Viser une Ă©galitĂ© professionnelle chiffrĂ©e entre hommes et femmes, ou une Ă©galitĂ© des chances, change la maniĂšre de rĂ©aliser lâĂ©galitĂ©. Câest la question des indicateurs qui est en fait posĂ©e : des objectifs chiffrĂ©s sont en gĂ©nĂ©ral nĂ©cessaires pour enclencher et mesurer le progrĂšs mais quels indicateurs sont vraiment lĂ©gitimes pour rendre compte dâune rĂ©alitĂ© qui sâancre dans une telle complexitĂ© humaine et sociale ? Happy Men Share More se propose dâĂ©clairer le sujet, sans cacher sa prĂ©fĂ©rence...
Les indicateurs chiffrĂ©s se rĂ©fĂšrent implicitement, quâon le veuille ou non, Ă un idĂ©al de paritĂ©. Dans cette logique, si inĂ©galitĂ©s entre hommes et femmes il y a, elles proviennent nĂ©cessairement de discriminations qui sont alors des injustices. Pour rĂ©parer ces injustices, on cherchera Ă identifier, puis Ă Ă©liminer, ce qui les a gĂ©nĂ©rĂ©es. Quand on nây arrive pas, ou pas assez, ou pas assez vite, on peut choisir la maniĂšre forte, les quotas, quâon appelle aussi la discrimination positive. Cette approche donne immĂ©diatement de bons rĂ©sultats chiffrĂ©s, ce qui plaĂźt toujours dans le monde du management et de la communication. NĂ©anmoins le tableau a aussi un cĂŽtĂ© sombre : lâillĂ©gitimitĂ© des personnes nommĂ©es par quotas et la discrimination de celles qui nâont pas Ă©tĂ© nommĂ©es en raison de quotas. Pire encore, les quotas, en Ă©galisant artificiellement les chiffres, masquent en fait lâabsence de vrai changement dans les rĂ©alitĂ©s qui ont gĂ©nĂ©rĂ© les discriminations. LâinĂ©galitĂ© attendra son heure pour sâimposer Ă nouveau.Â
LâidĂ©al de paritĂ© suppose aussi, comme un fait dĂ©montrĂ©, que non seulement les hommes et les femmes aient les mĂȘmes compĂ©tences, mais aussi la mĂȘme maniĂšre dâaborder les choix qui leurs sont proposĂ©s. Elle suppose que hommes et femmes, statistiquement, veulent professionnellement la mĂȘme chose, partout et tout le temps. Si diffĂ©rences de choix il y a, celles-ci ne peuvent alors que provenir de processus discriminatoires qui empĂȘchent les hommes et les femmes de choisir en des termes identiques. Il importe alors de dĂ©montrer que les compĂ©tences nâont pas de sexe, et que les diffĂ©rences psychologiques Ă©ventuelles entre hommes et femmes sont construites et non sexuĂ©es.Â