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Fréquence Terre episodes

  • La vie, l’amour, tout de suite !
    La vie, l’amour, tout de suite, c’est Julie Briant qui le clame et qui le réalise.

    Elle a 15 ans lorsque son pneumologue pédiatre lui parle seul à seul pour la mettre en garde « être enceinte » sera très très compliqué( soyons honnête, il voulait  lui suggérer que cela ne sera vraisemblablement pas possible). Mais Julie est  une adolescente quelque peu rebelle, peut-être même un peu bornée et au final, si l’on est réaliste, en position de déni face à sa maladie génétique, maladie qui peut  se montrer fort invalidante : la mucoviscidose.

    Julie raconte qu’à l’école ou vis-à-vis des  copains, elle est dans le mensonge pas pour la frime, non, pour tout simplement vivre normalement. Elle ne parle pas de ses traitements continus ni des séances de kinésithérapie indispensables.

    Elle proclame « je ne veux pas que la vie se passe sans moi » or la mucoviscidose lui vole son rêve social, lui vole son rêve de créer une famille.  Mais Cupidon va passer par là et sa  rencontre amoureuse  avec Ludovic va lui donner des ailes et surtout va lui permettre de devenir une toute jeune maman à l’âge de 16 ans.

    Malgré tout  la mucoviscidose lui a volé beaucoup de rêves, mais Julie a toujours toutes sortes de projets en gestation, et  elle  poursuit sa route avec courage, volonté et force.

    Bien qu’étant souvent  épuisée, voir même « lessivée » comme elle le dit elle-même,  Julie  partage sa belle énergie, ses expériences, ses espoirs, sur différents réseaux sociaux. En effet, elle a découvert une sorte de vide sur le net (la toile ) autour du thème « maman et maladie ». Aujourd’hui dialoguer avec les internautes est devenu une passion et c’est aussi une façon pour elle d’être dans la vie active, d’être une personne qui contribue à une société meilleure.

    Le récit de Julie Briant est écrit avec la collaboration de Catherine Siguret à qui je souhaite remettre une mention spéciale. La lecture de l’ouvrage est tout simplement passionnante.   Le lecteur tourne les pages du livre édité chez Albin Michel  avec la même avidité que lorsque vous rencontrer une personne avec laquelle vous vous sentez en symbiose.    Julie ouvre grand son cœur et le lecteur tombe en amitié avec elle. Bien que le thème de la maladie ne soit pas à l’avant-plan, l’impuissance ressentie par Julie au cours de diverses épreuves médicales est décrite avant tout avec ce « besoin de vivre pressée ».

    Sur la porte d’entrée de la maison de Julie, je ne serais pas surprise de lire ces  fortes convictions : « Avec l’amour, on peut tout vivre et tout espérer ».

     

     
    4 min
  • Tout est possible ! La liberté ne s’écrit pas avec leur déconfinement…
    Ne soyons pas dupes ! La monnaie citoyenne ou monnaie locale ne remplacera jamais l’euro, le dollar, le yuan, le rouble, le pétrodollar, la puissante tentative de suppression du cash au profit du système sophistiqué de financement imaginé et géré par Bill Gates, Microsoft, un consortium d’intérêts financiers faramineux avec Visa, Mastercard, Citibank, le Fonds monétaire international, le Trésor américain…

    Cependant, tout est bon pour mettre un grain de citoyenneté dans leur machine bien huilée à broyer notre vie privée jusqu’à déceler la couleur de notre slip et appeler notre progéniture par un code au lieu d’un prénom, comme vient de le faire le multimilliardaire Elon Musk, fan d’intelligence artificielle et de 5G, qui a surnommé en mai dernier son dernier fils XE-E A-XII !

    Leur fallacieuse théorie de la consommation à outrance, leur seule ambition existentielle en l’augmentation démesurée de l’actionnariat, leur injure permanente à l’environnement, leur mépris au bien-être des gens, même celui de leurs proches, tout ça c’est à nouveau enclenché après les  deux à quatre mois de relative accalmie covidurienne.

    À vrai dire, ils fourbissaient leurs armes en nous leurrant avec des discours aussi paternalistes qu’hypocrites.

    Mais, car il y a un mais : une petite action citoyenne par ci, une petite action citoyenne par là, tels la monnaie locale, un potager collectif, une épicerie bio participative, une mobilité partagée…, tout cela tisse une grande toile de solidarité qui, de plus, conscientise davantage de personnes de manière concrète, loin des grands discours.

    Et, visiblement, cela n’agrée guère les décideurs omnipotents et leurs acolytes politiciens, ceux qui poussent à la consommation au profit de multinationales tentaculaires.

    D’abord, ils minimisent l’impact de la citoyenneté active, ensuite ils raillent celle-ci, s’en moquent à travers des médias qu’ils dirigent, les méprisent du haut de leur arrogance et, preuve que cela ne les laisse pas insensible à long terme et que cela les contrarient, ils brandissent des lois, des interdictions, des menaces…

    Ensuite, ils n’apprécient pas du tout quand le mouvement citoyen leur réplique que « ce qui est légal n’est pas obligatoirement légitime et que la conscience prime sur le fric » !

    Car, revenons-en à la monnaie locale ou régionale qui, certes, est pipi de sansonnet à côté de leur système boursier, de leurs paradis fiscaux protégés par la pratique du copinage, des impôts éludés, du matraquage systématique en faveur de l’économie multinationale et de l’hyper-libéralisme, cette monnaie citoyenne aux concepts d’économie locale durable et solidaire, de finance éthique, de confiance mutuelle, d’économie de transition respectueuse des êtres et de l’environnement pourrait bien, à long terme, avec ses chèques commerces, ses chèques relance, cette activité déjà soutenue par des dizaines de milliers de commerçants…, prendre de l’envergure.

    Il y a cinquante ans, personne n’aurait osé miser un cent sur la monnaie unique européenne qui, aujourd’hui est d’application dans dix-neuf pays du Vieux Continent

    Comme le dit le regretté Cabu, « l’utopie, ce n’est pas ce qui est irréalisable, mais ce qui est irréalisé » et cela est valable pour tout un chacun des citoyens, que s’on appelle Pierre, Maria, Paul, Jacqueline, Dolores, Mohamed ou XE-E A-XII !

    5 min
  • “Au nom du Requin” : un film et une ambition avec une suite? – Episode 2
    Le film « Au nom du requin » tourné au Mexique, réalisé par Jean-François BARTHOD, avec Steven SURINA et François SARANO pour protagonistes véhicule  un message et une intention : réconcilier les hommes et les requins.  Au-delà de ce documentaire , y-aura-t-il des conséquences, une suite ? A découvrir avec Steven SURINA interviewé au salon de la Plongée . Rediffusion.

    Passionnant et à suivre dans une prochaine série de chroniques.

    www.longitude181.org
    7 min
  • Pour quelques bulles de bonheur de Anne Michel
    Pour quelques bulles de bonheur - Anne Michel / Editions Presses de la Cité

    Pour quelques bulles de bonheur est ce qu’on appelle un roman Feel Good, le genre de roman à lire en toute légèreté, par exemple en bordure de plage ou de piscine, un cocktail à la main, pendant les vacances d’été.

    Il est vrai qu’il s’agit bien ici d’une petite tranche de vie, mettant en parallèle la vie de deux amies perdues de vue pendant leurs études, qui se retrouvent des années plus tard grâce aux réseaux sociaux. Pourtant, les thèmes abordés ne sont pas du tout Feel Good…

    Dès le début du récit, nous assistons à une scène d’accident de voiture, qui sera fatale pour les parents de Sabrina, alors adolescente. En quelques pages, on survole la suite de son malheur, son séjour en hôpital psychiatrique, son retour au lycée, le soutien de son amie Capucine.

    Après cela, l’auteur nous emmène immédiatement une vingtaine d’années plus tard, et nous apprenons que les deux amies ne se sont pas revues depuis lors, ne vivant plus dans le même pays. Tandis que Sabrina vit à Toulon, en prétendant se contenter de la compagnie de son chien et de son chat, et travaille comme serveuse dans un restaurant, Capucine quant à elle vit à Stockholm, avec son mari suédois et leurs trois magnifiques enfants, et est devenue illustratrice.

    Le personnage de Sabrina m’a semblé être quelque peu bâclé, alors que l’horreur qu’elle a vécue à l’adolescence aurait pu constituer une mine d’or pour créer une personnalité à part entière. C’est pourtant l’histoire de Capucine qui prend le dessus, de par sa réussite professionnelle et familiale, et puis évidemment par sa tragédie, son cancer du sein.

    On découvre avec elle la suspicion, les examens, les résultats, le choc qui tombe. Et puis l’opération, l’ablation d’un sein, la chimiothérapie, la radiothérapie, les problèmes que tout cela provoque au sein d’une famille, d’un couple. Tout y passe. D’ailleurs, tout cela est tellement bien décrit que c’en est assez difficile à encaisser.

    Parallèlement à cette histoire, la vie de Sabrina paraît vraiment simple et gentillette, alors qu’elle a son propre lot de cicatrices, certes émotionnelles, mais qui sont du coup reléguées au second plan.

    D’un autre côté, cette légèreté-là est presque nécessaire pour que le roman ne tombe pas dans le drame total et que l’on puisse souffler et sourire de temps en temps, et c’est plutôt bien joué de la part de l’auteur.

    Ne vous attendez pas, à la lecture de ce roman, à un grand retournement de situation, rien de ce genre. Parfois, juste une tranche de vie comme celle-ci fait du bien à lire, sans sombrer pour autant dans la facilité.

    Anne Michel – qui partage quelques traits avec le personnage de Sabrina – est l’auteur de Pour quelques bulles de bonheur. Il s’agit de son deuxième roman, paru aux éditions Presses de la Cité.

     

    Julie Tielemans pour Fréquence Terre
    3 min
  • POURQUOI POURSUIVRE L’ABATTAGE INUTILE DES REQUINS ?
    Arrêtons le massacre ! Arrêtons le massacre des requins !  il s’agit ici du massacre des requins ,  de l’abattage  fait en pêche punitive chez nous,  en Outre-Mer, à La Réunion ou en Nouvelle Calédonie.

    Une Nouvelle-Calédonie triomphante  qui vient d’annoncer le 18 juin 2020 que les autorités locales avaient capturé deux requins tigre suite à la découverte du cadavre d’un véliplanchiste disparu, qui portait des traces de morsures de cette espèce.

    Comment faire autrement ? Eric CLUA, directeur de recherche au CRIOBE, spécialiste des requins, qui propose une alternative que vous pourrez apprécier à l’écoute de cette chronique.

    D.KRUPKA

     références:

    * https://www.lnc.nc/breve/deux-requins-tigres-preleves-a-noumea
    * Clua E.E.G, Linnell J.D.C., Planes S. and C.G. Meyer (2020). Selective removal of problem individuals as an environmentally responsible approach for managing shark bites on humans. Journal of Ocean and Coastal Management. 194 (2020) 105266. https://doi.org/10.1016/j.ocecoaman.2020.105266
    7 min
  • Tout est dit ! Trois choses démontrées par le confinement…
    Je lis dans Charlie Hebdo de ce 25 juin 2020 ces lignes : « Quand on ment à ce point aux citoyens, le mince fil d’Ariane qui relie encore le pouvoir à la légitimité populaire risque de se rompre. »

    Et, dans un article de Jacques Littauer, sous le titre : « À quoi servent les patrons ? » : «Être soumis au travail conduit à être soumis dans l’espace politique. »

    Il établit un constat en trois points : « Le confinement aura démontré trois choses. Un : notre économie s’effondre dès qu’elle cesse de vendre des trucs inutiles à des gens surendettés. Deux : il est parfaitement possible de réduire fortement la pollution. Trois : les personnes les moins bien payées du pays sont les plus essentielles à son fonctionnement. »

    Dans le même contexte, Charlie Hebdo dit encore que « de nombreux ‘‘cadres’’ se sont rendu compte que tout tournait mieux sans eux, et qu’ils étaient à la merci, pour leurs besoins quotidiens, de personnes à qui ils n’accordent guère de considération en temps normal : caissiers, livreurs, éboueurs. »

    Mais, la machine néo-libérale s’est remise en route, et avec nos confrères, nous pourrons chanter, sur fond de l’Internationale : « Groupons-nous et demain l’actionnariat sera le genre humain », est-il annoncé sur trois pages  dont la « France, c’est la privatisation finale » et d’expliquer que la politique du gouvernement français (mais cela se remarque aussi dans maints pays aux mains des néo-libéraux et du grand capital), veut envoyer les services publics au musée !
    3 min
  • Terre de Sons #13 - Melingo
    En 1957, à Parque Patricios, naît Daniel Melingo. C'est dans ce quartier de Buenos Aires qu'il apprend la clarinette et la composition. Depuis, il a vécu plusieurs vies, chanté au son de différents styles. Il est revenu, il y a quelques semaines avec un disque merveilleux, refermant magnifiquement une trilogie poétique autour du personnage de Linyera. Le disque se nomme Oasis, il est l'objet de cette nouvelle chronique.

    Liens utiles :

    Page de Daniel Melingo

    Site Internet de Daniel Melingo

    Site Internet de Buda Musique

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    A la recherche de sons nouveaux, perdus, enfouis, poussiéreux ou trop vite oubliés. Terre de Sons vous propose une sélection de morceaux, d’ici ou d’ailleurs, connus ou moins connus, d’hier, d’avant-hier, d’aujourd’hui et de demain.

    Terre De Sons est une chronique musicale proposée par le blog Les Sens Du Son.
    6 min
  • Demain l’actionnariat sera le genre humain  (L’Internationale 2020)
    Cette chronique se veut la poursuite de la série consacrée à  Combat, l’ouvrage de 760 pages reprenant les éditoriaux d’Albert Camus en cette période de 1944 à 1945, quand « on entend dans ces textes la voix passionnée d’un écrivain dans l’histoire, épris de justice, de liberté et de vérité » et, même si comparaison n’est pas raison, quelques extraits du récent Charlie Hebdo du 25 juin 2020 qui corroborent ce que Camus écrivit : « Les discours ne suffisent pas, si l’on s’adresse à des ventres vides et des cœurs amers. Il faut des exemples. Et l’on peut tout demander alors à un peuple qu’on a placé dans la justice. »

    Et d’ajouter : « On peut ce que l’on veut. Notre monde, demain, sera ce que nous voudrons qu’il soit (…) La République que nous voulons créer suppose des ministres et des députés qui voudront bien considérer que tout ne se termine pas avec le portefeuille ou le mandat. »

    Quelque soixante-seize ans plus tard, je lis dans Charlie Hebdo ces lignes : « Quand on ment à ce point aux citoyens, le mince fil d’Ariane qui relie encore le pouvoir à la légitimité populaire risque de se rompre. »

    Et, encore, ce constat en trois points : « Le confinement aura démontré trois choses. Un : notre économie s’effondre dès qu’elle cesse de vendre des trucs inutiles à des gens surendettés. Deux : il est parfaitement possible de réduire fortement la pollution. Trois : les personnes les moins bien payées du pays sont les plus essentielles à son fonctionnement. »

    Dans le même contexte, Charlie Hebdo dit encore que « de nombreux ‘‘cadres’’ se sont rendu compte que tout tournait mieux sans eux, et qu’ils étaient à la merci, pour leurs besoins quotidiens, de personnes à qui ils n’accordent guère de considération en temps normal : caissiers, livreurs, éboueurs. »

    Mais, la machine néo-libérale s’est remise en route, et avec nos confrères, nous pourrons chanter, sur fond de l’Internationale : « Groupons-nous et demain l’actionnariat sera le genre humain » !

    3 min
  • Le sommeil, cet espace précieux
    Le sommeil concerne tout le monde, néanmoins environ un adulte sur trois se plaint de manque de sommeil et la consommation de traitement pharmaceutique a explosé ces trente dernières années. Dormir est devenu un problème de société.

    En réalité le sommeil est très mal compris et Darian Leader, auteur de l’ouvrage « Pourquoi nous ne dormons pas » aux éditions Albin Michel  explore finement la question sous différents axes.

    Tout d’abord d’un point de vue historique, la science du sommeil émerge à la fin du 19e siècle. La découverte de l’électroencéphalogramme a permis de mesurer l’activité électrique du cerveau et ainsi de distinguer plusieurs phases d’activités neuronales au cours du sommeil, dont les rêves bien évidemment. Ensuite vers les années 80, la recherche s’est concentrée sur une dimension purement physique telle que l’apnée nocturne, l’horloge biologique etc. Et aujourd’hui, il y aurait plus de soixante -dix troubles du sommeil.

    Dans cet ouvrage, la question du sommeil est aussi observée sous l’angle économique, sociologique, psychologique et est judicieusement analysée par l’auteur. De nombreuses idées reçues sont quelque peu secouées par lui et apportent un éclairage nouveau sur une question qui nous concerne tous.

    Darian Leader a clairement une approche centrée sur l’écoute, mais il n’existe aucun instrument pour mesurer le temps subjectif, qui est par définition le temps que nous éprouvons. Or, c’est justement le temps subjectif qui importe pour une personne qui souffre d’un trouble du sommeil.

    Aujourd’hui, notre environnement sociétal insiste sur la notion de performance, il y a des injonctions permanentes à optimiser nos corps. Et il y a un paradoxe énorme entre le fait que l’insomnie chez l’adulte relève en général de facteurs multiples et une société qui privilégie des approches normatives.  Darian Leader souligne d’ailleurs le côté inconciliable entre habiter un monde du commerce et de l’information qui ne dort jamais et l’obligation d’avoir le bon nombre d’heures de sommeil. Il ajoute que choisir entre le social et le biologique pour penser le sommeil, c’est passer à côté de la question, les deux ne pouvant pas être séparés.

    Parce que dormir est devenu un réel problème de société, et parce que s’endormir est une affaire personnelle ; il est essentiel que chacun réfléchisse à la place qu’occupe le sommeil dans sa vie.

    Darian Leader est psychanalyste à Londres. Après ses études de philosophie à Cambridge, il a passé dix ans à Paris pour se former à la psychanalyse. Il a publié chez Albin Michel, en 2014, Bipolaire, vraiment ? et Mains en 2017.

    Photo: libre de droit
    4 min
  • Coronavirus : “Une menace supplémentaire” pour les peuples autochtones
    Avec la pandémie de coronavirus, les peuples autochtones deviennent encore plus vulnérables. Accès au soin difficiles, conditions de vie plus précaires, projets extractivismes qui reprennent de la vigueur, pollutions, leur fragilité s'accentue. Pourtant, des mobilisations existent et les populations parviennent à s'organiser.

    * Avec Marion Veber, responsable de programmes à la Fondation France Libertés

    On a vu la semaine dernière que les peuples autochtones étaient fragilisés par la crise du Covid-19. Il y a un autre effet collatéral à cette pandémie : les projets extractivistes profitent de l'aubaine pour reprendre ou s'étendre.

    © France Libertés
    "Oui, on peut dire ça malheureusement. Il y a eu de nombreux appels d'autochtones pour dénoncer le fait que certaines exploitations reprenaient de plus belle comme les projets illégaux, l'orpaillage illégal, notamment au Brésil ou en Guyane. L'attention était focalisée sur le coronavirus et beaucoup moins sur leurs activités. Au début de la pandémie, il y avait énormément d'appels et de messages d'autochtones expliquant que tel fleuve était de plus en plus pollué, ce qui dénotait une augmentation de l'orpaillage illégal. Il y a aussi les projets légaux, toutes ces entreprises multinationales qui continuent à chercher à amoindrir les normes environnementales pour pourvoir mieux extraire, avec moins de contraintes."
    "Certains Etats ont lancé des travaux en pleine pandémie"
    "Clairement, c'est une menace supplémentaire. La difficulté est que les autochtones ne peuvent pas lutter aussi bien qu'ils le faisaient auparavant, puisque les rassemblements sont compliqués. Et surtout, l'attention est focalisée sur la santé de leur peuples avec des disparitions inquiétantes des aînés notamment. Et quand un aîné décède, c'est aussi une partie de la culture et des savoirs qui potentiellement peut être mis en danger. C'est une vraie menace."
    Pour faire face à leur isolement, les peuples autochtones se sont organisés… en faisant appel à leurs pratiques ancestrales pour se protéger.
    "Une des mesures les plus classiques qui a été prise par différents peuples un peu partout sur la planète, c'est de fermer les villages autochtones, de barrer l'accès, pour réguler les flux et tenter de gérer tant bien que mal cette situation. On a eu aussi beaucoup d'autochtones, qui vivaient en ville, qui ont cherché à revenir sur leur territoire natal, parce que c'est perçu comme une façon de se protéger. Il y a cette idée que ce serait moins dangereux que la ville où cela grouille de personnes. Les interventions radios se sont multipliées, comme les portes-à-portes, pour diffuser les consignes sanitaires. C'est extrêmement important que ces consignes soient diffusées dans leur langue. Certains peuples ont mis en place leur systèmes traditionnels liés à la santé, avec l'utilisation de plantes, pour lutter contre des effets de la maladie. Il y a par exemple l'ancienne rapporteuse spéciale de l'Onu, Victoria Tauli Corpuz du peuple Kankana-ey Igorot aux Philippines, qui a expliqué que, dès que la pandémie s'est déclarée, son peuple a mis en place une manière traditionnelle de verrouiller les communautés. Les gens vivent dans le village, et ensuite il y a de la solidarité, de l'entraide qui s'organise en fonction des villages qui sont le plus en difficulté. Ça ne suffit pas parce qu'il y a un grand besoin d'appui et de dénonciation de certaines politiques d'Etat."
    Au Brésil, "un risque de génocide"
    Face à ces tragédies annoncées, des mobilisations s'organisent, notamment avec une campagne qui a été lancée pour alerter sur la catastrophe en cours au Brésil.
    "C'est
    6 min

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