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Longtemps marginalisée sur la scène géopolitique mondiale, l’Amérique Latine revient progressivement dans le jeu — non pas tant par une volonté collective affirmée que par les convoitises qu’elle suscite : ses ressources naturelles, ses marchés, ses terres, son positionnement stratégique.
Mais elle affronte les bouleversements géopolitiques actuels dans une position de faiblesse. Les pays du sous-continent sont divisés sur le plan politique et confrontés à de persistantes dynamiques de détérioration économique. Cette situation affecte leurs capacités à parler d’une seule voix dans les affaires du monde. Pourtant la région se trouve au cœur d’enjeux globaux déterminants. Sur le plan stratégique, elle est devenue l’un des principaux terrains de la confrontation engagée entre la Chine et les États-Unis pour la suprématie mondiale et une zone où émergent de nouveaux équilibres, de nouvelles alliances, souvent à géométrie variable. Dans ce contexte tendu, certains pays latino-américains optent pour une stratégie de diversification de leurs alliances. D’autres font le choix de l’alignement avec Pékin ou Washington. Dans quelle mesure l’Amérique Latine pourra-t-elle surmonter ses divisions régionales pour peser davantage en faveur du multilatéralisme et la construction d’un monde multipolaire ? Des rapprochements sont-ils possibles, souhaitables avec l’Europe, elle aussi confrontée à des mises sous tension, en l’occurrence dans son alliance avec les États-Unis.
Regard avec nos invités :
Émission depuis la Maison de l'Amérique Latine à Paris à l'occasion des Semaines de l'Amérique Latine et des Caraïbes.
Trente ans après la fin de la Guerre froide, l’Amérique latine, qui avait suscité tant d’espoirs démocratiques dans les années 1990, semble aujourd’hui confrontée à une nouvelle période d’instabilité politique et institutionnelle. Les transitions démocratiques engagées à la chute des dictatures militaires ont permis des avancées notables : alternances politiques, élections relativement libres, renforcement de la société civile.
Mais ces progrès sont aujourd’hui fragilisés. Dans plusieurs pays de la région, les institutions sont affaiblies, les libertés reculent, et la méfiance envers les partis et les dirigeants est généralisée.
Les causes sont multiples : corruption endémique, violence, inégalités sociales persistantes, essoufflement des modèles de croissance, mais aussi montée en puissance de mouvements populistes, qu’ils soient de droite ou de gauche, qui remettent parfois en cause les principes mêmes de l’État de droit.
Du Venezuela au Nicaragua, du Brésil à l’Argentine, du Pérou au Salvador, la démocratie semble vaciller, entre répression, instabilité, et autoritarisme rampant.
La démocratie latino-américaine est-elle en crise ? Est-elle en train de mourir, ou de se transformer ? Quels sont les leviers de résistance ou de renouveau ?
Émission co-animée avec Olivier Compagnon. Professeur d’Histoire contemporaine à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique Latine. Université Sorbonne Nouvelle. Et directeur adjoint du CREDA.
Depuis la Maison de l'Amérique Latine à Paris à l'occasion des Semaines de l'Amérique Latine et des Caraïbes.
Invités :
Entre l'Est et l'Ouest, entre héritages post-communistes et ambitions européennes, la Roumanie est un pays à la croisée des chemins. Depuis son entrée dans l'Union européenne en 2007, elle a profondément transformé ses institutions, son économie, et sa diplomatie. Ancrée dans l’espace euro-atlantique, elle reste pourtant attentive aux équilibres régionaux et aux pressions géopolitiques, qu'elles viennent de Moscou, de Washington, ou plus récemment de Pékin.
Comment la Roumanie s’affirme-t-elle dans un environnement régional instable, entre la guerre en Ukraine, les tensions dans les Balkans, et les recompositions du monde multipolaire ?
Émission enregistrée depuis Bucarest.
Invités :
La Pologne s’apprête à élire son président dans un contexte politique, social et géopolitique particulièrement chargé... Depuis plusieurs années, ce pays de 35 millions d’habitants joue un rôle-clé au sein de l’Union européenne, tant par sa position stratégique à l’est du continent que par ses choix politiques souvent clivants. La présidence sortante a été marquée par des tensions autour de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et de la place des médias.
À l’international, la guerre en Ukraine a renforcé le rôle de la Pologne comme acteur central du flanc oriental de l’OTAN, mais a aussi exacerbé certaines contradictions internes. Alors que le parti conservateur au pouvoir cherche à maintenir son influence et que l’opposition espère capitaliser sur les récentes mobilisations démocratiques, le scrutin s’annonce décisif pour l’avenir de la démocratie polonaise, son rôle en Europe et sa position sur l’échiquier mondial. L’enjeu de politique intérieure est fondamentalement lié à la trajectoire démocratique du pays, ce qui fait de ce scrutin un test crucial. Regard avec nos deux invités qui sont au téléphone depuis Varsovie.
Plus d’un siècle s’est écoulé depuis le début du mandat britannique sur la Palestine, en 1922. La Palestine est depuis au cœur d’une rivalité entre Juifs et Arabes qui nourrit un conflit sans fin, le plus long conflit contemporain. Un siècle jalonné de guerres terribles et qui est aussi celui d’une histoire palestinienne. Une histoire de dépossession, de lutte, de ségrégation et d’une souveraineté rendue impossible.
La question palestinienne demeure l’un des dossiers les plus sensibles et les plus complexes de la scène internationale.
Entre exil, occupation, négociations avortées, résistances et divisions internes, les Palestiniens incarnent aujourd’hui l’une des dernières grandes causes nationales sans État. Dans ce contexte de blocage, l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a constitué un séisme majeur. Elle a révélé la nature criminelle du Hamas et entraîné des représailles massives d’Israël. Le Hamas a agi au mépris de la population gazaouie et les victimes innocentes se comptent en dizaines de milliers de morts.
Gaza vit une tragédie humaine sans précédent et le massacre du 7-Octobre a nourri une haine réciproque qui représente aujourd’hui un obstacle majeur à toute résolution pacifique de la question israélo-palestinienne, tant les extrémistes des deux camps se trouvent confortés par la situation actuelle. Chacun semble désormais convaincu que la coexistence est impossible. Regard sur la place de la question palestinienne aujourd’hui dans le monde arabe et dans les équilibres géopolitiques mondiaux. Quel avenir pour les Palestiniens ?
Invités :
Édition en partenariat avec la revue Questions internationales « Les Palestiniens. Une nation en quête d’État ».
Discours et actes violents transforment la scène internationale : invasion de l’Ukraine et menaces nucléaires par la Russie, manœuvres militaires chinoises autour de Taïwan, attaque contre Israël le 7 octobre 2023 suivie de la destruction de Gaza par l’État hébreu. Les efforts de paix et de dialogue semblent impuissants face à la brutalité du monde.
Une violence qui paraît bien porter la marque d’une nouvelle ère, celle des hommes forts qui le pari du fait accompli plutôt que de la concertation. Convaincus de la faiblesse des démocraties libérales, leur stratégie est celle de l’intimidation.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, la liste des États et des peuples offensés, intimidés ou stigmatisés par le président et son équipe ne cesse de s’allonger. Ukraine – encore elle – Canada, Groenland, Danemark, Royaume-Uni, Union européenne dénoncée par Trump comme un projet commercial antiaméricain, Égypte et Jordanie sommées d’accueillir deux millions de Palestiniens. Donald Trump est insatiable. Mais il n’est pas le seul.
Sur un autre registre, les efforts de Pékin pour contrôler sa diaspora ne datent pas d’hier, mais ont tendance à se renforcer. Les exemples d’intimidation sont légion du Proche-Orient à l’Asie, du retour de Donald Trump aux provocations nord-coréennes. Le panorama est inquiétant à l’image des dynamiques internationales.
Invité : Frédéric Charillon, professeur des universités, co-directeur du centre Géopolitique, défense et leadership à l’Essec. Auteur de Géopolitique de l'intimidation. Seuls face à la guerre, éd. Odile Jacob.
Il y a cinquante ans, entre 1975 et 1979, le Cambodge sombrait dans l’un des épisodes les plus tragiques du XXe siècle : le génocide perpétré par les combattants communistes cambodgiens, les Khmers rouges, sous la direction de Pol Pot, soutenus par leurs alliés vietnamiens, et pas seulement eux.
En moins de quatre ans que dura cette révolution maoïste devenue totalitaire, génocidaire et ultranationaliste, près de deux millions de personnes – un quart de la population – ont péri, victimes d’exécutions, de famine, de travaux forcés ou de purges idéologiques. Le 17 avril, c’est la date choisie par le président chinois Xi pour fouler le sol cambodgien dans le cadre de sa toute récente tournée en Asie du Sud-Est. Le 17 avril marquant le jour anniversaire de l’entrée des Khmers rouges dans Phnom Penh et le début de leur campagne agraire de terreur appuyée par le Parti communiste chinois.
L’étape cambodgienne du président chinois a été l’occasion de la signature de 37 accords, couvrant des domaines tels que les infrastructures, la santé et la finance. La coopération militaire a par ailleurs été renforcée, notamment avec l’expansion des infrastructures de la base navale de Ream, suscitant des interrogations quant à une éventuelle utilisation militaire chinoise. Plus grand partenaire commercial du Cambodge, la Chine est le premier investisseur étranger dans le pays et détient plus du tiers de la dette extérieure cambodgienne, soit 11 milliards de dollars. Phnom Penh compte aussi parmi les soutiens les plus fiables de Pékin en Asie.
Pays très dépendant de l’aide étrangère, le Cambodge a vécu comme un très rude choc la fermeture par Donald Trump des programmes de l’USAID sans compter l’impact des barrières douanières. Les États-Unis étant le plus grand marché pour les exportations cambodgiennes. Regard sur les défis de ce petit État de 17 millions d’habitants pris en tenaille entre ses deux grands voisins vietnamien et thaïlandais, surplombé par le géant chinois.
Invités :
À lire aussiIl y a 50 ans, la chute de Phnom Penh et l'ascension des Khmers rouges
Retour aux urnes dimanche pour les Roumains, cinq mois après le choc de la présidentielle annulée. Le candidat surprise d’extrême droite a entretemps été exclu de la course et un nouvel acteur s’est immiscé, en la personne de George Simion, un autre leader de l’extrême droite roumaine, très critique de Bruxelles.
Un fan de Trump et une star des réseaux sociaux dont les principaux rivaux sont deux candidats pro-européens : le maire de Bucarest, Nicusor Dan et le candidat de la coalition au pouvoir, Crin Antonescu. L’élection du président roumain est scrutée de près à l’ouest du continent européen, alors que la Roumanie, pays membre de l’UE est devenue un pilier essentiel de l’Otan depuis l’invasion russe de l’Ukraine voisine. Scrutée de près également par les États-Unis qui n’ont pas hésité à exercer des pressions indirectes qui ont beaucoup agité la campagne. Les États-Unis qui disposent de quelque 1 700 soldats américains sur le sol roumain. Jusqu’ici résolument pro-occidentale, la Roumanie fait face à une percée de forces politiques favorables aux intérêts de Moscou et soutenues par l’administration Trump. Le pays est stratégique, qui borde l’Ukraine et la mer Noire.
Invités :
Avec le retour de Donald Trump, l’Europe éprouve un mélange ambigu d’admiration et de méfiance envers Washington. Toujours séduit par le dynamisme et l’esprit d’innovation des États-Unis, le Vieux Continent n’en redoute pas moins leurs ambitions géopolitiques et semble s’apprêter à prendre pour de bon ses distances avec l’Oncle Sam.
L’imposition par l’administration Trump de droits de douane sur les produits européens et les menaces de nouvelles guerres commerciales sont en train de déstabiliser les économies du continent qui reconsidèrent leur dépendance au marché américain et explorent d’autres partenariats. Alors que la croissance mondiale est revue en forte baisse, la zone euro semble moins affectée. Au-delà, l’unité de l’OTAN est mise à rude épreuve poussant l’Europe vers la mise en œuvre d’une plus grande autonomie de défense. Reste que l’adhésion enthousiaste de certains dirigeants européens aux politiques nationalistes de Trump contrastant fortement avec le scepticisme et l’inquiétude des autres mettent en évidence des divisions. Que peuvent faire les Européens face à Trump et laissés seuls face à Poutine ?
Invités :
Dans la continuité du slogan Make America Great Again, Donald Trump se place en rupture avec les grands axes de la diplomatie des États-Unis. Sa présidence est porteuse de grands défis pour le monde tant elle est pour le moins disruptive. Le président américain en déplacement au Vatican, ce samedi, pour les obsèques du pape François, termine les 100 premiers jours de son second mandat, pied au plancher mais qu’il pourrait être contraint de lever.
Religion, immigration ou diplomatie, il a multiplié les déclarations chocs, les annonces fracassantes et les revirements subits. De sa volonté de prendre le contrôle de la bande de Gaza pour en faire la Riviera du Moyen-Orient, d’annexer le Groenland pour ses terres rares, du Canada pour l’intégrer comme le 51è État américain qualifiant au passage la frontière avec le voisin du Nord de « ligne artificielle », du canal de Panama… aux attaques à l’encontre du président ukrainien qualifié de « dictateur sans élection » en passant par les pourparlers avec Moscou tout en contournant les Européens et avec la volonté de renverser la table. Et parce qu’il le peut, il le fait. Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain peine pourtant à résoudre les deux conflits dans lesquels il s’est investi. Ukraine et Moyen-Orient et a allumé une guerre commerciale prioritairement dirigée contre la Chine.
Quels contre-pouvoirs s’il y en a? L’instabilité américaine donne t elle de l’espace à l’influence chinoise ? Une désescalade est-elle en vue?
Invités :
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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