Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants

Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants

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Évangile du dimanche - Bible et théologie, avec Antoine Nouis - Regards protestants episodes

  • Les Rameaux chez Marc

    Dans cet évangile, Jésus n’est jamais allé à Jérusalem, la ville est le but de sa marche. Alors qu’il arrive au terme de son voyage, il veut entrer dans la ville en posant un signe prophétique qui manifeste son Évangile.

    28 mars 2021 : Marc 11.1-10 – Les Rameaux chez Marc
    Le quiproquo de la royauté


    Introduction

    Avant d’entrer à Jérusalem, Jésus s’arrête dans un lieu indéterminé, vers Bethphagé et Béthanie, près du mont des Oliviers, c’est de là qu’il va préparer son entrée dans la ville sainte.

    Cette indication géographique pose les différents lieux où va se jouer le drame de la passion, entre Béthanie où Jésus recevra une onction prophétique[1], le mont des Oliviers où il se retrouvera avec ses disciples pour annoncer la fin du temple[2] et vivre le combat de la prière[3], et le temple de Jérusalem où il s’opposera aux religieux.

    Dans cet évangile, Jésus n’est jamais allé à Jérusalem, la ville est le but de sa marche. Il a annoncé à trois reprises qu’il y sera crucifié. Alors qu’il arrive au terme de son voyage, il veut entrer dans la ville en posant un signe prophétique qui manifeste son Évangile.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    L’âne dans la Bible

    L’âne est un animal important dans la Bible. Les commentaires rabbiniques disent que c’est le même âne qu’Abraham a scellé pour monter au mont Moriya pour sacrifier son fils, qui a parlé à Balaam pour l’empêcher de maudire Israël et que chevauchera le messie quand il entrera à Jérusalem. Nous pouvons ajouter que c’était sûrement le même âne qui a porté Jésus et Marie quand ils ont fui en Égypte pour échapper au massacre ordonné par Hérode.

    Le jeu de piste pour trouver l’ânon

    La moitié du texte est occupé par un point qui semble anecdotique, la façon dont les disciples se sont procuré l’ânon que Jésus a chevauché. Les disciples doivent suivre un jeu de piste pour trouver l’animal. Deux remarques sur la démarche.

    Nous trouvons la même démarche lorsque Jésus envoie ses disciples préparer la Pâque. La proximité fait le parallèle entre l’humilité de l’ânon et le dernier repas de Jésus dans lequel il va préfigurer la passion.

    Elle relève de la culture de la clandestinité. Jésus avait des partisans à Jérusalem qui n’étaient pas connus des Douze. Les mouvements clandestins ont toujours cloisonné les réseaux.

    Pistes d’actualisation

    L’ânon comme signe messianique

    Lorsque le propriétaire de l’ânon interroge les disciples, ils doivent répondre : le Seigneur en a besoin. Pourquoi en a-t-il besoin ? Pour parler, pour poser un signe.

    Si Jésus n’est pas arrivé à Jérusalem sur un cheval ou un chameau, ce qui aurait mieux répondu à l’attente de la foule, mais sur un ânon, ce n’est pas par défaut, mais pour transmettre un message.

    Le Talmud qui est la compilation de commentaires des maîtres du judaïsme dit que nous trouvons dans la Bible hébraïque deux figures messianiques : la figure cosmique d’un fils de l’homme descendant des nuages[4], et la figure humble d’un homme chevauchant un âne[5]. Il ajoute que le Messie viendra soit quand une génération sera entièrement vertueuse, soit quand elle sera entièrement mauvaise. Dans le cas d’une génération entièrement bonne, le Messie sera cosmique ; et dans le cas d’une génération entièrement mauvaise, il viendra comme un pauvre, sur un âne.

    La référence à Zacharie

    La venue à Jérusalem sur un ânon est un accomplissement de la prophétie de Zacharie : Sois transportée d’allégresse, Sion la belle ! Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là, ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est pauvre et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. Je retrancherai d’Ephraïm les chars et de Jérusalem les chevaux ; les arcs de guerre seront retranchés. Il parlera pour la paix des nations, et sa domination s’étendra d’une mer à l’autre[6]. Ce passage est une énigme : comment un roi humble qui chevauche un ânon peut briser les armes et dominer ? Dans notre monde la domination ne s’exerce que par la force.

    La réponse de l’évangile est dans la croix. C’est en étant crucifié que Jésus apporte la paix et sauve le monde.

    L’ambiguïté de la foule

    La foule crie Hosanna ! mais a-t-elle saisi le signe de l’ânon ? Elle célèbre le roi de gloire du Ps 118, mais se souvient-elle que ce Psaume est aussi celui qui dit que la pierre qui est devenue celle de l’angle est aussi celle qui a été rejetée par les bâtisseurs[7] ? Cette foule qui crie Hosanna le dimanche, où est-elle le vendredi lorsqu’une autre foule crie : à mort ! Une autre foule ? En sommes-nous si sûrs ? N’est-ce pas le propre de la foule de crier Hosanna le dimanche et à mort le vendredi ?

    Jésus a parlé à la foule car il a eu pitié d’elle, mais son projet est de faire des disciples, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui sont capables de sortir de la foule.

    Une illustration : L’exemple de l’âne

    Albino Luciani qui a été pape quelques semaines sous le nom de Jean-Paul 1er a fait de l’âne un symbole d’humilité. Pour lutter contre l’orgueil, il propose de se mettre à la place de l’ânon des Rameaux. Il dit : « J’ai cent fois suivi les funérailles de mon orgueil, m’illusionnant de l’avoir laissé à deux mètres sous terre et cent fois je l’ai vu réapparaître plus vif qu’avant. Quand on me fait un compliment, j’ai besoin de me comparer à l’ânon qui portait le Christ le jour des Rameaux. Et je me dis : si en entendant les applaudissements de la foule, il s’était enorgueilli et s’il s’était mis à remercier à droite et à gauche en faisant des révérences, quel âne il aurait été. Il ne l’a pas fait, je n’ai pas à être plus âne que lui. »

    [1] Mc 14.3-9.

    [2] Mc 13.3.

    [3] Mc 14.26,32.

    [4] Dn 7.13

    [5] Za 9.9

    [6] Za 9.9-10

    [7] Ps 118.22

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Florence Taubmann commentent le texte biblique de Marc 10, 1-10 : https://campusprotestant.com/video/dimanche-25-mars-lentree-de-jesus-a-jerusalem/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    10 min
  • Le salut du monde

    Naître de nouveau – ou naître d’en haut – c’est entendre que Dieu est amour et laisser cette annonce reconstruire toute notre compréhension de Dieu.


    14 mars 2021 : Jean 3. 14-21 – Pour que le monde soit sauvéLe salut du mondeIntroduction

    Nous connaissons le verset qui dit que Dieu a tant aimé le monde qu’il a envoyé son fils unique afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Le protestantisme en a fait la clef de voute de sa théologie. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il s’inscrit dans le dialogue entre Jésus et Nicodème à propos de la nouvelle naissance. Naître de nouveau – ou naître d’en haut – c’est entendre que Dieu est amour et laisser cette annonce reconstruire toute notre compréhension de Dieu.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    Serpent au désert

    Comme Moïse a élevé le serpent au désert. Jésus fait référence à un passage du livre des Nombres. Parce que le peuple s’est plaint contre Dieu et contre Moïse, beaucoup ont été mordus par des serpents et sont morts. Le peuple se repent et Dieu demande à Moïse de faire un serpent d’airain et de le fixer en haut d’une perche. Quand un Israélite était mordu par un serpent, s’il levait les yeux et regardait le serpent d’airain, il était sauvé.

    Le serpent est donc une figure ambivalente, il est porteur de mort et de vie. Ce qui est intéressant, c’est que c’est le même serpent, pour dire que notre compréhension de Dieu peut être porteuse de mort ou de vie selon le regard qu’on porte pour lui. Pour reprendre le vocabulaire de cette séquence, il peut être vu comme un Dieu de jugement ou de vie éternelle.

    Vie éternelle

    Dans le quatrième évangile, la vie éternelle n’est pas la vie perpétuelle comme on le croit souvent, c’est une vie inscrite dans l’éternité de Dieu. Le meilleur verset qui la qualifie est celui qui dit : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ[1]. »

    Quand Jésus parle de vie éternelle, il ne parle pas d’une vie après la mort, mais d’une vie qui traversée, éclairée, habitée par le Dieu de toute éternité. Nous comprenons qu’elle dépasse le cadre de notre vie terrestre, mais c’est aujourd’hui que nous devons la vivre.

    Pistes d’actualisation

    Dieu a tant aimé le monde

    Jésus ne dit pas que Dieu a aimé ceux qui croient en lui, mais qu’il a aimé le monde. Or dans le quatrième évangile, le monde n’est pas le monde gentil, mais le monde qui n’a pas accueilli la lumière dans le prologue[2]  et même qui déteste Jésus[3], autrement dit, le monde hostile. Si Dieu aime le monde, ce n’est pas que le monde est aimable, mais parce que Dieu est amour. Le monde n’aime pas Dieu, mais Dieu aime le monde.

    Nous comprenons que ce verset soit le cœur de l’évangile. L’amour que Dieu nous porte ne dépend pas de notre foi ni de nos bonnes œuvres, il est inconditionnel.

    L’amour comme un don

    L’amour de Dieu n’est pas une promesse, mais un acte qui a été posé : Dieu a tellement aimé le monde qu’il a envoyé son fils unique. Il y a une chose que même Dieu ne peut pas faire, c’est revenir sur le passé. Il ne peut plus décider de ne pas donner son fils : c’est un fait, il a habité parmi nous.

    Nous retrouvons ce thème dans l’épître aux Romains dans le verset qui dit : « Voici comment Dieu, lui, met en évidence son amour pour nous : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs[4]. » L’amour dans le Nouveau Testament n’est pas une question de sentiment, ce n’est pas un élan de sympathie, mais un acte, un don. Aimer, c’est donner de sa vie pour permettre à son prochain de grandir dans toutes les dimensions de son existence.

    La libération du jugement

    L’amour de Dieu libère du jugement. Nous trouvons cette idée dans le verset qui dit que Dieu n’a pas envoyé son fils pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé et que celui qui met sa foi en lui n’est pas jugé car il est dans la lumière, alors que celui qui ne croit pas est jugé car il est dans les ténèbres.

    En dehors de la foi, notre compréhension de Dieu est celle d’un juge qui tient une comptabilité de nos bonnes et nos mauvaises actions. Quand on comprend que Dieu est amour, nous sommes libérés de cette vision : Dieu ne nous juge pas, il nous a tout donné dans son fils. Nous sommes alors invités à entrer dans cette économie de la grâce.

    Une illustration : Fils unique

    Dieu a donné son fils unique. Comment comprendre cet adjectif alors que nous sommes tous enfants de Dieu ? Quand Dieu a donné son fils unique, il n’en a plus, il n’a plus que les humains pour dire son amour au monde.

    Un apologue raconte que lorsque le Christ ressuscité est monté au ciel, il a jeté un coup d’œil à la terre pour voir une dernière fois ses apôtres. La terre était plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur la ville de Jérusalem.

    Un ange lui a demandé ce qu’étaient ces lumières et il a répondu que c’était ses apôtres à qui il a envoyé l’Esprit pour embraser le monde.

    L’ange lui a demandé ce qu’il ferait si son plan échouait. Après un temps de silence, Jésus a répondu : Je n’ai pas de plan B.

    [1] Jn 17.3.

    [2] Jn 1.10.

    [3] Jn 7.7.

    [4] Rm 5.8.

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Florence Taubmann commentent le texte biblique de Jean 2, 13-25 : https://campusprotestant.com/video/dimanche-11-mars-dieu-a-tant-aime-le-monde/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    11 min
  • Jésus et la religion

    Dans le récit de l’expulsion des marchands du temple Jésus précise sa position par rapport à la religion. Les explications du théologien Antoine Nouis.


    7 mars 2021 : Jean 2. 13-25 – Les marchands du templeJésus et la religionIntroduction

    Le récit de l’expulsion des marchands du temple se trouve à des commencements différents dans les évangiles synoptiques et chez Jean.

    Dans les synoptiques, il est situé au moment où Jésus arrive à Jérusalem, juste après les Rameaux, dans la semaine qui conduira à sa crucifixion.

    Dans le quatrième évangile, il se situe au commencement du ministère de Jésus, juste après le récit de Cana, comme une explication de la transformation de l’eau des rites de purification en vin du royaume.

    Ces deux commencements donnent une dimension programmatique à ce récit dans lequel Jésus précise sa position par rapport à la religion.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    La tradition prophétique

    En chassant les marchands du temple, Jésus s’inscrit dans la tradition des prophètes qui parlent par signe. Ésaïe et Michée ont marché nus et déchaussés pour évoquer l’exil à venir, Osée a épousé une prostituée pour dénoncer l’idolâtrie du peuple, Ézéchiel a fait cuire son pain sur des excréments humains pour signifier la détresse de Juda et Jérémie a porté un joug pour représenter l’oppression des Babyloniens. Il y a des paroles qui se disent avec des mots et d’autres qui se disent avec des signes, l’expulsion des marchands fait partie de ces dernières.

    Les quiproquos du quatrième évangile

    Lorsque les religieux interrogent Jésus sur les raisons de son signe, ce dernier répond : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les religieux ne comprennent pas car ils pensent à l’édifice alors que Jésus parlait de son corps.

    L’évangile de Jean est parsemé de ces quiproquos. Quand il parle de l’eau vive à la Samaritaine elle pense à l’eau du puits ; quand il dit à Nicodème de naître de nouveau, il ne voit pas comment il peut retourner dans le sein de sa mère.

    Lorsque nous lisons les passages de l’évangile, nous sommes invités à sortir d’une lecture première comme l’ont fait les religieux, la Samaritaine ou Nicodème pour entendre le sens spirituel de ses propos.

    Pistes d’actualisation

    La Pâque et le temple

    Le premier verset dit que l’épisode se situe alors que la Pâque des Juifs était proche. La Pâque est la grande fête religieuse qui fait mémoire de la sortie d’Égypte et de la libération de l’esclavage. Les historiens disent que des milliers d’agneaux étaient sacrifiés pour célébrer la fête. En expulsant les marchands, Jésus conteste cette tradition.

    De nos jours, la fête de la Pâque est vécue dans le judaïsme au sein les familles et la table familiale a remplacé le temple. En expulsant les marchands alors que la fête arrive, Jésus anticipe cette évolution ?

    L’architecture du temple et la théologie

    Le temple était organisé selon une architecture qui reflétait une théologie. Il était construit comme une suite de parvis qui donnent les uns dans les autres. À l’extérieur se trouve le parvis des païens où se trouvent les changeurs – le temple avait sa propre monnaie – et les marchands qui vendaient les animaux à sacrifier. Il était ouvert à tous. Puis il donnait accès au parvis des Juifs interdit aux non-Juifs. De là on avait accès au parvis des hommes interdits aux femmes dans lequel on remettait les animaux aux prêtres qui entraient dans la cour des prêtres où les sacrifices étaient offerts puis se trouvait le lieu saint et enfin le lieu très saint où seul le grand prêtre entrer le jour de kippour, la plus grande solennité religieuse. Selon qu’on était juif ou non juif, homme ou femme, prêtre ou non prêtre et enfin grand prêtre, on avait accès aux différents lieux. C’est cette conception que Jésus a contestée radicalement en chassant les marchands. Quand il a dit : « Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce », on peut entendre qu’il parlait du vol d’une spiritualité qui était enfermée dans un rite au profit d’une caste de prêtres.

    Le rapport au signe

    La fin de notre passage dit que beaucoup ont mis leur foi en Jésus à la vue des signes qu’il produisait, il faut entendre ici à la vue des miracles qu’il faisait, mais Jésus ne se fiait pas à eux parce qu’il les connaissait tous. Jésus se méfie de la foi qui ne repose que sur le miracle.

    Les sages du judaïsme se sont interrogés sur la raison pour laquelle la génération de l’Exode qui a vu les miracles les plus spectaculaires – les fléaux envoyés à l’Égypte, la mer coupée en deux, la manne et l’eau jaillie du rocher – est aussi la génération qui est tombée dans l’idolâtrie la plus vulgaire en s’inclinant devant un veau d’or qu’ils avaient eux-mêmes fabriqué ? Ils ont répondu qu’une foi qui repose sur le seul miracle est fragile. Une foi enracinée est une foi qui repose sur le long travail d’intériorisation pour que la parole de l’Évangile vienne visiter et convertir nos profondeurs. La foi n’est pas une question d’idée, mais de conversion de notre cœur, notre regard, notre écoute, notre pensée.

    Une illustration : La passion jalouse

    En voyant Jésus chasser les marchands du temple, les disciples pensent au verset qui dit : La passion jalouse de ta maison me dévorera. Jésus avait une passion, mais une passion contre les enfermements religieux symbolisés par le temple.

    Jésus nous appelle à ne pas nous tromper de passion. Martin-Luther King a écrit : « Jésus n’était-il pas un extrémiste de l’amour… Amos n’était-il pas un extrémiste de la justice… Paul n’était-il pas un extrémiste de l’Évangile… la question n’est pas de savoir si nous voulons être des extrémistes, mais de quelle sorte d’extrémistes nous voulons être. Serons-nous des extrémistes pour l’amour ou pour la haine ? »

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Florence Taubmann commentent le texte biblique de Jean 2, 13-25 : https://campusprotestant.com/video/dimanche-4-mars-jesus-chasse-marchands-temple/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    12 min
  • La Transfiguration et la croix

    La théologie de la croix évoque un messie qui se révèle dans le service et l’abaissement. Explications du théologien Antoine Nouis.

    28 février 2021 : Marc 9. 2-10 – La transfiguration chez MarcLa Transfiguration et la croixIntroduction

    Si le premier dimanche du carême nous invite à méditer le récit de la tentation de Jésus au désert, le deuxième est le récit de la Transfiguration. Il se situe en effet juste après la première évocation de la croix que l’on trouve dans l’évangile. C’est pourquoi nous nous proposons de le lire en lien avec l’annonce de la passion.

    Points d’exégèse

    Attention sur deux points.

    Pierre, Jacques et Jean

    Pour cet événement particulier, Jésus prend avec lui ces trois principaux disciples. Parmi les Douze, Pierre, Jacques et Jean ont un statut différent : ce sont eux seuls qui ont accompagné Jésus lors du relèvement de la fille de Jaïros, et ce sont eux que Jésus invitera à l’accompagner pour le combat de la prière à Gethsémané.

    Ainsi nous voyons plusieurs cercles autour de Jésus, les soixante-dix disciples, les douze apôtres, les trois principaux. Un thème qui parcourt l’évangile est le Jésus a besoin d’hommes pour partager son évangile, et que certains ont un statut particulier, une charge singulière.

    Transfiguration de Moïse dans le Premier Testament

    La transfiguration de Jésus dont les vêtements sont devenus d’une blancheur surnaturelle rappelle l’aspect de Moïse quand il est redescendu de la montagne du Sinaï après avoir reçu la Torah dont il est dit que la peau de son visage rayonnait.

    Le rayonnement vient de la relation particulière qu’il a eue avec le Seigneur. Nous pouvons interpréter la Transfiguration comme un état où une personne est totalement transparente à la présence de Dieu en lui. On dit d’une personne qui a du charisme qu’elle rayonne. À ce moment de son histoire, Jésus rayonne de la présence de Dieu.

    Nous nous poserons donc la question de savoir qu’y a-t-il de si singulier à ce moment de l’évangile pour expliquer ce rayonnement.

    Pistes d’actualisation

    Moïse et Élie face à la croix

    Moïse et Élie s’entretenaient avec Jésus. Dans la tradition rabbinique, Moïse est le rédacteur des cinq premiers livres de la Bible et Élie représente la tradition prophétique. Moïse et Élie symbolisent donc la loi et les prophètes qui sont les deux principales parties de la Bible hébraïque. Leur présence aux côtés de Jésus signifie qu’à ce moment de son ministère, le Christ accomplit ce qui a été annoncé dans le Premier Testament.

    Nous avons vu dans l’introduction que ce récit se situe juste après la première annonce de la passion. Selon l’évangile, c’est dans l’annonce de la croix que Jésus accomplit de la façon la plus totale ce qui est annoncé dans le Premier Testament. La croix est le jusqu’au bout de la révélation de Dieu qui a commencé à la création et qui s’est poursuivi par la loi et les prophètes.

    Cette confirmation est renforcée par la voix qui ordonne aux disciples : Écoutez-le. Le texte dit : Moïse et Élie nous demandent d’écouter Jésus quand il annonce qu’il va être crucifié.

    La tentation de la tente : redescendre de la montagne

    Pierre propose de dresser trois tentes pour immortaliser l’événement, mais l’évangile précise qu’il ne savait pas ce qu’il disait. Autrement dit, il était à côté du sujet.

    Le récit souligne l’importance théologique de l’évangile de la croix et Pierre pense à transformer la parole en institution en dressant des tentes dans le but de ritualiser l’événement.

    Les Pères du désert ont appelé cette tentation la gourmandise spirituelle qui consiste à préférer les manifestations de Dieu à Dieu lui-même. Contre la gourmandise spirituelle, Jésus appelle ses disciples à redescendre de la montagne pour retourner dans la vraie vie.

    L’incompréhension des disciples

    Ce texte est d’autant plus important que dans l’évangile de Marc, les disciples ont opposé une incrédulité farouche à la perspective de la croix. Jésus a annoncé à trois reprises qu’il allait être crucifié[1] et chaque fois les disciples ont été incapables d’intégrer cette perspective puisque la première fois, Pierre a dit que cela ne pouvait pas lui arriver ; la deuxième fois, les disciples se sont ensuite disputés pour savoir qui était le plus grand ; et la troisième fois, Jacques et Jean lui ont demandé le privilège d’être à ses côtés quand il sera dans sa gloire.

    Le récit de la Transfiguration multiplie les signes : les vêtements resplendissants + la présence de Moïse et Élie + la nuée qui évoque la présence de Dieu + la voix qui leur ordonne de l’écouter… et les disciples n’entendent pas.

    Une illustration : Élie et le messie qui est aux portes de Rome

    La théologie de la croix évoque un messie qui se révèle dans le service et l’abaissement. Nous retrouvons cette même image dans un récit de la tradition rabbinique qui évoque le prophète Élie. Un sage demande à Élie où se trouve le Messie et ce dernier répond qu’il le trouvera aux portes de Rome, assis au milieu des miséreux en train de soigner leurs plaies.

    La gloire de la Transfiguration, c’est que le Messie est aux côtés des miséreux.

    [1] Mc 8.31, 9.31, 10.33.

    Pour aller plus loin :

    Les pasteurs Antoine Nouis et Florence Taubmann commentent le texte biblique de Marc 9, 2-10 : https://campusprotestant.com/video/dimanche-25-fevrier-jesus-transfigure/

    Production : Fondation Bersier

    Intervenant : Antoine Nouis

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    9 min
  • La tentation de Jésus chez Marc
    Lors de son baptême, Jésus a vécu une expérience spirituelle forte. Contre la tentation de vouloir la renouveler, Jésus est envoyé au désert pour affronter le réel, la sécheresse et la déception.

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    9 min
  • Le désir de guérison du lépreux importun
    La guérison du lépreux évoquée dans le chapitre 1 de l'évangile de Marc présente un certain nombre d’aspérités. Explications du théologien Antoine Nouis.

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    10 min

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