Géopolitique

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Géopolitique episodes

  • L’Europe sous pression russe

    La Russie poursuit sa guerre d’Ukraine. Deux émissaires de Donald Trump étaient la semaine dernière à Moscou où ils ont rencontré Vladimir Poutine, avant de se rendre à Kiev. Aucune avancée concrète n’a été annoncée et les frappes ont repris dès leur départ.

    Côté russe, dans la perspective du scrutin des 18 et 20 septembre 2026 visant à l’élection des députés de la Douma d’État, premières législatives en Russie depuis le début de la guerre, il y a quatre ans et demi, la rumeur court d’une nouvelle et importante vague de mobilisation post-électorale.

    Durant la campagne précédant le scrutin, le chef du Kremlin a égrené des discours de plus en plus agressifs sur le plan militaire faisant craindre qu’en l’absence de victoire sur le terrain, la Russie envisage d’intensifier l’offensive, et en interne le régime ne cesse de se durcir. La rhétorique d’escalade se fait de plus en plus cohérente dans laquelle la guerre en Ukraine est replacée dans une confrontation plus large avec l’Europe.

    Invitée : 

    Céline Marangé. Docteure en Science politique, spécialiste de la Russie et de l’espace post-soviétique, chercheuse à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, La guerre d’Europe a commencé, éditions les Arènes, Prix du Livre Géopolitique 2026. 

    49 min
  • La Terre brûle, la diplomatie ferme les yeux?

    Après un été de canicules, d'incendies et de sécheresse, 99 départements en vigilance, la pire saison de feux en France depuis 2012, plus de 32 000 décès excédentaires en Europe, la COP17 sur la désertification s'est achevée le 28 août sans la moindre décision contraignante, et le traité sur le plastique est repoussé à 2027. La question n'est pas seulement de savoir pourquoi ça échoue, mais à qui profitent ces blocages. Et où la coopération continue malgré tout, à trois mois de la COP31 d'Antalya.

    Avec :

    • Mathilde Jourde, chercheuse à l'Iris, responsable du programme climat, environnement, sécurité, co-directrice de l'Observatoire défense et climat
    • Sébastien Treyer, directeur général de l'Iddri
    49 min
  • IA, la diplomatie au bout du câble

    On présente volontiers l'intelligence artificielle comme la nouvelle arme diplomatique, avec ses sommets, ses standards et ses alliances technologiques. Mais dès qu'on gratte, on retombe sur du très physique : des térawattheures, des semi-conducteurs, des terres rares. Point de départ, l'audition d'Arthur Mensch à l'Assemblée nationale, où le patron de Mistral a résumé son métier d'une phrase : transformer de l'électricité en tokens ; et la question devient : peut-on prétendre à une souveraineté numérique quand on ne maîtrise pas ses électrons ?

    Émission enregistrée lors de la Fabrique de la diplomatie.

    Avec :

    • Camille Boulenguer, économiste, chercheuse à l'Iris, directrice de l'Observatoire géopolitique du numérique et des technologies émergentes
    • Francis Perrin, directeur de recherche à l'Iris, chercheur associé au Policy Center for the New South (Rabat), spécialiste des questions énergétiques
    49 min
  • Les ruptures technologiques désormais au cœur des rapports de puissance

    Depuis 1945, la puissance se mesurait à l’aune de la capacité de projection : dollars, porte-avions, bases militaires. Aujourd’hui, ce paradigme s’effondre. Les États-Unis, hyperpuissance incontestée, échouent à imposer leur volonté, en Irak, en Afghanistan, et peinent à contenir l’Iran. À l’inverse, des puissances régionales, voire des acteurs non étatiques, parviennent à tenir en échec les géants traditionnels. La puissance a-t-elle simplement changé de nature ?

    Ne résiderait-elle plus dans la capacité de construire, mais dans celle de détruire, de nuire, de bloquer ? L’exemple du détroit d’Ormuz, où l’Iran transforme un goulot d’étranglement maritime en arme de dissuasion massive, illustre ce basculement vers une « puissance de nuisance ».

    Enfin, dans la course à la puissance, un nouvel élément est désormais à prendre en compte : l’intelligence artificielle. La maitrise des algorithmes, des données et des semi-conducteurs redéfinit la hiérarchie des nations. La puissance de demain se mesure désormais en téraoctets et en capacité de calcul plutôt qu’en nombre de divisions blindées. Les ruptures technologiques rendent les hiérarchies économiques et militaires instables et en permanence susceptibles d’être renversées par la percée novatrice d’un adversaire.  

    Invités : 

    • Sabine Jansen, rédactrice en chef de Questions internationales, professeure des universités au CNAM et chercheuse associée à Paris Cité
    • Frédéric Ramel, professeur des universités en science politique à Sciences Po, coordinateur du réseau thématique du Groupe de recherche sur l’action multilatérale au CNRS
    • Guillaume Heim, haut fonctionnaire à la direction générale des entreprises du ministère de l’Économie et des Finances, spécialiste des enjeux technologiques et de leur dimension stratégique. Enseignant à l’université Paris-Panthéon-Assas. 

    Édition en partenariat avec la revue Questions internationales : « Les empires contre-attaquent. La puissance au 21ᵉ siècle ».

    À lire aussiNouvelles technologies et enjeux géopolitiques

    49 min
  • Trump, Kim Jong-Un et les alliances américaines: comment la Corée du Nord modifie les rapports de force en Asie

    Donald Trump affirme vouloir rencontrer Kim Jong-un plus tard dans l’année. Pyongyang n’a toutefois pas confirmé l’existence d’un véritable échange entre les deux dirigeants : le leader nord-coréen reconnait la qualité de leur relation personnelle tout en rejetant l’idée que cette relation puisse modifier les intérêts stratégiques nord-coréens.

    Le geste américain récent et concret a été la réduction des exercices militaires avec la Corée du Sud, lesquels ont été raccourcis de onze à cinq jours, tandis qu’un autre exercice prévu en septembre a été annulé, Washington invoquant notamment les contraintes liées à la guerre avec l’Iran. L’hypothèse d’un succès diplomatique après l’Iran doit être accueillie avec prudence. Kim Jong-un dispose aujourd’hui de marges de manœuvre plus importantes qu’en 2018-2019. La Corée du Nord s’est rapprochée de la Russie, notamment par une coopération militaire liée à la guerre en Ukraine, tout en maintenant ses liens économiques fondamentaux avec la Chine. Que cherche Washington et que peut obtenir Pyongyang ? Vers une Asie plus autonome militairement ? La Corée du Nord modifie-t-elle les rapports de force en Asie ? 

    Invité :

    • Pierre Grosser, historien, professeur à Sciences Po et membre du centre d’histoire de Sciences Po. « Histoire mondiale des relations internationales » chez Bouquins et « États-Unis/Chine, l’autre guerre froide » aux CNRS éditions.

    À lire aussiÉtats-Unis: le président Donald Trump déclare qu'il rencontrera Kim Jong-un cette année

    49 min
  • Canicules, guerres et exodes : le visage incertain de 2026

    Le monde a rarement vécu dans un environnement aussi hostile. Guerre commerciale; conflit en Iran dont personne ne voit l’issue ; deux front ouverts par Trump. Et pourtant le commerce mondial ne cesse de croître. Les échanges se réorientent ; de nouvelles alliances se nouent. Tout cela consacre par ailleurs la super puissance de la Chine. Car les droits de douane ont jeté nombre de pays dans les bras de l’ogre chinois, dont les produits inondent la planète et dont la balance commerciale bat tous les records. La réalité du monde, c’est aussi le Moyen Orient en feu, et le climat en rage, témoignant d’un grand désordre mondial.

    Invité :

    Bertrand Badie, professeur émérite des universités à Sciences Po. Auteur d’une trentaine d’ouvrages. Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale chez Odile Jacob est le dernier.

    49 min
  • Espagne : climat politique sous forte tension

    Il y a quatre-vingt dix ans, l’Espagne basculait dans la guerre civile. Le 17 juillet 1936, le pays entrait dans l’une des tragédies majeures du XXè siècle, une guerre qui a brisé durablement la société espagnole et dont les mémoires restent, aujourd’hui encore, profondément disputées.

    Et si l’Espagne regarde encore autant son passé, c’est aussi parce qu’elle est traversée, au présent, par de fortes tensions politiques : sur la mémoire, sur les autonomies, sur le rapport à l’opposition, sur la place du pays en Europe et dans le monde. Que nous dit encore 1936 de l’Espagne d’aujourd’hui ?

    Dans un contexte assombri par les scandales de corruption qui planent sur son entourage et l’orbite du PSOE, comme du gouvernement, Pedro Sanchez conduit un pays toujours travaillé par de fortes crispations.

     

    Invités :

    • Amalio de Marichalar y Saenz de Tejada, coordinateur d’« Espagnol à Espagnol pour la Constitution » et de 33 associations de la société civile de toute l’Espagne
    • Miguel Angel Garcia Carrasco, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique
    • Benoît Pellistrandi, historien, spécialiste de l’Espagne. Les fractures de l’Espagne. De 1808 à nos jours, collection Histoire chez Folio.

       

    49 min
  • Vladimir Poutine : vers l'escalade?

    Le monde occidental vit une crise civilisationnelle et politique qui exprime tout à la fois un vertige sur l’état des lieux, une perte de sens, un doute sur ses capacités, une haine de soi et une peur de la disparition qui se traduit aujourd’hui par la gigantesque insurrection antisystème qui secoue les démocraties d’Occident. Cette crise est une crise majeure faite de critiques en tous genres qui viennent saper les bases de notre civilisation au risque de la détruire.

    À quoi s’ajoute l’autoritarisme qui s’affirme sur la scène politique trumpienne. Autre réalité, elle aussi destructrice. Affaibli par ses doutes et le schisme apparu brutalement entre l’Europe et l’Amérique de Donald Trump, l’Occident est par ailleurs confronté à une coalition dont la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping sont les leaders incontestés liés par un ressentiment historique qu’ils nourissent vis-à-vis de l’Occident et par la peur de l’attraction que la liberté occidentale pourrait susciter chez leurs peuples. Ils voient l’Occident comme l’ennemi à abattre et mènent contre lui une guerre hybride à grande échelle, qui connecte tous les théatres d’opérations.

    Invité : 

    Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Français de Géopolitique, directeur de recherche à l’Institut Thomas More et collaborateur de Desk-Russie. Dictionnaire Géopolitique du Monde Occidental, Presses Universitaires de France.

    49 min
  • Les États fantômes: un monde où exister est un combat de tous les instants

    Sur une carte du monde officielle, on compte 193 États membres de l’ONU. Pourtant, il en existe bien d’autres, invisibles ou presque, qui défient les frontières tracées par le droit international : la Palestine, la Transnistrie, Taïwan, le Somaliland, l’Abkhazie, le Haut-Karabakh… Ils sont plus d’une centaine à défier les règles du jeu. Ces territoires, que Lukas Aubin qualifie d'« États fantômes », ne sont pas reconnus par la communauté internationale, ou seulement par une poignée de pays.

    Pourtant, ils exercent une influence croissante sur la scène géopolitique, bousculant les équilibres régionaux, alimentant les conflits, et remettant en cause l’ordre mondial tel qu’on le connaît.

    Pourquoi ces entités persistent-elles malgré leur statut ambigu ? Comment survivent-elles économiquement, politiquement, voire militairement ? Et surtout : que nous disent-elles des failles du système international ?

    Invité :

    Lukas Aubin, directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste de la géopolitique de la Russie et membre associé du Centre de recherches pluridisciplinaires et multilingues à l’université Paris Nanterre. 

    49 min
  • Le discours antidémocratique peut-il encore être combattu?

    La « guerre de l’information » est sur toutes les lèvres. Depuis la crise sanitaire et plus encore avec le conflit en Ukraine, cette guerre qui n’est ni militaire, ni sociale, ni économique, déchire le débat public. Chacun veut imposer sa manière de raconter le monde, on peine à se mettre d’accord sur un récit commun. La vérité est devenue un champ de bataille. Et cette bataille – narrative et sémantique – a renforcé les dictatures en sapant la confiance de l’opinion publique envers les démocraties. Comment expliquer une telle victoire du discours antidémocratique, tant sur le plan géopolitique que dans nos sociétés ? Et surtout peut-on encore le combattre ?

    Invitée : 

    Marie Peltier, historienne, essayiste et chercheuse. Elle est spécialiste des questions de propagande des régimes autoritaires, de manipulation des médias et du conspirationnisme contemporain. La bataille des récits. Comment la propagande antidémocratique a mis à mal nos sociétés aux éditions Stock.

    49 min

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