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By Institut Français de la ModeEducation
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IFM episodes

  • Penser les nouvelles métamorphoses du visage humain
    Comment penser le visage à l'ère de la convergence de la chirurgie, des neurosciences, de la data science ? Le visage est une catégorie philosophique fondamentale qui s’expose à être revisitée à la lumière des avancées des sciences médicales et des neurosciences computationnelles. Les technologies d’aujourd’hui (chirurgie réparatrice et esthétique, mais aussi intelligence artificielle, apprentissage profond, vision par ordinateur…), permettent de reconstruire non seulement le visage humain, mais également l’idée qu’on a de lui. Les avancées technologiques contemporaines conduisent à repenser un certain nombre de concepts à commencer par celui du « beau », qui était une notion universelle jusqu’à Kant.
    Dans la philosophie d’Emmanuel Lévinas (1906-1995), le visage est la base de l’éthique qui est pour lui la « philosophie première », plus importante à ses yeux que la métaphysique ou science de l’être. Le « visage de l’autre homme » est au cœur de cette pensée. Etre en présence de l'autre, de son visage, c'est avoir l'idée de l'infini. Le visage manifeste l’humanité de chacun d’entre nous. Il est le lieu de notre vulnérabilité et de notre relation à autrui, à travers le regard et la parole. Le visage est l’image de l’être singulier, totalement irremplaçable. Tout visage est unique, il est la première partie du corps que chacun révèle et expose.
    Une autre tradition philosophique, celle de Leibniz (1646-1716), envisage les choses différemment. Chez Leibniz, le visage peut être réduit à des équations mathématiques. Le visage présente un ensemble de points singuliers et uniques : « il n’y a point de visage dont le contour ne fasse partie d’une ligne géométrique et ne puisse être tracé tout d’un trait par un certain mouvement réglé » (Discours de métaphysique, 1686). Tout visage s’inscrit dans une géométrie, circonscrit dans sa forme particulière…
    Les intuitions de Leibniz trouvent un écho particulier avec les progrès contemporains de l’intelligence artificielle et des sciences cognitives. Aujourd’hui, on observe une « géométrisation » du visage grâce aux neurosciences computationnelles et au techniques de « codage facial » (facial coding) développées par les acteurs de l’économie numérique. La reconnaissance automatique des expressions faciales fait des progrès quotidiennement. Les machines savent désormais détecter, analyser et surtout reconstituer l’ensemble des expressions faciales et des émotions humaines telles qu’elles se lisent sur le visage. Le débat est ouvert : ces développements (utilisés notamment dans le marketing) permettent-ils de décrypter fidèlement l’alphabet des expressions du visage ou n’en donnent-ils qu’un artefact ?
    Une conférence de Bruno Teboul, spécialiste de Philosophie et de Sciences Cognitives, chercheur associé à l’Université de Technologie de Compiègne (Costech), cofondateur de la Chaire Data Scientist de l’École polytechnique.
    Festival IFM, 26 juin 2020.
    53 min
  • Gérer une jeune marque de mode en 2020
    « Mon grand-père et mon arrière-grand-père étaient tailleurs. Ils ne voulaient pas que leurs enfants fassent le même métier qu’eux. Mes parents sont devenus avocats et je devais l’être aussi » : Zoé Leboucher (31 ans), a finalement créé une marque de tailleurs pour femmes (« Admise », qui propose un vestiaire féminin « utile, élégant et intemporel ») après avoir fait des études de droit à la Sorbonne. Elle raconte ici son aventure entrepreneuriale (« on n’est jamais prêt, il faut oser se lancer »), en insistant sur le rôle des bonnes rencontres qui se font souvent par hasard. Elle raconte les étapes-clés du développement d’une entreprise et les difficultés qui, pour être nombreuses, n’empêchent pas le bonheur de construire librement sa vie professionnelle avec une équipe de proches. Comment convaincre un fabricant de réaliser de petites quantités ? Comment éviter d’accumuler des stocks ? Comment convaincre un investisseur de soutenir le projet ? Comment le soutien d’amies influenceuses sur Instagram fait-il évoluer la marque ? Deux leçons, notamment, se dégagent de cette expérience : « la clé n’est pas le chiffre d’affaires, mais la rentabilité de l’entreprise », et « on ne peut pas, aujourd’hui, lancer une marque de vêtements qui soit uniquement une marque de vêtements ».
    1 hr 2 min
  • Maîtriser la donnée pour une mode plus éthique
    « Le textile n’est pas loin de sa crise de la vache folle », estime Josselin Vogel, co-fondateur en 2018 de ViJi, une startup qui se donne pour mission de récolter, structurer et valoriser les données relatives à la RSE (responsabilité sociale et environnementale) au service des marques. Croiser les informations permet d’accroître la valeur du produit : il s’agit de doter les entreprises d’un « tuyau unique » permettant de récolter et d’authentifier les informations des fournisseurs, souvent dispersées aujourd’hui sur des fichiers Excel non réunis entre eux. Beaucoup de marques de mode ne savent pas, par exemple, mesurer le pourcentage de coton bio dans leurs collections.
    Or le consommateur veut aujourd’hui savoir la composition du produit, son origine, la signification des labels qu’il affiche. Il s’agit de « valoriser les actions RSE dans le parcours d’achat », en partenariat avec les entreprises, sachant qu’un millenial sur deux déclare pouvoir quitter une marque pour « manque d’éthique ».
    Cette démarche de traçabilité n’est pas la même que celle qui consiste à « mettre une note à un produit », car les normes textiles sont diverses et hétérogènes (beaucoup plus que dans l’agro-alimentaire). Rien n’impose par exemple de privilégier un produit en cuir vegan plutôt qu’un produit en cuir animal avec des critères qui relèvent d’un côté du bien-être animal et de l’autre, de l’acceptation ou non des dérivés de l’industrie pétrolière. « Aujourd’hui, produire c’est polluer, et aucun produit ne peut rassembler tous les critères RSE ». Viji veut offrir une vitrine aux producteurs vertueux sans faire de la RSE un « haut-parleur marketing ».
    1 hr 1 min
  • Rencontres EMBA 14 mai 2020
    Vous souhaitez obtenir des informations sur notre Executive MBA et n'avez pas pu participer aux Rencontres le 14 mai dernier ? Retrouvez le podcast de la séance en présence des responsables du programme, des équipes Carrières de l'EMBA, et découvrez les témoignages de Cécilia Sebaoun (promotion 2016), VP Development & Production Wardrobe NYC, USA (précédemment Responsable Atelier & Développement Prêt-à-Porter chez Kenzo Mode) et Chehrazad Laurent (promotion 2020), Senior International Tax Manager, Direction Fiscale Mode et Maroquinerie, Groupe LVMH.
    1 hr 38 min
  • Learning from the best : A class with Maïda Gregori-Boina
    This podcast was recorded on december 18th, 2019 durig a class given at Institut Français de la Mode to our Fashion Image major students.
    Maida Gregori-Boina has become one of the industry’s most successful and sought-after casting directors, responsible for selecting models for some of the biggest runways in the world.
    With the quickly changing landscape of fashion, Maida focuses her attention on the building of iconic imagery through the casting of a compelling, yet curated, edit of faces to narrate identifiable insight into a brand’s visual communications; ultimately, making for an unmistakable brand message.
    She has casted shows for Jil Sander, Givenchy with Alexander McQueen, Balenciaga with Nicolas Ghesquiere, Roberto Cavalli, Halpern, Acne Studios, Dior, Azzedine Alaïa, Calvin Klein, Edun, Élie Saab, Hermès, Iris Van Herpen, Raf Simons, The Row and Zac Posen. She has also been responsible for launching the runway careers of Lara Stone and Karlie Kloss, among many others.
    Maida has styled editorials for i-D magazine, The Face and Vogue Hommes International. It was through her work in styling musicians that she first met Raf Simons, a longtime creative collaborator, working with everyone from Madonna, Michael Jackson, Elton John, and Vanessa Paradis, to rock bands like The Cult and the Smashing Pumpkins. In addition to this work, Maida has been an integral part to the Festival de Hyeres for decades, she is the Festival Art Director. The annual festival promotes young creation in fashion, photography and fashion accessories areas. Maida has helped to launch careers of many young designers thorough the festival like … Anthony Vaccarello, Felipe Oliveira Baptista, Julien Dossena and recently the Boter duo.
    1 hr 27 min
  • Agnès Sorel (1422-1450)aux sources de l'art de vivre français
    Yves Saint Laurent, Helmut Newton, Jean-Paul Gaultier, Alexander McQueen… Les grandes figures de la mode (couturiers ou photographes) se sont souvent référés à Agnès Sorel (1422-1450). Dès la fin du Moyen-Âge, la favorite du roi Charles VII, incarne un personnage déterminant, précurseur, initiateur de l’ « art de vivre à la française », et ce bien avant les fastes de Versailles. Elle a réussi à transformer la vie de la cour en instaurant un art de vivre et un raffinement qui n’existait pas à son époque, prouvant que la transformation sociale passe, pour une part non négligeable, par l’esthétique, le bien-être, le goût des plaisirs et de la sensualité.
    Autour de Charles VII, il y a eu deux femmes particulièrement importantes : Jeanne d’Arc et Agnès Sorel. La première a redressé la France militairement, la seconde a introduit à la Cour une nouvelle esthétique et un art de vivre qui ont renforcé le statut et l’existence de l’Etat, quelques années avant l’œuvre de consolidation politique de Louis XI.
    Agnès Sorel n’a pas seulement incarné le merveilleux et l’enchantement d’une beauté « érotisée ». Elle a été une « guerrière de la beauté », insufflant de l’audace et du courage dans un environnement contraignant. Avec elle s’impose l’idée que la beauté transforme le monde, que l’art de vivre a un fort impact sur la société et que l’apparence, le bien-être et les plaisirs futiles sont au cœur de la transformation sociale.
    Une conférence de Leonardo Marcos, artiste :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonardo_Marcos
    1 hr 12 min
  • Habiter dans 20 ans
    L’évolution des villes et du logement reflète en profondeur l’évolution des styles de vie. Comment habiterons-nous dans 20 ans ? Quels seront nos nouveaux usages ? Comment définir la notion d’ « habitat durable » ? Les « manières d'habiter » croisent l’évolution des modes de vie à travers des événements comme la pandémie du coronavirus et ses effets sur le télétravail, par exemple ; mais aussi et surtout à travers des tendances de long terme comme la redéfinition de la vie familiale, le vieillissement de la population, le développement de la mobilité et de l'économie du partage...
    Des pratiques nouvelles (colocation, locations temporaires) définissent de nouveaux modes de logements et entraînent des modifications de l’urbanisme, dans le sens d’une mixité croissante des usages et d’une meilleure valorisation d’espaces occupés de manière discontinue ou temporaire. Partager sa voiture était encore considéré comme improbable il y a quinze ans. Dans le domaine du logement, on observe de la même façon un besoin croissant d’habitat partagé.
    Des contrastes importants opposent, en France, des territoires en développement (qui ne sont pas tous des centres urbains), et des zones moins denses. Les métropoles risquent de ne plus être accessibles à une part croissante de la population, en raison du coût d'accès trop élevé au logement en ville-centre. Un mouvement d'étalement urbain qui permet de loger les citadins aux alentours des métropoles entraîne des coûts d'infrastructure particulièrement lourds et n'est pas soutenable d'un point de vue environnemental.
    Plusieurs scénarios d'avenir sont possibles : une tendance à la « concentration métropolitaine », une autre à la « saturation urbaine », une autre à « la révolution du partage » et enfin une dernière à un « réseau de métropoles » qui permettrait d'imaginer un rapport équilibré au territoire, prenant en compte la lutte contre les inégalités, les impératifs environnementaux et la qualité de vie.
    Une conférence de Marc-Olivier Padis, directeur des études de Terra Nova (think tank progressiste indépendant « ayant pour but de produire et diffuser des solutions politiques innovantes en France et en Europe »).
    1 hr 14 min
  • Comment améliorer la créativité en entreprise : panorama des méthodes innovantes
    Depuis plusieurs décennies, le champ de la créativité ne cesse de se déployer dans l’entreprise : d’abord au service de l’innovation produit, puis managériale (champ privilégié : le marketing) et enfin sociale, désormais au cœur des départements de ressources humaines. La créativité est devenue un actif de l’entreprise au même titre que les machines et un élément d’attractivité pour les collaborateurs : de plus en plus d’entre eux sont attirés par des entreprises qui possèdent une « culture de la créativité ».
    Qu’est-ce la créativité ? Attention à ne pas confondre créativité et innovation : la première est une capacité cognitive, la deuxième est un résultat concret La créativité est une capacité renforcée à avoir des idées qui remettent en cause les habitudes, une disposition à « voir les choses différemment ». C’est une culture qui permet l’innovation, cette dernière pouvant être comprise comme une « perturbation qui permet de créer de la valeur économique et humaine » et un moyen d’entraîner une transformation plus globale des organisations et des systèmes. La créativité peut être « correctrice » ou « transformante ».
    Aujourd’hui considérées comme des nécessités, les méthodes de créativité (méthodes des « six chapeaux », « creative problem solving », brainstorming, « design thinking »…) se sont sensiblement développées depuis la fin des années 1990. Au-delà des différences d’approche, elles s’inspirent toutes d’une « pensée de la divergence », autour de quelques règles de base, à commencer par la suspension du jugement et la « pensée latérale » : il s’agit de ne pas se censurer ni censurer les autres, de savoir faire taire son esprit analytique pour faire place à des associations d’idées fertiles. Par ailleurs, ces méthodes insistent sur la capacité à effectuer des « rebonds » (une mauvaise idée peut produire une bonne idée, par ricochet), mais aussi sur la capacité à écouter les autres, et enfin sur l’objectif de produire beaucoup d’idées : « pour avoir de bonnes idées, il faut beaucoup d’idées, c’est la quantité qui fait la qualité ». C’est un processus difficile à mettre en place, un effort qui a un coût (humain et financier), et qui engendre des déperditions. Mais c’est aussi une culture qui considère que le groupe est plus créatif que la somme des individus qui le composent.
    Par Edouard Le Maréchal, consultant (agence Tangenciels), auteur de « Innover à l’âge du papillon »
    http://tangenciels.com/
    https://agedupapillon.wordpress.com/
    1 hr 6 min
  • A propos de Jean Cocteau
    Jean Cocteau n’est pas seulement un génie touche-à-tout dont on retient parfois la biographie aux dépens de l’œuvre littéraire. D’où l’importance d’une exploration de son art poétique et de son processus créatif. Jean Cocteau se définissait comme un « réceptacle » soumis et obéissant aux injonctions de forces supérieures. Il se disait « véhicule » ou « sismographe », comme si l’écriture, pour lui, se faisait en « co-création » avec une inspiration venue d’ailleurs. L’artiste, selon Cocteau, n’était pas un ego créateur surpuissant, mais plutôt «le champ d’expérience d’un écartèlement, tiré par plusieurs chevaux ». Se voyant comme un « champ d’expérience au service d’un ange », le poète accouchait d’une œuvre comme dans les conditions d’« un enfantement monstrueux, qui ne bénéficierait pas de l’instinct maternel et de la confiance qui en résulte » (« Le Journal d'un Inconnu », 1953). « Créer, c’est « s’enfoncer avec soi-même, vers le diamant, vers le grisou... » (« Le Potomak », 1919). Pour Cocteau, l’artiste est un martyr. La poésie se fait dans une « solitude effrayante », comme s’il s’agissait d’un sacrifice (pour lui, on « saigne de l’encre » quand on écrit). La création est une « bataille du clair contre l’obscur ». L’œuvre se construit en fragments disparates, en picorant ça et là des étincelles, puis en passant à autre chose…
    Cependant la création, pour lui, obéit à des techniques avancées, précises, rigoureuses. Ne célébrant ni les « poètes maudits » ni les techniques d’écriture automatique défendues par les surréalistes, il entendait défendre (à travers Radiguet, notamment), un style « mince, musclé » et presque classique. « L’invisibilité me semble être la condition de l’élégance. L’élégance cesse si on la remarque » (« Le Journal d'un Inconnu », 1953)
    Stéphanie Delpon, passionnée de littérature, a co-créé l’agence Pictoresq, un duo créatif avec Paul Saint Bris, qui collabore avec des marques de mode et de luxe.
    57 min
  • Philosophie de l'emballage japonais
    A partir des différentes notions qui se rapportent à l’idée de l’« enveloppement » et de l’ « emballage », on peut explorer quelques concepts fondamentaux de la philosophie et de l'esthétique du Japon. Chaque emballage, aussi humble soit-il, y contient une signification profonde : il est l’expression d’un savoir-faire très codifié depuis des siècles. Idéalement porteur d’une esthétique de « netteté » (« orimetadashi-sa », littéralement « plissage propre »), l’acte d’envelopper est considéré depuis la nuit des temps comme un acte sacré. L’emballage a pour fonction de « ralentir la découverte du contenu, à la façon dont un jardin japonais permet au paysage de se déployer au fur et à mesure de la promenade... ». Associé à la perception du caractère éphémère de la beauté, l’emballage japonais reflète une « poétique des espaces intermédiaires » (« entre-deux » ou « aïda» 間) mais il est aussi le témoignage visible d’une affection entre les êtres. Plusieurs mots sont utiles à connaître : le « furoshiki » 風呂敷 est un carré de tissu utilisé pour protéger et envelopper des cadeaux ou transporter de divers objets du quotidien : vêtements, bentô, etc. « Musubu », 結ぶ est l’art de nouer (au sens propre comme au sens figuré).
    Une conférence de Mitsuyo Delcourt-Itonaga, chercheuse-associée pour le Centre International de recherches sur les études japonaises (Kyoto).
    59 min

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L’Institut Français de la Mode (IFM) est un établissement d’enseignement supérieur privé à but non lucratif, un centre de formation d’apprentis et de formation continue, ainsi qu’un centre d’expertise pour les industries du textile, de la mode et du luxe. Il propose des formations allant du CAP au master, en décloisonnant la création, le management et les savoir-faire.

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