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  • Destination vacances et visites insolites : le Géant chauve ou mythique Mont Ventoux


    Le Mont Ventoux culmine à 1 912 mètres et est surnommé le « Géant  de Provence» ou « Le Mont chauve » (le sommet est dépourvu de végétation). Le climat y est particulier  : méditerranéen, montagnard, d’où une flore fabuleuse (1 000 espèces de plantes), une faune inouïe (120 espèces d’oiseaux), des spéléologues ayant même retrouvé des ossements fossilisés d’ours bruns il y a une douzaine d’années.

    Température caniculaire en été avec de violents orages, elle peut descendre jusqu’à -30° en hiver, la neige se maintenant en moyenne 140 jours par an.

    Un dicton climatique fleurit bon sur les pentes du mont : « Quand le Ventoux a son chapeau, quand la Durance a son manteau, s’il ne pleut pas maintenant, il pleuvra bientôt. »

    C’est le philosophe français Jean Buridan qui, en 1334, aurait gravi jusqu’au sommet pour la première fois la montagne et la première ascension « relatée » aurait été effectuée par le poète humaniste Pétrarque.

    Ce dernier, 32 ans, habitait Avignon et décida de gravir le Ventoux, en compagnie de son frère Gherardo et de deux accompagnateurs en avril 1336, suite à une déception amoureuse. Il adressa son ouvrage intitulé, tout normalement, « L’ascension du Mont Ventoux », à son ami confesseur Dionigi, professeur de théologie à la Sorbonne. C’est l’une des plus célèbres lettres épistolaires de la tradition occidentale. Le récit de Pétrarque est une allégorie à Dieu.

    En voici quelques extraits significatifs :

    - « Je voulais différer la fatigue de la montée, mais la nature ne cède pas à la volonté humaine, et il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant. »

    - « La vie que nous appelons heureuse occupe les hauteurs et, comme dit le proverbe, étroite est la route qui y mène. Nombreux aussi sont les cols qu’il faut passer, de même nous devons avancer par degrés, de vertu en vertu ; sur la cime est la fin de toutes choses, le but vers lequel nous dirigeons nos pas. Tous veulent l’atteindre, mais comme dit Ovide, « vouloir est peu ; il faut, pour parvenir, désirer. »

    - « Que de fois, aujourd’hui, j’ai tourné mes regards vers la cime du mont ! Et pourtant sa hauteur me semble bien petite en comparaison de celle où peut prétendre la pensée humaine, si elle ne s’enfonce pas dans la fange des turpitudes de ce monde. »

    Au XVe siècle, une chapelle dédiée à la Sainte Croix fut érigée au sommet, aujourd’hui, c’est une immense antenne de télévision qui le domine…

    Quant à ses pentes, leur utilisation relève de tous les domaines, parfois insolites…

    Le Mont Ventoux, rendez-vous des sportifs, plus particulièrement des cyclotouristes et des joggeurs,à l'image de de notre chroniqueur (Photo AD)

    Effectivement, depuis les temps les plus reculés, les pentes du Mont Ventoux sont utilisées pour faire paître les troupeaux comme l’attestent la présence de nombreuses  bergeries souvent bâties en pierres sèches.

    Mais, le Mont Ventoux est surtout devenu un site touristique majeur grâce au Tour de France qui l’a popularisé (surtout en 2016, lorsque le coureur Frome dut y mettre pied à terre et commença à l’escalader en… joggant !, un épisode moins dramatique que le décès de Tom Simpson dans les ultimes pentes, en 1967, victime de la conjugaison de la chaleur, du manque de ravitaillement en eau et de la prise d’amphétamines, entre autres) et c’est, aussi, un haut (!) lieu de pratique sportive : cyclisme, donc, courses motorisées, ski alpin, ski nordique, équitation, VTT, parapente, « grimpe d’arbre », cyclotourisme, randonnée et, pour quelques inconditionnels de la course à pied en montagne et du jogging – j’en fus à un récent été -, l’ascension éprouvante de pentes avec des endroits s’apparentant à un enfer terrestre !

    Selon le versant, la route est plus pentue, plus longue, allant de 9,5 à 10,
    3 min
  • “Au nom du requin ” : le nourrir ou pas ? – Episode 5 –
    Les pratiques de nourrissage du requin sont nombreuses : feeding, chumming, baiting, … Autant de termes et de techniques pour attirer le requin afin de le rencontrer. Un sujet  avec de fortes polémiques, pour lequel j’ai demandé à Eric CLUA, scientifique, de donner son éclairage. A découvrir dans cette chronique.Rediffusion.

    D.KRUPKA

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    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : Des Dames de Meuse légendaires


     Les Ardennes sont devenues une région privilégiée par les touristes et les vacanciers à la recherche d’une nature verdoyante et boisée propice à la randonnée, au trail, au cyclotourisme, aux produits d’un terroir authentique… À Laifour, on trouve les « …charmes situés dans une arène de verdure, que traverse la Meuse… » et son célèbre site classé des « Dames de Meuse ». Un lieu fréquenté à plusieurs reprises par le général de Gaulle.

    Mais, au juste, qu’est-ce qui y attirait le président de la République française ? La beauté sauvage de l’endroit ou les légendes qui s’y rattachent ? Ou toutes à la fois ?

    Les « Dames de Meuse » est un lieu habité par les dieux, clame-t-on sur place, et plusieurs légendes lui sont attribuées, c’est l’un parmi les plus impressionnants paysages de la Vallée de la Meuse, selon l’auteur Bernard Chopplet.

    En 1080, le seigneur de Hierges eut trois fils, Héribrand, Geoffroy et Vauthier, qui épousèrent les filles du Seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige.

    Peu de temps après leur union, les trois jeunes mariés accompagnèrent Godefroid de Bouillon dans sa croisade (1096-1099), la première du genre sur huit sans tenir compte de la « Croisade populaire » de Pierre l’Ermite.

    Les Dames de Meuse, que des personnes prétendent voir pleurer certains jours…(Photo Marie-Paule Peuteman)

    Alors qu’ils combattaient en Terre Sainte, les épouses commirent de conserve l’adultère en compagnie de trois chevaliers. Mais, Dieu les punit ! Ainsi, lors de l’attaque de Jérusalem, elles furent changées en trois immenses rochers noirâtres surplombant la Meuse.

    Il y a une deuxième légende, selon le « Guide de la France Mystérieuse », sous le titre des « Pierres Infidèles » : « Le seigneur de Montcornet, en partant pour la croisade, laissa son château à la garde de sa femme et de ses deux nièces. Un seigneur du voisinage, du nom de Neyrac, voulut s’emparer des biens de Montcornet et déclencha un conflit. (…) La dame de Montcornet alla au-devant de son mari qui revenait de Terre Sainte et Neyrac se sentant en danger réclama l’aide du diable. Celui-ci provoqua un séisme qui ensevelit la dame et sa suite. Arrivé à l’endroit du drame, le seigneur de Montcornet reçut des explications de la part d’un berger et Neyrac eut la tête tranchée ! Après une prière au divin, la dame et sa suite sortirent vivants du sol. Le rocher en forme de têtes perpétuerait le souvenir de la dame de Montcornet et des deux nièces. »

    La troisième légende concernant les « Dames de Meuse » émane de Hierges.

    Hierges est une cité médiévale, distante de Laifour d’une vingtaine de kilomètres, considérée comme l’un des plus beaux villages de France, dont le château aurait été bâti en 882 en une nuit par la fée Mélusine. Il est question des trois épouses infidèles transformées en rochers juste avant qu’elles n’aient eu le temps de se jeter dans la Meuse au retour de leurs maris afin d’échapper à leur colère.



     

     

     
    2 min
  • Reportage : Ministres « écologiques » : ils ont aussi tout compris !
    Une pub édifiante ! (Photo Pierre Guelff)

    Ils ont tout compris ! Bravo à eux ! Pourquoi se gêneraient-ils, d’ailleurs ? Eux ? Ce sont les promoteurs immobiliers, les sociétés multinationales et leurs acolytes politiciens qui profitent de l’apathie et de l’indifférence des populations. De ceux, aussi, qui sont des adeptes de la théorie Nimby. Celle qui dit « Construisez ou faites ce que vous voulez, mais pas dans mon jardin ! »

    Pourquoi cette chronique ? Pourquoi à Bruxelles ? Parce qu’une publicité donne 11 raisons d’investir dans un quartier de la capitale de l’Europe qui, je la cite, « est un emplacement privilégié ». Capitale où, par parenthèses,  résident et travaillent des dizaines de milliers de Français.

    Un permis de démolir à couper le souffle ! (Photo Pierre Guelff)

    Emplacement privilégié ? C’est le moins qu’on puisse dire ! Je cite à nouveau la pub : « Proche des ambassades, de l’OTAN, de l’Eurocontrol, de multinationales, de parcs industriels avec 3M, Toyota, Bridgestone… »

    Et, sans vergogne, les promoteurs annoncent que ce quartier est proche de parcs et d’espaces verts, dont la célèbre forêt de Soignes considérée comme le « poumon vert » de la région.

    Renseignement supplémentaire de cette pub : « Point d’attache de 40.000 eurocrates et 20.000 lobbyistes ». Oui, vous avez bien entendu : 1 lobbyiste pour 2 eurocrates !

    Cinq terrains de tennis démolis pour trois immeubles de standing (Photo Pierre Guelff)

    Fréquence Terre a été sur place et dans les environs immédiats et, ô stupeur, on y lit un permis d’urbanisme qui spécifie : « Démolir le complexe sportif de 5 terrains de tennis couverts… pour y construire 3 immeubles comprenant 62 appartements et un parking couvert de 69 places. » Et que constate-t-on ? Un immense terrain vide entre des buildings de standing, car tout a été rasé pour faire place au béton dégoulinant de 5G, d’appartements de luxe et de grosses bagnoles dans les sous-sols.

    Moi, je dis, bien joué les promoteurs ! Ah ! Dernière chose : il y a des ministres écologiques au gouvernement bruxellois, celui qui délivra ledit permis d’urbanisme. Tout est dit. Eux, aussi, ont tout compris !

    Une belle vue... (Photo Pierre Guelff)

    ...et en face (Photo Pierre Guelff)



     

     

     

    3 min
  • “Au nom du requin ” : le surfeur est-il confondu avec une tortue? – Episode 4 –
    Après Le film « Au nom du requin »  largement présenté dans cette chronique, je vous invite à  une suite  avec Eric CLUA, un scientifique, qui va nous aider à démystifier certaines idées reçues. Celle que le requin confond un surfeur en surface avec une tortue en train de nager résiste-t-elle à l’examen ? Découvrez-le à l’écoute de cette chronique et de la série « Au nom du requin » pour aller plus loin .Rediffusion.
    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : Paris-Village, Paris bucolique
    « Paris, Ville Lumière », la citation paraît galvaudée et, pourtant, cette mégapole ne reste-t-elle pas immortelle ? Ville considérée comme la plus romantique au monde, elle se distingue aussi par ses grands monuments, son histoire millénaire, son fabuleux héritage artistique et littéraire.

    Plutôt que de longs discours, voici deux citations – parmi des centaines ! – qui rendent hommage à la capitale française : « Creuset des passions, tu m’as donné la boue et j’en ai fait de l’or », clama Baudelaire au sujet de Paris, puis, voici quelques propos d’Honoré de Balzac, dont un musée lui est consacré dans son ancienne demeure : « Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur… Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï oublié par les plongeurs littéraires » .

    Effectivement, exemple parmi des dizaines,  il est très agréable de déambuler dans le Parc Montsouris : 1 400 arbres, dont plusieurs centenaires, avec observation du tulipier de Virginie, du cèdre du Liban, de l’hêtre tortueux, et rencontre avec un héron cendré, une oie à tête barrée, un canard colvert, un troglodyte mignon, une corneille noire ou un gobe-mouches, le tout sous l’œil de statues dues à Etex, Lipsi, Desca, Valsenis…

    Mais, peu de touristes, voire d’habitants de la capitale, connaissent Paris-Village…

    Ainsi, en poursuivant la promenade du Parc Montsouris vers l’ouest, on pénètre dans un monde à part, un « autre » Paris : Paris-Village !

    Des demeures pleines de charme dans des ruelles en pente et des impasses, véritable cité fleurie et conviviale.

    Ici, square de Montsouris, rue du Parc-de-Montsouris, impasse Nansouty…, ou dans les environs immédiats du Réservoir de la Vanne, habitèrent ou érigèrent leur lieu de travail (souvent des ateliers de peintres) le Douanier Rousseau (Henri Rousseau), Foujita, André Derain, Georges Braque, Ozenfant, Gromaire…

    Mais, au juste, pourquoi Henri Rousseau fut-il surnommé le « Douanier Rousseau » ? Parce que ce digne représentant de l’art naïf travailla dans sa jeunesse à l’octroi de Paris, c’est-à-dire à un bureau où était perçu un droit sur certaines denrées à leur entrée dans les villes.

    Poursuivons notre balade en signalant quand même que cette taxe n’est plus d’application depuis 1948, et dirigeons-nous vers le Réservoir de Montsouris qui alimente 20% de la capitale. Particularité : des truites en aquarium témoignaient de la pureté de l’eau, m’affirma-t-on sur place… tout en précisant qu’aujourd’hui, pour contrôler la qualité de l’eau, ce sont des tests en laboratoire qui sont effectués.

    Un peu plus loin, voici la Cité Fleurie qui accueillit Paul Gauguin, Modigliani, Eugène Grasset (le créateur de la « Semeuse » chère au Larousse), Laurens, Jean Boucher, Domela, alors que, non loin de là, la Cité Florale est un spectacle ravissant avec ses rues des Glycines, des Volubilis, des Mimosas, des Orchidées…



     

     
    3 min
  • La revanche de la nature
    Aymeric Caron est journaliste, reporter de guerre (Bagdad), chroniqueur (Europe 1, TF1, Canal+…) dont les propos soulèvent parfois la polémique, tel son accrochage avec Bernard-Henri Lévy sur France 2, d’où son surnom de chroniqueur-flingueur !

    Auteur (Utopia XXI rencontra un immense succès de librairie), Aymeric Caron est également adepte de la désobéissance civile, militant antispéciste, cette éthique consistant à « réconcilier l’humain, l’animal et la nature », fondateur de Révolution écologique pour le vivant, et, à la mi-2020, il publia chez Albin Michel l’important essai La revanche de la nature, objet de la présente chronique.

    Scotché à sa démonstration que « le monde doit être radicalement différent de celui que nous avons connu jusqu’ici », et lui ayant partagé la même conviction, il m’accorda l’autorisation d’en publier de très très larges extraits.

    Cet ouvrage est le témoignage de plusieurs semaines de confinement dues au COVID-19 et d’une multitude de réflexions, étayées par une longue expérience journalistique et un travail de recherche intense, qui, dès les premières pages confirment ma propre pensée : « Les fanatiques du néolibéralisme vont bien être obligés de reconnaître les limites de leur logique. »

    Comme des millions de citoyens, il est plus que surpris, voire irrité, de la manière dont les politiciens ont réagi face à cette pandémie : « Une société qui laisse ses bureaux de tabac ouverts mais qui ferme ses librairies, doit se poser des questions sur elle-même. »

    Le fera-t-elle ? Dans la foulée, face aux amendes salées et emprisonnements en cas de récidives de violation du confinement, Aymeric Caron lance : « (…) j’ose espérer que les sanctions seront proportionnelles pour les responsables politiques impliqués de près ou de loin dans les décisions qui ont permis au virus de paralyser le pays et de tuer des millions de personnes. »

    C’est donc sans complaisance pour quiconque, mais avec un bon sens citoyen loin du populisme ambiant, des rumeurs et amalgames, qu’en 250 pages l’auteur présente ses « vingt-sept leçons pour le monde d’après », dont voici quelques éléments essentiels.

    * Vaccin et traitement : « Contre le SARS-CoV-2, nous cherchons un vaccin et un traitement, nous essayons d’améliorer les capacités en réanimation, nous réorganisons notre économie. Mais nous oublions l’essentiel : identifier l’origine du mal. Le seul animal responsable de la pandémie de COVID-19, c’est nous. »
    * Système de santé : « Notre système de santé, présenté si longtemps comme l’un des meilleurs au monde, n’est plus que l’ombre de lui-même parce qu’il a été peu à peu saccagé par des techno-libéraux qui ont transformé les hôpitaux en entreprises et les malades en statistiques. Les réformes des vingt dernières années ont entraîné des fermetures de services, des suppressions de lits, des réductions des personnels soignants, et la qualité a été sacrifiée sur l’autel de la prétendue rentabilité. »
    * Animaux : « Pour éviter une prochaine pandémie comme la COVID-19 ou plus grave encore, le bon sens recommande d’interdire les marchés d’animaux sauvages. Il convient également de mettre fin aux élevages intensifs, et bien entendu, il faut urgemment cesser la destruction de la biodiversité et des écosystèmes. Ceci implique de repenser tout, de A à Z. »



    * Tracking : « Si nous savons en rester maîtres, la technologie peut nous aider à redevenir en tous domaines créateurs, artisans, artistes (…) Grâce à une application dédié à la COVID-19, un gouvernement peut connaître les moindres détails de notre vie privée (notre emploi du temps, nos lieux favoris, nos fréquentations professionnelles, amicales ou amoureuses, nos préférences politiques, notre éventuel activisme contre ce gouvernement, et ainsi de suite). L’utilisation des données recueillies est donc un enjeu majeur.
    4 min
  • Droit à l’eau : la “vague verte” peut amener des avancées
    Cela fait 10 ans que l'ONU a reconnu que le droit à l'eau était un droit essentiel à la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme.

    Combat majeur de la Fondation France libertés, ce droit à l'eau n'est pas encore pleinement effectif. Mais le contexte politique peut peut-être y contribuer.

    * Avec Marion Veber, responsable des programmes à la Fondation France Libertés

    On a évoqué la semaine dernière la genèse de cette reconnaissance du droit à l'eau, et de son accès pour tous. Il faut aussi rappeler le combat de la Fondation sur l'interdiction des coupures d'eau en France.
    "En France, il est interdit de couper l'eau aux foyers, même si la facture d'eau n'a pas été payée. C'est au regard de la dignité humaine. Sans eau, on n'est plus du tout dans la vie, mais dans la survie. On a des questions d'hygiène et de santé qui vont se poser. Nous avons mené un grand nombre de batailles juridiques devant les tribunaux, que nous avons tous gagnés y compris au Conseil constitutionnel. C'était une bataille pour souligner le folie qu'il y a derrière cette question du droit à l'eau. Aujourd'hui, de plus en plus de droits humains sont conditionnés à la capacité de payer. J'ai droit à l'eau si je peux payer ma facture d'eau. J'ai droit à la santé si je peux payer mon hôpital. Encore qu'en France on est plutôt bien lotis. Mais il y a quand même une tendance à ce que ces droits humains soient conditionnés à cette capacité de payer. On considère que l'eau a un prix et que c'est au citoyen de la payer. On pourrait tout à fait être dans une autre démarche. Certains territoires, certaines villes, sont dans cette démarche où c'est la collectivité qui prend en charge les litres d'eau qui correspondent vraiment aux droits humains, aux besoins vitaux. Ensuite, la facture s'applique aux besoins qui sont de l'ordre du confort. Derrière ce combat des coupures d'eau, c'était de souligner l'absurdité de couper l'eau à des personnes au regard de leur situation économique. Aujourd'hui nous avons une campagne "L'eau est un droit" que l'on mène avec 30 associations en France en lien avec les municipales pour rappeler le pouvoir des villes qui peuvent impulser des concrétisations du droit à l'eau à échelle du territoire. En France, plus d'un million de personnes n'a pas accès à l'eau de manière permanente et correcte."
    Ce droit à l'eau est encore à améliorer. Mais depuis 2017, le sujet est un peu tombé aux oubliettes. Où en est-on ?
    Le sujet est tombé au point mort. Cependant, avec le coronavirus, il y a une possibilité de reprendre conscience de l'importance de l'eau. On a vu qu'il y a un lien entre l'eau et la santé. Comment lutter contre un virus quand on ne peut pas se laver les mains, quand on ne dispose pas d'une eau propre ? Cela fait aussi appel à cette question des inégalités en France. L'outremer était d'ailleurs extrêmement mal lotie de ce point de vue-là. Il y a probablement une possibilité de remettre à l'ordre du jour ce type de question et de requestionner la place des droits humains dans nos sociétés et de comment ils peuvent se concrétiser en dehors de toute logique marchande."
    Sortir l'eau de la logique marchande
    On sort d'une longue campagne électorale. Les municipales ont vu l'essor de gouvernances vertes, ou d'exécutifs plus "citoyens". Est-ce que c'est une force pour porter cette question de l'eau pour tous au-devant de la scène ?
    "C'est très probable. On le voit dans les programmes et les discours des Verts. Il y a beaucoup de projets liés à la revégétalisation des villes. Qui dit revégétalisation des villes, dit un cycle de l'eau qui se porte mieux. Le cycle de l'eau est intimement lié à la végétation. Cela peut être une première approche de l'eau d'un point de vue environnemental et climatique. Il y a aussi une réflexion sur la remunicipalisation de l'e...
    7 min
  • “Au nom du Requin” : cohabitation ou extermination ? – Episode 3 –
    Le film « Au nom du requin » tourné au Mexique, réalisé par Jean-François BARTHOD, avec Steven SURINA et François SARANO pour protagonistes véhicule  un message et une intention : réconcilier les hommes et les requins.  Alors que le film, qui montre des requins  bouledogues  présents et  en paix  à 800 m du tourisme de masse,  n’aborde pas la polémique sur les mêmes requins bouledogue pourchassés à la réunion en raison des incidents ayant eu lieu,  la  différence de comportement a été abordé  par le public  à l’issue de la projection du film . Des réponses claires apportées par Steven SURINA et François SARANO.Rediffusion.

    Passionnant et à suivre dans une prochaine série de chroniques.

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    8 min
  • Destination vacances et visites insolites à Sénanque : les moines et la bête fabuleuse
     

    En 1148, Notre-Dame de Sénanque fut fondée par des cisterciens venus de l’Abbaye de Mazan, en Vivarais. La construction de l’ensemble dura une centaine d’années. L’église fut le premier édifice à être érigé, puis les habitations provisoires. Aux XIIIe et XIVe siècles, ce fut l’apogée de Sénanque : quatre moulins, sept granges, de nombreuses terres en Provence…

    En 1544, la Guerre des religions fit de nombreux dégâts et, à la Révolution, ce fut la vente comme bien national.

    En 1854, rachat, restauration, réinstallation d’une communauté, mais, en 1903, suite aux lois sur les congrégations, les moines furent expulsés !

    En 1926, reprise de la vie conventuelle pour une quarantaine d’années et en 1969, Sénanque devint un centre culturel !

    En 1988, renouant avec des siècles de tradition cistercienne, une nouvelle communauté de moines réinvestit les lieux pour, en 1998, fêter le 850e anniversaire de la fondation de cet exceptionnel lieu sacré. Ils étaient une dizaine en 2012  et plus que sept en 2019. Les légumes issus du potager de l’abbaye sont leur principale source de nourriture.

    Aujourd’hui, ils consacrent une partie de leur labeur à la visite de l’abbaye, à la librairie religieuse, à la culture du lavandin, à la vente de miel, d’essence de lavandin, de produits provenant d’autres abbayes…

    L’édifice du XIIe siècle est encore utilisé par les moines : église abbatiale, cloître, dortoir, chauffoir et salle du chapitre. Dans cette salle se prenaient des décisions, s’effectuaient les prises d’habits, les professions monastiques, l’élection de l’abbé…

    Les moines s’asseyaient sur des gradins, l’abbé au centre faisait face à la « Tarasque » et pouvait parler sans élever la voix tant l’acoustique y était de qualité grâce aux six croisées d’ogives. C’était la seule pièce où il était autorisé de parler.

    Mais qui était la « Tarasque » ?

    Vieilles pierres et lavande cohabitent dans un cadre plein de sérénité à Sénanque (Photo Pierre Guelff)

    La « Tarasque » était une bête faramineuse comparable à la vouivre ou au dragon. Cet animal fabuleux a été décrit par Jacques de Voragine au XIIIe siècle dans sa célèbre « Légende dorée » :

    « Il y avait, à cette époque, sur les rives du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu’un bœuf, plus long qu’un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes, qui était armé de chaque côté de deux boucliers ; il se cachait dans le fleuve d’où il ôtait la vie à tous les passants et submergeait les navires. »

    Sainte Marthe et la Tarasque, enluminure du XVe siècle (Document Wikipedia)

    Comme le « Baphomet » des Templiers, la présence de la « Tarasque » à l’Abbaye de Sénanque n’était certainement pas à prendre comme un signe d’idolâtrie, mais comme un « concept » qu’il fallait combattre, voire à ne pas imiter.



     

     

     

     

     

     

     
    3 min

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