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Dans la continuité du slogan Make America Great Again, Donald Trump se place en rupture avec les grands axes de la diplomatie des États-Unis. Sa présidence est porteuse de grands défis pour le monde tant elle est pour le moins disruptive. Le président américain en déplacement au Vatican, ce samedi, pour les obsèques du pape François, termine les 100 premiers jours de son second mandat, pied au plancher mais qu’il pourrait être contraint de lever.
Religion, immigration ou diplomatie, il a multiplié les déclarations chocs, les annonces fracassantes et les revirements subits. De sa volonté de prendre le contrôle de la bande de Gaza pour en faire la Riviera du Moyen-Orient, d’annexer le Groenland pour ses terres rares, du Canada pour l’intégrer comme le 51è État américain qualifiant au passage la frontière avec le voisin du Nord de « ligne artificielle », du canal de Panama… aux attaques à l’encontre du président ukrainien qualifié de « dictateur sans élection » en passant par les pourparlers avec Moscou tout en contournant les Européens et avec la volonté de renverser la table. Et parce qu’il le peut, il le fait. Depuis son retour à la Maison Blanche, le président américain peine pourtant à résoudre les deux conflits dans lesquels il s’est investi. Ukraine et Moyen-Orient et a allumé une guerre commerciale prioritairement dirigée contre la Chine.
Quels contre-pouvoirs s’il y en a? L’instabilité américaine donne t elle de l’espace à l’influence chinoise ? Une désescalade est-elle en vue?
Invités :
Le domaine spatial connaît d’importantes transformations, quantitatives et qualitatives. On n’a jamais eu autant de satellites en orbite et les lancements spatiaux connaissent une accélération sans précédent. Au-delà, on assiste à des changements profonds, politiques et technologiques. De nouveaux industriels ont investi le secteur spatial - et y ont investi - et certains d’entre eux prennent aujourd’hui un véritable rôle politique. Le phénomène est également plus profond avec cette nouvelle manière qu’ont les principales puissances spatiales « d’habiter » l’espace. C’est le cas pour les gigantesques infrastructures satellitaires que des acteurs privés surpuissants commencent à déployer et qui témoignent d’une tendance grandissante à l’industrialisation.
Il y a aussi des programmes d’exploration habitée de retour sur la Lune ou sur Mars qui visent une expansion durable et ajoutent à l’effervescence d’un tissu industriel en pleine recomposition. L’activité militaire n’est pas en reste et connait une forte intensification. On y voit les États dominants transformer leurs manières d’agir et contribuer à modifier la donne. Quelles conséquences sur les règles du jeu spatial ? En quoi les équilibres mondiaux sont-ils bouleversés ?
► Invité :
La présidence Trump a des conséquences importantes en matière de défense pour l’Europe. Bien que le Président américain soit finalement revenu sur ses propos affirmant que l’Otan n'était en fait plus obsolète, Donald Trump n’a de cesse de critiquer le financement de l’organisation et plus largement le manque d’investissement des pays européens dans leur défense. La fragilisation de la relation transatlantique est là. Fragile aussi la cohésion des pays membres de l’OTAN.
L’Europe doit composer avec une présidence Trump qui s’annonce comme un défi encore plus significatif que la première. La guerre qui fait rage depuis 2022 en Ukraine confirme la fragilité de l’Europe face aux nouvelles ambitions russes. La proximité affichée par Donald Trump avec les dictateurs ou les autocrates et son manque d’intérêt assumé pour les valeurs démocratiques et les droits de l’homme ne peuvent qu’aggraver l’inquiétude des Européens. Une inquiétude largement alimentée par l’incertitude quant aux politiques tant des États-Unis que de la Russie, qui donne toute priorité aux questions stratégiques.
► Invités :
L’exposition universelle d’Osaka 2025 a ouvert ses portes ce 13 avril pour une durée de six mois. À l’heure où les équilibres géopolitiques vacillent en Asie, où les barrières douanières se redressent aux portes des États-Unis, le Japon ouvre les bras au monde entier pour dessiner les contours de la société de demain. Que peut une exposition universelle face aux incertitudes géopolitiques ?
À une époque où certains États utilisent la force pour changer le statu quo et où le leadership américain apparait moins prévisible, le Japon s’impose comme un acteur majeur de la région Indo-Pacifique et de la nouvelle géopolitique mondiale. Discrète, Tokyo contribue pleinement à la dynamique des relations internationales contemporaines, forte d’une diplomatie d’influence centrée sur les valeurs libérales, la coopération entre États et le respect du droit international. Un soft power qui n’empêche pas la renaissance d’un certain militarisme. Quelle place pour le Japon dans la région Indo-Pacifique ? Quel rôle pour Tokyo dans la préservation des grands équilibres du monde actuel ? Quels défis face aux attaques à la fois de la Chine, de la Russie et des États-Unis… sans compter la Corée du Nord qui n’est pas loin ?
Invités :
Édition en partenariat avec la Revue internationale et stratégique : « Le Japon et les métamorphoses de la puissance ».
Semaine plutôt folle sur le terrain des barrières douanières. Après l’annonce par Donald Trump d’un gel de 90 jours des taxes à l’importation qu’il venait d’imposer à une soixantaine de pays et partenaires, mais du maintien de celles imposées à la Chine, qu’il a au passage relevées à 125%, Pékin a appelé au compromis, ouvrant la porte à des négociations. Un revirement inattendu du président américain. La Chine de son côté annonce vouloir se battre jusqu’au bout tout en souhaitant un dialogue mené sur un « pied d’égalité et basé sur le respect mutuel ». C’est essentiellement sur le terrain de Xi Jinping que la bataille planétaire engagée par Donald Trump se joue. Les leviers de Pékin ne manquent pas, à commencer par les terres rares sur lesquelles la Chine s’est assurée une mainmise de la production.
La Chine est entrée dans le nouvel âge de « MAGA », « Make America Great Again », en étant plus forte que lors du premier mandat de Donald Trump. Le rapport de force est à un niveau élevé.
Invités :
L’arrestation du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, a suscité une onde de choc en Turquie et à l’international. Accusé de corruption et de soutien au terrorisme, le principal rival politique du président Erdogan a été incarcéré le 23 mars 2025, déclenchant des manifestations massives à travers le pays.
Cet évènement soulève des questions cruciales sur le calendrier de cette arrestation, l’état de la démocratie en Turquie, les motivations du président Erdogan et la capacité de l’opposition à maintenir la pression sur le gouvernement.
Erdogan est au pouvoir depuis 22 ans et œuvre à l’érosion de la démocratie turque alors que la Turquie était jusqu’à présent un pays où l’opposition pouvait gagner des élections. Ce n’est plus le cas.
L’arrestation d’Ekrem Imamoglu marque un tournant, tandis que l’Europe est occupée par l’Ukraine et ses difficultés avec Donald Trump. Ankara défend Kiev sans rompre avec Moscou. Stratégie qui lui confère une position unique. La Turquie est ainsi une alliée majeure et incontournable pour l’Europe, face au désengagement américain. L’armée turque, la deuxième plus importante de l’OTAN est plus vitale que jamais et Erdogan a bien compris que sa fuite en avant autoritaire ne mobiliserait pas les foules en dehors de la Turquie.
Invités :
Plus de 70 jours que Donald Trump est à la Maison Blanche. On assiste à un basculement géopolitique depuis le début de sa mandature avec des conséquences importantes sur les relations internationales construites depuis la guerre. Sur le plan intérieur, affaiblissement des contre-pouvoirs : Congrès, justice, presse… L’essence démocratique du système politique américain apparait menacée.
Le regard d'un Américain.
L’Europe fait face à une situation géopolitique inédite, marquée par l’incertitude entourant la politique américaine et l’agressivité russe. La guerre en Ukraine a poussé les Européens à renforcer leurs capacités de défense, mais des interrogations demeurent sur leur capacité à structurer une stratégie commune.
Les Européens ont compris que les États-Unis ne sont plus un allié fiable pour assurer la défense de l’Europe. Une diplomatie de la force se met en place avec des menaces économiques réelles via des taxes sur les produits que les Européens exportent vers les États-Unis. Un double basculement est intervenu, idéologique et économique. La guerre n’est plus un objet lointain. Elle devient un possible. L’inquiétude prédomine désormais en Europe. Inquiétude, mais aussi indignation d’une certaine manière. Indignation et également colère. L’attitude du président américain constitue un tournant. La géopolitique mondiale est en pleine recomposition.
Invité :
Thierry de Montbrial, fondateur et président de l'IFRI.
« L’ère des affrontements. Les grands tournants géopolitiques. Comment en est-on arrivé là ? » éditions Dunod.
Avec 1,45 milliard d’habitants, l’Inde est désormais devant la Chine le pays le plus peuplé de la planète et, à la différence de celle-ci, continue de voir sa population augmenter. L’Inde est, par ailleurs, la cinquième puissance économique mondiale.
Narendra Modi, le très autoritaire et nationaliste dirigeant indien s’est fixé comme objectif de faire de l’Inde la 3è économie mondiale à l’horizon 2030 et d’en faire un pays développé d’ici à 2047, qui correspondra au centenaire de l’indépendance du pays.
Le 14 février 2025, Narendra Modi rencontrait Donald Trump à Washington. Deux semaines plus tard, Ursula von der Leyen était reçue à New Delhi. Longtemps l’Inde s’est méfiée de l’Union européenne. New Delhi préférait négocier en bilatéral avec Paris ou Berlin, plutôt qu’avec Bruxelles. Mais les temps ont changé pour le géant asiatique comme pour l’Europe, chamboulée par le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Les deux blocs partagent la même faiblesse, leur dépendance à la Chine. La présidente de la Commission européenne s’est engagée avec le Premier ministre indien à finaliser un accord de libre-échange d’ici à la fin de l’année et à diversifier la coopération en l’ouvrant sur la sécurité et la défense. La Commission espère trouver dans le marché indien de nouveaux débouchés, notamment pour les voitures, les produits agricoles, le vin et les spiritueux. Une ère nouvelle est-elle en train de s’enclencher entre l’Inde et l’UE alors que l’Europe est le premier partenaire commercial de l’Inde devant les États-Unis et la Chine ? L’Inde reste un pays ultra-protectionniste. Le contexte international donnera-t-il le coup de pouce nécessaire pour dépasser les blocages ?
Invités :
Co-auteur de « Les défis du Make in India » et « Les dynamiques régionales contrastées de l’Inde ». Institut Montaigne.
Oubliée en Syrie, l’euphorie qui avait suivi la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre 2024, après 13 ans de guerre civile. Début mars 2025, près de 1 500 personnes, ont été tuées en quelques jours dans l’ouest du pays. Des violences déclenchées par une attaque de partisans du clan Assad contre les forces de sécurité ou groupes alliés.
S’en sont suivies des représailles aveugles : un millier de civils majoritairement alaouites ont été victimes d’exécutions sommaires. Les vidéos des exactions ont choqué les Syriens qui voulaient croire à l’apaisement et l’unité nationale promis par Ahmed al-Charaa, djihadiste repenti d’al-Qaïda, chef du groupe islamiste sunnite radical HTC (Hayat Tahrir Al Cham), devenu président par intérim de la Syrie.
Alors la transition en Syrie est-elle menacée ? Faut-il craindre un nouvel embrasement du pays ? Ahmed al-Charaa est-il capable de cimenter une Syrie ruinée, morcelée en communautés ? Saura-t-il contrôler les plus radicaux de ses partisans et calmer la soif de revanche des loyalistes pro-Assad ?
Le mouvement HTC au pouvoir depuis 3 mois s’est-il vraiment déradicalisé, ou est-ce une stratégie pour séduire les Occidentaux ? Quelle place la Syrie veut-elle occuper sur l’échiquier régional et quelle est sa politique vis-à-vis des grandes puissances ? Faut-il plus que jamais soutenir la transition en Syrie ou rester circonspect ?
Avec
- Hala Kodmani, Franco-syrienne, grand reporter au journal Libération, a publié en 2017 « Seule dans Raqqa », aux Équateurs
- Aghiad Ghanem, chercheur franco-syrien, docteur en Relations internationales et enseignant à Sciences-Po Paris, spécialiste des alaouites
- Anthony Samrani, co-rédacteur en chef du quotidien libanais L’Orient le Jour, a publié dans la collection Tracts de Gallimard « Vu du Liban, la fin d’un pays, la fin d’un monde ? ».
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Géopolitique parcourt les grandes régions du monde auxquelles sont associés des enjeux majeurs. Marie-France Chatin invite au débat chercheurs et experts, afin que soient expliqués et mis en…
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