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Fréquence Terre episodes

  • Êtes-vous manipulateur ou manipulé ? (en partenariat avec POUR)
    Comment peut-on expliquer que des gens se fassent manipuler sur base de rumeurs, de bobards, d’inepties, de mensonges avérés et deviennent à leur tour des manipulateurs en les transmettant ? Savent-ils que ce sont souvent des escrocs ou des psychopathes, qui, parfois, ne font qu’un, et profitent de l’empathie des citoyens pour remplir leur compte en banque ou accéder à des fonctions importantes ?

    Pour analyser cette situation de la manipulation mentale ou psychique, Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, auteur de Empathie et manipulations chez Albin Michel, donne en exemple Donald Trump qui fit croire qu’il était de la même trempe que ceux qui s’opposaient aux migrants et adopta leurs protestations et insultes à l’égard des réfugiés.

    Il se montra même une victime qui se rebellait et, au bout de sa stratégie de manipulation, il promit qu’il aiderait le peuple américain à se débarrasser de ces intrus. Donc, « votez pour moi » !

    À vrai dire, peu après son élection, Trump s’est surtout focalisé sur une politique socio-économique profitable aux multinationales, lobbys et nantis, qui l’avaient soutenu dans sa campagne électorale. D’ailleurs, constate l’auteur, « la Bourse s’envola ! »

    Celui-ci décrit également la manipulation de Trump des gens du peuple, tels « des Blancs ouvriers du sud-ouest de la Louisiane, un mélange d’amertume et de colère ». Elle rencontra un immense succès car cette catégorie sociale souffrait de l’indifférence, voire du mépris, de leurs élus et des pouvoirs publics.

    Le mécanisme de la manipulation est décrit par Serge Tisseron qui cite en exemples l’idéalisme généreux des adolescents détourné par des extrémistes, de nouveaux systèmes économiques qui exonèrent les acteurs de la maltraitance de leurs responsabilités, des fabricants d’objets plus ou moins utiles qui cherchent à détourner l’empathie naturelle à leur profit.

    La manipulation peut donc déboucher sur un terrain piégé et miné de luttes idéologiques, d’où danger.

    « Tout est fait pour que les différents acteurs puissent invoquer que la souffrance des victimes ne relève en rien de leur responsabilité. » En somme, la manipulation est la résultante d’un « cercle vicieux » qui s’est progressivement installé.

    « La machine de mort nazie a évidemment constitué un véritable chef-d’œuvre en la matière, si on ose dire : elle était organisée de telle façon que chacun pouvait se percevoir comme un rouage dépendant uniquement du précédent et du suivant dans une chaîne d’exécution qui lui échappait totalement. Mais évoquer une situation aussi extrême nous fait courir le risque de perdre de vue l’extraordinaire banalité de ces organisations anonymes capables de nous faire renoncer à notre empathie, parfois même sans que nous nous en rendions compte. Et ce n’est pas du fait d’une pression de notre communauté, mais parce que nous sommes les victimes de stratégies que nous ne parvenons pas à identifier clairement. »

    Pour Serge Tisseron, les manipulations prospèrent avec une empathie pour les semblables « fragilisée », refoulée, absente et le fait d’emmêler et de confondre les repères qui, précisément, permettaient de les identifier. Pour lui, c’est donc sur ces deux points que l’on peut agir, s’opposer.

    De quelles manières ? En encourageant le développement de l’empathie lors de contacts « de proximité » et en essayant de comprendre les situations sociales impliquant des manipulateurs.

    Comprendre puis agir, telle est donc le processus à développer, selon lui, si possible dès le plus jeune âge lorsque l’on constate chez les candidats à la radicalisation, comme il dit, qui ont « une fascination pour une explication univoque qui prétend tout expliquer. »

    Il précise : « Une personne sectaire est chez elle partout où le point de vue de l’autre est balayé sans même être pris en compte.
    6 min
  • Droits de l’océan-Episode 9 -Le droit en pleine schizophrénie virale !
    Ces temps troublés suite à la crise du coronavirus montrent des troubles particuliers en matière de respect du droit de l’environnement et de celui des océans. En Mars, on reconnait le préjudice écologique dans une affaire de braconniers du Parc National des calanques, en Avril on détricote le droit de l’environnement par un droit de dérogation donné en catimini au préfet. Une absence de cohérence entre Dr .JEKYLL et Mr.HYDE…. A découvrir dans cette chronique.Rediffusion.

    D.KRUPKA.
    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : la légendaire Sarah Bernhardt à Belle-Île-en-Mer


     Sarah Bernhardt (1844-1923), a été la plus importante actrice française du XIXe siècle et début du XXe siècle, et une fabuleuse comédienne de théâtre, surnommée la « Voix d’or » ou la « Divine ». Tragédienne exceptionnelle (Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani, La Dame aux Camélias…), elle fut la muse d’artistes et habita la Pointe aux Poulains sur Belle-Île-en-Mer : « J’aime venir chaque année dans cette île pittoresque, goûter tout le charme de sa beauté sauvage et grandiose. J’y puise sous son ciel vivifiant et reposant de nouvelles forces artistiques. »

    On visite son habitation sans une certaine émotion teintée de surprise et j’y ai lu ceci : « Ici commence un monde sauvage, âpre et doux : la pointe des Poulains. Vous rêviez de sensations fortes, de rochers noirs battus par les vagues et les vents ? Vous les aurez ! Vous aviez envie de pelouses fleuries comme des jardins et d’une tranquillité à peine troublée par les cris des oiseaux de mer, vous les aurez aussi ! Ici, il faut aimer les contrastes. Ici, même par temps calme, l’océan fait un bruit de tempête. Ici flotte l’âme de celle qui y trouva décor à sa mesure : la grande tragédienne Sarah Bernhardt. »

    La vie privée de Sarah Bernhardt fut mouvementée, parfois tragique.

    C'est ici que Sarah Bernhardt vivait à Belle-Île-en-Mer (Photo Pierre Guelff)

    À 20 ans, elle donna naissance à son seul enfant, Maurice, qui nia sa paternité. Elle eut des amants en nombre (on parla de Victor Hugo, du Prince de Galles…), elle se maria avec un toxicomane, fut amputée d’une jambe à l’âge de 71 ans en raison d’une blessure gangrenée consécutive à un saut effectué une dizaine d’années plus tôt dans « Tosca », mais, courageusement, elle continua de jouer assise et visita même les Poilus au front lors de la Première Guerre Mondiale.

    Pourtant, déjà, elle vivait depuis cinquante ans avec un seul poumon, depuis trois décennies avec un seul rein.

    Une légende et une excentricité circulent à son encontre.

    Cette légende, mais en est-ce vraiment une ?, prétend qu’à Champigny-sur-Marne, le Château des Tourelles fut habité par la comédienne et que le nouveau propriétaire, dès sa première nuit audit château, entendit des pas « particuliers » dans l’escalier d’honneur. Ils se décomposaient en deux temps : le bruit léger d’un pied de femme, puis le martèlement sec d’une jambe de bois. Il en déduisit que le fantôme de Sarah Bernhardt se faisait entendre, ce que Sacha Guitry et Jacques Varenne constatèrent également suite à l’invitation du nouveau propriétaire, dit-on.

    L'intérieur de chez Sarah Bernhardt (Photo Marie-Paule Peuteman)

    Pour en revenir à Belle-Île, un Musée Sarah Bernhardt trouve très logiquement sa place à la Pointe des Poulains.

    Ici, la « Bonne Dame » était très sensible aux difficultés quotidiennes des Bellilois.es et elle finança une boulangerie coopérative : « L’œuvre du pain pas cher ».

    À côté de cet aspect humanitaire (elle militait aussi contre la peine de mort et l’antisémitisme), une photo montre la comédienne – lasse du monde, paraît-il ! -, de manière excentrique et quelque peu morbide, couchée dans un cercueil installé dans une chambre de son fortin. Elle y est couverte de couronnes et de fleurs, les mains croisées sur la poitrine, un cierge est allumé et un crâne repose sur le tapis pour « un adieu temporaire à la vie » !

    L’une de ses devises était : « C’est en se dépensant soi-même que l’on devient riche » !

    Outre Sarah Bernhardt, Belle-Île-en-Mer compta d’autres célébrités venues goûter au fantastique attrait de ce coin de Bretagne : Gustave Flaubert, Claude Monet, Arletty, Jacques Prévert, André Gide, Johnny Depp, Vanessa Paradis…

    À la semaine prochaine !

    3 min
  • Était-ce vraiment mieux « avant » ?
    « La crise sanitaire n’est pas encore finie, mais déjà les illusions s’effacent. On aurait tant voulu y croire, pourtant, à cette promesse d’un monde nouveau. Un monde plus humain, plus juste, plus respectueux de l’environnement, moins financier, moins consumériste… plus désirable, enfin. On rêvait de circuits courts, de relocalisation, de consommation responsable. Il était question de transformer la peur en espoir, de réanimer notre humanité, de redonner du sens au progrès, de se réapproprier le bonheur. C’était en mai, c’était il y a un siècle, tant ces promesses paraissent aujourd’hui hors-sol », écrit Natacha Tatu dans sa rubrique de L’Obs « Opinion » titrée : « Des lendemains qui déchantent »[1].

    Alors, comme une rengaine récurrente, voire une prière adressée au ciel, on entend beaucoup d’anciens évoquer les « Trente Glorieuses », ces années de 1946 à 1975 considérées comme une période de croissance économique, de plein emploi, de bonheur…

    C’est faire fi des événements de Mai 68 qui, quand même, secouèrent la Société dans son ensemble, y compris le monde ouvrier, car tout n’était pas rose pour tout le monde.

    C’est ce qu’explique Marc Pasteger dans son ouvrage Les Années 70 paru aux Éditions La Boîte à Pandore : « Le 1er janvier 1970, la France vit plutôt très bien. Sur la lancée des golden sixties et entendant profiter du vent de liberté qui a soufflé au mois de mai 68, elle se permet même de traverser une période ‘‘ peace and love ’’ où, à en croire les hippies, tout le monde serait beau et gentil. »

    Ce livre empli d’anecdotes souvent croustillantes, retrace une période qui fait dire à d’aucuns que « c’était mieux avant » et, effectivement, imagine-t-on en France interpeller le président Macron comme ce que raconte Marc Pasteger au sujet de l’un de ses prédécesseurs à l’Élysée : « En vacances au fort de Brégançon, Georges Pompidou se baignait. À la sortie de l’eau, des enfants s’approchèrent de lui et l’un d’eux lui demanda un autographe. Le président accepta et signa. Puis le gamin en réclama un second :

    — C’est pour ton petit frère ou ta petite sœur ? interrogea Pompidou.

    — Non, non, mais, à l’école, avec deux Pompidou, on a un Hallyday !

    Il semble bien que cet homme-là offrait le profil idéal pour incarner une époque unique dont le souvenir fait encore rêver. »

    Les Années 70 est un livre qui fout le bourdon à tous les nostalgiques de ces années mais, après le beau temps vient aussi la pluie, voire les tornades : « Non, les années 70 ne furent pas toujours formidables ! s’exclame Marc Pasteger. Elles constituent un mélange de la fin de l’insouciance des années 60 et une sorte de bande-annonce géante des gros soucis qui pourriraient les années 80. Alors pourquoi voue-t-on aujourd’hui un culte à cette décennie-là ? D’abord parce que nous avons presque naturellement tendance à enjoliver les souvenirs et que se réfugier dans un passé, a fortiori embelli, peut réconforter ceux en ayant besoin. »

    Ensuite, l’auteur fait défiler ses anecdotes au hasard de ses notes, rencontres en tant que journaliste et écrivain, ses lectures, et de façon totalement subjective, précise-t-il, des vedettes, comme l’on disait à l’époque, de tous poils, des vraies stars et autant d’étoiles filantes… »

    Étoiles filantes, comme les promesses d’un « monde nouveau » en mai 2020, en somme. L’Histoire est bien un éternel recommencement.



     

    [1] 20 août 2020.
    4 min
  • Nathalie LASSELIN, secrets d’exploratrice !
    Exploratrice et cinéaste des fonds marins, récipiendaire de nombreux prix pour ses documentaires, Nathalie LASSELIN.a parcouru le monde avec sa caméra pour filmer dans les profondeurs de grottes submergées sur 5 continents, et dans plus de 50 pays.
    Chaque printemps depuis plusieurs années, elle brave le froid intense de l‘Arctique en y plongeant pour ramener des images de ce paradis blanc et prendre conscience de la perte de la banquise. Une femme d’exception. Découvrez  son parcours, rêve, curiosité, elle nous apprend que tout est possible et que se reconnecter à la nature est essentiel à notre équilibre, qu’agir et partager sont indispensables pour un monde meilleur immédiat.

    Nathalie LASSELIN, inspirante, à découvrir dans cette chronique.

     
    https://nathalielasselin.com/
    7 min
  • Destinations vacances et visites insolites : Paris intrigant et mystérieux


    « Qu’est-ce qu’on met dans un livre, si ce n’est le monde ! Dès lors, il faut des repères authentiques, sans quoi on raconte n’importe quoi ! » déclara l’auteur Jean-Christophe Rufin à « La Grande Librairie » sur France 5. Je ne peux que cautionner ce genre de propos dans la mesure où cet auteur voyage et ne reste pas scotché devant son ordinateur pour écrire ses ouvrages, selon lui.

    Voici, en quelques flashes, plusieurs lieux d’un Paris insolite, mystérieux, surprenant, à découvrir au fil des promenades…

    Le Boulevard du Crime : était le boulevard du Temple qui, il y a quelques décennies, comportait de nombreux théâtres où se jouaient des mélodrames.

    Le kilomètre zéro des grandes routes françaises est matérialisé par une dalle de bronze fixée dans le sol en face de la cathédrale Notre-Dame.

    La Sorbonne fut d’abord un haut lieu (au cœur du Quartier Latin) de la pensée religieuse. On s’y opposa aux Templiers, protestants, jésuites, jansénistes, philosophes… Ce fut Robert de Sorbon (1201-1274), pauvre fils d’un « vilain », devenu théologien et chapelain qui créa ce collège accueillant des étudiants pauvres.

    Le mètre-étalon en marbre scellé au 36 de la rue de Vaugirard (la plus longue rue de Paris, puisqu’elle fait 4 km 360), près du Sénat, est visible à l’endroit où il fut exposé de février 1796 à décembre 1797, afin de familiariser les gens à ce nouveau système de mesure remplaçant les toises et les pieds ! Un deuxième, sur seize à l’origine, est visible au 13 de la place Vendôme.

    Le Petit-Pont  avec ses 32 mètres de long a toujours été le plus petit pont de la capitale. Il fut d’abord construit en bois à l’époque gallo-romaine, puis devint à péage, sauf pour les saltimbanques qui l’empruntaient gratuitement en « payant » en « monnaie de singe », c’est-à-dire en faisant exécuter des pitreries à leur animal savant. Depuis 2013, il est devenu le Petit-Pont-Cardinal-Lustiger.

    Le Pont-Neuf : construit en 1578, c’est le plus ancien pont parisien. À l’exception de restaurations diverses, le corps de construction a résisté à toutes les crues et décrues, d’où l’expression « Se porter comme le Pont-Neuf ».

    Le Pont des Arts : c’est le premier pont métallique édifié (en 1803) dans l’Hexagone.

    La rue la plus courte, est celle des Degrés, elle fait 5,75 mètres de long et est constituée de 14 marches !

    L’avenue la plus large est celle dédiée au maréchal Foch : 120 mètres ! la plus large au monde se situe à Buenos Aires : 140 m !

    Canal Saint-Martin : long de 4,5 km, il relie le bassin de la Villette au port de plaisance « Arsenal ». Inauguré en 1825, il compte neuf écluses et deux ponts tournants. Il est inscrit comme monument historique. Les abords du canal Saint-Martin sont particulièrement prisés le dimanche lorsque la circulation automobile est interdite pour laisser la place aux joggeurs, promeneurs, marcheurs, cyclistes, badauds…, parfois aux sans abris. Prémonition ? L’inoubliable chanteuse Édith Piaf (1915-1963) avait évoqué le Canal Saint-Martin dans « Les Mômes de la Cloche » en… 1936 !

    Écluse sur le Canal Saint-Martin (Photos Marie-Paule Peuteman)

    La plus petite façade, 1,20 m de large et 5 m de hauteur, se voit 39 rue du Château-d’Eau, coincée dans un quartier où prédominent certains métiers dits de beauté…

    La plus ancienne place monumentale est la Place des Vosges, créée en 1605, on y trouve la maison de Victor Hugo transformée en musée.

    La rue la plus étroite est celle du Chat-qui-Pêche : elle fait de 1 m 80 sur 29 m de longueur, mais, pour d’autres sources, il s’agit du Sentier des Merisiers (12e arrondissement) d’un mètre de large (sur 100 m de long).

    La plus ancienne maison de Montmartre fut bâtie en 1680 et est située au 12 rue Cortot. Elle abrite le Musée de Montmartre.
    4 min
  • Nathalie LASSELIN, incroyable exploratrice des eaux douces !
    Une rencontre rare. Une femme exceptionnelle. Un exploratrice des eaux douces des grottes karstiques aux glaces l’Arctique, et surtout près de chez elle dans le fleuve Saint Laurent, au Canada. L’occasion d’une première et surtout d’une mise en exergue des contaminants émergents. Venez à la rencontre de Nathalie LASSELIN. Rediffusion.

    https://www.longitude181.org

    https://nathalielasselin.com/
    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : de célèbres « fantômes » en Baie de Somme
     



    La Baie de Somme s’étend sur 70 km² et la Somme, fleuve côtier, se jette dans la Manche à cet endroit. Deux milieux naturels la forment : une zone de vasières recouverte par la mer deux fois quotidiennement et celle recouverte uniquement lors des grandes marées d’équinoxes. La baie est également constituée de deux estuaires qui s’emboîtent : celui de la Somme et celui de la Maye.

    Haut lieu ornithologique, une partie est transformée en réserve naturelle. À marée basse, dans l’estran, on voit des moutons brouter dans la baie, ce qui leur donne une chair au goût de « pré-salé ».

    Considérée comme l’une des plus belles baies du monde, elle accueille également des phoques-veaux marins, parfois des phoques gris, et, de manière régulière, des sarcelles, chipeaux, bécassines…

    Magnifique Baie de Somme (Photo Marie-Paule Peuteman)

    Au Crotoy, « La station où il fait bon vivre », c’est, aussi, celle de certains « fantômes »… En effet, ici, l’âme de Colette plane encore quand, en 1907 et 1908, elle s’imprégna des sensations de la Baie pour écrire : « Ses ciels turquoises, égyptiens, cendre verte, cendre bleue… qui se mirent dans des chenaux oblongs parmi les sables blonds… »

    Ici, Seurat et Sisley, Manessier et Toulouse-Lautrec ont manié pinceaux et palettes de couleurs pour immortaliser ou s’inspirer d’un environnement exceptionnel.

    Et puis, sans oublier que Victor Hugo passa en ces lieux, c’est aussi ici que Jules Verne, entre 1865 et 1870, écrivit « Vingt mille lieues sous les mers », non loin où, le 21 novembre 1430, Jeanne d’Arc fut incarcérée par les Anglais jusqu’au 20 décembre, avant de marcher dans la baie pour se rendre à Saint-Valery puis à Eu, enfin à Rouen où elle monta sur le bûcher.

    Parlons-en, justement de Saint-Valery…

    Par ici, Jeanne d'Arc se rendit au bûcher... (Photo Pierre Guelff)

    Dès la préhistoire, le lieu de Saint-Valery fut occupé et ensuite au moment de l’épopée de Guillaume le Conquérant, il y eut un épisode particulier puisque, en 1066, son imposante flotte attendit les vents favorables à Saint-Valery pour mettre le cap sur l’Angleterre. Il sera couronné roi d’Angleterre peu après son séjour au « Vaisseau blanc ».

    Français, Anglais, Bourguignons firent la destinée de la ville, les guerres de religions s’éternisèrent, quand, au XVIIe siècle, ce fut le début de la prospérité grâce à l’activité du port et à l’épanouissement de l’abbaye.

    Puis, ce fut l’édification du canal de la Somme et, après de nombreuses décennies, une source d’inspiration pour les artistes-peintres, sculpteurs et écrivains.

     

    Aujourd’hui, on se promène avec le ravissement chevillé au cœur dans l’une des plus belles baies au monde, on découvre Saint-Valery-sur-Somme « aux mille endroits pittoresques », cité médiévale, cité des marins, cité aux charmes tranquilles où se côtoient les quais, de rares vestiges des remparts, les vieilles pierres, les ruelles fleuries, les maisons du quartier des marins « Le Courtgain », la Porte de Nevers (XIVe siècle) et la Porte Guillaume (XIIe siècle), située entre deux tours majestueuses…

     

     

     
    3 min
  • La France du complotisme
    Théorie des complots, infox, fake news, actions antihumanistes… : qui est derrière ce fléau qui empoisonne la Société ?

     

    Engendrer, manier et répandre de fausses informations, tel est le dessein des comploteurs, conspirateurs, complotistes et conspirationnistes unis dans le même but de nuisance et de dresser des citoyens les uns contre les autres.

    Photos : Vandalisme, saccage, menaces… dans un temple maçonnique à Serrières (Photos JL G.)

    De nombreux observateurs rappellent que ces procédés ne sont pas nouveaux et furent significatifs de la propagande nazie, fasciste, franquiste, vichyste, salazariste, communiste…, exception faite que dans la manipulation contemporaine, les réseaux sociaux sont à présent parties prenantes au point que l’on parle de « message viral » quand c’est répandu à grande échelle. Parfois planétaire.

    Une technique derrière laquelle se cachent maints anonymes ou groupuscules, alors que des Trump et Cie en font une tribune mondiale de matraquage et prosélytisme.

    Ces derniers mois, COVID-19 et confinement/déconfinement obligent probablement, une nette recrudescence du complotisme doublé d’un antihumanisme exacerbé est constaté.

    Parmi les exemples relativement récents, épinglons cette déclaration de l’auteur Marek Halter[1] au sujet de la pandémie actuelle spécifiant que la télévision russe diffusa une information soulignant que « les milliardaires internationaux » détenaient l’antidote au virus et qu’ils attendaient que la peur envahisse tous les continents pour commercialiser le médicament à prix d’or. L’écrivain précisa : « Et qui sont-ils, ces milliardaires internationaux ? Des juifs ! La fausse information ne va pas tarder à se répandre en France », disait-il en mars. Eh bien ! C’est fait, Monsieur Halter.

    Et, comme pour les complotistes, qui dit juif pense automatiquement franc-maçon, la théorie du complot judéo-maçonnique a repris force et vigueur.

    Comme à l’époque nazie, des listes de francs-maçons circulent publiquement sur Internet afin d’éradiquer les « satanistes »[2], par exemple sur un site français sous la forme d’un montage de sigles d’organisations et d’un titre racoleur : « Francs-maçons qui nous gouvernent » : Club de Rome, UNESCO, CIA, Klu Klux Klan…[3] Canular ? La suite fait état d’une liste « non exhaustive » et cite des noms liés aux fonctions, tel celui d’une « ancienne ministre franc-maçonne de la secte maçonnique du Grand Orient de France… »

    Ce qui n’a pas été non plus un canular s’est déroulé durant cet été 2020, avec l’article dans Métropolitain (édition de la région occitane), hebdomadaire français du groupe Publi Hebdos[4] : « À Métropolitain, il y a belle lurette que nous possédons les noms des gendarmes, policiers, douaniers, sapeurs-pompiers, avocats et magistrats – ainsi que des confrères – qui fréquentent assidument les obédiences héraultaises… Mettre son nez dans une loge peut vous envoyer en enfer. »

    Corneto, cornuto, cornes... : coureur cycliste remportant une classique et faisant un signe jugé "satanique" par les complotistes, alors qu'il est question d'une marque de sympathie à un être cher (Prise d'écran RTBF)

    Généralement, les complotistes se targuent de donner des « indices » » pour reconnaître ceux qui conspirent. Ainsi, un site musical[5] de l’hexagone a créé la rubrique « Corneto ».



     

    Outre différentes explications (cocu en Italie, « Je t’aime » en langage sourd et muet…), on y lit : « Certains adeptes de théories sur une conspiration possible vous dirons que c’est un geste montrant l’appartenance à une société élitiste secrète des dirigeants de notr...
    6 min

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