Géopolitique

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  • 80 ans après Hiroshima et Nagasaki, les risques nucléaires en augmentation

    Il y a 80 ans, les bombardements américains de deux villes japonaises Hiroshima et Nagasaki faisaient des dégâts incommensurables. Humains, matériels. S’ils ont généré la reddition du Japon face aux États-Unis, le traumatisme est toujours là. À l’échelle mondiale, 80 ans après, l’arme nucléaire connait une grave crise de prolifération alors qu’après la fin de la Guerre froide, le facteur nucléaire semblait avoir perdu de son acuité.

    Selon l’Institut International de Recherche sur la Paix de Stockholm, le SIPRI, une nouvelle course aux armements nucléaires est en train d’émerger, à un moment où les régimes de contrôle des armements sont gravement affaiblis. La quasi-totalité des neuf États dotés de l’arme nucléaire – États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël, ont poursuivi ces derniers mois leurs programmes intensifs de modernisation nucléaire. On recense actuellement 12.241 ogives qui, presque toutes, appartiennent à la Russie ou aux États-Unis, mais également à la Chine. La Chine qui possèderait désormais au moins 600 ogives nucléaires et dont l’arsenal nucléaire croît plus rapidement que celui de tout autre pays. 12.241 ogives, c’est l’équivalent de 360.000 bombes d’Hiroshima. L’ère de la réduction du nombre d’armes nucléaires dans le monde, en cours depuis la fin de la Guerre froide, touche à sa fin. La tendance actuelle est à l’augmentation des arsenaux nucléaires, à l’exacerbation de la rhétorique nucléaire et à l’abandon des accords de contrôle des armements. En février 2026, expirera le Traité New START de 2010 sur les mesures visant à réduire et à limiter davantage les armements stratégiques offensifs. Avec l’invasion de la Crimée par la Russie en 2014, l’environnement stratégique mondial s’est dégradé en même temps que s’est exacerbée la compétition stratégique entre les États-Unis et la Chine et dégradée la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Les bombardements israéliens et américains sur l’Iran au mois de Juin sont venus confirmer que la question nucléaire était bel et bien revenue sur le devant de la scène internationale. Plus que jamais, le risque de prolifération se pose au risque de désagréger l’ordre nucléaire. La sécurité mondiale s’en trouve détériorée d’autant.

     

    Invités :

    • Héloïse Fayet, chercheuse à l’Institut français des Relations Internationales et chercheuse associée à l’Institut français de Géopolitique, spécialiste des questions nucléaires
    • Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique
    • Jean-Marie Colin, directeur d'ICAN France, campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires. Prix Nobel de la Paix 2017.
    49 min
  • Il y a 80 ans, Hiroshima et Nagasaki changeaient le monde

    Les 6 et 9 Août 1945, les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki précipitaient la reddition du Japon, mettant fin à la guerre du Pacifique. Un tournant de l’histoire et de la guerre qui a changé la face du monde. La mémoire de cet évènement tragique résonne comme un rappel nécessaire alors que l’actualité nous confronte à la menace de l’arme nucléaire et de sa prolifération dans le monde.

    Pourquoi Hiroshima, obscure ville moyenne de l’Empire, a-t-elle été choisie pour cible du premier bombardement atomique ? Fallait-il vraiment en passer par la destruction d’une seconde cité, Nagasaki, pour que le Japon accepte de capituler ? Le président Truman voulait-il avant tout impressionner Staline ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les mêmes questions taraudent historiens et survivants.

    Invités :

    • Héloïse Fayet, chercheuse à l’Institut français des Relations Internationales et chercheuse associée à l’Institut français de Géopolitique, spécialiste des questions nucléaires
    • Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique
    • Jean-Marie Colin, directeur d'ICAN France, campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires. Prix Nobel de la Paix 2017.
    49 min
  • Démographie: influence et puissance

    La population mondiale s’élevait en 2020 à 7,8 milliards d’habitants. En 2030, nous serons au moins 8,5 milliards. Et en 2050 ce chiffre pourrait dépasser les 10 milliards dans l’hypothèse d’une fécondité forte. La démographie est l’un des principaux éléments de la puissance d’un État, en même temps qu’elle peut aussi être un facteur de sous-développement. Ces chiffres sur la démographie mondiale recoupent des réalités extrêmement différentes.

    Alors que l’Europe connait un hiver démographique qui ne permet plus le renouvellement des générations, en Asie, l’Inde est devenue le pays le plus peuplé du monde avec 1,3 milliard d’habitants, devançant la Chine, dont la population vieillit inexorablement. Ce vieillissement de la population est déjà manifeste depuis des années au Japon et maintenant en Corée du Sud. En revanche la population africaine explose. Nombre de pays du continent n’ont pas achevé leur transition démographique. En 1950 l’Afrique pesait à peine pour 8,3% de la population mondiale et avait moins d’habitants que les États-Unis. En 2050 le continent africain devrait abriter un quart de la population mondiale. Quels effets ces nouvelles donnes démographiques auront-elles géopolitiquement et militairement ?

    Édition en partenariat avec la revue Questions Internationales « Démographie. Une inconnue décisive ».

    Invités :

    • Gérard-François Dumont, professeur à Sorbonne Université. Président de la revue Population et Avenir. « Géographie des populations », Armand Colin.
    • Jean-Pierre Guengant, démographe et économiste du Développement. Directeur de recherche à l’Institut de Recherche pour le Développement.

    • Serge Sur, professeur émérite de l’Université Panthéon Assas, rédacteur en chef de la Revue Questions internationales. Membre de l’Institut - Académie des sciences morales et politiques.

    49 min
  • L'Église orthodoxe dans les relations internationales

    Un attentat contre l’église grecque orthodoxe à Damas a fait 25 morts et plus de 60 blessés au mois de juin dernier, relançant l’inquiétude au sein de la minorité chrétienne. Celle-ci est passée d’un million de personnes avant la guerre en 2011, à moins de 300 000 aujourd’hui, en raison de l’exil et des déplacements forcés. Avec 200 à 300 millions de fidèles, l’Église orthodoxe est la troisième confession chrétienne, après le catholicisme et le protestantisme. Son histoire, marquée par de longues épreuves, notamment durant la conquête mongole et la longue domination de l’Empire ottoman, reste assez largement méconnue.

    Au carrefour des empires disparus, byzantin, ottoman et russe, l’orthodoxie a été déchirée par la guerre froide, avant de se retrouver au cœur des conflits contemporains : génocides, guerres des Balkans et d’Ukraine, d’Irak ou encore de Syrie.  Les mondes orthodoxes sont complexes. Leurs influences et leur proximité réelle avec les pouvoirs politiques sont une grille de lecture des soubresauts du présent. Les prêches enflammés du patriarche Kirill de Moscou, que l’on a vu par ailleurs bénir les chars russes allant détruire les villes ukrainiennes, ont ravivé l’image d’une orthodoxie belliciste, ultraconservatrice et homophobe. Une orthodoxie radicalement hostile à l’Otan, à l’Union européenne et aux valeurs démocratiques. Regard sur le rôle de l’église orthodoxe dans les relations internationales.

    Invité : 

    Jean-Arnaud Dérens, historien et journaliste, fondateur du Courrier des Balkans, dont il est le co-rédacteur en Chef. Géopolitique de l'orthodoxie. De Byzance à la guerre en Ukraine, aux éditions Tallandier. 

    49 min
  • Vietnam, puissance en devenir?

    Terrain d’affrontements sanglants pendant des décennies, le Viêt Nam, 100 millions d’habitants, a gagné la paix et célèbre cette année le cinquantenaire de la chute de Saïgon en 1975 qui marqua la réunification du pays et la fin de la guerre du Vietnam, presque 30 ans après les premiers coups de feu contre les Français. Feux d’artifices et spectacle de drones ont précédé le 30 avril 2025 à Hanoï une parade militaire imposante sous le regard de Tô Lâm, le secrétaire général du parti communiste, nouvel homme fort de ce pays d’Asie du Sud-Est, pris en tenaille entre la Chine et Donald Trump.

    Des célébrations auxquelles les diplomates américains se sont vu interdire de participer par Washington tant elles marquent la déroute historique des États-Unis. Les images des derniers hélicoptères américains quittant en urgence les toits de Saïgon ne sont pas loin… Cinq décennies plus tard, le pays s’est transformé : il est devenu un atelier du monde, un acteur discret mais stratégique d’Asie du Sud-Est, un État autoritaire en pleine croissance. Comment le Vietnam a-t-il pansé les plaies du conflit ? Quelles mémoires en garde-t-il ? Quel est son rôle dans le grand jeu indo-pacifique, entre Pékin et Washington ? Quels sont ses défis ?

     

    Invités :

    • François Guillemot, historien, spécialiste du Vietnam à l’Institut d’Asie Orientale à Lyon, et ingénieur de recherche au CNRS. « Histoire du Vietnam contemporain. De 1858 à nos jours », éd. La Découverte. 
    • Laurent Gédéon, maître de conférences en Géopolitique à l’Université catholique de Lyon, chercheur à l’Institut d’Asie Orientale au sein de l’École Normale Supérieure de Lyon.
    49 min
  • Chine / Union européenne: un sommet tout juste symbolique?

    Le 24 juillet 2025 est prévu, à Pékin, un sommet entre la Chine et l’Union européenne, initialement planifié pour célébrer le 50è anniversaire des relations diplomatiques entre les deux blocs. Le climat est tendu. Alors que l’agressivité commerciale de Donald Trump aurait pu encourager un rapprochement prudent entre Pékin et Bruxelles, c’est le contraire qui se passe.

    Les points de convergence sont quasi-inexistants, mais les litiges foisonnent. Sur le plan commercial d’abord avec une relation économique gravement déséquilibrée en faveur de Pékin et un environnement des affaires en Chine qui s’est largement politisé au fil des ans. Récemment et tandis que l’UE fait face à un déficit commercial énorme de 357 milliards de dollars avec la Chine, la présidente de la Commission européenne a accusé Pékin d’inonder le marché mondial avec une surcapacité subventionnée et d’utiliser sa position dominante sur les terres rares comme une arme. Il y a aussi les tensions géopolitiques mondiales : l’alignement de Pékin sur les vues de la Russie en Ukraine, son soutien à l’Iran au Moyen-Orient, ses claires intentions à l’égard de Taiwan, ses prédations économiques en Europe et en Afrique, son expansion maritime en mer de Chine.

    Que peut-on attendre de ce sommet ? Jusqu’où peut aller l’escalade commerciale ? L’Europe est-elle en mesure d’imposer une ligne commune vis-à-vis de la Chine ? Et quelles sont les marges de manœuvre dans un monde de plus en plus polarisé ?

    Regard avec nos invités :

    • Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman
    • Laurent Malvezin, chercheur associé à l’Institut Thomas More en charge de la Chine
    • Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’IFRI, l’Institut Français des Relations Internationales.
    49 min
  • Le Danemark, plus européen que jamais

    C’est un pays d’un peu moins de six millions d’habitants, situé au nord de l’Europe. Depuis le 1er juillet 2025, le Danemark a succédé à la Pologne à la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Copenhague dispose de six mois pour mettre en œuvre son programme, avant tout axé sur la défense européenne, alors que la Russie poursuit son offensive en Ukraine et que les États-Unis de Donald Trump semblent vouloir délaisser le vieux continent.

    Tout un programme pour un pays qui a, pourtant, toujours entretenu des relations glaciales avec l’Union européenne. Qu’est-ce qui pousse le Danemark à changer de comportement ? Que faut-il attendre de cette présidence tournante ? 

     

    Invités : 

    - Christian Lequesne, professeur à Sciences Po Paris, ancien directeur du Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, spécialiste de l’Union européenne. Il a écrit «Le diplomate et les Français de l’étranger» (Les Presses de Sciences Po)

    - Damien Degeorges, consultant basé à Reykjavik (en Islande), spécialiste des pays nordiques. Auteur de «Terres rares : enjeu géopolitique du XXIè siècle» (L’Harmattan).

    49 min
  • Vers un nouvel ordre économique mondial ?

    La croissance mondiale pourrait être, cette année, au plus bas depuis la crise financière de 2008. La Banque mondiale a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance pour une large partie du globe. En cause, notamment : les droits de douane envisagés par le président américain. Ils devraient définitivement entrer en vigueur au 1er août 2025, selon Donald Trump, pour les pays qui n’ont pas conclu d’accord avec Washington.

    Autant dire qu’il reste peu de temps pour s’adapter à une politique américaine qui rebat les cartes, et qui perturbe un système économique déjà bien fragile. Serait-ce, d’ailleurs, le dernier coup porté à l’hypermondialisation des 20 ou 30 dernières années ? L’ordre économique mondial est-il en train de se transformer sous nos yeux et, si oui, comment ? Qui pourrait en sortir gagnant ?

     

    Invités : 

    - Guillaume Duval, ancien rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques, conseiller auprès de l’Institut Jacques Delors 

    - Vincent Vicard, économiste, responsable du programme Analyse du commerce international au CEPII (Centre d’études prospectives et d’informations internationales).

    49 min
  • Et si la puissance n'appartenait plus aux grandes nations?

    Depuis des décennies, les grandes puissances façonnent l’ordre mondial : les États-Unis, la Russie, la Chine, ou encore les puissances européennes. Mais cet ordre, fondé sur des rapports de force traditionnels et des équilibres géostratégiques figés, est aujourd’hui remis en cause. Dans son dernier essai, « Fin de la politique des grandes puissances », aux éditions de l’Observatoire, Nicolas Tenzer défend l’idée que les traditionnelles grandes puissances voient leurs jours comptés.

    Les États-Unis de Trump ont brisé l’Alliance Atlantique ; la Chine, qui reste une puissance de prédation, s’enlise dans ses contradictions internes ; la Russie quant à elle interroge sur son propre avenir. En face d’elles, émergent des acteurs plus agiles susceptibles de réinventer les règles du jeu international. Les instruments classiques de puissance ne suffisent plus à penser ni à répondre aux crises contemporaines. Ni le droit international, ni les institutions multilatérales, ni même la dissuasion militaire ne semblent capables d’endiguer l’escalade des violences ou d’empêcher les guerres asymétriques. La guerre entre l’Iran et Israël, avec les États-Unis en arbitres ambigus confirme-t-elle l’obsolescence de cette « politique des grandes puissances ? Ou est-elle une expression brutale de plus du rapport de force nu et des sphères d’influence ?

    Invité : Nicolas Tenzer. Enseignant à Sciences Po, blogueur sur les questions internationales sur Tenzer Strategics. « Notre guerre » et « Fin de la politique des grandes puissances », éd. de L'Observatoire. 

    49 min
  • Quels nouveaux rapports de force au Proche et au Moyen-Orient?

    Donald Trump et le Moyen-Orient concentrent l’attention diplomatique. Le cessez-le-feu proclamé par le président américain, entré en vigueur le 24 juin marque-t-il une étape vers la fin du conflit entre Israël et l’Iran après les douze jours de combat initiés par Tel Aviv et l’intervention américaine avec les avions furtifs B2 porteurs de bombes anti-bunker ? Les objectifs que poursuivait le gouvernement israélien ont-ils été atteints ?

    Que sait-on de l’ampleur des dommages subis par les installations nucléaires iraniennes ? Le conflit peut-il reprendre de façon ouverte ou par à-coups ? Quelles conséquences pour la population iranienne ? Le processus de normalisation des relations entre Israël et les pays de la région initié par les accords d’Abraham est-il enterré ? La Pax américana pourra-t-elle s’imposer face à la volonté d’en découdre du gouvernement israélien ? Que sait-on de la doctrine américaine aujourd’hui au Moyen-Orient. Donald Trump peut-il apporter paix et stabilité ou fait-il renaitre les cycles d’influence et de désordre ? Quels nouveaux rapports de force au Proche-Orient ?

    Invités : 

    - Agnès Levallois, présidente de l’IREMMO et chargée de cours à Sciences Po. Auteure du « Livre noir de Gaza », aux éditions du Seuil

    - Adel Bakawan, sociologue. Directeur du European Institute for Studies on the Middle East and North Africa et chargé de cours à Sciences Po Lyon. « La décomposition du Moyen-Orient. Trois ruptures qui ont fait basculer l’histoire », éd. Tallandier

    - Clément Therme, historien des Relations Internationales. Chargé d’enseignement à l’Université Paul Valéry de Montpellier et à Sciences Po. « Idées reçues sur l’Iran », éd. le Cavalier Bleu et « Téhéran-Washington. 1979-2025 », éd. Hémisphères. À paraitre en août 2025.

    49 min

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