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L’intelligence artificielle pourrait devenir la force nucléaire du XXIè siècle, émergeant comme la rupture technologique qui va transformer la guerre de demain. Son intégration progressive au cœur des nouvelles technologies militaires est déjà en train de modifier la nature du combat moderne.
Sur les terrains actuels – que ce soit dans le conflit russo-ukrainien ou dans la confrontation israélo-palestinienne- l’utilisation massive de drones et de capteurs génèrent un tel flot de données qu’il ne peut plus être géré par l’humain seul.
L’intelligence artificielle devient dès lors indispensable pour analyser les données et répondre aux besoins tactiques en temps réel. Les algorithmes de l’IA jouent un rôle éminent dans les systèmes d’armement et au-delà dans les processus de décision, particulièrement dans un contexte où les acteurs privés prennent une part croissante dans le développement technologique. États et industries de défense sont-ils préparés pour la rupture technologique qui les attend ? Quels risques pour notre autonomie stratégique ?
Émission enregistrée à Toulon dans le cadre des Rencontres Stratégiques de la Méditerranée. FMES/FRS.
Invités
La France est secouée de toutes parts, en interne comme à l’international. La crise politique de cet automne fait entrer le pays dans une nouvelle période d’instabilité alors que l’influence de la France à l’extérieur est en plein questionnement, que la guerre se poursuit en Europe, que les foyers de crise se multiplient dans le monde et que la politique étrangère française semble déboussolée, voire à contretemps.
La France a, ces dernières années, enregistré d’importants revers diplomatiques en Afrique, ainsi qu’une perte d’influence majeure dans le monde arabe, en Asie et en Amérique latine. Cherchant à incarner une troisième voie en Indo-Pacifique, le poids politique, diplomatique et militaire de la France dans cette région lui assigne davantage un rôle d’observateur que d’acteur de premier plan face à la Chine et aux États-Unis. Longtemps portée par ses atouts maritimes, militaires, économiques et diplomatiques, la puissance internationale de la France est aujourd’hui contestée. Ses territoires d’outre-mer – dans les Caraïbes, le Pacifique, l’océan Indien et l’Atlantique Sud – qui fondent une large part de son rayonnement mondial, sont désormais au cœur des critiques. Accusée de néocolonialisme, en particulier en Afrique et dans ses anciennes colonies, également au sein même de ses départements ultramarins, la France fait face à des stratégies de déstabilisation portées par divers acteurs internationaux. Regard sur les nouvelles formes de remise en cause de l’influence de la France et sur les leviers permettant de les repenser, dans un contexte géopolitique en profonde mutation.
Émission enregistrée à Toulon dans le cadre des Rencontres Stratégiques de la Méditerranée. FMES/FRS.
Invités :
2025 marque le 80è anniversaire des Nations unies. L’Assemblée Générale annuelle de l’Organisation qui s’est tenue en septembre avait pour thème «Mieux ensemble : 80 ans et plus pour la paix, le développement et les droits humains». Selon le Comité international de la Croix-Rouge, 120 conflits armés font actuellement rage dans le monde et l’ONU parait impuissante à rétablir la paix et la sécurité internationale.
Les critiques ne manquent pas : une organisation politiquement bloquée, manquant de représentativité et dotée d’une faible efficacité. Une charge qui n’est pas nouvelle, mais à laquelle s’ajoute le désengagement croissant des États-Unis qui contribue à mettre à mal le multilatéralisme. Entre conflits et coopérations, nous peinons à dégager la cohérence de notre monde imprévisible. Alors que la densité des relations internationales devrait favoriser les opportunités de rapprochement, le constat est plutôt aux distinctions et aux clivages, dans un monde qui aurait plus que jamais besoin de davantage de prudence et de solidarité et d’une prise de conscience du partage des responsabilités.
Invité :
Guillaume Devin, professeur émérite des Universités à Sciences Po, membre associé du CERI et membre du groupe de recherche sur l’action multilatérale. «Notre système international. Une approche politique des relations internationales», éditions Le Cavalier Bleu.
Il joue un rôle déterminant pour le développement des technologies de pointe. Il joue un rôle déterminant dans notre quotidien. Il est partout. Il constitue les plages, les déserts, les fonds marins, mais surtout… il est au cœur de notre économie moderne. Le sable est la ressource naturelle la plus consommée au monde après l’eau : chaque année, des dizaines de milliards de tonnes sont extraites pour fabriquer du béton, du verre, des routes, des puces électroniques.
Sans sable, pas de villes, pas d’infrastructures, pas d’Internet. Mais cette ressource, qu’on croit infinie, ne l’est pas. La demande explose, tirée par l’urbanisation et la croissance démographique, au point de créer des tensions économiques, environnementales et même géopolitiques. Certains parlent déjà de «guerres du sable», où mafias, États et multinationales s’affrontent. Le sable comme enjeu stratégique mondial, aussi vital que le pétrole ou l’eau. Enjeu sous-jacent des tensions géopolitiques et producteur de pressions environnementales, il fait l’objet d’un gigantesque engouement et de démesure. Les tours de verre de New York à Dubaï poussent aussi vite que disparaissent les plages. Regard sur le paysage de l’économie mondiale du sable, au demeurant l’un des plus opaques.
Invité
Julien Bueb, économiste de l'Environnement. Directeur Transition écologique à la Communauté d’agglomération du Grand Saint-Dizier. Professeur associé à l'École Normale Supérieure. «Géopolitique du sable», éditions Le Cavalier Bleu.
L’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme une rupture technologique majeure. Des voitures autonomes aux assistants numériques, elle transforme nos sociétés. Mais elle révolutionne aussi la guerre. Car l’usage de l’IA aux fins de défense progresse à une cadence qui s’accélère, de l’analyse de données en masse à l’IA «embarquée» dans les systèmes d’armes, de la détection et l’identification de cibles à la gestion des ressources humaines en passant par les drones ou la cyberdéfense.
Sur les champs de bataille, les conflits en Ukraine et à Gaza témoignent d’une intensification des usages. Intégrée dans les arsenaux, l’IA bouleverse la manière de concevoir, de planifier et de conduire les opérations militaires. Elle est au cœur d’une nouvelle course aux armements, qu’on qualifie parfois d’«hyperguerre», où la vitesse, l’autonomie et la dimension cognitive prennent une place centrale. Dans ce domaine, le civil et le militaire connaissent un rapprochement sans précédent, particulièrement aux USA. Les acteurs les plus puissants de l’IA sont des entreprises privées civiles et les développements de ces dernières années rebattent les cartes de l’industrie de défense. Exemple parmi d’autres, Google qui s’était engagé en 2018 à ce que ses technologies d’IA ne soient pas utilisées à des fins militaires ou de surveillance a supprimé, début 2025, cette promesse de sa charte publique. Quels enjeux stratégiques, politiques et éthiques ? Quels acteurs dominent ce champ ? Quelles régulations internationales sont possibles ? Et jusqu’où cette révolution peut-elle aller ?
Invités :
La Moldavie s’apprête à vivre une élection législative décisive ce 28 septembre 2025, dont les enjeux dépassent largement le cadre national. La Moldavie, ce sont 2,6 millions d’habitants. Un pays enclavé entre la Roumanie et l’Ukraine. Une ex-république soviétique très majoritairement roumanophone qui ne bénéficie pas de la protection de l’OTAN, et est candidate à l’entrée au sein de l’Union européenne.
Le Parti Action et Solidarité (PAS) de la présidente Maia Sandu affronte le Bloc électoral Patriotique (BEP) principale force pro-russe du pays. La campagne a révélé une fragmentation partisane et une montée de la défiance envers les élites. Le pays est en proie à des difficultés économiques et souffre d’une crise énergétique liée à la guerre en Ukraine et d’une vulnérabilité structurelle accentuée par l’émigration. L’enjeu du scrutin dépasse largement les contours de la nation candidate à l’UE, convoitée par le Kremlin et solidaire de l’Ukraine en guerre avec laquelle elle partage 940 km de frontière.
L’élection est suivie de très près par la Russie qui a intensifié, ces dernières semaines, ses ingérences via des financements occultes, de la désinformation et des pressions notamment en Transnistrie et en Gagaouzie. Le scrutin représente un test crucial pour la démocratie et l’avenir européen de la Moldavie, véritable laboratoire des rapports UE-Russie dans l’espace post-soviétique. Entre les aspirations européennes de certains, les liens historiques et politiques avec Moscou, et les défis économiques et sociaux quotidiens, ces élections pourraient bien redessiner l’équilibre politique dans la région.
Invités :
Benyamin Netanyahu poursuit son jusqu'au-boutisme au Proche-Orient. L'armée israélienne a lancé une offensive terrestre majeure à Gaza-ville visant à expugner le Hamas d'un de ses derniers grands bastions dans la bande de Gaza. Une offensive largement condamnée à l'étranger. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres déplore une situation «moralement, politiquement et légalement intolérable».
L'ONU qui, justement, se prépare à un vote crucial à New York sur la reconnaissance officielle de la Palestine, perçue comme un levier de la dernière chance pour relancer une solution diplomatique à deux États, mise à rude épreuve depuis des décennies. Au sein de l'Union Européenne, l'Espagne, l'Irlande et la Slovénie ont reconnu la Palestine en 2024. D'autres pays ont annoncé qu'ils le feraient cette semaine à l'ONU. Parmi eux, des alliés indéfectibles des États-Unis comme le Canada et l'Australie ou des États disposant du droit de véto au Conseil de Sécurité comme la France et le Royaume-Uni.
Invité : Adel Bakawan, sociologue. Directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa. «La décompositions du Moyen-Orient. Trois ruptures qui fait basculer l'histoire», éd. Tallandier.
Bouleversement de l’ordre international, tensions dans les relations transatlantiques, guerre russo-ukrainienne, rivalité accrue entre les puissances mondiales, aspiration de l’UE à l’autonomie stratégique… sont des facteurs-clé qui influencent les défis stratégiques contemporains.
Face à la tornade Trump et ses effets sur le Vieux continent, les Européens sont en pleine réflexion : Comment assureront-ils demain leur sécurité, contre qui et avec quoi si les USA confirment leur retrait, même partiel d’Europe ? Comment concevoir une stratégie globale de sécurité, comment identifier les besoins concrets de défense ? L’Europe a-t-elle les moyens de sa défense ? Après le fiasco du sommet d’Anchorage en Alaska entre Donald Trump et Vladimir Poutine, la Russie ne montre aucune volonté de cesser les combats. En Ukraine, Moscou pousse son avantage en multipliant les raids massifs de drones et de missiles contre le territoire, et a ces derniers jours violé les frontières de la Pologne et de la Roumanie, tous deux pays membres de l’OTAN.
Invités :
« Les garde-fous démocratiques américains vacillent », alertait début août 2025 le New York Times. Il faut dire que depuis son arrivée à la Maison Blanche, le 19 janvier 2025, Donald Trump a multiplié les décisions, décrets et déclarations choc.
La liste est longue : déploiement de la garde nationale dans les villes démocrates, contrôles au faciès pour repérer les migrants à expulser, suppression des subventions aux universités taxées de bastion wokiste ou accusées de laxisme à l'égard de l’antisémitisme, bras-de-fer avec la FED, la Banque centrale américaine, contrôle des médias, des musées, purges dans l'administration, la justice, l’armée (avec pour principales victimes des Africains-Américains et des femmes) redécoupage électoral en faveur des Républicains, etc.
Donald Trump outrepasse-t-il les droits conférés au président par la Constitution ? Existe-t-il des garde-fous à la volonté de la toute puissance d'un président incontrôlable ? La Cour Suprême remplit-elle encore son rôle de contre-pouvoir ? La démocratie américaine est-elle menacée ? Jusqu’où pourrait aller la dérive autoritaire de Trump ?
3 invités :
- Anne Deysine, professeure émérite de l'Université Paris-Nanterre. Spécialiste des questions de droit et de justice aux États-Unis, a publié en 2024 « Les juges contre l'Amérique, la capture de la Cour suprême par la droite radicale », aux éditions Libellus
- Lauric Henneton, maître de Conférences en Civilisation américaine à l'Université de Versailles Saint-Quentin, a dirigé en 2020 l’ouvrage collectif « Le rêve américain à l’épreuve de Donald Trump », publié aux éditions Vendémiaire et publiera le 16 octobre « Route 66 », suite de « Rock’n road trip » chez Hors collection
- Maxime Chervaux, professeur agrégé à l’Institut français de Géopolitique (IFG - Université Paris 8), spécialiste de politique américaine, notamment de géographie électorale, auteur de « Questions contemporaines de géopolitique », publié en 2023 aux éditions Studyrama.
Sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, Vladimir Poutine a enchainé les tapis rouges au mois d’août 2025 : il y a d’abord eu cette rencontre en Alaska avec Donald Trump, rencontre très attendue qui finalement n’a débouché sur rien. Aucune avancée vers un cessez-le-feu en Ukraine et d’éventuelles négociations…D’autant qu’en proposant à Volodymyr Zelensky de venir le rencontrer à Moscou, Vladimir Poutine connaissait à l’avance la réponse de son homologue ukrainien
Le 31 août 2025, le sommet de l’organisation de la coopération de Shangaï s’est ouvert à Tianjin, dans le nord de la Chine, avec une photo qui a fait le tour du monde : le Russe Poutine, le Chinois Xi et l’Indien Modi. 3 hommes visiblement ravis de ce pied de nez fait aux Occidentaux, États-Unis en tête. Et c’est depuis une place d’honneur en tribune que le président russe a assisté le 3 septembre au défilé militaire organisé par Xi Jinping.
Pendant ce temps, l'armée russe n’a cessé de progresser sur le front et elle intensifie ses attaques sur les villes. Dimanche dernier (8 septembre 2025), Moscou a même bombardé le siège du gouvernement à Kiev et lancé quelque 800 drones sur l’Ukraine. Dans la nuit de mardi 9 au mercredi 10 septembre 2025, nouvelle escalade avec une salve de 450 drones et missiles contre l’Ukraine mais surtout l’intrusion de 19 drones présumés russes dans l'espace aérien de la Pologne, pays membre de l’alliance atlantique. Colère de Varsovie et de ses alliés européens qui dénoncent une provocation du Kremlin. Varsovie a mobilisé ses avions et ceux de plusieurs pays de l’OTAN pour faire face à la menace. Au moins 3 des 19 drones sont abattus.
Vladimir Poutine a-t-il voulu tester les capacités de réaction de l’OTAN ? Les Européens doivent-ils se préparer à d’autres provocations de Moscou ? Ont-ils les moyens d’aider l’Ukraine à se défendre contre les drones meurtriers ? L’hiver qui approche sera-t-il l’hiver de tous les dangers pour Kiev ? Vladimir Poutine, fort de son impunité, se sent-il intouchable ?
3 invités :
- Alexandra Gougeon, maître de conférences à l’Université de Bourgogne , autrice de « Ukraine : de l’indépendance à la guerre », aux éditions Le Cavalier bleu
- Cyrille Bret, géopoliticien, expert à l'Institut Montaigne, spécialiste de la Russie et de l'Europe orientale
- Guillaume Lasconjarias, historien militaire, professeur associé à Sorbonne Université.
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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