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Fréquence Terre episodes

  • “Au nom du Requin” : un film, une cause, une ambition – Episode 1
    Le film « Au nom du requin » tourné au Mexique, réalisé par Jean-François BARTHOD, avec Steven SURINA et François SARANO pour protagonistes véhicule  un message et une intention : réconcilier les hommes et les requins. Pourquoi ? Comment ?  La genèse du film nous est présentée par Steven SURINA. Passionnant et également à suivre dans une prochaine série de chroniques.

    https://www.longitude181.org

     
    7 min
  • Santé des hommes, santé du monde
    Les plus anciens auditeurs se souviennent peut-être d’une chanson assez rigolote d’Alain Souchon, dont le refrain était « On est foutu, on mange trop ». C’était en 1978. Quarante-deux ans plus tard, on rigole nettement moins face aux dégâts de la malbouffe ajoutés à ceux d’un changement climatique dévastateur, face, aussi, à une montée de plus en plus inquiétante de l’intolérance, à une menace accentuée de conflit mondial au nom du pétrodollar, du rouble, du yuan…

    Alors, la lecture de Ce que les peuples racines ont à nous dire avec en sous-titre De la santé des hommes et de la santé du monde de Frederika Van Ingen aux Éditions Les Liens qui Libèrent, est plus qu’une bouffée d’oxygène dans une Société qui étouffe de son indécence, de sa suffisance et de son mépris à l’égard de la Nature et à tous ceux qui la défendent et la respectent, c’est un réquisitoire à partir de l’exemple que nous donnent les peuples racines pour qui « la santé est d’abord synonyme d’équilibre ».

    L’auteure, dont il avait été amplement question sur nos antennes avec son remarquable essai Sagesses d’ailleurs pour vivre aujourd’hui, dit : « Nos corps sont les cellules du monde, nos groupes et sociétés sont ses organes, et nos maux physiques et psychiques les signes d’une maladie du vivant qui nous habite. »

    L’anthropologue Jean Malaurie disait déjà en 1999 : « Les ‘‘peuples racines’’ sont à la source même – et donc partie intégrante – de la vie de l’humanité qui se construit sur notre planète ; et ils sont susceptibles d’apporter aux nations ‘‘avancées’’ le second souffle indispensable pour affronter le nouveau siècle et ses formidables défis… ».

    Pour évoquer Ce que les peuples racines ont à nous dire, un essai fort de 360 pages, j’ai choisi de vous citer quelques-uns de ses passages qui m’ont plus particulièrement éclairés et, comme tout choix est subjectif, je laisse au lecteur le soin d’en sélectionner d’autres, car l’alternative ne manque pas.

    * « Chez les Kagaba de Colombie, les maladies de type Parkinson et Alzheimer n’existent pas. Et pourtant, ils vivent parfois très vieux ! Pour eux, ce sont des maladies de relation. Comme ils prennent beaucoup soin de la qualité de ces relations, chez eux, ça n’existe pas.»
    * « Guérir ne signifie pas revenir à un état initial, mais une transformation profonde.»
    * « Plantes, animaux, pierres, montagnes, rivières, nous disent ces peuples racines, sont bien plus que ce que nous y voyons, dès lors que l’on prend la peine d’écouter leur langage (…) La Nature est source de la Connaissance. »
    * « Dans nos pratiques de guérison, on amène la personne malade par des chants ou la danse à se repositionner dans son axe. Toutes les danses africaines ont le même but, mais chacune a sa voie», explique le danseur congolais Élima Mputu, créateur du « longo » qui est une danse initiatique. Longo signifie « ancrage » et l’un de ses objectifs est de renouer avec notre spontanéité et notre innocence, qui sont des sources de joie. Outre en Afrique, elle se pratique un peu partout dans le monde car elle est considérée comme une « méditation en mouvement».
    * « Chant et musique sont directement liés à la guérison dans toutes les traditions, selon Frederika Van Ingen. Ce sont des outils précieux. Le pouvoir de guérison singulier du chant résiderait dans sa ‘‘vibration’’, propre à modifier l’énergie d’une personne.» Et, à ce sujet, elle évoque la perception chez les Lakota en citant une spécialiste des énergies et du symbolisme : « La maladie est une dissonance qui s’est produite parce que l’adéquation a été rompue entre la personne et l’harmonie de l’univers, pour diverses raisons. Le chant, comme les autres éléments des cérémonies, nous réharmonise, il nous réaccorde en nous réajustant sur la respiration et le rythme de l’univers. »

    En conclusion, l’auteure nous rappelle que « les savoirs des peuples racines so...
    5 min
  • Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse
    Une femme en contre-jour - Gaëlle Josse / Editions Noir sur Blanc

    Franz Schubert, Emily Dickinson, Fernando Pessoa, Franz Kafka. On les connaît tous, mais savons-nous encore que ces artistes majeurs n’ont acquis la notoriété qu’après leur mort ? Pour certains, c’est une question de moyens, pour d’autres c’est une espèce de pudeur, de honte, mais il y a toujours ce besoin irrépressible de créer, qu’importe la suite. On crée, on entasse, on cache, quitte à en désirer la destruction.

    Vivian Maier fait désormais partie de la bande. Il devient difficile de l’ignorer, elle est l’un des plus grands photographes de rue de notre époque. Et pourtant, de son vivant, elle a excellé dans l’anonymat le plus total. Nourrice d’enfants de profession, quoi de plus pratique pour avoir le temps et l’occasion de pratiquer son art, à profusion ?

    Si Vivian Maier étonne, ce n’est pas que par sa soudaine notoriété post-mortem. Pendant de nombreuses années, elle a photographié et magnifié sans relâche, dans les rues de New York et de Chicago, les sans-abris, les miséreux, les minorités, des hommes et des femmes dont le regard nous touche de plein fouet. Elle a également fait de nombreux autoportraits, jamais narcissiques, devenant un sujet qui se fond à merveille dans la composition de l’image.

    Son côté obsessionnel, compulsif, nous offre quelques dizaines de milliers de clichés, qu’elle n’a jamais pu voir. Car, c’est un autre paradoxe de cette femme incroyable, elle n’a jamais fait développer son travail. Elle a entassé les films, les planches contact, dans des cartons qu’elle stockait loin d’elle, dans un garde-meubles.

    Et c’est presque par accident que son art verra le jour, quand John Maloof en rachète un lot, lors d’une vente aux enchères en 2007. Le jeune homme, cherchant de quoi illustrer son prochain livre, n’y trouve pas son bonheur mais sa curiosité est tout de même piquée. Vivian Maier est alors inconnue, et John ne trouvera d’informations sur elle qu’après sa mort, en 2009, grâce à la publication sur le net de son avis de décès.

    De là pourra commencer la quête, à la recherche de Vivian Maier, du nom que portera le documentaire qui retrace cette folle aventure. Au travers des témoignages des enfants – devenus adultes – dont elle était la nourrice, et de certains de leurs parents, on découvre petit à petit toute la complexité de ce personnage loufoque. Certes, elle portait toujours son appareil Rolleiflex autour du cou, on la voyait prendre des photos à n’importe quelle occasion. Mais c’était la nanny, certains la comparant même à Mary Poppins.

    Les récits nous dépeignent Vivian Maier de manière contradictoire. Qu’elle soit attentionnée ou cruelle, américaine ou française, proche ou distante, elle en reste perpétuellement secrète. Elle n’a pas de famille, pas d’amis, pas d’enfants. Il faudra pousser plus loin les recherches pour découvrir une histoire de famille particulière, trouvant ses origines en Autriche et en France. Des changements de noms, des oublis, des dénis, des abandons, voilà ce qui compose la famille Maier, comme une tradition qu’a perpétuée Vivian dans sa propre vie.

    Dans Une femme en contre-jour, paru aux éditions Noir sur Blanc, Gaëlle Josse a brillamment réussi à compiler tous ces éléments et à nous les relater avec cette très belle poésie qui lui est propre.

    L’auteur, femme de lettres ayant remporté de nombreux prix littéraires, nous livre sa version de cette aventure incroyable, mêlant saga familiale désastreuse et amour inconditionnel de l’Art et de l’Humain. Elle nous décrit avec délice le paradoxe Vivian Maier, et fait le lien entre l’art de celle-ci et le sien. Un roman à lire et à relire, tant il est passionnant.

     

    Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

     

    4 min
  • Quand l’Art est au service de l’Océan …
    Oui, l’Art peut contribuer à préserver l’Océan : Comment? Pourquoi?  c’est avec Pierre Martinez, artiste, tatoueur, créateur de décorations murales, et soutien d’associations de protection telles que LONGITUDE 181  que nous allons le découvrir...

    https://www.fenua-factory.com/

    https://www.longitude181.org
    7 min
  • « Le Bonheur en Cévennes » de Christian Laborie (Éd. Omnibus)
    Les Éditions Omnibus ont eu la remarquable idée de réunir en un volume, trois romans de Christian Laborie sous le titre générique  Le Bonheur en Cévennes : L’Appel des drailles dont il a déjà été question, Les Drailles oubliées et L’Arbre d’or.

    Pour le deuxième cité, c’est un tocsin qui sonne dans tous les villages et annonce la Première Guerre mondiale et la mobilisation générale, au grand désarroi de la population : « Abreuver de sang les sillons n’est pas un travail pour un paysan ! » clame le vieux Célestin.

    Alors que les hommes valides de 20 à 45 ans partent au front, les femmes et les anciens tentent de les remplacer dans les tâches quotidiennes qui étaient les leurs. Antoine et Joseph reprennent même le chemin des drailles, mais avec un intense sentiment d’amertume à voir les forces vives que sont leurs fils, neveux, voisins… « défendre la patrie » selon ceux qui restent le cul enfoncé dans leur fauteuil capitonné au Parlement ou au ministère, bref, faire la guerre n’a pas de sens : « C’est pas une honte ! Nous faucher nos fils et nos maris en pleine force de l’âge ! Qu’avons-nous à faire de leur politique ? Qu’ils nous fichent la paix et qu’ils aillent la faire eux-mêmes leur saloperie de guerre ! »

    Cependant, plutôt que se lamenter indéfiniment, les anciens retroussent leurs manches car, après l’estive, il y a les vendanges.

    Cela durera jusqu’en 1918 et, comme si la « Der des Ders » était bien un leurre lancé par ces mêmes politiciens, marchands d’armes et autres militaristes, voici l’écho des gesticulations menaçantes d’un certain Adolf Hitler qui annoncent une autre débâcle, dont Vichy, le Vél d’Hiv et autres drames pour le peuple.

    Au fil des pages, on en arrive à la création de la Maison de la Transhumance afin que ne s’oublie pas ce patrimoine, alors que les drailles font place aux chemins de grandes randonnées, les fameux GR…

     

    Musique Michaël Mathy : http://www.michaelmathy.be/#music

    3 min
  • La Fantasia de Loris Chavanette
    Loris Chavanette - La Fantasia

    « Je trouve aujourd’hui que la vie n’est jamais aussi belle et ardente que lorsqu’elle côtoie la mort. »

    Ce sont les mots de Mariane, jeune française d’Algérie dans les années 50, éternellement déracinée. Ces mots, elle les partage aujourd’hui avec Antoine, son petit-fils, qui lui rend visite chaque dimanche dans son appartement de la rue Ranchin à Montpellier.

    Antoine est un étudiant d’une vingtaine d’années qui n’a de sa grand-mère pas d’autre image que celle d’une femme-spectre, très taciturne et transparente. Jusqu’à ce qu’elle sente arriver sa propre mort. Il est alors temps pour elle de dévoiler l’ultime secret qui la hante depuis plus d’un demi-siècle, son « crime » comme elle l’appelle. Et, pour la première fois, Antoine est subjugué, passionné, en découvrant, au-delà du secret si bien gardé, que sa grand-mère n’est pas qu’une coquille vide, ridée et défraîchie.

    On découvre avec lui une partie de la vie de cette femme dans l’Algérie française de l’époque, juste avant la guerre, et Mariane, très religieuse, peu sûre d’elle, assez soumise, mariée à un homme qui ne se soucie que très peu d’elle, va partir à la rencontre d’elle-même, se révéler corps et âme.

    Cette femme, qu’on aurait cru jusqu’alors naïve et effacée, nous apparaît soudain comme un être tout à fait lumineux, à mesure qu’elle découvre autrement ce pays, qui est le sien sans l’être vraiment.

    Et c’est là, lors d’une fantasia à laquelle elle assiste presque par accident, que sa vie va se trouver bouleversée à jamais.

     

    L’auteur nous fait voyager, dans le temps et dans la chaleur étouffante du Nord de l’Afrique, région qu’il dépeint avec une beauté tout en couleurs, et nous décrit avec justesse toute la tendresse que l’on peut avoir pour un grand-parent, pour ses racines. Il nous raconte aussi avec brio la torture intérieure de son héroïne, prisonnière de ses choix et de son héritage.

    Dans ce roman, il est également question d’origines, de religion, d’amour, de mort et, surtout, de vie.

     

    Loris Chavanette est historien, spécialiste de la Révolution Française notamment. Il signe avec La Fantasia son premier – et très beau - roman édité par Albin Michel.

     

     

    Julie Tielemans pour Fréquence Terre.

    3 min
  • Le bonheur, c’est d’apprendre.
    Vous connaissez certainement cet adage : le bonheur c’est d’apprendre. Eh oui, s’instruire fait du bien. S’essayer à une nouvelle activité sportive, manuelle ou intellectuelle est bon pour la santé. La preuve, les formations continuées ne cessent de faire de nouveaux adeptes et les formations online sur le net explosent.

    Le mot apprendre vient du latin qui signifie saisir ou prendre.   L’un des bonheurs d’apprendre lorsqu’on découvre et maîtrise une nouvelle chose, c’est que l’on se sent plus fort de ce nouveau savoir. Cela nous donne aussi un nouvel objectif à atteindre avec un enthousiasme ou une excitation inhérente aux nouveaux projets, aux changements et même aux risques que cela peut comporter.

    Les illustrations sont évidemment  nombreuses ; je pense à cet homme qui a toujours regretté de ne pas avoir appris la musique durant  son enfance, qui a 70 ans passés, se procure une kalimba et très vite compose ses propres mélodies.

    Nous avons besoin de ces petits ou grands défis réguliers pour ressentir de l’émulation, du plaisir, pour renouveler notre appétit de vivre.

    D’ailleurs le philosophe Aristote parlait déjà du besoin d’apprendre comme de quelque chose d’instinctif chez l’humain. Apprendre permet de se projeter dans l’avenir et agit comme un moteur.

    Il est aujourd’hui tout à fait établi qu’une personne qui aborde de nouvelles disciplines qu’elles soient manuelles, sportives, créatives ou intellectuelles tout au long de sa vie développe des circuits neuronaux et se constitue une « réserve cognitive » qui permet de lutter contre le vieillissement du cerveau.

    Pour un adulte l’effort n’est pas rebutant pour autant que la motivation et le plaisir  soient présents. En effet, l’adulte n’a plus les mêmes objectifs que lorsqu’il était enfant. Car l’adulte lorsqu’il était enfant s’efforçait d’apprendre pour avoir de bonnes notes  et dès lors la motivation était une récompense extérieure. Or l’adulte cherche avant tout à satisfaire un besoin de réalisation de soi. Un besoin que,  Abraham Maslow, psychologue humaniste américain  (célèbre pour sa pyramide des besoins) qualifiait de vital au même titre que manger ou dormir.

    Il est vrai que nourrir la curiosité  permet d’ouvrir de nouvelles portes, de découvrir une nouvelle facette de soi. Et ajoutons aussi qu’apprendre, c’est interagir et permet la création de plus de liens avec les autres.

    En conclusion :

    Il faut toute une vie pour apprendre à vivre. Sénèque.

    Celui qui aime apprendre est bien près du savoir. Confucius.

    On se lasse de tout, excepté d’apprendre. Virgile.

    Pour être simple, il faut beaucoup apprendre. Olga Sedakova.

    Apprendre, c’est se retrouver. Malcolm de Chazal.

    Source : Magazine Flow.

     
    4 min
  • Pire que la censure et le mensonge
    « Il y a plus malin que la censure. Organiser le mensonge, empêcher que la vérité apparaisse s’approche du crime parfait. On assassine sur la place publique, mais en distribuant des bonbons à l’assistance, qui prend cela pour une communion solennelle. Mentir est parfois du grand art. » s’exclame Fabrice Nicolino dans Charlie Hebdo Spécial « 5 ans après ».

    Eh bien, je pense qu’il y a pire que la censure et le mensonge : il y a ce qu’a vécu Vanessa Springora, victime à 13 ans d’un prédateur sexuel qu’elle nomme G.M. dans son ouvrage Le Consentement (Grasset) et appelé Gabriel Matzneff par François Busnel qui l’avait invitée à « La Grande Librairie » sur France 5.

    En effet, parce que ce G.M. était un écrivain notoire, côtoyant l’intelligentsia, chouchou de chroniqueurs littéraires, star grâce à ses ouvrages où il décrivait méticuleusement sa pédophilie depuis des décennies, paraît-il, Prix Renaudot en 2013…, eh bien, la presse, le monde de l’édition, la magistrature, les autorités policières, la Justice, les ministres de la Culture, la présidence française…, à de rares exceptions, laissèrent faire ce personnage.

    Ils le laissèrent faire jusqu’il y a quelques semaines avec la publication du Consentement, d’ailleurs.

    Aux yeux de la loi française, il s’agissait pourtant de crimes et, même, juridiquement d’aveux dans les livres, mais le dandysme et l’entre-soi mondain lui ouvraient toutes les portes.

    Vers la fin de l’émission, il y eut comme un moment de vérité historique enfin exprimée quand François Busnel cita quelques noms prestigieux (Sartre, de Beauvoir, Foucault, Mitterrand…) et que se posa la question de savoir si tout était autorisé au nom de la liberté d’expression.

    Pire que la censure et le mensonge, il y a également le droit de salir des enfants attribué au nom d’un copinage s’apparentant à un soutien intellectuel, voire à de la collaboration.

    Et, comme le souligna François Busnel, ce n’est pas du complotisme que de dire cela.

    Musique : Robot de Michaël Mathy.

    3 min
  • Radioka, le média autochtone guyanais qui compte
    Il y a du nouveau dans le paysage médiatique de Guyane. Radioka est né. Radioka, c’est un média en ligne amazonien. Son ambition : être le réseau d’échanges d’informations sur l’actualité du monde autochtone de Guyane. Ce nouveau média est né il y a tout juste trois mois, à la mi-octobre.

    * Avec Ludovic Pierre, fondateur de Radioka.

    Qu'est-ce qui vous a poussé à monter ce projet et quel est l'objectif de Radioka ?
    « Radioka est axé sur trois grands objectifs. C’est tout d’abord de relayer les actualités autochtones de Guyane. Mais il s’agit également de relayer les actualités autochtones de par le monde, que ce soit en Nouvelle-Calédonie, au Brésil, au Canada, aux Etats-Unis, etc… Et le plus important c’est d’apporter l’analyse des peuples autochtones sur l’actualité, que ce soit sur l’économie, les enjeux scientifiques et divers sujets. »
    Donner de l'écho aux autochtones
    Quelle est la signification du nom Radioka ?
    « Cela vient d’Oka, qui signifie écho, nouvelles d’ailleurs. en langue kali’na, une des langues autochtones de Guyane. »
    Radioka veut donc être un espace d’expression des peuples autochtones. Cela veut dire que ces peuples n’étaient pas entendus jusqu’alors sur les médias traditionnels ?
    « Pas suffisamment en tous cas et pas de la manière dont on voudrait aborder ces sujets-là. Pour pouvoir traiter un sujet comme un autochtone pourrait le faire, il faut redéfinir certains concepts, certains traits spécifiques aux autochtones. Il faut être capable de traduire quelques concepts de nos langues vers les langues européennes pour pouvoir apporter au mieux une analyse plus complète que ce que les médias actuels ont apporté jusqu’à aujourd’hui. »
    Les angles choisis par les médias clastiques ne prennent pas suffisamment en compte les peuples autochtones ?
    « Disons que la manière de traiter les sujet, à Guyane 1ere par exemple, c’est très académique. Cela baigne dans un contexte social où on a été exclu pendant longtemps. Du coup, la manière dont on traite le sujet enlève cet héritage social qu’ont les autochtones et les autres communautés. Cela entre en jeu dans l’analyse et la perception de toute information. »
    Jessi Américain, candidat aux municipales 2020 de Saint-Laurent du Maroni © Radioka

    Pour être concret, il y a un exemple des sujets que vous abordez et de la manière dont vous les traitez ?
    « Le dernier article qui est paru concerne les élections municipales de 2020 à Saint-Laurent du Maroni, dans l’ouest guyanais. Dans l’interview, j’ai abordé l’héritage traditionnels, la coutume, dans les enjeux urbains. La ville est un espace urbain. Nous on vient de communautés où la tradition et les coutumes sont encore très vivants. La plupart des médias ne s’intéressent pas beaucoup à ça. Ils attaquent directement les programmes de manière frontale, par l’économie par exemple à Saint-Laurent. Or Saint-Laurent et une commune où il y  a énormément de communautés différentes. Il faut vraiment prendre ça en compte. »
    Riches d'une histoire pour exister
    Vous voulez également mieux valoriser les langues et cultures autochtones ?
    « Bien évidemment cela va ensemble. Dans Radioka il y aura quelques émissions qui seront en langues autochtones. Ce sera un espace pour découvrir les différentes langues qui existent en Guyane et un espace où les locuteurs peuvent pratiquer d’une autre manière. Cela pourra être un espace d’expression dans leur lague. La culture va avec. Il y aura une présentation des différentes cultures et des cultures qui ont existé avant.
    6 min

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