Fréquence Terre

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Fréquence Terre episodes

  • Mettre sa vie sociale entre parenthèses …..le phénomène « hikikomori »
    Bien avant le confinement imposé  par  la pandémie du covid-19, il était déjà question d’isolement pour certaines personnes. Ce  phénomène appelé « hikikomori » se répand partout dans le monde ; ce sont des adulescents, c’est-à-dire des adolescents quasi adultes qui se cloîtrent dans leur chambre pendant des mois voire, des années. On parle alors de décrochage scolaire, de burn-out, de phobie sociale, de refus d’un « moule » que la société leur impose, de dépression, etc. Et chaque année des centaines de personnes font le choix de mettre leur vie sociale entre parenthèses.

    Mais pourquoi se mettre  en retrait ? Selon certaines études récentes, le fait d’être hikikomori s’apparente à une « conduite » et non à une pathologie. Et contrairement aux idées reçues, les jeux vidéo ne sont pas la cause de leur enfermement mais serait plutôt un moyen d’occuper leurs  journées. En réalité, internet permet de réduire le besoin de communication avec de vraies personnes. De plus tous les services de livraison à domicile permettent  ce retrait du monde réel.

    La dureté du monde travail, l’intense pression scolaire, le harcèlement sur les réseaux sociaux seraient des éléments moteurs. D’autre part, certains enfants « rois », surprotégés par les parents décident de s’enfermer dans leur chambre par peur du monde extérieur. Bien qu’il soit difficile de savoir ce qui se passe dans la tête d’un « hikikomori » et de connaître la cause de cet énorme mal-être, tous vivent avec l’idée qu’ils n’ont aucune chance d’avoir une place épanouissante dans la société. C’est le rien qui prédomine,  pas de préoccupation pour l’avenir, pas de projet, pas d’envie.

    Problème supplémentaire, les familles mettent en général beaucoup de temps avant de demander de l’aide et souvent les adolescents cloîtrés n’ont pas conscience du caractère anormal de leur conduite. Alors, les visites à domicile d’un psychothérapeute avec l’accord de la famille sont souvent le seul moyen d’entrer en contact avec ces adolescents. Bien que les «  hikikomori » finissent toujours par sortir de leur enfermement  car ils finissent par ressentir un besoin de contacts avec l’extérieur,  la réadaptation est délicate car il est fort complexe pour eux de s’acclimater aux règles de vie en communauté. À savoir aussi que le retrait social fonctionne un peu comme  une addiction, il faut donc être vigilant aux rechutes possibles.

    Se retrancher chez soi et ne plus prendre part à la société afin de se protéger des hostilités extérieures est vécu évidemment avec certaines souffrances.

    Mais de en plus de jeunes adultes font un choix en conscience de vivre avec moins de biens matériels,  d’être plus en contact avec la nature,  d’attribuer du temps à la créativité, aux relations humaines. Moins de confort de vie et plus de qualité de vie ; une sorte de slow révolution.

    Source : Elle Belgique magazine n°196

     

     
    4 min
  • Virus ou la mort des oiseaux
    Bien sûr, il va y avoir pléthore d’ouvrages consacrés au COVID-19, des essais scientifiques, des témoignages de soignants et de malades, de politiciens qui, la main sur le cœur, déclareront qu’ils ont « tout fait » pour enrayer le fléau, omettant de spécifier qu’ils avaient voté la réduction drastique du budget de la Santé et le démantèlement des hôpitaux du service public.

    Cependant, s’il y a un livre à lire c’est Virus ou la mort des oiseaux de Dominique Persoons paru aux Éditions Deville. Pourquoi cet ouvrage-là ? Pour deux raisons majeures : parce qu’il a été écrit par un scientifique, plus précisément un chirurgien d’un hôpital public de Lorraine, ensuite parce qu’il recèle une particularité exceptionnelle.

    Les 240 pages livrent une description insoupçonnée du commun des mortels, une description quasi chirurgicale, si j’ose dire, d’un récit aussi poignant que révélateur.

    Le vocabulaire est à présent bien connu sur toute la planète : grippe contagieuse, dysfonctionnement, peur collective, chiffres des décès, interventions de ministres au JT de 20 heures, dont une excellence, ancienne lobbyiste d’une société pharmaceutique « véritable empire mondial qui règne sur le marché des antibiotiques et des compléments nutritionnels », précise l’auteur.

    Le cas d’Armelle, 30 ans, en maison de cure, y est développé, celui de Sophie, infirmière, hospitalisée en pneumologie, la radiographie montrant ses poumons dans un piteux état, son cerveau l’est tout autant.

    L’Est est sévèrement touché, on évoque une procédure Ebola, les soins intensifs sont débordés, les directives officielles sont contradictoires, la pandémie menace le monde car aucun médicament ne semble contrecarrer ce virus foudroyant « dix mille fois plus petit qu’un cheveu », commente Dominique Persoons.

    Tout cela nous est connu, archi-connu, me direz-vous. Sauf, que ce livre est un roman, une fiction écrite en 2017, trois ans avant le COVID-19, donc. Un roman prémonitoire et qui, autre particularité, pousse à une réflexion profonde, essentielle, vitale, sur notre société : « Les hommes ont cessé d’écouter la Nature. Ils ont inventé le management qui est une pure violence. Dorénavant, rien ne pourra plus être fait qui ne soit en accord avec la Nature… »

    Je peux aisément dire qu’avec Virus ou la mort des oiseaux, ceux qui, dans cette fiction transmirent le virus à l’être humain, le pangolin de 2017 en somme, toute ressemblance avec la situation actuelle n’est pas du tout fortuite !

    4 min
  • Louise des Ombrages de Yves Viollier
    Louise des Ombrages - Yves Viollier / Editions Presses de la Cité.

    Louise des Ombrages… C’est l’histoire, imaginée par Yves Viollier, de la courte vie de Marie Renard, une peintre vendéenne retrouvée morte par suicide aux côtés de son père, en 1936.

    Marie Renard est alors renommée Louise Bernard. Et l’immersion est frontale, dès les premières pages ; les cadavres de Louise et de son père Athanase sont retrouvés dans leur propriété des Ombrages, main dans la main.

    Ils ont décidé de mettre un terme à leurs vies, s’asphyxiant à l’oxyde de carbone, en prenant soin de calfeutrer les portes et les fenêtres, et sont désormais unis pour l’éternité.

    C’est à partir de cet événement que nous découvrons leur histoire, de la rencontre entre Athanase et Adrienne au tout début des années 1900, jusqu’à la fin tragique de cette famille, à peine trente ans plus tard.

    Le choix du prénom du père n’est évidemment pas anodin. Pourtant, la Mort est très présente tout au long du récit, qu’il s’agisse des fausses couches d’Adrienne avant la naissance de Louise, des décès dans la famille, ou les autres, liés à la guerre ou à la peste espagnole.

    La Vie, quant à elle, est montrée à travers Louise, la combattante. Alors que son père est parti à la guerre, Louise grandit avec sa mère et ses grands-parents aux Ombrages, avec toujours cette attente, impatiente, du retour d’Athanase.

    Le talent de la jeune fille pour le dessin est très vite décelé par un artiste, qui s’occupera en partie de son éducation. Elle cumulera alors la peinture à son travail dans les marais, pour venir en aide à sa famille.

    Les malheurs s’enchaînent même après la fin de la guerre. Louise accouche d’un petit garçon, de père inconnu, et être une fille-mère à cette époque est plutôt scandaleux.

    Le double suicide n’arrangera rien. Le père et la fille n’auront pas droit à l’Eglise, ni à un enterrement digne de ce nom. Ils devront passer par la petite porte du cimetière, les cercueils hissés par-dessus un mur d’enceinte. Et les proches subiront la même humiliation.

    Les rumeurs vont d’ailleurs bon train quant à ce choix de mort, et la raison restera un mystère jusqu’à la toute fin du roman.

    Et, pour ma part, ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai vraiment compris l’intérêt de cette histoire. J’ai sans doute été trompée par les premières pages, qui laissent penser à une possible intrigue policière.

    Hors, il n’en est rien. Le récit ne fait que dépeindre, de manière assez pudique, la vie et surtout les liens de tous ces personnages, sans jamais tomber dans la facilité.

    Il n’y a ici aucun voyeurisme, aucun épanchement, tout semble relaté plus que raconté, même la mort, pourtant dramatique.

    On imagine très bien la quantité d’informations recueillies afin de créer cette histoire, tant les conditions de vie et de mort du début du vingtième siècle, dans cette région surnommée la Venise Verte, sont bien décrites.

     

    Yves Viollier, originaire de Vendée, est l’auteur, prolifique, d’une trentaine de romans, dont plusieurs nous démontrent son amour de certains territoires de France.

    Il désirait redonner vie à Marie Renard, et c’est un pari plus que réussi avec Louise des Ombrages, paru aux éditions Presses de la Cité.

     

    Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

    4 min
  • 10 ans après, le droit à l’eau n’est pas encore effectif
    Le droit à l'eau a 10 ans. Le 28 juillet 2010, les Nations Unies reconnaissaient que "le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme".

    Mais 10 ans après, ce droit fondamental reconnu par l'ONU n'est pas encore un droit pour tous.

    * Avec Marion Veber, responsable des programmes à la Fondation France Libertés

    La Fondation, sous l'impulsion de Danielle Mitterrand, a très tôt milité pour la reconnaissance de ce droit à l'eau. Qu'est-ce qui a conduit à ce que l'ONU s'empare de cette question ?
    "Il y a eu plusieurs phases. Dans les années 1970-1990, on était plutôt sur une approche liée à l'eau en tant qu'élément naturel, sur des questions environnementales et de développement. Dans les années suivantes, on passe sur une approche droits de l'homme. Si le droit à l'eau est reconnu en 2010, c'est à la suite d'une longue bataille, essentiellement de la société civile, des ONG, des experts, des chercheurs, des militants. Ils cherchaient à ce que ce droit soit reconnu au regard de la puissance qu'il pourrait avoir comme rempart contre la privatisation et la marchandisation de l'eau. Dans les années 1990 et 2000, cela avait fait des ravages dans de nombreux pays, avec une ressource qui était accaparée. Cela produisait des inégalités flagrantes, des gros problèmes d'accès et des pollutions."
    La Fondation France Libertés s'est beaucoup impliqué à l'époque sous l'impulsion de Danielle Mitterrand.
    "Dès les années 2000, nos partenaires sur le terrain, en Amérique latine ou en Afrique, nous font remonter cette question de l'eau à travers différents prismes. D'abord la question de l'accès, avec la difficulté de pouvoir avoir ses besoins essentiels les plus vitaux couverts. Et on a aussi énormément de partenaires qui nous contactent en lien avec leur droit à l'eau qui est violé. Leur eau est polluée ou complètement accaparée, soit par le secteur minier ou pétrolier, soit par l'agriculture intensive. C'est sous ces deux angles qu’on est sollicités et qu'on va produire un grand nombre de déclarations au sein même des Nations unies pour porter le sujet et le mettre à l'agenda. Et on s'est aussi mobilisés en dehors des Nations unies, dans les forums alternatifs de l'eau. Ils ont été imaginés par la société civile pour rassembler les acteurs mobilisés sur ces enjeux, en contrepoids des forums officiels organisés par l'ONU et le secteur privé. C'était clairement avec une approche économique où l'eau était perçue comme une ressource  qu'il fallait gérer de manière rationnelle, utilitariste et avec la logique de marché, donc de prix de l'eau."

    Les enjeux du droit humain à l'eau n'ont pas été résolus
    10 après, ce droit d'accès l'eau pour tous n'est pas encore effectif, loin de là. Il est très disparate selon les pays ?
    "C'est effectivement encore très disparate. Les pays latino-américains, africains, et en Asie, sont en très grande difficulté sur la jouissance de ce droit-là. De nombreuses populations ne sont pas du tout raccordées au service d'eau et d'assainissement. Aujourd'hui, un très grand nombre de personnes est dépendant de l'eau de surface ou de pluie. Qui dit eau de surface ou de pluie, dit qu'il faut une qualité de l'eau et une quantité. Avec le changement climatique et les perturbations environnementales, de plus en plus de gens voient leur source d'eau se tarir ou se polluer. Il y a des inégalité d'accès flagrantes. Finalement, ce droit à l'eau a été proclamé en 2010. Mais aujourd'hui, les enjeux qu'il y avaient derrière cette bataille pour un droit humain à l'eau, n'ont pas été résolus. Ce droit n'a pas remis en question le statut de l'eau, à savoir une vision purement économique. Les acteurs plaidaient pour que l'eau soit perçue pour ce q...
    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : la crème des crèmes à Chantilly


    Situé dans le splendide environnement de la vallée de la Nonette, rivière d’une quarantaine de kilomètres, le Château de Chantilly est, selon l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, « le plus beau mariage qu’aient jamais fait l’art et la nature ». La crème des châteaux, en somme !

    Le château de Chantilly (Photo Pierre Guelff).

    Si le site fut occupé par une forteresse médiévale avec sept tours, les Grandes Écuries, chef-d’œuvre architectural, abritent à présent le Musée vivant du Cheval, alors que le château accueille le Musée Condé et que les jardins sont le fruit de l’admirable création d’André Le Nôtre, le courtisan et ami de Louis XIV.

    Le Domaine de Chantilly, c’est, donc, la deuxième collection de peintures anciennes après Le Louvre, des animations équestres, des activités nautiques, le labyrinthe des Princes, des expositions thématiques et, bien entendu, la dégustation d’une pâtisserie avec une bonne crème fraîche, de la Chantilly, dont l’inventeur marqua l’Histoire et la gastronomie !

    Bossuet (Photo Pierre Guelff)

    La Bruyère (Photo Pierre Guelff)

    Avant de reparler de cette crème, il est bon de préciser aux visiteurs contemporains qu’ils mettent leurs pas dans ceux d’illustres personnages, tels La Fontaine, La Bruyère, le lieu lui inspira « Caractères », œuvre publiée en 1688, Bossuet, Madame de Sévigné et Madame de La Fayette y séjournèrent également, quant à Molière, il y créa « Les précieuses ridicules »… Aujourd’hui, quelque 450.000 visiteurs parcourent le domaine et celui-ci regorge de multiples anecdotes…

     

    L'esplanade (Photo Pierre Guelff)

    … parmi les anecdotes, citons la construction d’un jeu de l’oie géant avec ses cases disposées en spirale et ses stations (pont, puits, prison…), celle d’un grand labyrinthe, d’un Jeu de Paume, d’un jardin anglo-chinois, d’un hameau où village paysan qui inspira la reine Marie-Antoinette…

    Musée du cheval (Photo Pierre Guelff)

    Le château de Chantilly fut confisqué comme bien national à la Révolution, envahi, pillé par des gardes nationaux, utilisé comme prison sous la Terreur, vendu en 1799, démoli pour récupérer des matériaux, seuls le Petit Château et les Grandes Écuries échappèrent à la destruction.

    Henri d’Orléans fit reconstruire un château sur les anciennes fondations, y accumula des collections et légua l’ensemble à l’Institut de France en 1886. Lors de la Première Guerre mondiale, Chantilly fut le quartier général du Maréchal Joffre et le lieu de réunions entre les Alliés.

    Une dernière anecdote : lorsque vous dégustez une pâtisserie à la crème Chantilly, sachez qu’il fut question d’un somptueux repas auquel participait le Roi-Soleil et, selon Madame de Sévigné, le maître d’hôtel était François Vatel, célèbre pâtissier-traiteur, inventeur de ladite crème Chantilly. Ne voyant pas arriver les poissons commandés pour le banquet, il ne supporta pas cet affront et se suicida.

    Outre la gloire avec sa crème, François Vatel passa à la postérité dans la littérature grâce à Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Guillaume Apollinaire, et au cinéma avec Gérard Depardieu dans « Vatel », film d’ouverture à un festival de Cannes. Également, la crème de la littérature et du cinéma !

    À la semaine prochaine !



     

     

     

     
    5 min
  • Bibliothèque vivante : un outil de dialogue
    Dans certains pays, il existe des bibliothèques où vous pouvez ′′ emprunter ′′ une personne plutôt qu'un livre pour écouter l'histoire de sa vie.

    Ce principe de bibliothèque vivante se veut être un outil qui s’inscrit dans un esprit de pluralisme, de mixité sociale et culturelle. Cet outil  vise à favoriser une véritable rencontre et favorise aussi la réflexion autour de stéréotypes qui affectent trop souvent le rapport à l’autre. Le but est de promouvoir le dialogue, réduire les préjugés, casser les stéréotypes et favoriser la compréhension entre les personnes de différents âges, sexe, styles de vie, etc.

    Une bibliothèque vivante fonctionne comme une bibliothèque classique. Le lecteur a accès à un catalogue de livres qui peuvent être empruntés pour une durée limitée et dans ce cas-ci les livres sont des personnes en chair et en os. Ces personnes ont été confrontées à des préjugés et elles souhaitent  partager leur expérience personnelle avec le lecteur.

    C’est au Danemark, en 2000, que ce projet  innovant et brillant a été lancé : une bibliothèque d'êtres humains, où il est possible d'emprunter une personne pendant une demi-heure et d'écouter son histoire

    En réalité l’initiative débute à Copenhague en 1993 via un groupe de jeunes  en réponse à l’agression raciste subie par l’un des leurs. Convaincus que la compréhension était la pré-condition de la tolérance, les jeunes ont fondé l'association ′′ Stop The Violence ", atteignant en peu de temps 30.000 adhésions parmi les jeunes danois.

    Ensuite, l’initiative s'est vite propagée ailleurs grâce à l'organisation « The Human Library ».  Actuellement, l'organisation est active dans cinquante pays et certaines bibliothèques, par exemple en Corée du Sud et en Tasmanie, sont permanentes, tandis que d'autres ne sont aménagées que temporairement.

    Comment cela fonctionne-t-il ?

    La bibliothèque vivante se présente comme une vraie bibliothèque, avec les bibliothécaires et un catalogue de titres à choisir, la différence réside dans le fait que pour lire les livres, il ne faut pas parcourir les pages mais... nous parler parce que les livres sont des individus en chair et os ! Ces ′′ livres vivants ′′ sont ′′ empruntés ′′ pour la conversation.

    Qui sont les livres vivants ?

    Les livres vivants sont des personnes conscientes qu'ils appartiennent à des minorités soumises à des stéréotypes et à des préjugés. Souhaitant les écarter, ils se rendent disponibles pour discuter de leurs expériences et de leurs valeurs avec d'autres.

    Les titres sont volontairement très directs, comme ′′ fille lesbienne ", « obèse » ′′ femme voilée ", ′′ émigré albanais " », « réfugié », « bipolaire » précisément pour susciter les réactions émotionnelles des lecteurs potentiels en activant leur curiosité et réflexion.

    La bibliothèque vivante offre aux lecteurs la possibilité d'entrer en contact avec des personnes avec qui ils n'auraient pas l'occasion de se confronter. La rencontre rend concrète et unique la personne que l'on a devant soi, qui arrête donc d'être perçue comme représentante d'une catégorie sur la base d'une généralisation, mais est reconnue dans son unicité, une personne qui ne représente que son expérience et son histoire.

    Combien de temps cela dure-t-il ?

    La bibliothèque vivante - impliquant des gens en chair et en os - est un événement très limité dans le temps, généralement un ou deux jours, ou dans d’autres cas  trois ou quatre jours. La conversation, c'est-à-dire lire un livre vivant, dure habituellement environ une demi-heure.

    En général, cette expérience a un grand impact sur chacune des parties. En effet, en l’absence de jugement, le cœur s’ouvre et se remplit de partage, de reconnaissance, de générosité et d’humanité.

    Force est de constater que le concept de la bibliothèque e...
    6 min
  • Déploiement de la 5G : plus rapidement vers le cimetière !
    Plus vite vers les tumeurs cérébrales, plus vite vers l’infertilité, plus vite vers les problèmes de mémoire, plus vite vers les insomnies, donc, plus vite vers le cimetière ou l’incinérateur, telle est la conclusion de Charlie Hebdo sous le titre « La 5G, c’est que les emmerdes ».

    La démonstration y est claire et corrobore de multiples informations que Fréquence Terre récolte depuis des mois : la 5G, c’est l’assurance d’une explosion du nombre d’antennes émettant à haute fréquence, des milliards de capteurs pour un tas d’objets qui, généralement, n’en ont pas du tout besoin (cafetière, poubelle, store, frigo, vélo, arrosoir…), d’où un désastre écologique sans précédent.

    Effectivement, pour les besoins de cette 5G il faut prévoir un accroissement des matières premières, comme le lithium et le coltan, mot-valise pour la columbite-tantalite dont on extrait le nibium et le tantale. Il faut savoir que seulement 20% sont recyclables et rappeler que l’exploitation des mines est principalement composée d’une main-d’œuvre, sous payée et travaillant dans des conditions d’hygiène et de sécurité atroces, sans oublier que des enfants y sont aussi engagés par de puissantes multinationales sans le moindre scrupule.

    Ajoutons que la pollution numérique émet autant de gaz à effets de serre que le transport aérien et, comme Fréquence Terre l’a récemment développé dans une chronique, adieu au respect de la vie privée !

    Un exemple : d’aucuns travaillent déjà ardemment à l’élaboration d’implants cérébraux afin d’unir l’intelligence humaine à l’artificielle. Ainsi, plus besoin de taper un texte, vous le pensez et la technologie infernale implantée dans vos neurones le transmet à l’ordinateur ad hoc.

    Quant à la santé, maintes associations avancent le principe de précaution face à cette menace planétaire. Visiblement, les enjeux économiques et géopolitiques - avec la complicité de politiciens impliqués, de près ou de loin, dans le processus d’imposition de la 5G -, ces enjeux priment sur la santé de l’humanité.

    La réponse des lobbies est la même rengaine depuis des années : « il n’existe pas d’études scientifiques officielles démontrant la nocivité de la 5G ». Alors, on se demande bien la raison qui n’autorise pas ces lobbies à installer leurs antennes sur des écoles, hôpitaux, maisons de repos… si cela ne présente pas de danger !

    Ceci dit, quand on apprend qu’une Commission de contrôle, prétendument indépendante, est composée de 70 à 80% de gens relevant desdites multinationales, et que les représentants des consommateurs, de l’écologie et de la sociologie, en sont exclus, oui, la 5G est bien un bond en avant vers une catastrophe sociétale, sanitaire et écologique sans précédent.



     

    A lire également : https://www.frequenceterre.com/2020/01/31/la-5g-une-technologie-aux-consequences-mortelles/

     
    4 min
  • La demoiselle à l’éventail de Lyliane Mosca
    La demoiselle à l'éventail - Lyliane Mosca / Editions Presses de la Cité.

    Raffaele est une jeune femme d’une vingtaine d’années, d’origine italienne. Elle vit à Menton, dans le Sud de la France, avec son père et ses frères et sœurs.

    Depuis que sa mère est décédée, c’est Raffaele qui s’occupe de la maison et de sa famille, mettant de côté ses rêves de devenir traductrice ou photographe, se contentant d’un emploi de femme de chambre dans un hôtel.

    La vie de cette famille est rythmée par le travail, les discussions autour de copieux repas, et de nombreux mensonges planant au-dessus de cette bonhomie ambiante.

    Les destins semblent tout tracés ; Giorgio, le père, ne va pas tarder à avouer sa relation naissante avec la voisine, dont le fils, Manuel, n’a d’yeux que pour notre héroïne ; le fils aîné, Claudio, prendra la succession du patriarche, en tant que maçon, et on attend plus que celui-ci trouve une charmante demoiselle à marier.

    Tout va commencer à basculer le jour où Raffaele, fervente lectrice, se rend à une séance de dédicaces de son auteur favori, Sacha Aubanel. Le charme opère presqu’immédiatement entre nos deux futurs tourtereaux, et l’écrivain ne tarde pas à demander à la belle de lui servir de guide pendant ses quelques jours de visite à Menton.

    Malgré ses 23 ans, Raffaele est encore très timide, voire innocente, et perd très facilement ses moyens face à cet homme d’une dizaine d’années son aîné, et qui plus est en couple avec une magnifique parisienne.

    Pourtant, Sacha est conquis par la fraîcheur et la candeur de la jeune italienne, par son amour des paysages, de son village, qu’elle lui fait visiter avec beaucoup de plaisir.

    Etant donné les circonstances, cette relation n’ira pas plus loin qu’un chaste baiser et quelques doigts entrelacés lors d’un concert local, avant le départ de Sacha.

    Il retourne dans son village natal, à Langres, en Haute-Marne, et se remet à écrire. Il a trouvé une nouvelle muse, sa demoiselle à l’éventail.

    Nous suivons alors, en parallèle, la vie de chacun. D’un côté, Sacha se questionne quant à sa relation avec Astrid, qui ne prend pas du tout goût à la vie à la campagne, et qui semble se désintéresser de lui de plus en plus.

    De l’autre, Raffaele, malgré l’espoir de pouvoir percer dans la photographie, tente d’oublier cet écrivain, et de se faire une raison. Et pourquoi pas, finalement, épouser Manu, le fils de la voisine, qui l’aime depuis toujours et ne demande que ça ?

    Ils auraient pu oublier cette parenthèse enchantée, et continuer de vivre leurs vies comme avant, mais cela leur est évidemment impossible. Ils s’écrivent des lettres, d’abord très gentilles et modérées, prennent des nouvelles l’un de l’autre. Leur lien sera de plus en plus fort lorsqu’ils commenceront réellement à se laisser aller à tout un tas de confidences.

    Mais ils sont encore loin de réaliser à quel point leurs vies sont inextricablement liées…

    La demoiselle à l’éventail, paru aux éditions Presses de la Cité, est le treizième roman de Lyliane Mosca, qui est également journaliste culturelle.

    Le récit est léger, très frais, paraît parfois quelque peu désuet, tant l’élégance et le romantisme des relations qui y sont contées semblent sortis d’une autre époque.

    L’histoire n’en est pas moins trépidante et très bien construite, lorsque l’on découvre toutes les connexions existant entre les protagonistes.

    Un roman très agréable à lire, le sourire aux lèvres du début à la fin, qui réserve quelques jolies surprises.

     

    Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

    4 min
  • “Au nom du Requin” : un film, une cause, une ambition – Episode 1
    Le film « Au nom du requin » tourné au Mexique, réalisé par Jean-François BARTHOD, avec Steven SURINA et François SARANO pour protagonistes véhicule  un message et une intention : réconcilier les hommes et les requins. Pourquoi ? Comment ?  La genèse du film nous est présentée par Steven SURINA. Passionnant et également à suivre dans une prochaine série de chroniques. Rediffusion.

    https://www.longitude181.org

     
    7 min
  • Destination vacances et visites insolites : les mystères de Carcassonne


    Vous qui allez visiter ou séjourner à Carcassonne, ville aux deux sites classés au Patrimoine Mondial, le Canal du Midi et la Cité, la plus grande forteresse d’Europe, vous serez accueilli par une étrange statue à la Porte Narbonnaise…

    Vue de la Cité depuis la ville moderne (Photo Pierre Guelff)

    Qui est-elle ?

    « Au VIIIe siècle, pendant l’occupation de la Cité par les Arabes, dame Carcas, Princesse sarrasine, aurait défendu Carcassonne (qui ne s’appelait pas encore ainsi) contre un siège de Charlemagne.

    Ce siège s’éternisait depuis cinq ans. Au bout de ce temps, dans la forteresse, les vivres vinrent à manquer. Dame Carcas avant de prendre une décision, fit fouiller toutes les maisons de la ville pour récupérer la nourriture qui aurait encore pu rester chez les habitants.

    Dame Carcas, sculpture originale (Photo Pierre Guelff)

    Les soldats ne rapportèrent au château qu’un sac de blé et… un porc qu’une vieille femme avait dissimulés au fond de sa cave.

    La princesse eut tôt fait de considérer qu’il était inutile de distribuer ces provisions à la garnison et aux habitants de la Cité : il n’y en aurait pas une bouchée pour chacun, de plus, les soldats étant musulmans, ils ne mangeraient pas de cochon.

    Dame Carcas fit gaver le porc avec le sac de blé et le jeta ensuite par-dessus les créneaux : l’animal vint s’écraser aux pieds de Charlemagne, libérant de ses entrailles tout le blé dont il avait été gavé.

    Stupeur de Charlemagne : « Si les Arabes se permettent de jeter les vivres c’est que la ville est abondamment approvisionnée, inutile de poursuivre le siège qui a déjà bien trop duré. »

    Ordre fut immédiatement donné de lever le siège.

    Mais lorsqu’on était une femme, même musulmane, on résistait bien mieux à un siège qu’au charme de l’Empereur à la barbe fleurie, dit-on !

    Le fait est que, Dame Carcas voyant s’éloigner Charlemagne fut prise d’une grande tristesse à l’idée de ne plus le revoir, le rappela, le sonna… et lui livra sa ville, les cloches sonnant à toute volée.

    Depuis ce temps-là, Carcas… sonne (Charlemagne).

    La légende ajoute que le Grand Empereur donna Dame Carcas en mariage à l’un de ses fidèles compagnons, Roger. »

    Mais, il y a aussi une énigme non loin de la statue à la basilique Saint-Nazaire (XIe siècle) qui propose une énigme non résolue depuis des siècles.

    Outre une jolie nef romane, une splendide rosace sud, des vitraux dont les plus anciens remontent au XIIIe siècle…, je me suis surtout attardé devant la « Pierre du siège ».

    La Pierre du Siège (Photo Pierre Guelff)

    Il s’agit d’un fragment sculpté de bas-relief (XIIIe siècle) représentant un siège. Lequel ?

    Certains évoquent la mort de Simon de Montfort devant les murs de Toulouse, d’autres le massacre des Cathares.  À ce sujet, en parcourant la Cité et ses trente-huit tours dont une fut le siège du Tribunal de l’Inquisition, ce pan de l’Histoire et ses quelques vestiges témoignent encore des tortures subies par les « hérétiques », tels des chaînes et un cachot.

    Mais, ne quittons surtout pas Carcassonne en assistant au spectacle inouï de fauconnerie, celui où vous pourrez être acteur quand un rapace apprivoisé vient se poser sur votre épaule ou manger dans votre main. Impressionnant mais inoubliable, comme Dame Carcas !

    À la semaine prochaine !

    5 min

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