Fréquence Terre

Fréquence Terre

By Fréquence TerreSociety & CultureNon-Profit
Download on the App Store

Fréquence Terre episodes

  • Réchauffement climatique : et si l’océan détenait la solution ?
    durée : 00:58:06 - De cause à effets, le magazine de l'environnement - par : Aurélie Luneau - L’océan nous fascine, mais que connaissons-nous de ses richesses, de son fonctionnement, de ses réactions et adaptations face au Réchauffement climatique ? - réalisation : Alexandra Malka - invités : Chris Bowler Coordinateur scientifique de l’expédition Tara Oceans, chef de l'équipe "Génomique des Plantes et Algues" à l'Institut de Biologie de l'Ecole normale supérieure, membre de l'Académie d'Agriculture de France; Françoise Gaill biologiste, océanographe, directrice de recherche émérite au CNRS; Mathilde Gérard Journaliste Le Monde

    Vous pouvez retrouver "De Cause à Effet" sur le site de France Culture.
    Écouter cette émission :
    0 min
  • Ces journalistes qui dérangent (Partenariat POUR)
    Poursuivons la lecture de la « Théorie du tube de dentifrice » de Peter Singer (Le Livre de Poche), essai qui relate la vie d’Henry Spira, américano-belge dont la méthode fit plier le FBI, L’Oréal et Mc Donald’s et qu’il fut un activiste notoire pour la cause animale.

    Après avoir travaillé dans la marine et été obligé de servir sous les drapeaux américains, armée dont il garda un souvenir féroce toute son existence, Spira travailla en usine et parallèlement était journaliste au Militant, le magazine du Parti Socialiste des travailleurs (SWP).

    On est au mitan des années 1950 et une certaine Rosa Parks, couturière afro-américaine de l’Alabama refusa de céder sa place dans un bus réservée aux Blancs. Reconnue coupable d’infraction, les Noirs boycottèrent les services de transport et Henry Spira, en reportage, se retrouva face à Martin Luther King qui dit : « Un long chemin nous attend avant que nous puissions devenir des citoyens de 1ère classe. »

    Mais les Noirs prouvèrent qu’ils pouvaient s’unir et s’organiser pour retrouver leur amour-propre.

    Non seulement Spira en fit état dans ses reportages, mais il en retint les premiers fondements de sa théorie pour l’activisme citoyen : écouter les individus impliqués dans des événements, trouver ce qui les a fait passer à l’action, savoir pourquoi ils l’ont fait et ressentent.

    Ainsi, il répercuta par un journalisme de terrain que des gens qui n’avaient jamais parlé en public, s’étaient levés, s’exprimaient et ressentaient une force nouvelle parce que, enfin, ils étaient écoutés.

    Avec ses articles, Spira contribua à obtenir le soutien de puissants syndicats à la 1ère manifestation de masse à Washington contre le racisme dans le Sud.

    Il poursuivit ses reportages de la terreur infligée par les Blancs du Sud aux Noirs et, ô crime de lèse-majesté, il s’attaqua au FBI et à son omnipotent patron, J. Edgar Hoover. Voici un extrait de l’un de ses articles : « La fonction première du FBI n’est pas le débusquage de gangs, mais celle du fichage et avec l’aide de mouchards, de parjures, de coups montés et des dossiers par millions, de tous ceux que juge dangereux un ordre social rongé par la crise. Le véritable rôle du FBI est d’orchestrer la chasse aux sorcières. »

    Une des conséquences des articles de Spira est que le célèbre quotidien New York Post récupéra une bonne partie des éléments révélés par Henry Spira pour mettre au point sa propre série, ce qui, on le devine aisément n'a pas plu au FBI et au pouvoir américain.

    Dès lors, un dossier dit « secret » fut ouvert à son nom et de fausses informations, des témoignages bidouillés, des accusations inventées, des renseignements trafiqués sur ses activités, constituèrent une action diffamatoire d’envergure.

    Henry Spira ne se laissa pas démonter et continua son travail de journaliste d’investigation qui, nous le verrons dans une prochaine chronique, déboucha sur son engagement pour le droit des animaux, sans conteste un autre aspect de l'écologie.

    Ce que l'on peut déjà avancer, c'est que le travail de correspondant de presse d'Henry Spira, fut un exemple de déontologie et d’humanisme, une véritable leçon d’une attitude d’une actualité plus que nécessaire en cette année 2021.

    4 min
  • Ici commence l’Océan-épisode8-Au large, les bons gestes à adopter!
    Huitième épisode de la série de podcast « Ici commence l'Océan « », série éponyme de la campagne « Ici commence l'Océan » lancée par l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d 'agir, pas à pas, pour un océan riche d'une vie retrouvée.

    Une campagne qui a pour cœur les 10 actions pour réagir objet du livre « Sauvons l'océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.

    « Ici commence l'Océan » c’est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l'Océan. Lors de la dernière chronique, nous étions sur le littoral en bord de mer pour éviter les mauvaises pratiques qui nuisent à l’Océan. Aujourd’hui, je vous propose d’examiner les bons réflexes à avoir quand on prend le large quand on navigue, quand on plonge.

    Car être au large, quel que soit l’activité exercée, c’est vivre en mer, en bateau, lieu de vie en prise directe avec l’océan.

    https://youtu.be/HQQY1C_OO1o

    D. KRUPKA
    5 min
  • Dentifrice, absurdité militaire et écologie font plier le FBI, L’Oréal et McDonald’s (Partenariat POUR)
    Henry Spira (1927-1998) fut un influent militant pour le droit des animaux, encore et toujours un modèle pour des associations de défense animalière, telle L214 dont une fondatrice déclara dans « Théorie du tube de dentifrice » ou « Méthode de l’homme qui a fait plier le FBI, L’Oréal et McDonald’s », ouvrage de Peter Singer (Le livre de Poche) : « Notre efficacité ce sont les méthodes d’Henry Spira ».

    L’auteur explique la philosophie d’Henry Spira : « Son travail peut nous enseigner comment transformer nos positions morales en actions afin qu’elles puissent avoir un impact sur le monde. »

    Les campagnes de Spira aboutirent à supprimer ou à limiter la souffrance animale et la théorie de ce pacifiste manifestant seul semblait aussi simple que de déboucher un tube de dentifrice.

    À savoir, d’un côté, tenter d’enlever ce qui obstrue l’ouverture, de l’autre appuyer sur le tube. Résultat de l’opération : lever l’obstacle et faire pression.

    Ajoutons qu’à chaque problème posé il suggérait une solution crédible. Certes, parfois il est difficile de déboucher un tube de dentifrice, mais, au moins, cela donne un sens à son existence, permet de lutter contre l’injustice et, petit à petit, changer les mentalités.

     

    Henry Spira, d’origine belge a fui l’Allemagne nazie avec sa famille à 11 ans, puis, à l’âge adulte, il émigra aux États-Unis, devint marin, ensuite syndicaliste et enfin activiste à temps plein.

    « Successivement inspiré par les socialistes, les anarchistes et Martin Luther King, ce défenseur des travailleurs et des Noirs américains se mua, à 45 ans, en militant de la cause animale », spécifie Peter Singer.

    Quant à Henry Spira, retenons cette première citation avant de développer davantage et dans plusieurs chroniques son parcours : « Si vous repérez une situation injuste, vous devez faire quelque chose. »

    Peu enclin à servir sous les drapeaux des USA, il fut cependant intégré de force à l’US Army en 1952, alors que, je cite l’auteur « la marche au pas et les manœuvres militaires lui paraissaient vaines… »

    À vrai dire, ces deux années passées dans l’US Army l’éclairèrent sur ce qui allait devenir l’œuvre majeure des vingt-cinq dernières de sa vie : « L’armée ne cherchait pas à nous inspirer, elle s’efforçait de produire des robots humains. Ainsi, on donnait aux recrues une brosse à dents pour nettoyer le bureau des officiers. Tout le monde savait que c’était absurde, mais l’exercice servait à apprendre au nouveau soldat à faire ce qu’on lui disait. Tel un zombie, le soldat n’avait droit ni à une conscience ni à de la spontanéité.

    Toutes les recrues à qui l’on faisait faire des manœuvres s’interrogeaient sur le sadisme des instructeurs. À la fin de la formation de base, nous avons compris que l’armée avait pris un certain nombre de connards, les avait mis à l’école des dirigeants, et, après quelques semaines, ceux-là mêmes qui ne pouvaient imaginer quelqu’un d’aussi sadique que leur instructeur faisaient la même chose aux nouvelles recrues. »

    « Je crois que, fondamentalement, on a envie de sentir que notre vie est revenue à plus que simplement consommer des produits et générer des déchets », déclara Henry Spira, celui qui fit plier quelques multinationales.

    Dans de prochaines chroniques nous analyserons de plus près ce « mode d’emploi » pour changer le monde.

     

    4 min
  • Apprendre à vivre avec son meilleur ami et son pire ennemi.
    https://www.frequenceterre.com/wp-content/uploads/2021/01/moi.mp3

    Apprendre à vivre avec son meilleur ami et son pire ennemi, proposition étrange me diriez-vous. Pourtant, c’est ce que chacun d’entre nous tente de faire au quotidien. Car le meilleur ami ou le pire ennemi c’est en réalité soi-même.

    Et aujourd’hui entre isolement, incertitudes sur l’avenir, le confinement est une période particulièrement déstabilisante. Certains subissent pour la première fois des troubles anxieux ou dépressifs et d’autres voient leurs troubles psychiques préexistants s’aggraver.

    Le docteur Philippe Presles dans l’ouvrage intitulé « Moi » publié chez Albin Michel, s’appuie sur les neurosciences, la psychologie du développement et de nombreux exemples, notamment personnels, pour nous guider dans la découverte des potentiels insoupçonnés de notre Moi. L’objectif final étant bien évidemment de faire de ce Moi un ami et un ami sur lequel on peut compter.



    L’ouvrage nous explique comment la conscience se développe chez l’enfant puis comment cette même conscience se traduit dans tous nos différents vécus d’adultes. Et ce faisant, nous comprenons comment la conscience participe à la construction de notre monde intérieur, à la fois extrêmement riche et complètement fictif.  À savoir que notre conscience interprète tous nos vécus et leur donne un sens en fonction de tout ce que nous avons accumulé dans notre monde intérieur. C’est ainsi que nous pouvons être malheureux dans des situations plaisantes ou heureux quand tout semble aller mal.

    Explorer les potentiels de son Moi,  est aussi une invitation à réfléchir sur le sens que nous voulons donner à notre vie. Et l’auteur nous encourage a toujours mieux interpréter ce qui nous arrive.

    Philippe Presles, médecin et psychothérapeute nous conseille de nombreuses pistes et outils afin de mieux percevoir le beau en nous, les trésors de notre monde intérieur et il « nous pousse dans le dos » pour  toujours chercher le chemin afin de devenir la personne que nous voulons être.
    3 min
  • H comme Hydrogène, le symbole de l’énergie du futur
    durée : 00:58:05 - De cause à effets, le magazine de l'environnement - par : Aurélie Luneau - L'Hydrogène va-t-il révolutionner le monde des transports et être une alternative aux énergies carbonées ? - réalisation : Alexandra Malka - invités : Bertrand Piccard psychiatre et aéronaute suisse; Gilles Guerassimoff Enseignant chercheur au centre de mathématiques appliquées de Mines ParisTech

    Vous pouvez retrouver "De Cause à Effet" sur le site de France Culture.
    Écouter cette émission :
    0 min
  • L’initiation écologique passe aussi par le « charognard »
    Sans une protection majeure débutée dans les années 1950 par une prise de conscience, et dans les années 1960 par des lois, le vautour aujourd’hui aurait complètement disparu.

    Car, comme le signale « Vautours.info » qui a pour slogan « Mieux les connaître pour mieux les protéger », l’image négative de charognard ne l’aidait pas.

    « C’est avec des formations et un enseignement auprès des différentes générations que nous arriverons à lui faire retrouver sa place dans notre quotidien », explique-t-on chez ces spécialistes des rapaces.

    Car, ne l’oublions pas, les vautours jouent un rôle sanitaire important que maints bergers et éleveurs reconnaissent volontiers, puisque ce sont les seuls animaux à pouvoir faire disparaître rapidement les cadavres et, de la sorte, limiter les épidémies et les pollutions organiques.

    « Ce ne sont donc pas des tueurs », argumente-t-on aussi à « Nature en Occitanie ». Que du contraire ! Ils font partie intégrante de l’écosystème et les vautours ont donc un rôle écologique fondamental.

    Cet exemple précis est l’occasion de rappeler que l’écologie est un concept qui englobe une multitude de paramètres. Certes, la plus connue est la protection de l’environnement incarnée, ces derniers temps, par l’action militante de Greta Thunberg et de millions de jeunes à travers la planète qui manifestent pour le climat.

    Parmi les autres paramètres, il y a celui de l’histoire des théories et pratiques écologiques développée au fil des siècles, tout comme les rites, croyances populaires, la mythologie et légendes ancestrales qui ont tracé un chemin aux mouvements écologiques actuels.

    Ainsi, les animaux, pour qui des associations luttent sans relâche pour leurs protection, bien-être et respect, relèvent aussi d’un enseignement venu des temps anciens, comme l’explique Didier Michaud dans la « Tradition initiatique » paru à la Maison de Vie.

    Écoutons ce qui se disait au sujet du vautour dans l’Égypte alexandrine, plus particulièrement autour du hiéroglyphe du vautour : « Lorsque les Égyptiens écrivaient la mère, la vue, la limite, la prescience, l’année, la voûte céleste, le miséricordieux…, ils peignaient un vautour. »

    Et l’écrivain Horapollon d’expliquer au Ve siècle les raisons de ce symbolisme, dont celui de l’année : « Le vautour distribue son année en 365 jours. Pendant 120 jours, il fait sa gestation, pendant 120 autres jours, il nourrit ses petits, et pendant les 120 jours qui restent, il prend soin de lui-même sans être en gestation et sans nourrir de petits et se préparer à une nouvelle conception. Quant aux derniers cinq jours, il les consacre à se laisser féconder par le vent. » C’est joli comme histoire, mais ça l’est davantage quand l’écrivain écrit que le vautour est miséricordieux, lui que l’on décrit pourtant comme un « charognard ». En effet, lorsqu’il n’a plus assez de nourriture à offrir à ses petits, il coupe sa propre cuisse et procure ainsi à ses enfants du sang à boire pour qu’ils ne périssent pas.

    Certes, depuis lors, la science a mis les choses au point sur la gestation, la fécondation par contact de la zone cloacal, le fait qu’il est le seul à pouvoir regarder le soleil sans problème, son système génital qui n’est pas externe, néanmoins cet exemple du vautour vu dans l’Antiquité a aussi permis de peaufiner, au fil des siècles, ce qui façonne l’écologie de ce XXIe siècle. Des avis, des observations, des études… aussi nombreux que variés, ont donc affiné nos théories actuelles, celles traitant de l’écologie y comprises.

    Et, comme le précise Didier Michaud dans son livre « La tradition initiatique », « tout, dans la vie, se manifeste par la diversité ; ne pas laisser de place à la diversité, c’est nier la vie. »

    5 min
  • Ici commence l’Océan-épisode7-En bord de mer, les bons réflexes!
    Septième opus de la série de podcast « Ici commence l'Océan « », série éponyme de la campagne « Ici commence l'Océan » lancée par l’association LONGITUDE 181 à destination de tout public afin d 'agir, pas à pas, pour un océan riche d'une vie retrouvée.

    Une campagne qui a pour cœur les 10 actions pour réagir objet du livre « Sauvons l'océan ! » édité aux éditions Rustica et écrit par Véronique et François SARANO et préfacé par Isabelle AUTISSIER.

    « Ici commence l'Océan » c’est une proposition de réponses aux menaces qui pèsent sur l'Océan. Après la réconciliation avec l’Océan et sa découverte, et une revue des solutions aux pollutions domestiques quotidiennes, des déchets, et de nos consommations d’usage ou de poissons je fais ici référence aux six épisodes précédents de cette série de chroniques, je vous propose d’examiner les bons reflexes à avoir en bord de mer.

    En effet , la vie marine se concentre en bord de mer , zone vitale pour l’Océan, zone la plus fragile, en raison des nurseries ou zones de reproduction,  mais aussi la plus exposée à nos dégradations  et à notre présence en nombre.

     

    https://youtu.be/EWvypH4gAes

    également sur youtube :https://youtu.be/EWvypH4gAes

    D. KRUPKA
    5 min
  • A Montreuil, la cantine syrienne créé des ponts entre les peuples
    Une cantine pour lutter contre le repli identitaire. C'est l'ambition de la cantine syrienne, soutenue par la Fondation Danielle Mitterrand. Installé depuis un peu plus d'un an à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, cet espace "non-lucratif", est pensé comme un lieu de rencontre et de partages de vies, d'expériences, de cultures…

    Rindala est la cofondatrice de ce collectif, fruit d'une série de rencontres en 2018 entre étudiants syriens, exilés en France.

    "Il y avait un mouvement d'occupation des facs en France. On s'est demandé comment intervenir dans ce mouvement à partir de notre position d'étudiants exilés syriens. Petit à petit on a pris des contacts, on a discuté. On a fait des rencontres dans plusieurs universités. Quand on a quitté l'université, on a voulu continuer de faire des choses de manière plus stable, sur la longue durée, avec plus de consistance. On a rencontré par exemple des gilets jaunes de Montreuil. A travers ces rencontres diverses, éclatées sur la région parisienne, on s'est retrouvé avec un groupe de Syriens et de Français. L'idée est venue de faire une cantine, déjà parce que la nourriture syrienne nous manque. On voulait se réunir sur quelque chose qui n'est pas que politique, mobilisation, soulèvement, répression. On voulait quelque chose de plus joyeux, d'essentiel, de vie. On a décidé de faire un espace de rencontre et de solidarité."
    Tisser des liens de solidarité
    Le collectif a donc créé cette cantine populaire. On y partage un repas convivial, mais pas uniquement.

    "Nous, on est loin de notre pays, du contexte politique. Etant donné qu'on est exilé en France, on ne veut pas lâcher ce côté d'être acteur et actrice, de réfléchir la politique, de la faire, de la discuter. Pour cela, il faut trouver notre propre place. On a pensé à des formes de solidarités nouvelles, pas qu'avec des Syriens mais aussi avec d'autres locaux. A Montreuil, les gens qui viennent sont originaires du Maghreb, d'Inde… Ce sont des solidarités, des rencontres avec des étrangers qui partagent les mêmes conditions que nous. Mais c'est aussi avec des Français avec qui on peut réfléchir sur la situation politique et les formes de solidarités et de rencontres possibles ici."

    Et à Montreuil, le lien avec le tissu associatif local est un pan fondateur de la cantine.

    "On est installé dans un centre social et culturel qui accueille énormément d'associations et de collectifs. Il y a des cours de français, des distributions alimentaires, des cours de yoga à prix libre, des cours de sports, des rendez-vous administratifs concernant des questions de sans-papier. Il y a vraiment un tissu associatif assez dense. Nous, on voulait s'inscrire localement et tisser des liens avec des gens autour de nous. S'installer dans cet espace a été un énorme avantage pour nous."

    © Cantine syrienne
    A la rencontre de son voisin
    Deux fois par semaine, le repas, préparer et organiser en commun, est surtout le prétexte à la rencontre et à la discussion.

    "On invite ceux et celles qui veulent nous rejoindre, pas que pour aider dans la cuisine, mais aussi pour rencontrer d'autres personnes, pour se sociabiliser. Petit à petit, pas mal de gens ont continué à venir. Parce qu'au-delà de la cuisine, ils apprécient énormément ce temps de préparation. C'est un espace de sociabilité assez chouette. Pas mal de gens qui reviennent apprécient ce moment. Parfois ils viennent avec leur potes. Parfois, en entendant les discussions des autres, ça commence à parler. Ce sont des grandes tables de découvertes, à la fois de la nourriture syrienne mais aussi des voisins,...
    8 min
  • Dieu par ci, Dieu par là : Biden met à mal la laïcité
    Au nom de la tradition, dit-on, Joe Biden a prêté serment sur la Bible, il invita aussi un prêtre à s’exprimer et celui-ci y est allé de son sermon, puis ce fut au tour d’un pasteur de déverser du religieux à grosse louche et, dans son discours d’investiture, le 46e président des États-Unis d’Amérique a fait référence à Dieu et à la religion à six reprises ! Il demanda même que l’assemblée prie. Ce qu’elle fit, levée et au garde-à-vous, tête baissée, soldats et policiers y compris.

    Je le cite : « Nous nous rassemblons en une seule nation, devant Dieu… », « Saint Augustin, un saint de mon Église… », je rappelle que saint Augustin est ce Père de l’Église catholique qui envoyait les enfants non baptisés aux enfers. Soit. Je poursuis avec Biden : « Je vous demande une prière silencieuse… », « Je conclus avec un serment sacré devant Dieu… », « Que Dieu bénisse l’Amérique… » et, enfin, « Que Dieu protège nos soldats… »

    Six fois en une vingtaine de minutes… Biden est-il bien le président de tous les Américains, comme il le prétend ?

    Car, selon une statistique fiable[1], 25% des Américains se déclarent « sans religion », soit, quand même un quart de la population. Ce qui n’est pas rien. Et, selon ces mêmes statistiques, le déclin religieux a progressé de 7% en une décennie et ne cesse de l’être.

    Alors, ne serait-il pas temps que le président des États-Unis sépare le religieux de l’État et qu’au lieu de prêter serment sur la Bible, ce livre absolument pas neutre, il le fasse sur la Constitution ? Et que ses croyances religieuses ou autres restent du domaine de sa vie privée ?

    Un dessin de Charlie Hebdo vaut souvent mieux que de longs discours !

    Ah ! J’entends d’ici les railleries au sujet de cette chronique « iconoclaste ».

    Peu importe, à Fréquence Terre , il n’est pas question de jouer les béni-oui-oui et profitons-en pour mettre les choses au point à ce sujet, voulez-vous ?

    L’objectivité et la neutralité sont les conditions essentielles dans la pratique journalistique, selon les mythiques canons de la profession. « Les faits rien que les faits », clame-t-on à la BBC et « Pas question de laisser transparaître sa propre opinion », renchérit-on encore dans maints médias ou associations professionnelles, et, bien entendu dans le monde politique et décisionnel qui ne supporte pas certaines enquêtes et contre-enquêtes journalistiques concernant différentes « affaires ».

    Alors, d’aucuns reprochent à des journalistes « de terrain » d’être « engagés ». Ils les appellent dédaigneusement des « journalistes-militants ». Comme le prouve le reportage ci-contre, je suis de ces derniers.

    La raison est simple à exprimer, car elle est guidée par une prise de conscience comme il le fut expliqué lors de récents débats à la Maison des Journalistes à Paris, entre autres : « Albert Camus écrivain, philosophe mais aussi journaliste, fut parmi les premiers à revendiquer l’importance d’un journalisme enraciné dans la société, impliqué dans la vie et en lutte contre l’injustice. Selon Camus, il faut prendre conscience de son appartenance au monde de son temps, renoncer à une position de simple spectateur et mettre sa pensée ou son art au service d’une cause. Bref, pour Camus, il faut s’engager. »

    Cette chronique s’est engagée dans le sens d’une fraternité universelle au-delà de tout, religions et philosophies y comprises. Et la laïcité est la seule à pouvoir l’incarner.



    Photo : Pixabay libre de droit.

     

    [1] Religion in on the decline, WSJ, 2019.
    5 min

About Fréquence Terre

From the publisher's feed

La Radio Nature • Info environnement, musiques du monde, ambiance Nature