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Le fil d’Ariane est un ouvrage d’une soixantaine de pages « de contes d’aujourd’hui pour le monde de demain » dont les textes de Jean Borremans et les illustrations de Dany Gilson paru aux Éditions L’Acacia (www.maison-condorcet.be), s’adressent prioritairement aux grands adolescents mais, à certains adultes qui pourraient en puiser matière à réflexion !
Effectivement, qui peut rester insensible à ces lignes : « Quelle que soit la couleur de ta peau, quelles que soient tes raisons d’être, tu es notre enfant. Parce que la faim tenaille ton petit ventre, parce que la maladie te cloue au sol, parce que la guerre te blesse et fait saigner, tu es notre enfant (…) Pourtant, Enfant de Terre des Hommes, tu es le monde de demain. La mort de cinquante de tes frères ne justifie en rien la mort du cinquante et unième. Que nous arrêtions cette hécatombe à quarante-neuf, à lui seul cet enfant préservé justifie notre effort. D’aucuns nous diront que c’est une goutte dans l’océan. C’est vrai. Mais il faudra bien qu’un jour une goutte fasse déborder le vase de l’amitié et de la fraternité sur la terre entière des hommes de bonne volonté. Enfant de Terre des Hommes, c’est à ta survie que se mesurera le progrès de l’humanité. »
Suit une vingtaine de contes, tels La pêche non miraculeuse, Grand-père, dis-moi, La travail, Regard sur la ville, Bords de mer, L’orchestre, Suivez le guide… et, par ci par là, des propos qui interpellent « D’une main nous distribuons du blé et, de l’autre, nous vendons des armes », « Ici des cures d’amaigrissement, là-bas des enfants de la faim » mais, ce cri d’espoir : « Tu verras, tant que l’eau coulera elle arrosera notre champ d’espérance ».
Musique : Michaël Mathy.
Depuis l’incendie à Notre-Dame de Paris, on n’a jamais autant parlé de maçons ! À vrai dire, de Bâtisseurs, de Compagnons, de Maçons ou Francs-Maçons moyenâgeux et de leurs descendants en ce XXIe siècle.
Au-delà des polémiques concernant les dons faramineux alloués par des multinationales et grosses fortunes pour la restauration dudit édifice, c’est l’occasion de sortir de ces débats en lisant Petits contes pour maçons sages de Dorian Decker paru aux Éditions F. Deville.
Et, comme le stipule l’auteur, cet ouvrage peut s’envisager sous deux angles : comme un enseignement sur une tradition pluriséculaire ou comme un clin d’œil humoristique. Ou les deux, en somme.
Ainsi, deux amis d’un même atelier étaient en conflit. Ils s’adressèrent au chef pour régler leur différend. Le premier s’entendit dire qu’il avait raison. Le deuxième entendit la même réponse. Alors, une troisième personne fit remarquer au chef qu’ils ne pouvaient avoir raison tous les deux. Réponse : « Toi aussi, tu as raison ! ».
Autre conte : un riche amena son fils au sommet d’une montagne et en balayant d’un geste lui dit : « Un jour, tout cela t’appartiendra mon fils. » Un sage fit de même avec son enfant et lui dit tout simplement : « Regarde » avant de redescendre dans la vallée.
Un troisième court récit plein de sagesse : un très vieil ami déclara à la ronde qu’il gardait toute la force de sa jeunesse. « Comment le sais-tu ? » lui demanda son entourage. « C’est simple. Quand j’étais jeune, je ne pouvais soulever cet imposant bloc de marbre et, aujourd’hui, je n’y parviens pas non plus. »
Le conte titré « Les Perroquets » vaut son pesant d’or ! Un marchand d’oiseaux vendait un perroquet à 50 000 euros parce qu’il pouvait réciter les Évangiles à la demande. Un autre coûtait 100 000 euros car, en plus des Évangiles, il récitait le Coran et le Talmud. Un troisième perroquet valait un million d’euros. Pourtant, il était un peu miteux, âgé et muet. Le motif de cette somme astronomique ? Ne le dévoilons pas au risque de gâcher le plaisir d’en découvrir la maîtresse raison !
Il en va ainsi avec soixante-cinq contes qui abordent le silence, le métier, le bonheur, le malheur, la philosophie, la lune, le soleil, l’égoïsme, mais, aussi, l’essentiel et le futile. Ce qui n’est pas inintéressant par les temps présents.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Éditions F. Deville : https://abao.be/shop/fdeville/
Si vous êtes de passage ou résidez dans la Capitale de l’Europe, il vous reste jusqu’au 21 avril 2019 pour découvrir au Musée du Cinquantenaire une extraordinaire exposition dédiée à l’art inca.
En effet, on y découvre que le textile tenait une place considérable dans les Andes. Plus précieux que la céramique ou le métal, il constituait un support de communication important.
L’art textile, considéré comme un art majeur, fut à l’origine de tous les arts plastiques. Il influença l’architecture, la céramique ainsi que la métallurgie.
Symboles de pouvoir et de prestige, utilisés comme offrandes funéraires ou biens d’échanges, des tissus servaient bien plus qu’à s’habiller.
Ainsi, offrir un textile était considéré comme un acte d’importance.
Les plus anciens textiles apparurent dès le 8e millénaire av. J.-C. et furent fabriqués à partir de fibres végétales dures comme le jonc, le roseau ou les fibres de cactus.
Au 4e millénaire av. J.-C. ce furent les premières utilisations du coton sur la côte et de la laine de lamas, d’alpagas dans les Hautes Terres.
Aujourd’hui, hélas, le synthétique semble supplanter ce que Dame Nature offre de magnifique à l’être humain depuis des millénaires.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Photos : Pierre Guelff
Notre partenaire de média libre et indépendant POUR (Écrire la liberté !) tire un premier bilan de sa renaissance en 2015, l’extrême droite avait bouté le feu à ses installations, rotatives y comprises, dans les années 80, POUR, donc, a fameusement développé son auditoire avec, outre le magazine, via les réseaux sociaux avec des vidéos et dossiers ciblés, mais, également des conférences et rencontres citoyennes.
La page POUR affiche 100 000 abonnés sur Facebook, et, comme le signale son fondateur, Jean-Claude Garot : « On essaie d’éviter la langue de bois. Nos arguments sont tellement étayés que nous ne craignons pas le moindre procès ! POUR c’est créer un autre média que les médias prépondérants et nous proposons aux citoyens certains témoignages qu’ils ne trouveront pas chez ces derniers. »
En voici un pour l’exemple, celui de Riccardo Petrella, figure emblématique de l’alter-mondialisme : « Si nous ne changeons pas nos dirigeants, la Société, nous-mêmes, on aura la guerre ! Car, la guerre, ça rapporte à certains… »
Françoise Tulkens, magistrate, ajoute : « Il ne faut pas oublier que c’est le politique qui forme l’opinion publique car c’est lui qui choisit ce qui lui convient ! »
Et puis, cerise sur le gâteau, POUR a reçu en exclusivité la chanson « Les gens qui ne sont rien » de Romain Maron et que Fréquence Terre transmet à son tour à nos auditeurs (merci à POUR et à Romain Maron !) :
« On est dans la merde, on n’a plus rien à perdre… (…) Le sang impur, la Marseillaise, je préfère les timbales de la lutte finale, bien sûr… (…) Les sciences et les arts c’est pas des dollars… »
Vidéo :
Romain Marion, auteur, compositeur et interprète : « Pour ceux qui apprécient la chanson française » (Site de Skyrock, concerts au Caveau des Artistes à Paris).
« Nous sommes dans une époque où l’Être est oublié, une époque privée d’Être, embourbée dans les formes extérieures et le paraître. Une époque de détresse (…), déterminée par les technologies et technosciences où l’homme-animal, indigent, est envahi par les ténèbres de la nuit sans lumière au loin comme phare directeur. (Alors) Il ne s’agit pas de nier le monde, la société ou l’être humain en tant que réalité mais au contraire de les appréhender avec plus de justesse pour les rencontrer dans leur totalité avec plus d’harmonie et de bonheur (…) » écrit Alain Pozarnik dans Philosophie, méthode et pratiques initiatiques (Éd. Dervy).
Mais comment vaincre les vertiges de nos habitudes pour vivre une telle aventure ? Comment agir si nous voulons faire partie des êtres qui ont progressé en conscience et en sagesse ? se demande l’auteur. Une de ses réponses est :
« Il faut réellement, intentionnellement, oser lâcher nos repères, nos habitudes, nos convictions sans en saisir d’autres au passage (…) Juste être silencieux, ne plus écouter les vieux bruits si familiers auxquels nous nous identifions tant que nous devenons nous-même le tohu-bohu de la pensée. »
Quel chemin emprunter ? « Votre succès dépend surtout de votre sagacité à entreprendre, à vous aventurer, à devenir (…) Si nous voulons vraiment connaître la réalité du monde, il nous faudrait d’abord nous connaître… »
Autre constatation d’Alain Pozarnik digne d’une grande attention : « Le sage ne porte pas de jugement de valeur. Il sait ce qu’est le comportement des autres humains car il fait partie lui-même des mammifères. »
Et, tournant important du livre : « La vraie question à résoudre n’est donc pas celle de la place de notre ego parmi d’autres ego, mais : est-il possible de vivre dans ce monde sans que nous ressentions des oppositions, des divisions, des conflits ? »
Poser la question est y répondre, dit-on communément un peu trop facilement car, l’impressionnante somme de propos tenue par l’auteur démontre que si le choix est conséquent, faut-il encore trouver le juste milieu et, surtout,le mettre en pratique de manière adéquate.
« À savoir, explique-t-il, la seule attitude raisonnable est de nous interroger sur l’origine de nos fonctionnements, de comprendre l’horreur de leurs influences et de les abandonner dans notre silence, pour les dépasser par une autre forme de vie. »
Certes, il avoue que ce n’est pas si simple à appliquer, mais, promet-il, partir à l’assaut des stratégies qu’il propose devrait donner des résultats tangibles. À une condition, au moins : « Vous êtes en train de lire, de comprendre et d’apprendre, mais soyez en même temps en train de vivre, d’expérimenter, de ressentir, de vibrer, pas seulement de savoir. » La symbiose entre le spéculatif et l’opératif paraît être une étape essentielle dans notre orientation vers les trois concepts Sagesse, Connaissance et Vérité, socle de l’édifice de la pensée universelle qui éviterait tant de conflits, misères, drames sociaux et autres.
« Nous ne jugeons plus, ne critiquons plus, ne voulons plus rien que préserver ou laisser être notre Être, notre ‘‘soi’’ qui a pris sa place dans ‘‘l’univers’’. C’est le début d’une véritable initiation, d’une véritable sagesse, d’une véritable connaissance. »
Rencontre avec Alain Pozarnik effectuée à la Librairie-Salon de thé abao à 1170 Bruxelles.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
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