dire le propre d’Israël est de passer de la foi dans le destin à la suivance de la Parole.

    2e thème : L’or, l’encens et la myrrhe

    Ils lui offrirent de l’or, de l’encens et de la myrrhe, les Pères de l’Église ont vu dans ces offrandes les symboles de la royauté (l’or), de la divinité (l’encens) et de la sépulture (la myrrhe). L’or et l’encens font référence au livre d’Ésaïe qui décrit les temps messianiques par l’arrivée de tous les peuples de la terre à Jérusalem : Tu seras couverte d'une foule de chameaux, de dromadaires de Madiân et d'Épha ; ils viendront tous de Saba ; ils porteront de l'or et de l'encens (Es 60.6). Mais la myrrhe ? Dans l’évangile de Jean, elle a été utilisée pour embaumer Jésus. (Jn 19.39)

    De même que Syméon a prophétisé devant Marie qu’une épée la transpercera (Lc 2.35), l’offrande de la myrrhe préfigure la croix. Le message de Noël est indissociable de celui du Vendredi saint pour annoncer la venue du fils de Dieu dans un monde traversé par la violence et le tragique.

    3e thème : Devoir de désobéissance

    Exercés à décrypter les signes du ciel, les mages n’ont eu aucun mal à entendre la fourberie d’Hérode, c’est pourquoi ils désobéissent et ne retournent pas chez le roi comme il le leur avait demandé.

    Dans les premières Déclarations des droits de l’homme (américaine en 1776 et française en 1789), figure à côté des droits à la sûreté, à la liberté, à l’égalité et à la propriété, le devoir de résistance à l’oppression : « l’insurrection est le plus sacré des devoirs. » Il existe des lois injustes qui vont à l’encontre de la morale universelle, et des ordres iniques qui ordonnent ce qui est contraire à notre conscience. Dans ces cas la désobéissance n’est pas qu’un droit, elle devient un devoir.

    Il est du devoir des parents, des éducateurs et de l’Église d’enseigner l’obéissance aux enfants pour que la vie en commun soit possible, mais aussi la désobéissance lorsque les ordres sont contraires à la conscience et à la morale universelle. La désobéissance a souvent un prix, mais il n’y a que les esclaves qui disent toujours oui.

    Une illustration : Ne pas oublier le massacre des enfants

    Nous avons relevé que le lectionnaire de propose jamais le récit du massacre des enfants de Bethléem à notre méditation. Il est pourtant une conséquence de la visite des mages.

    À propos de ce récit, je voudrais faire partager la lecture qu’en fait Jacques Ellul : « Ce qui à mes yeux scelle irrévocablement l’unité de Jésus et de son peuple, c’est le Massacre des Innocents. La vie de Jésus est d’abord rachetée par le massacre des enfants juifs. Et, que cela nous plaise ou non, c’est ce sacrifice qui va permettre le ministère de Jésus. La décision d’Hérode n’est pas un accident. Ce n’est pas seulement le caprice d’un vieux roi fou. Il y a là un sens spirituel essentiel. Jésus ne peut plus se séparer ni être séparer du peuple juif parce que les enfants de la tribu de Benjamin sont morts non seulement à cause de lui, mais pour lui puisqu’à sa place. »

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Amos-Raphaël Ngoua Mouri commentent le texte biblique de Matthieu 2.1-12 : https://campusprotestant.com/video/les_mages_venus_dorient/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    12 min
  • Le prologue de l'évangile de Jean (avec notes)

    Le quatrième évangile commence avec le prologue qui essaie de penser le sens de Noël dans un autre registre que celui de la narration.


    25 décembre 2020 : Jean 1.1-18 – Jour de NoëlLe prologue de l’évangile de JeanIntroduction

    Le quatrième évangile ne parle pas de la naissance de Jésus, il commence avec le prologue qui essaye de penser le sens de Noël dans un autre registre que celui de la narration.

    Quand dans l’évangile de Luc, l’ange dit à Marie que l’Esprit la couvrira de son ombre et que l’enfant qui naîtra sera saint, l’évangile de Jean dit que la parole a été faite chair et qu’elle a fait sa demeure parmi nous.

    Chaque verset de ce prologue mériterait une prédication. Nous nous contenterons d’ouvrir quelques pistes.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    Au commencement était la parole (v.1)

    Au commencement était la parole. Il renvoie au premier verset de la Bible (Au commencement Dieu créa le ciel et la terre). Les commentaires disent que la première chose que Dieu a créée est le temps, donc le commencement se situe avant le temps, il est en deçà du temps. Il faut donc entendre cette expression au sens de fondement. On pourrait traduire : Au principe était la parole.

    Le mot parole (logos) est un concept philosophique qui évoque à la fois la parole et la raison. Il va bien au-delà de la parole comme moyen de communication pour évoquer la Parole en ce qu’elle dit une vérité essentielle sur celui qui parle.

    Ce verset évoque donc ce qui est au fondement de toute chose et de notre personne.

    La parole est devenue chair (v.14)

    Le mot chair, dans la pensée biblique, évoque la fragilité (la Genèse dit que l’homme n’est que chair pour évoquer sa faiblesse). L’expression faire sa demeure signifie littéralement habiter sous une tente, symbole de précarité. Dire que le logos est devenu chair et qu’il a fait sa demeure parmi nous revient à dire que le principe fondateur, créateur du ciel et de la terre, a quitté le domaine éternel pour entrer dans une fragilité soumise aux limites du temps et de l’espace.

    Nous avons vu sa gloire. La gloire de Dieu, c’est son être en profondeur. La gloire de Dieu est qu’il est venu habiter la fragilité de notre humanité.

    Ce verset est une bonne façon de comprendre le message de Noël.

    Pistes d’actualisation‑

    1er thème : Commencement et création

    Le v.3 dit que tout est venu à l’existence par la parole. Dans le premier chapitre de la Bible, Dieu crée effectivement par la parole (Gn 1 : 10 fois Dieu dit).

    L’épître aux Hébreux dit : Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par une parole de Dieu (Hé 11.3). Autrement dit, croire que Dieu est à l’origine de toute chose est une parole de foi.

    Le message de Noël, c’est que le Dieu qui est à l’origine de toutes choses est aussi le Dieu qui est venu jusqu’à nous. Avoir la foi, c’est croire que le Dieu créateur du ciel et de la terre est le même que celui qui s’adresse à moi par la Parole. Il ne s’agit pas de dire : « Qu’il est grand ce Dieu qui est à l’origine du ciel et de la terre », mais « Comme il est étonnant de penser que le Dieu qui est au commencement de tout est en même temps le Dieu qui est venu jusqu’à moi. »

    En psychologie, la parole est au commencement de tout ; elle structure l’humain et ses relations à l’autre et aux autres, car elle distingue, différencie, sépare, nomme et relie. Cette parole qui nous structure est celle de l’Évangile.

    2e thème : L’évangile et la vie

    Le v.4 dit : En elle (la parole) était la vie et la vie était la lumière des humains.

    L’Évangile dont parle Jean est un évangile de vie. Toute parole qui n’est pas porteuse de vie n’est pas une parole d’Évangile.

    Un des versets les plus importants du Premier Testament est celui qui dit : Tu choisiras la vie. Ce matin l’évangile nous appelle à choisir la vie en écoutant la parole, vivre la parole, habiter la parole.

    L’Évangile nous appelle à mettre de la vie dans nos journées, dans notre travail, dans nos paroles, dans nos relations.

    3e thème : La loi et la grâce

    Le v.17 dit : La loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.

    La question de l’articulation entre la loi et la grâce est une des bases de la théologie chrétienne. La Loi fut donnée par Moïse et quelques siècles plus tard, la grâce et la vérité sont venues en Jésus Christ. La grâce et la vérité ne se substituent pas à la Loi, elles sont un au-delà de la Loi. La Loi est une étape qui doit être dépassée. Dans l’épître aux Galates, Paul a écrit : Ainsi la loi a été notre surveillant (pour nous conduire) jusqu’au Christ, pour que nous soyons justifiés en vertu de la foi. La foi étant venue, nous ne sommes plus soumis à un surveillant (Ga 3.24-25). Le surveillant, ou précepteur est celui qui conduit l’enfant à un maître.

    La loi est fondamentale pour que la vie en société soit possible, mais le message de Noël nous invite à la grâce en injectant de l’amour et de la liberté dans la loi.

    Une illustration

    Personne n’a jamais vu Dieu, dit le dernier verset de notre passage. Il ajoute que le fils est celui qui l’a annoncé. Autrement dit, on ne peut rien savoir sur Dieu en dehors de ce que le fils dit de lui. En dehors du Christ, notre discours sur Dieu tourne dans le vide. Comme le dit C.S. Lewis la moitié de nos grands problèmes théologiques et métaphysiques ressemble à des questions absurdes du type : Combien y a-t-il d’heures dans un kilomètre ? Le jaune est-il carré ou rond ?

    Plutôt que de nous poser de grandes questions sur l’être de Dieu, l’évangile nous invite à regarder le Christ. Comme le disait Luther à sa femme : « Un autre prend soin de moi, mieux que toi et tous les anges, il est couché dans la crèche et pendu au sein d’une vierge tout en étant assis en même temps à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ».

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    11 min
  • La présentation de Jésus au temple de Jérusalem (avec notes)

    Les premiers hommes qui se sont inclinés devant Jésus sont les bergers. Les suivants sont Syméon que la tradition reconnaît comme un vieillard et Anne, une veuve. Des bergers, un vieillard, une veuve… l’évangile est reconnu par les petits.

    Allez directement aux chapitres :

    00:07 Lecture de Luc 2, 22-40

    02:57 Introduction

    03:22 Points d’exégèse

    05:50 Actualisation

    08:57 Illustration

    27 décembre 2020 : Luc 2.22-40 – Présentation de JésusLa présentation de Jésus au temple de JérusalemIntroduction

    Les premiers hommes qui se sont inclinés devant Jésus sont les bergers. Les suivants sont Syméon que la tradition reconnaît comme un vieillard et Anne, une veuve. Des bergers, un vieillard, une veuve… l’évangile est reconnu par les petits.

    Les premiers versets de l’évangile de Luc se passent dans le temple de Jérusalem lorsque Zacharie assume ses fonctions de prêtre et la première chose qui est dite de Jésus après sa naissance et qu’il a été présenté au temple. Jésus s’émancipera de la religion du temple, mais il est né dedans, il est totalement incarné dans une tradition. Ce passage fonde la déclaration de la Samaritaine dans le quatrième évangile : « Le salut vient des juifs. » (Jn 4.22)

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    La consécration des premiers-nés

    Les parents de Jésus accomplissent le rite de consécration des premiers-nés prescrit par la Torah dans les livres de l’Exode, du Lévitique et des Nombres.

    Cette coutume s’inscrit dans les lois plus générales des prémices qui consistent à offrir à Dieu la première part de ses récoltes, de ses troupeaux, de ses enfants. Offrir à Dieu la part est le signe que nous reconnaissons que tout ce que nous possédons vient de lui. Consacrer son premier-né est une façon d’inscrire l’ensemble de sa famille sous le regard de Dieu.

    Un juste appelé Syméon

    Syméon est le nom du deuxième fils de Jacob, il signifie = Dieu a entendu ou Dieu a écouté. Parce Syméon était un homme d’écoute, l’Esprit saint était sur lui. Ce qui qualifie la foi, ce n’est pas tant la certitude que l’écoute comme l’a dit Paul dans l’épître aux Romains : « La foi vient de ce qu’on entend » (Rm 10.17). Certes pour écouter, il faut croire qu’il y a quelque chose à entendre, mais il faut aussi reconnaître qu’on ne sait pas tout, qu’on a encore beaucoup à apprendre.

    Syméon n’était pas juste et pieux parce qu’il savait tout, mais parce qu’il n’a pas cessé d’écouter. Du coup, quand il a vu le bébé Jésus dans les bras de ses parents, il ne s’est pas trompé : il a su.

    Pistes d’actualisation

    1er thème : De l’avent à Noël

    Le v.25 dit de Syméon qu’il attendait la consolation d’Israël : parce qu’il attendait, il a vu. Dans la même veine, le v.38 dit qu’Anne parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la rédemption de Jérusalem.

    Le thème de l’attente est celui de l’avent. Dans ce verset, l’attente s’accomplit… dans un bébé âgé de quelques semaines accompagné par de parents pauvres puisqu’ils ne peuvent offrir qu’une paire de tourterelles et deux colombes pour racheter leur enfant.

    L’Évangile de Noël et que nous attendions Dieu dans la gloire et dans la grandeur et il vient au-devant de nous dans la fragilité d’un enfant. Nous n’avons jamais fini de méditer le paradoxe de cette annonce.

    2e thème : Le particulier et l’universel

    Le second personnage qui a accueilli le bébé est une veuve dont le texte dit qu’elle avait quatre-vingt-quatre ans. Une des interprétations est que quatre-vingt-quatre est le produit de douze pas sept. Douze est le nombre d’Israël et sept représente l’ensemble des nations. Notre récit se situe à l’articulation du singulier – le temple de Jérusalem – et de l’universel lorsque Syméon dit dans sa prophétie que Jésus est le salut « que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour la révélation aux nations » (2.31-32)

    Dans le Nouveau Testament, le thème de l’ouverture à toutes les nations est le grand thème du ministère de Paul qui a été l’immense théologien qui a pensé cet élargissement.

    À L’origine, l’évangile de Luc et les Actes des Apôtres formaient un seul livre, comme une grande fresque qui commence dans le temple de Jérusalem et qui se termine à Rome.

    3e thème : Jésus un signe de contestation

    Après avoir annoncé que Jésus porterait le salut de Dieu devant pour les peuples, Syméon évoque le mode opératoire : Il sera comme un signe qui provoquera la contradiction et Marie sera transpercée par une épée.

    Parce que Syméon était juste et pieux, il savait que le monde ne recevrait pas l’enfant. Comme le dit le prologue de l’évangile de Jean que nous avons médité le jour de Noël : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres n’ont pas pu la saisir » (Jn 1.5). Ce refus de recevoir la lumière préfigure la croix qui sera une épée dans le cœur de Marie. L’évangile de l’enfance s’inscrit déjà dans le tragique.

    Ce thème nous interroge aujourd’hui : l’Évangile est-il encore un signe de contestation, et de quoi ? S’il ne l’est plus, est-ce par ce que notre monde est totalement chrétien ou parce que nous n’avons édulcoré le scandale de l’évangile ? La réponse est dans la question.

    Une illustration

    Syméon était juste et pieux et Anne avait quatre-vingt-quatre ans et participait à la vie du temple par des jeûnes et des prières. Parce qu’ils étaient en Dieu, imprégnés de Dieu, ils ont reconnu dans le bébé Jésus le sauveur du monde.

    Syméon et Anne n’ont pas eu besoin de la visite particulière d’un ange, ils ont su dès qu’ils ont vu. Une foi accomplie ne repose pas sur des signes spectaculaires, c’est un travail sur soi qui voir le monde et les gens comme Dieu les voient.

    Dans un de ses livres, Christiane Singer raconte : « Certaines rencontres sont inoubliables – ce vieil homme dans un train qui, lorsque j’avais quinze ans peut-être, me mit sur le gril en me racontant qui j’étais, avec une exactitude presque insoutenable ″Comment savez-vous tout cela ?″ lui demandai-je en torturant les franges de mon châle. Et lui avec un sourire amène : ″Mais, mademoiselle ! Vous voyez bien que je suis vieux !″ »

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Amos-Raphaël Ngoua Mouri commentent le texte biblique de Luc 2, 22-40 : https://campusprotestant.com/video/jesus-presente-au-temple/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    11 min
  • Le récit de l’Annonciation à Marie
    Ce récit fonde l’Évangile en annonçant un Dieu qui quitte son ciel pour venir habiter au milieu des humains. Explications du théologien Antoine Nouis.

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    11 min
  • Jean n’est pas la lumière
    Le troisième dimanche de l’avent présente le personnage du Baptiseur à travers le quatrième évangile. Le théologien Antoine Nouis analyse Jean 1, 6-8 et 19-28.

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    12 min
  • Préparez le chemin du Seigneur

    Pour ce deuxième dimanche de l'Avent, Marc annonce un évangile, une bonne nouvelle qui est celle de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Explications et notes du théologien Antoine Nouis.


    Allez directement aux chapitres :

    00:07 Lecture de Marc 1, 1-8

    01:18 Introduction

    02:04 Points d’exégèse

    04:38 Actualisation

    08:18 Illustration


    6 décembre 2020 : Mc 1.1-8 – 2e dimanche de l’aventIntroduction

    2e dimanche de l’avent, premiers versets de l’évangile de Marc.

    Chaque évangile a un commencement différent. Matthieu décline la généalogie de Jésus, Luc explique les raisons de son entreprise, Jean fait une déclaration théologique sur l’incarnation, Marc annonce un évangile, une bonne nouvelle qui est celle de Jésus-Christ, Fils de Dieu. Chaque mot de ce verset mérite une prédication.


    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.


    Commencement de la bonne nouvelle de Jésus :

    Le premier mot est le même que celui qui ouvre le Premier Testament : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. Le mot commencement est temporel : ce qui est au début, mais aussi théologique : ce qui est au principe. Le principe de ce que Marc veut nous transmettre est que le message de Jésus Christ est un évangile, une bonne nouvelle.

    Lorsque le message de l’Église n’est pas une bonne nouvelle, ce n’est plus l’évangile de Jésus-Christ.


    Ponctuation citation Ésaïe :

    Le verset 3 cite le livre d’Ésaïe à propos du Baptiseur : C’est celui qui crie dans le désert : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » Le passage du livre d’Ésaïe propose une ponctuation différente : « Quelqu’un crie : Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur ! Aplanissez une route pour notre Dieu dans la plaine aride ! » (Es 40.3). Il n’y a pas de ponctuation en hébreu comme en grec, mais le rythme de la phrase plaide pour la ponctuation d’Ésaïe. Le baptiseur ne crie pas dans le désert (le verset suivant dit avec un peu d’emphase : Toute la Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui), il dit que c’est dans le désert que se prépare le chemin du Seigneur. Cette ouverture a une valeur programmatique : l’Évangile appelle les habitants au désert, il les appelle au changement de comportement.


    Pistes d’actualisation

    1er thème : La référence à l’exil

    La citation d’Ésaïe est l’introduction de la seconde partie du livre qui évoque le retour d’exil. Dans l’histoire du Premier Testament, l’exil a été un temps d’épreuve, mais aussi un temps de reconfiguration spirituelle et théologique puisqu’Israël a été conduit à trouver les chemins de la fidélité alors qu’il avait perdu sa terre et le temple où il célébrait les sacrifices. C’est dans la période de l’exil qu’ont été rédigés et rassemblés les principaux textes qui ont formé une ébauche de canon. Quand on n’a plus de temple pour retrouver Dieu, on se concentre sur le livre et l’étude. En inscrivant la prédication du baptiseur dans le registre de l’exil, l’évangile de Marc évoque son évangile comme un nouvel exil, une nouvelle reconstruction théologique et religieuse.


    2e thème : Le changement de comportement.

    Jean prêche un baptême de changement radical. Le changement radical, metanoia, signifie le changement (meta) de notre intelligence (noûs). Le mot noûs évoque plus que la faculté de comprendre, il signifie la mentalité, le siège de la volonté et de la réflexion, le lieu de la pensée et du sentiment. La metanoia correspond à un changement du logiciel dans notre façon de voir le monde. Le chemin de conversion est le long chemin qui conduit à voir et comprendre le monde, les gens et les choses, comme le Christ les voit et les comprend. Tous les jours nous avons besoin de reconfigurer notre logiciel en fonction de l’Évangile.


    3e thème : Il vient derrière moi.

    Si toute la Judée et tous les habitants de Jérusalem vont écouter le Baptiseur, ce dernier pourrait s’attacher ceux qui viennent se faire baptiser. Au lieu de cela, il renvoieà un autre, le Christ.

    On pense au retable d’Issenheim où le Baptiseur désigne le crucifié avec un index disproportionné. Le vrai disciple est celui qui désigne par sa vie et ses paroles un autre que lui-même. La plus belle phrase du Baptiseur se trouve dans le quatrième évangile : Il faut que lui croisse et que, moi, je diminue (Jn 3.30).


    Une illustration

    À propos du changement de comportement, un commentaire rabbinique raconte qu’avant la création, Dieu, comme un bon architecte, a commencé par dessiner le plan du monde qu’il se proposait de créer afin de vérifier s’il était viable. Mais aucun des plans qu’il faisait ne tenait debout, tous les mondes qu’il dessinait s’écroulaient sur eux-mêmes. Au bout de vingt-six essais infructueux, Dieu a eu l’idée de créer le changement de comportement, et enfin le monde qu’il a dessiné ne s’est pas effondré. Selon cette interprétation, c’est le changement de comportement qui fait que le monde tient debout. Sans la repentance – qui est cette capacité de s’arrêter, de regarder le chemin parcouru, de s’apercevoir qu’on a fait fausse route, de faire demi-tour et de repartir – le monde explose.


    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    10 min
  • L’appel à la vigilance de Jésus

    Dans quatre semaines les chrétiens fêteront Noël, la naissance de Jésus. Pour ce premier dimanche de l'Avent, le chapitre 13 de l'Evangile de Marc nous invite à à la vigilance et à l’écoute. Les explications du théologien Antoine Nouis.

    Allez directement aux chapitres :

    00:07 Lecture de Marc 13, 33-37

    00:53 Introduction

    01:46 Points d’exégèse

    03:51 Actualisation

    07:04 Illustration


    29 novembre 2020 : Mc 13.33-37 – 1er dimanche de l’avent
    Introduction

    1er dimanche de l’avent, commencement de l’année liturgique.

    Thème de l’avent important pour la théologie car il évoque l’attente, qui est une protection contre tous les intégrismes.

    Particularité de la foi chrétienne = Croire en un Dieu que nous attendons, c’est-à-dire que la foi est plus un désir, une aspiration, une attente qu’une capture.

    Si Dieu est Dieu, il échappe à toutes les images que nous pouvons nous faire de lui.


    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    Au verset 35 :

    Veillez donc, car vous ne savez pas quand viendra le maître de maison. Le verbe est au présent en grec : il faudrait traduire : Vous ne savez pas quand vient le maître de maison. La venue du Christ n’est pas un futur mais un présent. (Dans la même veine, le Christ ne revient pas, il vient). Spiritualisation du thème de la venue du Christ.

    Dans le même verset : Vous ne savez pas quand vient le maître de maison et le texte se poursuit : le soir, ou au milieu de la nuit, ou au chant du coq, ou au matin. C’est le seul évangile qui évoque le chant du coq en dehors du reniement de Pierre. Or vous savez que selon la tradition, l’évangile de Marc a été rédigé par un disciple de Pierre. Ce n’est pas un hasard si la tradition proche de Pierre est la seule qui ait osé rappeler – par une sorte de clin d’œil – le reniement de Pierre à cet instant.

    Dans la tradition rabbinique, le coq est celui qui réveille les humains. L’allusion au coq est une autre façon d’insister sur l’importance d’être éveillé.


    Pistes de prédication

    1 : Thème = la veille. Veiller, cela ne veut pas dire ne pas dormir… car le sommeil est une bénédiction de Dieu.

    Bonne et mauvaise veille comme bon et mauvais sommeil.

    Le bon sommeil, c’est celui de Jésus qui dort dans le bateau quand les disciples affrontent la tempête

    Le mauvais sommeil est celui des disciples qui ne sont pas capables de veiller avec le Christ quand il mène le combat de la prière à Gethsémané.

    Jésus ne dit pas : Ne dormez jamais. Il dit : Demeurer en moi dans votre veille et dans votre sommeil. Veiller, c’est vivre notre sommeil en Dieu.

    2 : Thème : L’attente. Une deuxième piste de prédication est de s’interroger sur ce que nous attendons. Dans ce temps qui précède Noël, nous pouvons nous interroger : qu’attendons-nous vraiment ?

    Les vacances, une augmentation, la fin du confinement, une promotion, un changement de vie… Ces attentes sont légitimes, mais ce n’est pas ce dont parle l’Évangile. Il nous invite à attendre… la venue du Christ dans noter vie et dans notre histoire.

    La venue du Christ, c’est plus de foi, plus de paix, plus d’amour, plus d’espérance, plus de réconciliation… Ce qui est le thème de l’avent : Viens Seigneur Jésus.

    Dis-moi ce que tu attends et je te dirai qui tu es.

    Ne nous trompons pas d’attente.

    3 : Thème : Lutte contre l’habitude.

    J’aime bien l’expression du pape François qui dans un de ses textes définit la foi comme la lutte contre la dégradation de l’émerveillement.

    Soyons honnête : au début de notre conversion nous étions étonnés, émerveillés… et puis nous nous sommes habitués.

    Les temps de l’Église sont comme une pédagogie qui attire notre attention sur un point particulier de la foi. L’avent est un appel à la veille à la lutte contre l’habitude. Un appel qui nous invite à retrouver l’étonnement, la fraicheur, à se redire : « Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie » pour reprendre le titre d’un film.


    Une illustration

    Pour terminer, une illustration. À propos de l’attente, j’aime cette réflexion de Ben Gourion qui a été le premier Premier ministre de l’État d’Israël. Il se prétendait agnostique, mais avait une vision assez juste de l’attente en disant que la tension était plus importante que la réalisation. Il disait : « À mon avis, le Messie n’est pas venu, et je n’attends pas le Messie. Quand on trouvera son adresse dans l’annuaire, il ne sera plus le Messie. La grandeur du Messie est qu’on ne connaît pas son adresse, qu’on ne peut pas le joindre et que personne ne sait dans quel type de voiture il roule, ni même s’il en conduit une, s’il voyage à dos d’âne ou encore sur les ailes d’un aigle. La seule utilité du Messie est qu’il ne vienne pas, car l’attente du Messie est plus importante que le Messie lui-même, et le peuple juif vit dans cette attente, dans sa croyance en lui. Sans cela, le peuple juif n’existerait pas. »


    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    9 min

About Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants

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Chaque dimanche de l’année liturgique, un texte d’Évangile est proposé à la méditation des fidèles dans toutes les Églises chrétiennes. Regards protestants propose à travers un dialogue à deux voix un…